Ne désespérons pas, mais en tout cas, la culture de mort est bien distillée au quotidien, dans la tête des enfants. On forme le regard, le jugement.
Le meilleur des monde, sur le plan éthique, c'est devenu du "
pipi de chat", de la "
roupie de sansonnet".
On imbibe l'esprit des gens, sans aucun raisonnement.Et très jeune.
Exemple: livre de biologie de
troisième, je ne me souviens plus de l'éditeur, mais c'était cette année. Dans les exercices d'application sur la "reproduction" humaine (on ne parle pas de conception... Cherchez l'erreur), deux clichés d'échographie avec l'interrogation suivante: "sur le cliché de droite, la clarté nuquale est normale; sur celui de gauche, elle ne l'est pas. Qu'en déduisez-vous? Quelle conduite proposer?" etc...
Je n'ai même pas envie de développer: ça se passe de tout commentaire.
autre exemple: l'avortement thérapeutique est avant tt un acte de compassion...
"je ne voulais pas que mon fils/ ma fille puisse me reprocher de ne pas tout avoir fait pour lui/elle" (sic!!!!)
Et ça glisse, année après année, ça glisse.
En relisant un peu les messages précédents, juste quelques autres remarques.
A plusieurs reprises, je lis que la femme doit faire le choix selon ce qu'elle croit être le meilleur. Ouaip... Ce sont souvent des propos masculins, d'ailleurs...
1°- en cas de malformation grave de l'enfant, toutes les équipes médicales ne sont pas l'honnêteté incarnée. Qd vous prenez en pleine figure la maladie d'un enfant, on ne vous parlera jamais d'enfant mais de foetus, d'embryon, on gomme le problème.Surtout ne pas rendre palpable la présence d'une personne. C'est plus facile.
Ensuite, on ne vous propose pas toujours de possibilité thérapeutique.Sciemment.
2°- la maladie de la mère ou la maladie de l'enfant, ou les deux en même temps, sont généralement vécues par les médecins comme un échec thérapeutique.
D'où des protocoles d'équipe explosifs.
ex: "dans certains cas , la décision d'avortement thérapeutique ne relève pas des parents mais de l'équipe. ça permet d'ôter la culpabilité trop lourde à porter pour les parents, surtout s'ils sont catholiques". Et de proposer un déclenchement entre 22 et 28 semaines,par ex, sans préciser que les contractions tueront net l'enfant. Ben voyons...
3°- le plus redoutable, c'est le personnel "intermédiaire": infirmières et sages-femmes. Avec les médecins, encore, il peut y avoir un échange. Mais il faut être solide.
Avec les aides-soignants aussi.
On peut vivre, par exemple, des désinvestissement de soins ordinaires pour non pas des grossesses à risque, mais pour des grossesses à pronostic médical/ et ou-vital difficile.
D'ailleurs, on parle avant tout de grossesse...Il n'y a plus vraiment de personne. Cherchez l'erreur...
4°- les meilleures équipes déclarent respecter le choix des parents. Elles accompagneront l'enfant (par exemple en réa, soins palliatifs etc...) mais tt le protocole est fortement gouverné par la notion de choix parental. C'est l'éthique individuel, le choix personnel des parents, qui déterminent la conduite à tenir pour ce nouvel être.IL est ce que l'éthique des parents a choisi.
exemple: la notion d'acharnement thérapeutique a, dans la réflexion chrétienne, été travaillée. Heureusement. Or, dans les cas "hards", la frontière claire, c'est "soins ordinaires"/ "soins extraordinaires".
Et bien pour les médecins, il y a souvent un glissement, et cette notion de soins ordinaires est souvent floue, subjective (d'où également le même problème pour l'euthanasie)
5°- il y a beaucoup de manque d'humilité.
Il est rare d'entendre un médecin dire:"je ne sais pas. peut-être que l'on pourrait faire quelque chose".Mais il y en a.
Et il est fréquent, chez les parents d'entendre:"on avait décidé que" et tatati et tatata. L'enfant qd je veux, si je veux, tel que je le veux.
Je me souviens d'un gynéco, il y a vingt ans, qui se plaignait des retours de grandes vacances et qui redoutait les semaines avant le départ aux sports d'hiver: c'étaient les pics de demande d'avortements...
Une note gaie tout de même:
pour ceux qui aimeraient un témoignage, allons-y.
Notre dernier enfant a une cardiopathie congénitale sévère ( 7 malformations cardiaques), et dès l'échographie...jugée inopérable, et donc non viable.
(
Très simplement, les bb atteints de ces malformations mourraient il y a vingt ans, dès la naissance. Et maintenant, on ne sait pas s'ils peuvent vivre, parce qu'ils ne naissent plus. Enfin, c'est très exactement ce que nous a expliqué le chirurgien qui l'a sauvé)
Plus une hémorragie cérébrale extrêmement grave (hémiparésie ; perte de la sensibilité à la lumière; surdité moyenne)
Après un parcours qui mériterait un livre, il a maintenant quatre ans.
Et cet enfant, à qui un ami prêtre, aimant les voitures, déclarait bb, "Mais mon pauvre garçon, t'es monté complètement à l'envers!",

et bien maintenant...
Il marche, il parle, il voit, il entend. Il a pour tant été en réa, en soins palliatifs, puis débranché; saturation
moyenne sous oxygène tombée à 35% (et pas pendant une minute) , désaturations à ...0...., il est maintenant entre 95 et 99%...
La dernière fois qu'il a reçu le sacrement des malades, avant une opération, après avoir été bien agité, il s'est tourné vers le prêtre et a déclaré distinctement: "je rends grâce à Dieu"... il n'y avait pas de souffleur mais on a qd même été ...soufflés!
Tout ça pour dire que le pb de l'avortement, surtt en France, enfant malade ou pas , mère malade ou pas , c'est avant tt un pb d'accompagnement.
Que ce soit pour une grossesse non désirée, un accouchement sous x, un enfant malade, la société est avant tout individualiste et renvoie la mère à son choix. "T'as choisi, t'assumes".
Je sais: gnangnangnan, les médecins ont peur en cas de mauvais diagnostics.
OK.Pas tous, et heureusement.
Ils n'avaient qu'à pas promouvoir BObigny et tutti quanti.
Je crois qu'ils ont, eux aussi, une très grosse part de responsabilité dans cette situation.
Bref: le QCM, ça ne facilite pas toujours l'éthique...