Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2013-2014)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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La très utile mise à l'épreuve

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Le samedi de la 23e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,14-22.

Mes bien-aimés, fuyez le culte des idoles.
Je vous parle comme à des gens réfléchis ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.
La coupe d'action de grâce que nous bénissons, n'est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n'est-il pas communion au corps du Christ ?
Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain.
Voyez ce qui se passe chez les Israélites : ceux qui mangent les victimes offertes sur l'autel de Dieu sont en communion avec Dieu. Je ne prétends pas que la viande offerte aux idoles ait une valeur, ou que les idoles elles-mêmes aient une valeur. J'affirme au contraire que les sacrifices des païens sont offerts aux esprits mauvais, et non à Dieu, et je ne veux pas que vous soyez en communion avec les esprits mauvais.
Vous ne pouvez pas en même temps boire à la coupe du Seigneur et à celle des esprits mauvais ; vous ne pouvez pas en même temps prendre part à la table du Seigneur et à celle des esprits mauvais.
Voudrions-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous donc plus forts que lui ?



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 6,43-49.
Jésus disait à ses disciples : " Jamais un bon arbre ne donne de mauvais fruits; jamais non plus un arbre mauvais ne donne de bons fruits.Chaque arbre se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces.
L'homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l'homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c'est ce qui déborde du cœur.
Et pourquoi m'appelez-vous en disant : 'Seigneur ! Seigneur ! ' et ne faites-vous pas ce que je dis ?
Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles et qui les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble.
Il ressemble à un homme qui bâtit une maison. Il a creusé très profond, et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l'inondation, le torrent s'est précipité sur cette maison, mais il n'a pas pu l'ébranler parce qu'elle était bien bâtie. Mais celui qui a écouté sans mettre en pratique ressemble à l'homme qui a bâti sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s'est précipité sur elle, et aussitôt elle s'est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »


Textes de l'Evangile au quotidien

Il faut bien lire ce qu'écrit saint Paul.  Non seulement il n'y a qu'un seul pain, par lequel nous communions au Christ, mais encore : la nourriture offerte aux idoles, non seulement ne vaut rien, mais si elle est consommée, elle devient communion aux esprits mauvais.

Ce qui attire mon attention, c'est que sous l'apparence du "rien" se cache le mauvais, et le pire du mauvais - jusqu'à l'écoeurement !  Puisque, dans ces conceptions modernes, le rien, c'est le néant, cela veut dire aussi qu'il n'y a jamais de réelle sanction des actes.  C'est ainsi que l'on se fait euthanasier, sans vouloir plus y réfléchir. C'est ainsi également que surviennent des assassinats sans mobile, suivis de suicides, dans certaines
écoles américaines. Cela devrait faire réfléchir...

Dans l'Evangile, tout du contraire, Jésus insiste que, sans attendre, nous mettions en pratique la parole reçue de lui. Car il y a bien une sanction. Et dès ce monde, même la foi de l'homme est certainement soumise à l'épreuve. Pour en avoir traversé déjà quelques-unes, je puis dire ce que j'en ai retiré : certes nous avons la liberté de choisir de vivre comme nous voulons; mais si nous avons choisi le Christ, des épreuves surgiront pour nous rendre plufs forts encore.

C'est bien à la suite d'une dépression, après ma conversion, que j'ai commencé d'assister à une messe quotidienne. C'est en acceptant la maladie du manque de nicotine que j'ai été délivré du tabac. La souffrance n'apparaît plus comme négative en soi, mais comme une occasion de grandir dans sa foi.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Dimanche : Fête de la croix glorieuse

Message non lu par etienne lorant »

Fête de la Croix Glorieuse

Livre des Nombres 21,4b-9.

Au cours de sa marche à travers le désert, le peuple d'Israël, à bout de courage,
récrimina contre Dieu et contre Moïse : « Pourquoi nous avoir fait monter d'Égypte ? Était-ce pour nous faire mourir dans le désert, où il n'y a ni pain ni eau ? Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable ! »
Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d'Israël.
Le peuple vint vers Moïse et lui dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu'il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple, et le Seigneur dit à Moïse : « Fais-toi un serpent, et dresse-le au sommet d'un mât : tous ceux qui auront été mordus, qu'ils le regardent, et ils vivront ! »
Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet d'un mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu'il regardait vers le serpent de bronze, il conservait la vie !



Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 2,6-11.
Le Christ Jésus, lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon de revendiquer son droit d’être traité à l’égal de Dieu ; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement,
il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix.
C'est pourquoi Dieu l'a élevé au-dessus de tout ; il lui a conféré le Nom qui surpasse tous les noms,
afin qu'au Nom de Jésus, aux cieux, sur terre et dans l'abîme, tout être vivant tombe à genoux,
et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père.


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3,13-17.
Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme.
De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.


Textes de l'Evangile au quotidien

Ce que nous dit la Croix, c'est bien que Jésus a pris sur lui tous les péchés du monde. Ces péchés sont innombrables et ont adopté telles formes et telles natures que nous ne saurions les contempler longtemps sans mourir de frayeur en même temps que de honte.  

Pour peu qu'on y songe, n'est-il pas étonnant que Jésus ait repris à et assumé le rôle du serpent de bronze ?  Et il ne l'a pas fait qu'une seule fois, mais ce mystère se continue encore. Je le dis puisque c'est en regardant vers la croix que j'ai, un jour et pour toujours, été sauvé de la blessure de l'orgueil et de cette profonde morsure qu'inflige l'esprit du monde sur les êtres de chair.

Le serpent est-il une créature maudite ?  Si tel était le cas, le Seigneur ne l'aurait pas pris en exemple de prudence, lorsqu'il envoie ses disciples. Car il dit : "Voici que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups: soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes." Ni le serpent ni le loup, ni aucune des créatures de Dieu ne sont maudites.

Il a fallu du temps aux apôtres, il a fallu la prière de Marie au Cénacle, et la Pentecôte, pour que naisse un début de compréhension du mystère de la miséricorde divine. En effet,"Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui" (St Jean, 3, 17)  La pensée et la logique des hommes sont tellement dépassées par l'oeuvre de Dieu qu'à la plus petite de ses révélations, l'homme ne peut que s'agenouiller face contre terre.

Le reste peut très bien se dire en images avec la guérison du légionnaire Longinus :





Les archers paraissaient encore douter de la mort de Jésus, et l'horrible manière dont on avait brisé les membres des larrons, avait encore augmenté chez les amis de Jésus la crainte que les bourreaux ne revinssent à son corps ; cette crainte faisait trembler les saintes femmes pour le corps du Sauveur. Mais l'officier inférieur Cassius, appelé plus tard Longin, homme de vingt-cinq ans, très actif et très empressé. dont la vue faible et les yeux louches lorsqu'il se donnait un air affairé et important excitaient souvent les moqueries de ses subordonnés, reçut une inspiration soudaine. La férocité ignoble des archers, les angoisses des saintes femmes, l'ardeur subite qu'excita en lui la grâce divine, lui firent accomplir une prophétie. Il saisit sa lance et dirigea vivement son cheval vers la petite élévation où se trouvait la croix. Je le vis s'arrêter devant la fente du rocher, entre la croix du bon larron et celle de Jésus. Alors, prenant sa lance a deux mains, il l'enfonça avec tant de force dans le côté droit du Sauveur, que la pointe alla traverser le coeur et ressortit un peu sous la mamelle à gauche. Quand il la retira avec force, il sortit de la blessure du côté droit une grande quantité de sang et d'eau, qui arrosa son visage comme un fleuve de salut et de grâce. Il sauta à bas de son cheval, s'agenouilla frappa sa poitrine et confessa hautement Jésus en présence de tous les assistants.

http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... uvert.html

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Notre Dame des Douleurs

Message non lu par etienne lorant »

Notre Dame des Douleurs, mémoire

Lettre aux Hébreux 5,7-9.

Le Christ, pendant les jours de sa vie mortelle, a présenté, avec un grand cri et dans les larmes, sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort; et, parce qu’il s’est soumis en tout, il a été exaucé.
Bien qu'il soit le Fils, il a pourtant appris l'obéissance par les souffrances de sa Passion ;
et, ainsi conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 19,25-27.
Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui
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Textes de l'Evangile au quotidien

Le court passage de la lettre aux Hébreux, qui est cité aujourd'hui, est propre à nous plonger dans une profonde réflexion !  Saint Paul associe en effet, à propos de Jésus, les "jours de sa vie mortelle" puis il déclare que sa prière a été exaucée et qu'il a été sauvé de la mort. Cependant, il faut se souvenir que ce n'est pas à nous que saint Paul s'adresse en premier, mais aux hébreux ! J'ai parcouru les textes que je cite sous ce commentaire et ceux-ci confirment, notamment, que pour les juifs, c'est l'existence terrestre qui requiert toute l'attention - une très longue vie, notamment, est signe de faveur divine. Saint Paul proclame donc que la mort, telle que les humains la constatent, n'est en fait pour ceux qui croient que l'entrée dans la véritable vie. Car la véritable vie est immortelle.

Est-ce que Marie, au pied de la croix de Jésus, s'est livrée à des réflexions semblables ?  Je ne l'imagine même pas. Ce que je crois, c'est qu'elle s'est elle-même, de bout en bout, abandonnée à la volonté divine. Or, il me semble que  Jésus n'a pas voulu que sa mère assiste jusqu'au bout à la crucifixion. Elle devait vivre afin de devenir la mère des disciples et par sa foi de confiance absolue, soutenir la prière des disciples, notamment au cénacle, jusqu'au jour de la Pentecôte.

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Sous le lien: l'approche de la mort dans le judaïsme:

http://www.ledifice.net/3028-3.html



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Re: Notre Dame des Douleurs

Message non lu par etienne lorant »

Depuis un autre forum, à la suite de ce commentaire, un lecteur m'a fait remarquer que dans la tradition, Marie est demeurée de bout en bout auprès de Jésus, jusqu'à préparer son corps pour la mise au tombeau. De ce fait, j'ai rectifié mon commentaire et ajouté cec qui suit :

J'ai relu les visions de la Bienheureuse AC Emmerich, et il est exact que Marie est demeurée de bout en bout, jusqu'à la descente de croix. Mais mon intuition était exacte quand j'ai écrit que Jésus aurait voulu épargner à sa mère les scènes les plus pénibles.

La mère de Jésus, Madeleine, Marie de Cléophas et Jean se tenaient entre la croix du Sauveur et celles des larrons et regardaient Jésus. La sainte Vierge, dans son amour de mère, priait intérieurement pour que Jésus la laissât mourir avec lui. Alors le Sauveur la regarda avec une ineffable tendresse, puis tourna les yeux vers Jean, et dit à Marie : “ Femme, voilà votre fils. Il sera votre fils plus que si vous l'aviez enfanté ”. Il fit encore l'éloge de Jean et dit : “ Il a toujours eu une foi inébranlable et ne s'est jamais scandalisé. si ce n'est quand sa mère a voulu qu'il fût élevé au-dessus des autres ”. Puis il dit à Jean : “ Voilà la mère ”. Jean embrassa respectueusement, sous la croix du Rédempteur mourant, la mère de Jésus, devenue maintenant la sienne. La sainte Vierge fut tellement accablée de douleur à ces dernières dispositions de son fils, quelle tomba sans connaissance dans les bras des saintes femmes qui l'emportèrent à quelque distance, la firent asseoir un moment sur le terrassement en face de la croix, puis la conduisirent hors de la plate-forme, auprès de ses amies.

http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... clips.html

Et je viens de lire ce passage - qui suit :

La sainte Vierge conservait un courage admirable dans son inexprimable douleur (1). Elle ne pouvait pas laisser le corps son fils dans l'horrible état où l'avait mis son supplice, et c'est pourquoi elle commença avec une activité infatigable à le laver et à effacer la trace des outrages qu'il avait soufferts Elle retira avec les plus grandes précautions la couronne d'épines, en l'ouvrant par derrière et en coupant une à une les épines enfoncées dans la tête de Jésus, afin de ne pas élargir les plaies par le mouvement. On posa la couronne prés des clous ; alors Marie retira les épines restées dans les blessures avec un espèce de tenailles arrondies de couleur jaune (t), et les montra à ses amis avec tristesse. On plaça ces épines avec la couronne : toutefois quelques-unes peuvent avoir été conservées à part. On pouvait à peine reconnaître je visage du Seigneur tant il était défiguré par les plaies et le sang dont il était couvert. La barbe et les cheveux étaient collés ensemble. Marie lava la tête et je visage, et passa des éponges mouillées sur la chevelure pour enlever le sang desséché. A mesure qu'elle lavait, les horribles cruautés exercées sur Jésus se montraient plus distinctement, et il en naissait une compassion et une tendresse qui croissaient d'une blessure à l'autre. Elle lava les plaies de la tête, le sang qui remplissait les yeux, les narines et les oreilles avec une éponge et un petit linge étendu sur les doigts de sa main droite ; elle nettoya, de la même manière, sa bouche entrouverte, sa langue, ses dents et ses lèvres. Elle partagea ce qui restait de la chevelure du Sauveur en trois parties (1), une partie sur chaque temps, et l'autre sur le derrière de la tête, et lorsqu'elle eut démêlé les cheveux de devant, et qu'elle leur eut rendu leur poli, elle les fit passer derrière les oreilles.

http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... ecorp.html
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Chercher ce qu'il y a de meilleur

Message non lu par etienne lorant »

Le mardi de la 24e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,12-14.27-31a
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Frères, prenons une comparaison : notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
Tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés dans l'unique Esprit pour former un seul corps. Tous nous avons été désaltérés par l'unique Esprit.
Le corps humain se compose de plusieurs membres, et non pas d'un seul.
Or, vous êtes le corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes les membres de ce corps.
Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l'Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d'enseigner, puis ceux qui font des miracles, ceux qui ont le don de guérir, ceux qui ont la charge d'assister leurs frères ou de les guider, ceux qui disent des paroles mystérieuses.
Tout le monde évidemment n'est pas apôtre, tout le monde n'est pas prophète, ni chargé d'enseigner ; tout le monde n'a pas à faire des miracles, à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.
Parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,11-17.
Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu'une grande foule.
Il arriva près de la porte de la ville au moment où l'on transportait un mort pour l'enterrer ; c'était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme.
En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. »
Il s'avança et toucha la civière ; les porteurs s'arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi. »
Alors le mort se redressa, s'assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s'empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s'est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. »
Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins.



Textes de l'Evangile au quotidien

Les croyants, chacun d'entre eux selon le don de l'Esprit, trouvent place dans l'ensemble de ce qui constitue l'Eglise, le corps mystique du Christ. Le point qui relie l'épître de saint Paul est vraiment très fin et ténu cette fois, car il tient dans le relèvement du fils unique de la veuve. Pour les juifs de l'époque, la mort d'un fils unique - et d'une femme veuve, qui plus est, constitue une catastrophe.

Malheur à la veuve qui désormais devra survivre dans des conditions difficiles, puisque dans la société juive, la femme n'a d'autre rôle que de servir la génération des fils d'Abraham. Si vous ne l'aviez pas remarqué déjà, dans la génération depuis Abraham, il n'est jamais mentionné que les noms des pères. De sorte qu'en ressuscitant le jeune mort, Jésus remet tout en ordre. La veuve redevient une personne à part entière puisqu'elle est la mère de celui qui poursuivra la génération.

Par ce miracle, Jésus a remis toute chose en ordre. C'est à la recherche constante d'une telle harmonie dans l'Eglise qu'incite saint Paul. Ces derniers jours, un Evêque belge a semeé le trouble en prenant l'initiative de demander un "un aggiornamento de l’Eglise" sur les questions de morale familliale et sexuelle ... une initiative pour le moins précipitée. Les effets d'annonces font partie du mode de communication dans le monde, mais il ne devrait pas en être ainsi au sein de l'Eglise. S'adresser à la presse avant un synode sur la famille, c'est pour le moins d'une grande maladresse. Il faut rechercher ce qu'il y a de meilleur, dit saint Paul.

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Le Seigneur a besoin de nos coeurs

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Le mercredi de la 24e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,31.13,1-13.

Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu'il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres.
Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis plus qu'airain qui sonne ou cymbale qui retentit.
Quand j'aurais le don de prophétie et que je connaîtrais tous les mystères et toute la science, quand j'aurais la plénitude de la foi, une foi à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.
Quand je distribuerais tous mes biens en aumônes, quand je livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert de rien.
La charité est longanime ; la charité est serviable ; elle n'est pas envieuse ; la charité ne fanfaronne pas, ne se gonfle pas ;
elle ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s'irrite pas, ne tient pas compte du mal ;
elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais elle met sa joie dans la vérité.
Elle excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.
La charité ne passe jamais. Les prophéties ? elles disparaîtront. Les langues ? elles se tairont. La science ? elle disparaîtra.
Car partielle est notre science, partielle aussi notre prophétie.
Mais quand viendra ce qui est parfait, ce qui est partiel disparaîtra.
Lorsque j'étais enfant, je parlais en enfant, je pensais en enfant, je raisonnais en enfant ; une fois devenu homme, j'ai fait disparaître ce qui était de l'enfant.
Car nous voyons, à présent, dans un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face. A présent, je connais d'une manière partielle ; mais alors je connaîtrai comme je suis connu.
Maintenant donc demeurent foi, espérance, charité, ces trois choses, mais la plus grande d'entre elles, c'est la charité.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,31-35.
Jésus disait à la foule : " A qui donc vais-je comparer les hommes de cette génération? A qui ressemblent-ils?
Ils ressemblent à des gamins assis sur la place, qui s'interpellent entre eux : 'Nous avons joué de la flûte, et vous n'avez pas dansé. Nous avons entonné des chants de deuil, et vous n'avez pas pleuré. '
Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : 'C'est un possédé ! '
Le Fils de l'homme est venu ; il mange et il boit, et vous dites : 'C'est un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs. '
Mais la sagesse de Dieu se révèle juste auprès de tous ses enfants. »


Textes de l'Evangile au quotidien

La sagesse de Dieu se révèle juste aurprès de tous ses enfants. Cette sagesse, c'est l'Amour. J'ai rapporté à quelques personnes ce qu'il m'est arrivé il y a quelques jours à peine. En rentrant chez moi le soir, à peine avais-je franci ma porte que j'ai constaté l'absence de mon téléphone portable j'avais oublié mon téléphone portable à la caisse d'un magasin (ou sur le chemin qui y menait - mais une intuition me disait que je le retrouverais dans cette boutique de nuit). De fait, je le retrouve et je suis rends grâce à Dieu, car on n'imagine pas le nombre d'informations importantes que contiennent ces appareils de poche.

Mais quelques secondes plus tard, je me suis mis à "regimber" en moi-même et je lâche : "Seigneur, c'était tellement plus simple quand j'avais ma voiture !" Mais aussitôt une parole s'est inscrite directement dans mon cerveau et elle disait précisément: "Lorsque tu avais ton auto, je ne voyais plus les pauvres sur les trottoirs !"

J'ai longuement médité cela - et c'est toujours dans ma méditation depuis que c'est arrivé. Le Seigneur est plein d'amour de miséricorde pour toutes et tous, mais Il ne fait rien sans passer par nous. Il n'est pas question pour Lui d'intervenir directement dans les situations qui se présentent. Il veut que nous lui prêtions nos yeux pour voir, nos bras pour consoler, nos mots pour réconforter et annoncer son Royaume. Or, dans mon cas, je venais de prier et d'être exauce, pour aussitôt ensuite réclamer d'avoir la vie plus facile... D'un instant à l'autre, je suis passé de l'action de grâce à la récrimination. Et je crois que cela m'a valu de me faire "taper sur les doigts" comme ma mère dans mon enfance lorsque je confondais sa bonté avec ma tyrannie !

Je retrouve ces mouvements d'humeur un peu idiots dans l'Evangile du jour : qu'une belle mélodie touche nos oreilles, nous nous réjouissons mais nous n'applaudissons pas, nous ne participons pas. En vérité, nous connaissons bien la volonté de Dieu et nous cherchons des justifications plausibles pour ne pas l'accomplir. Pour en sortir, l'unique méthode, c'est bien de vivre le commandements de la charité et les mettre en pratique sans prendre le temps de la réflexion: c'est le coeur d'abord, sinon l'intelligence intervient pour estimer, juger, freiner, reporter à plus tard.

A toutes celles et à tous ceux qui liront ceci, je prie le Seigneur donne, aujourd'hui, une occasion d'aimer vraiment le prochain en Jésus, par une pensée, une parole, un mot, un geste. Et qu'ils en éprouve la Joie.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La grâce renverse les jugements

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Le jeudi de la 24e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-11.

Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l'avez reçu, et vous y restez attachés ; vous serez sauvés par lui si vous le gardez tel que je vous l'ai annoncé ; autrement, c'est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j'ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il a été mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, et il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois - la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont morts - ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l'avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d'être appelé Apôtre, puisque j'ai persécuté l'Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi. Bref, qu'il s'agisse de moi ou des autres, voilà notre message, et voilà votre foi.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 7,36-50.
Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table.Survint une femme de la ville, une pécheresse. Elle avait appris que Jésus mangeait chez le pharisien, et elle apportait un vase précieux plein de parfum.
Tout en pleurs, elle se tenait derrière lui, à ses pieds, et ses larmes mouillaient les pieds de Jésus. Elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et y versait le parfum.
En voyant cela, le pharisien qui avait invité Jésus se dit en lui-même : « Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est : une pécheresse. »
Jésus prit la parole : « Simon, j'ai quelque chose à te dire. - Parle, Maître. »
Jésus reprit : « Un créancier avait deux débiteurs ; le premier lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ni l'un ni l'autre ne pouvait rembourser, il remit à tous deux leur dette. Lequel des deux l'aimera davantage ? »
Simon répondit : « C'est celui à qui il a remis davantage, il me semble. - Tu as raison », lui dit Jésus.
Il se tourna vers la femme, en disant à Simon : « Tu vois cette femme ? Je suis entré chez toi, et tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds ; elle, elle les a mouillés de ses larmes et essuyés avec ses cheveux.
Tu ne m'as pas embrassé ; elle, depuis son entrée, elle n'a pas cessé d'embrasser mes pieds.
Tu ne m'as pas versé de parfum sur la tête ; elle, elle m'a versé un parfum précieux sur les pieds.
Je te le dis : si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour».
Puis il s'adressa à la femme : « Tes péchés sont pardonnés. »
Les invités se dirent : « Qui est cet homme, qui va jusqu'à pardonner les péchés ? »
Jésus dit alors à la femme : « Ta foi t'a sauvée. Va en paix !
»

Textes de l'Evangile au quotidien

Admirable ajustement des textes autour d'un même pivot : le jugement est recouvert par la grâce comme la plage est recouverte par la vague.

Dans la première lecture, saint Paul s'adresse en même temps aux juifs convertis de Corinthe et aux grecs. Il commence par rappeler le credo du chrétien, qui comprend la passion, la mort et la résurrection du Christ et il parle ensuite de la grâce qui l'a fait passer du jugement à l'amour : ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m'a comblé n'a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n'est pas moi, c'est la grâce de Dieu avec moi. Paul, lui aussi, avant de rencontrer le Christ, avait sa propre conception du monde et des relations que les hommes doivent avoir avec leur prochain et avec Dieu. Mais son jugement et toute sa conception du monde ont été dépassés par la grâce.

Et dans l'Evangile, l'amabilité du pharisien qui avait invité Jésus à partager son repas est complètement dépassée par l'irruption de la pécheresse. Et Jésus commence par mettre en évidence les défauts que comportait l'invitation du pharisien lui-même; car pour les pharisiens, les règles, le "comment on fait" est quasi plus important que le sens de ce que l'on se propose de faire. En outre, d'emblée, l'homme a jugé que Jésus, s'il était prophète, eût reconnu la femme comme étant une pécheresse. Et si l'on s'en remet à ce pharisien, rien ne peut évoluer, rien ne peut changer.

Sauf que sont désormais, présentes en Jésus, la miséricorde et la grâce qui ont le pouvoir de tout changer. La parole la plus étonnante, mais qui manifeste ce renversement, c'est bien celle-ci, qui surprend toujours: si ses péchés, ses nombreux péchés, sont pardonnés, c'est à cause de son grand amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour.  Cela me rappelle ma propre conversion, car en dépit de mes tentatives pour obtenir le sacrement de réconciliation, il s'est passé plus d'une année avant que je l'obtienne.  Et cela veut dire que la grâce vient toujours en premier et précède toute autre considération selon les critères humains.

C'est la même grâce qui, lors de la journée d'hier, de plein soleil, m'a permis d'éluder complètement les railleries de trois petits ados qui pensaient m'atteindre en me disant : "La journée a été bonne ?"... Puisse le Seigneur leur épargner les erreurs du jugement systématique.

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Teano
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Re: La grâce renverse les jugements

Message non lu par Teano »

Seigneur, à Tes pieds, toujours !
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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etienne lorant
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Engendrement et résurrection

Message non lu par etienne lorant »

Le vendredi de la 24e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,12-20.

Frères, nous proclamons que le Christ est ressuscité d'entre les morts ; alors, comment certains d'entre vous peuvent-ils affirmer qu'il n'y a pas de résurrection des morts ?
Mais, s'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ, lui non plus, n'est pas ressuscité.
Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre message est sans objet, et votre foi est sans objet ;
nous voilà reconnus comme de faux témoins de Dieu, pour avoir témoigné en contradiction avec Dieu en disant qu'il a ressuscité le Christ, alors qu'il ne l'a pas ressuscité s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas.
Si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n'est pas ressuscité.
Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi ne mène à rien, vous n'êtes pas libérés de vos péchés ;
et puis, ceux qui sont morts dans le Christ sont perdus.
Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes.
Mais non ! le Christ est ressuscité d'entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,1-3.
Jésus passait à travers villes et villages, proclamant la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l'accompagnaient, ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), Jeanne, femme de Kouza, l'intendant d'Hérode, Suzanne, et beaucoup d'autres, qui les aidaient de leurs ressources.

Textes de l'Evangile au quotidien.

Saint Paul, dans l'épître aux Corinthiens précise aux convertis de Corinthe, qui comprennent autant des personnes de culture juive que de culture grecque. Les Grecs ne conçoivent la survivance de l'âme (mais sont sceptiques quant à la résurrection du corps, tandis que, pour les juifs, toute forme de survivance est liée à la génération depuis Abraham (c'est ainsi que, dans un enseignement, Jésus montre le pauvre Lazare "réconforté dans le sein d'Abraham"). Bref, les fidèles de Corinthe, qu'ils soient d'origine juive ou grecque, ne sont pas convaincus par la résurrection. Et nous, le sommes-nous ? Même en adhérant au Credo, la notion de résurrection de la chair nous est, quasi instinctivementn difficile à appréhender...

J'écris cela, mais qu'en diront les mères, qu'en diront les femmes qui ont portés et mis au monde ?

Sur ce point aussi, les juifs tout comme les grecs sont divisés. Et les hommes d'aujourd'hui également - il leur est difficile d'en parler, comme il est difficile de rendre compte de tout ce que l'on n'a pas expérimenté soi-même. Or, L'évangile d'aujourd'hui montre Jésus en marche avec ses disciples, mais saint Luc précise ici que de nombreuses femmes suivent le Seigneur et qu'elles sont, comme les douze, de la "compagnie" de Jésus - au même titre que les hommes. Parmi elles, c'est Marie-Madeleine, la femme aux sept démons, qui verra la première Jésus ressuscité des morts. Et elle le reconnaîtra par le simple appel de son nom par le Christ - tandis que saint Thomas exigera de pouvoir toucher avant de croire.

Le lien entre les lectures n'était pas évident à dégager aujourd'hui, mais une fois que c'est fait, on est plus près de reconnaître que la résurrection concerne autant l'esprit que lé corps, puisque les deux sont liés dans l'être humain.

 
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L'oeuvre de la grâce

Message non lu par etienne lorant »

Le samedi de la 24e semaine du temps ordinaire

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,35-37.42-49.

L'un de vous peut demander : « Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? » - Réfléchis donc ! Quand tu sèmes une graine, elle ne peut pas donner vie sans mourir d'abord ; et tu ne sèmes pas le corps de la plante qui va pousser, tu sèmes une graine toute nue : du blé ou autre chose.
Il en sera de même quand les morts ressusciteront. Ce qui est semé dans la terre est périssable, ce qui ressuscite est impérissable; ce qui est semé n'a plus de valeur, ce qui ressuscite est plein de gloire ; ce qui est semé est faible, ce qui ressuscite est puissant ; ce qui est semé est un corps humain, ce qui ressuscite est un corps spirituel ; puisqu'il existe un corps humain, il existe aussi un corps spirituel.
L'Écriture dit : Le premier Adam était un être humain qui avait reçu la vie ; le dernier Adam - le Christ - est devenu l'être spirituel qui donne la vie.
Ce qui est apparu d'abord, ce n'est pas l'être spirituel, c'est l'être humain, et ensuite seulement, le spirituel.
Pétri de terre, le premier homme vient de la terre ; le deuxième homme, lui, vient du ciel.
Puisque Adam est pétri de terre, comme lui les hommes appartiennent à la terre ; puisque le Christ est venu du ciel, comme lui les hommes appartiennent au ciel.
Et de même que nous sommes à l'image de celui qui est pétri de terre, de même nous serons à l'image de celui qui vient du ciel.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,4-15.
Comme une grande foule se rassemblait, et que de toutes les villes on venait vers Jésus, il dit en parabole :
« Le semeur est sorti pour semer la semence. Comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin, les passants l'ont piétiné, et les oiseaux du ciel ont tout mangé.
Du grain est tombé aussi dans les pierres, il a poussé, et il a séché parce qu'il n'avait pas d'humidité.
Du grain est tombé aussi au milieu des ronces, et, en poussant, les ronces l'ont étouffé.
Enfin, du grain est tombé dans la bonne terre, il a poussé, et il a porté du fruit au centuple. » En disant cela, il élevait la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! »
Ses disciples lui demandaient quel était le sens de cette parabole.
Il leur déclara : « A vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n'ont que les paraboles, afin que se réalise la prophétie : Ils regarderont sans regarder, ils écouteront sans comprendre.
Voici le sens de la parabole. La semence, c'est la parole de Dieu.
Ceux qui sont au bord du chemin, ce sont ceux qui ont entendu ; puis le démon survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d'être sauvés.
Ceux qui sont dans les pierres, lorsqu'ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n'ont pas de racines, ils croient pour un moment, et, au moment de l'épreuve, ils abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont ceux qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont ceux qui, ayant entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, la retiennent, et portent du fruit par leur persévérance
.


Textes de l'Evangile au quotidien

Est-il nécessaire de commenter la première lecture ?   L'image employée par l'apôtre ne comprend pas celle de la chenille et du papillon, très belle aussi. Tout le texte est réconfortant, spécialement pour celles et ceux qui ont pris de l'âge et sentent leurs forces physiques diminuer peu à peu. Pour ma part, je suis gâté: je rencontre chaque jour une personne âgée de 90 ans que je n'ai pas entendu se plaindre depuis la mort de son époux. Qui aime les arbres du parc, qui écoute le chant des oiseaux, qui reconnaît certaines fleurs.  Qui est aussi la préférée du personnel soignant, car elle ne se plaint jamais. Pour cette dame, tous ses chers défunts sont vivants: ils sont simplement "partis en mission d'étude" en Afrique ou en Amérique latine, comme son époux et son beau-fils. Elle vit ce poème parfois attribué à Péguy :

La mort n'est rien : je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait, n'employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.


Cette personne, c'est Léa, ma mère.

Dans l'Evangile, Jésus montre également la patience du Semeur. Car l'homme qui abandonne au moment de l'épreuve peut encore se reprendre et revenir. Quant aux soucis, à la richesse et aux plaisirs de ce monde, tout passe mais le Semeur, inlassablement, sème : je parle d'expérience, moi qui fus aussi bien le terrain pierreux que celui rempli de ronces. Et désormais, je reconnais une épreuve pour ce qu'elle est : une occasion qui me réclame toute mon attention.  La parabole de ce jour peut en effet être lue en parallèle avec celle de la vigne et du vigneron, qui en saint Jean, chapitre 15 et dans laquelle Jésus dit:  "Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi et qui ne porte pas de fruit, il le retranche; et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il porte encore plus de fruit.  

Les épreuves nous éduquent dans la foi. Est-ce qu'une épreuve peut être signe de miséricorde ?  Absolument. Et du fait de nos distractions, je dirais : plutôt deux fois qu'une ! Parfois, la seule miséricorde qui nous sauve, c'est de tomber malade. C'est une dépression profonde  qui m'a finalement conduit à construire chacune de mes journées autour de l'Eucharistie.  C'est à la suite d'une chute dans un escalier que je me suis vraiment appliqué à connaître la théologie de la Miséricorde (bloqué sur un lit durant trois semaines). Enfin, c'est la perte de ma voiture qui m'a obligé de marcher de nouveau et de découvrir, au bout d'une année,  que j'avais un problème au niveau de mes pieds. Mais je porte désormais des semeilles orthopédiques qui rendent ma marche aussi aisée qu'autrefois.

Ainsi, lorsqu'une épreuve survient, sachons prendre patience et demandons dans la prière de pouvoir y reconnaître la volonté de Dieu.  

.
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Fée Violine
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Re: L'oeuvre de la grâce

Message non lu par Fée Violine »

Ce poème parfois attribué à Péguy
Ce n'est pas de Péguy. Voici ce qu'en dit le site officiel de Péguy:
http://www.charlespeguy.fr/news/30
Ainsi, lorsqu'une épreuve survient, sachons prendre patience et demandons dans la prière de pouvoir y reconnaître la volonté de Dieu.
:)
etienne lorant
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Dimanche : le buisson ardent de la miséricorde divine

Message non lu par etienne lorant »

Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Livre d'Isaïe 55,6-9.

Cherchez le Seigneur tant qu'il se laisse trouver. Invoquez-le tant qu'il est proche.
Que le méchant abandonne son chemin, et l'homme pervers, ses pensées !
Qu'il revienne vers le Seigneur qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon.
Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et mes chemins ne sont pas vos chemins, déclare le Seigneur.
Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus des vôtres, et mes pensées, au-dessus de vos pensées
.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,20c-24.27a.
Frères, soit que je vive, soit que je meure, la grandeur du Christ sera manifestée dans mon corps. En effet, pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir est un avantage.
Mais si, en vivant en ce monde, j'arrive à faire un travail utile, je ne sais plus comment choisir.
Je me sens pris entre les deux : je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ;
mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire.
Quant à vous, menez une vie digne de l'Évangile du Christ.



Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 20,1-16a.
Jésus disait cette parabole : « Le Royaume des cieux est comparable au maître d'un domaine qui sortit au petit jour afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne.
Il se mit d'accord avec eux sur un salaire d'une pièce d'argent pour la journée, et il les envoya à sa vigne.
Sorti vers neuf heures, il en vit d'autres qui étaient là, sur la place, sans travail.
Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste. '
Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même.
Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d'autres qui étaient là et leur dit : 'Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ? '
Ils lui répondirent : 'Parce que personne ne nous a embauchés. ' Il leur dit : 'Allez, vous aussi, à ma vigne. '
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : 'Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers. '
Ceux qui n'avaient commencé qu'à cinq heures s'avancèrent et reçurent chacun une pièce d'argent.
Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine :
'Ces derniers venus n'ont fait qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur ! '
Mais le maître répondit à l'un d'entre eux : 'Mon ami, je ne te fais aucun tort. N'as-tu pas été d'accord avec moi pour une pièce d'argent ?  Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi : n'ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Vas-tu regarder avec un œil mauvais parce que moi, je suis bon ? ' Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.
»


Textes de l'Evangile au quotidien


C'est toujours très réconfortant, très revigorant, de goûter un bol de bouilon très chaud, lorsqu'on a marché longuement dans la neige et le froid. La bonté de Dieu, dans les textes de ce dimanche, se manifeste pour moi selon cette apparence, car la logique humaine, qui paraît juste au premier abord, aboutit trop souvent à rendre l'homme esclave (ou le maître) de son prochain. Mais il faut que cette finisse un jour par fondre devant le buisson ardent de l'amour de Dieu.

Que l'homme est toujours prompt à récriminer à propos d'autrui, c'est ce que dénonce la parabole des ouvriers de la dernière heure.  Non seulement ceux-ci reçoivent le même salaire que ceux qui ont travaillé toute la journée, mais ils passent à la caisse avant tout le monde !  Et l'on se récrie aussitôt que c'est injuste. Or, non seulement ce n'est pas injuste, mais la réponse du maître fait ressortir le défaut du raisonnement: c'est l'envie, c'est le préjugé sur autrui, et finalement, c'est l'oeil mauvais.  

L'oeil mauvais rappelle le mot de Jésus au chapitre sept du même Evangile : "Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n'aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Laisse-moi ôter une paille de ton œil, toi qui as une poutre dans le tien ? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’œil de ton frère. »  

Par quoi le jugement humain est-il faussé ?  D'une part, à cause de l'envie dans le coeur de l'homme, d'autre part à cause de sa méconnaissance de l'amour de Dieu.

En voyant passer devant eux, à la caisse, les ouvriers de la dernière heure, ceux de la première heure se sont certainement frottés les mains en songeant : "Certainement, le maître nous fait attendre parce qu'il nous réserve une prime !" Et leur déception n'en est que plus forte. Autrement dit: avant de pouvoir reconnaître la largeur, la hauteur et la profondeur de l'Amour dont nous sommes aimés, il nous faut d'abord changer de coeur.  C'est ce que saint Paul constate dans son épître lorsqu'il change d'avis et déclare : " je voudrais bien partir pour être avec le Christ, car c'est bien cela le meilleur ; mais, à cause de vous, demeurer en ce monde est encore plus nécessaire".

Et finalement, si nous nous réclamons du Christ, nous ne pouvons éviter de voir rabaissée notre intelligence et renversée notre raison. Car le coeur du Seigneur est tout entier miséricorde, et il nous faut tous, pour guérir,  passer par lfeu de sa miséricorde.

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L'exigence de pratiquer la miséricorde

Message non lu par etienne lorant »

Le lundi de la 25e semaine du temps ordinaire

Livre des Proverbes 3,27-34.

Mon fils, ne refuse pas ton aide à celui qui la mérite, quand tu as les moyens de l'accorder. Ne dis pas, quand tu as de quoi donner : « Va-t'en, tu reviendras, je donnerai demain. »
Ne travaille pas au malheur de ton prochain, alors qu'il vit sans méfiance auprès de toi.
Ne cherche pas querelle sans raison à quelqu'un qui ne t'a pas fait de mal.
Ne porte pas envie à l'homme violent, n'adopte pas ses procédés.
Car le Seigneur a horreur des gens tortueux, tandis que les hommes droits sont parmi ses intimes.
La malédiction du Seigneur est sur la maison du méchant, mais il bénit la demeure du juste.
Il se moque des moqueurs, mais il accorde aux humbles sa grâce.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,16-18.
Comme la foule se rassemblait autour de Jésus, il disait en parabole : " Personne, après avoir allumé une lampe, ne la cache sous un couvercle ou ne la met en dessous du lit; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière.
Car rien n'est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n'est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour.
Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car celui qui a recevra encore, et celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il paraît avoir. »



Textes de l'Evangile au quotidien

Les paroles de Jésus - qui suivent la parole du semeur, me semblent assez claires pour que le commentaire soit court. Par ses paroles et par ses miracles, Jésus proclame et manifeste que Dieu est rempli de misércorde et tout ce qu'Il veut, c'est que l'homme, créé à son image, pratique aussi la miséricorde envers son prochain. La vie du chrétien ne peut donc se limiter à des attitudes extérieures, à la pratique régulière à l'église. Il est certes possible d'aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toutes ses forces, mais si ce culte est vécu véritablement, alors d'autant plus, l'homme qui adore Dieu s'appliquera à aimera son prochain sans faire de différence, avec patience, sans rechercher à être remercié.

Cela, les pharisiens n'ont pas voulu l'entendre, et au fil des générations, jusqu'à notre temps, la pratique de la miséricorde envers le prochain demeure l'oeuvre de quelques-uns. Deux images s'imposent à mon esprit: je me souviens d'une part des funérailles de l'Abbé Pierre, lui qui s'est battu jusqu'au bout afin que l'on fasse droit d'un logis pour les pauvres. Et dans l'assistance, il y avait le Président Chirac, assis sur un siège, bien situé : comme il m'est apparu vieux, cet homme ! Il avait l'air de contempler sa propre vie à la lumière de celle du fondateur d'Emmaüs... et cela ne le rendait guère heureux. Et j'ai cet autre souvenir, d'un candidat à la présidence qui, devant le corps d'un sans abri, avait déclaré : "Cela, si je suis élu, cela n'arrivera plus à Paris" ! On est vraiment très loin du compte...

Bref, Dieu est Amour, et si nous voulons entrer dans le Royaume, il nous faut aimer comme Dieu aime.

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Sagesse humaine et projet divin

Message non lu par etienne lorant »

Le mardi de la 25e semaine du temps ordinaire

Livre des Proverbes 21,1-6.10-13.

Le Seigneur dispose du cœur du roi comme on règle un canal d'irrigation, il le dirige où il veut.
Chacun trouve que sa propre conduite est droite, mais c'est le Seigneur qui pèse les cœurs.
Accomplir la justice et le droit, cela plaît au Seigneur plus que le sacrifice.
Regarder de haut, se rengorger : ainsi brillent les méchants, mais ce n'est que péché.
Les plans de l'homme actif lui assurent du profit, mais l'homme trop pressé est toujours perdant.
Une fortune acquise à force de mensonge : illusion fugitive, qui conduit à la mort.
Le méchant ne désire que le mal ; il n'a pas pitié de son prochain.
L'homme simple acquiert la sagesse quand il voit punir le moqueur. Il acquiert la connaissance quand il voit instruire le sage.
Le juste surveille la bande des méchants ; il les condamne au malheur.
Celui qui ferme ses oreilles à la clameur des pauvres criera lui-même sans obtenir de réponse
.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 8,19-21.
La mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu'à lui à cause de la foule.
On le fit savoir à Jésus : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. »
Il leur répondit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »



Textes de l'Evangile au quotidien

Les proverbes sont cités ici comme une forme de sagesse acquise et entretenue par le peuple. Mais notre prêtre a tôt fait de mettre en parallele, mais aussi en opposition, ces précepte de la sagesse populaire, avec la seule sagesse qui demeure et qui, perpétuellement, vient du Seigneur et nous reporte à Lui.

Les mots prononcés par Jésus à l'occasion d'une visite qu'aurait voulu lui rendre sa famille "selon la chair" ont parfois été estimés assez durs à entendre. Mais de nouveau il faut les comprendre selon le projet de Dieu : fondamentalement, quelles que soient nos conditions de vie, l'idéal est toujours d'avancer selon la volonté de de Dieu dans un grand abandon de confiance.

Lorsque Jésus dit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. », il ne renie pas les valeurs de la structure familiale classique, mais il montre ce qui est supérieur encore. Pour ma part, je l'accepte d'autant mieux que depuis des années - et de plus en plus, je vois ma propre famille complètement dispersée. A Pâques, je suis aussi seul qu'à Noël ! Les anniversaires ne sont plus fêtés non plus, les réunions autour d'une table ou d'un barbecue sont réservés aux amis, aux connaissances et aux relations professionnelles.. On ne va plus au restaurant qu'avec des personnes rencontrées et qu'on désire mieux connaître, etc.

En définitive, il est heureux que nous ayons ces mots de Jésus. Je me dis que déjà très solitaire de ce temps-ci, il me restera jusqu'au bout le Seigneur qui me donnera des frères et des soeurs selon sa miséricorde.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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Règles de l'évangélisation

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 25e semaine du temps ordinaire

Livre des Proverbes 30,5-9.

Toute parole de Dieu est garantie ; c'est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui leur refuge.
N'ajoute rien à sa parole : il te le reprocherait comme un mensonge.
Seigneur, je ne te demande que deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure !
Éloigne de moi le mensonge et la fausseté, ne me donne ni la pauvreté ni la richesse : accorde-moi seulement de quoi subsister. Car, dans l'abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur n'existe pas. » Et, dans la misère, je pourrais devenir un voleur, et profaner ainsi le nom de mon Dieu.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,1-6.
Jésus convoqua les Douze, et il leur donna pouvoir et autorité pour dominer tous les esprits mauvais et guérir les maladies ; il les envoya proclamer le règne de Dieu et faire des guérisons.
Il leur dit : « N'emportez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n'ayez pas chacun une tunique de rechange.
Si vous trouvez l'hospitalité dans une maison, restez-y ; c'est de là que vous repartirez.
Et si les gens refusent de vous accueillir, sortez de la ville en secouant la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. » Ils partirent, et ils allaient de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.


Textes de l'Evangile au quotidien

Une erreur souvent commise par les premiers missionnaires dans les pays où ils étaient envoyés, c'était d'apporter, en plus de la parole du Christ, leur mode de de vie, leur langue, leur organisation, leur schéma de société, etc. Or, l'évangélisation n'a rien à voir avec le progrès technique ou l'organisation de la vie sociale. Et c'est bien la raison pour laquelle, dans l'Evangile, Jésus envoie ses disciples sans même une tunique de rechange. Mais que se passera-t-il lorsque cette tunique sera usée ? C'est tout simple: ils adopteront la tunique que les habitants des lieux qu'ils visiteront leur procureront. Car vraiment, ce n'est l'habit ne fait pas le moine !

La tunique de rechange, le bâton pour se défendre, le sac de voyage, les provisions et l'argent (évidemment !) ne peuvent que nuire à la l'authenticié du message. Par exemple, je me demande ce qu'ont pu penser les noirs du Rwanda, où je suis né, en voyant les blancs arriver avec leur sorte de casques coloniaux ! Et s'agit-il vraiment d'une blague lorsque dans les premières écoles, on commençait l'histoire par : "Nos ancêt'es les gaulois" ?

Tout cela pour dire qu'un authentique évangélisation procède d'abord de la charité et de la gratuité. Les apôtres ont préché la Bonne Nouvelle dans les villes et villages qu'ils ont traversés. Personne n'était obligé de les croire, mais partout où ils se rendaient, ils guérissaient les malades. Or, le message de l'amour de Dieu et du prochain... devient tout à fait évident lorsque les apôtres reparaitent en laissant derrière eux des malades soudainement guéris !

Et ainsi se trouve confirmé ce trait du Livre des Proverbes:

"Toute parole de Dieu est garantie ; c'est un bouclier pour ceux qui cherchent en lui leur refuge. N'ajoute rien à sa parole : il te le reprocherait comme un mensonge"

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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