Tradition et Protestantisme

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DA95
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Re: Tradition et Protestantisme

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AnneT a écrit :Les protestants font du kilométrage sur le travail de l'Église.
Quelle ironie pour eux
"Amen, viens, Seigneur Jésus !" Ap 22,20
gerardh
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par gerardh »

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Bonjour à tous,

Sur les lvres deutéro-canoniques, je dois faire amende honorable : dans mes explications j'ai parfois confondu des points relatifs à la septante, avec d'autres relatifs à Saint-Jérôme. Je vous propose, après vérifications, un montage qui résume ma position :
[+] Texte masqué
On appelle livres apocryphes un certain nombre d’écrits postérieurs à Esdras qui n’ont jamais appartenu à la Bible hébraïque, mais qui se trouvent dans la traduction grecque de l’Ancien Testament dite des Septante.

Les Juifs d’Alexandrie, dans la Septante, ajoutèrent aux livres saints qu’ils avaient traduits de l’hébreu en grec d’autres livres qui provenaient de leur milieu. Rien n’est moins prouvé que l’intention des Juifs d’Alexandrie de compléter le Canon par l’adjonction de ces livres aux livres saints de leur peuple. « Ces livres furent ajoutés comme des productions du judaïsme de ces temps postérieurs. Le Canon proprement dit n’était formé que des 22 livres de l’Ancien Testament. Mais tandis que le texte hébreu, placé sous une surveillance spéciale, conservait son caractère stable, il en était autrement des Septante, tout d’abord entreprise purement privée. Ces adjonctions ne dénotaient nullement l’intention de falsifier le Canon, mais il put résulter de leur présence que leur relation au Canon demeura inconnue des ignorants et que plus tard on prit la collection entière pour canonique ». Il est étrange de voir cette « entreprise privée» rencontrer une pareille fortune, et ces livres, ajoutés à l’Ancien Testament par les Juifs d’Alexandrie, soudés à la Bible partout, pendant tant de siècles.

Cette Bible des Septante était, au commencement de l’ère chrétienne, la Bible populaire, en fait la Bible unique, car pour l’immense majorité des chrétiens, l’hébreu était une langue inconnue, et la comparaison entre l’Ancien Testament hébreu et l’Ancien Testament grec n’était pas possible. Ainsi les livres ajoutés circulèrent avec les autres. De la Bible des Septante ils passèrent dans les traductions latines comme dans la traduction de Saint-Jérôme. Celle-ci devint la Vulgate, qui fut pendant plus de mille ans la seule Bible de la chrétienté.

Saint-Jérôme (né vers 331, mort en 420) introduisit les Apocryphes dans sa traduction de la Bible. Il le fit à son corps défendant, et contre sa propre conviction. Les Apocryphes passèrent dans les premières traductions latines, puis dans la Vulgate, contre la conviction du traducteur. Saint-Jérôme était nettement défavorable aux Apocryphes. Il parle à plusieurs reprises de leurs inepties et de leurs extravagances. Il aurait pu couper le boulet ; mais il ne le fit pas ; il n’osa pas. « Je sais bien que ce sont des fables, mais comme elles ont été jusqu’à présent entre les mains de tout le monde, je n’ai pas osé les ôter, de peur que le peuple ignorant ne m’accusât d’avoir supprimé une partie des livres de ce volume ».

Pourtant les Apocryphes, même avant Saint-Jérôme, n’étaient pas mis sur le même rang que les livres du canon hébreu. Ils leur étaient adjoints, ils circulaient avec eux. Mais sur leur bon droit il semble qu’il y ait eu de l’incertitude et même quelque malaise.

Ainsi Méliton, évêque de Sardes au second siècle, entreprit un voyage en Orient tout exprès pour se renseigner sur le nombre et sur l’ordre des livres canoniques, et se convainquit que les Apocryphes n’en faisaient pas partie. Ce trait raconté par Eusèbe dans son Histoire montre les scrupules qu’éprouvaient de bons esprits à considérer les Apocryphes comme bibliques.

Origène (né en 185, mort en 254) oppose souvent les livres apocryphes (secreti, non vulgati) aux livres publics, communs (vulgati, publici, manifesti). Dans sa préface du Cantique des Cantiques, il s’exprime ainsi :
« Quant aux Apocryphes, comme nous y trouvons beaucoup de choses corrompues et contraires à la vraie foi, nous n’avons pas cru devoir leur donner une place ni leur reconnaître une autorité. Il est au-dessus de nous de nous prononcer à leur sujet. Il est évident, toutefois, que les apôtres et les évangélistes ont introduit dans le Nouveau Testament beaucoup d’exemples étrangers aux Écritures que nous tenons pour canoniques, mais que nous trouvons dans les Apocryphes, et qui leur sont évidemment empruntés. Toutefois, cela même ne prouve pas qu’il faille donner une place aux Apocryphes, car il ne faut pas franchir Ies limites qu’ont établies nos pères. Il peut très bien se faire que les apôtres ou les évangélistes, qui étaient remplis du Saint-Esprit, aient su ce qu’il fallait prendre dans ces Écritures et ce qu’il fallait rejeter. Mais quant à nous, il ne serait pas sans danger d’oser en faire autant, car nous n’avons pas l’Esprit en aussi grande abondance ».

Ni Épiphane (né en 310, mort en 403), ni Cyrille de Jérusalem (né en 315, mort en 386), ni Athanase (mort en 373), n’admettaient les Apocryphes comme canoniques.

En fait, pendant les trois premiers siècles, les théologiens maintiennent, théoriquement, le Canon hébreu, mais utilisent les Apocryphes. Il y a chez eux quelque chose de flottant. Ils citent les Apocryphes, mais jamais comme I’Écriture sainte). Les auteurs des premiers siècles s’inclinent donc en pratique, non en théorie, devant le fait accompli. On laisse ces livres avec les autres, parce qu’ils y sont, parce que le public y est habitué, parce qu’ils peuvent édifier, mais on ne leur reconnaît pas le caractère canonique. La tradition est à la fois contestée et acceptée

Saint-Augustin (né en 354, mort en 430) se prononça pour la canonicité des Apocryphes, et sous son influence, les conciles d’Hippone (393) et de Carthage (397) les décrétèrent canoniques. Toutefois, chez lui aussi, il y a quelque chose de flottant. Personnellement, il était loin d’assimiler les Apocryphes aux livres canoniques. Il n’admettait pour les livres des Macchabées qu’une canonicité au second degré. Sur la Sapience, il exprime des doutes : « Ces livres sont appelés Apocryphes, non parce qu’ils devraient jouir d’une autorité secrète, mais parce que, n’étant manifestés par aucune lumière qui puisse les accréditer, ils ont été tirés au jour du fond de je ne sais quel lieu secret, par la présomption de je ne sais quelles gens ».
Voici encore un passage de saint Augustin, où les Apocryphes n’en mènent pas large :
« Le plus intelligent scrutateur des divines Écritures sera celui qui lit d’abord en entier celles-là seulement qui sont appelées canoniques, dût-il même ne pas les comprendre encore parfaitement. Une fois instruit dans la vraie foi, il lira les autres avec plus de sécurité et son esprit ne risquera plus de s’abandonner par faiblesse aux égarements et aux mensonges de l’imagination ».

Dans l’Eglise catholique, et quoique les Apocryphes fissent partie de la Bible populaire depuis des siècles, la tradition a encore ses fluctuations, et l’unanimité ne se fait qu’après quinze cents ans.

Le pape Eugène IV proclama leur canonicité au Concile de Florence, en 1442. Jusqu’au seizième siècle, dit M. Nicolas, la détermination du Canon de l’Ancien Testament resta indécise. Tous les conciles ne se prononcèrent pas dans le même sens sur cette question. Tantôt on penchait du côté de l’Ancien Testament hébreu, tantôt on adoptait l’Ancien Testament grec. Les protestants s’étant déclarés pour le premier, l’Église catholique dut se prononcer définitivement, et le 8 avril 1546, le Concile de Trente déclara la Vulgate version authentique et approuvée, et reconnut pour Écriture sainte et par conséquent pour écrits inspirés par l’Esprit-Saint, tous les livres faisant partie de cette version, reproduction, sauf quelques modifications de détail, de celle des Septante. Cette décision ne fut prise qu’après de longues discussions, roulant sur des amendements divers, et à une majorité dont la proportion n’a jamais été indiquée), qui, par conséquent, doit avoir été faible. Il est à remarquer que le Concile ne s’en référa à aucune décision ecclésiastique antérieure. C’était reconnaître implicitement que les Apocryphes n’étaient pas encore canoniques et que la question entière était ouverte.

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Olivier C
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Olivier C »

C'est intéressant : je lance un sujet, je pars une semaine et je récolte les posts. Donc :
gerardh a écrit :Au début du christianisme il y avait le ministère oral des apôtres et des prophètes. Puis certains auteurs ont écrit des textes, par exemple des épîtres. Les chrétiens ont pratiquement tout de suite discerné, par l'Esprit, le caractère extra-ordinaire de certains d'entre eux. On se les transmettait d'église à église, on les recopiait, on en apprenait par coeur de larges extraits. Si bien que la configuration du NT s'est très vite constituée, et en 180 environ elle était pratiquement scellée.

L'institution ecclésiale romaine n'a fait qu'entériner cette liste, et ce au 4ème siècle. En cela elle a bien fait, et je pense que l'Esprit n'a pas permis qu'il en soit autrement s'agissant de la Parole même de Dieu. Cela ne signifiait pas que cet Esprit ait pu approuver toutes choses de ce que faisait cette institution, qui par ailleurs, avait, à mon avis, rapidement déviée sur certains aspects.
Oui, à ceci près que cette liste n'est pas tout à fait la même selon la tradition dont on est issu (la Réforme ne retiend pas le canon grec pour l'Ancien Testament). Que je sache, la Réforme s'appuie sur le synode juif de Jamnia au sujet du canon hébreux. Synode qui, rappelons-le, eu lieu par réflexe identitaire suite à la chute du Temple en 70, trancha son canon en réaction aux chrétiens pour qui la Septante devenait par trop avantageuse dans la controverse. La Septante qui à ce moment là était le livre de référence dans la diaspora juive fut abrogée.

Ce choix de l'hébreux, St Jérôme le faisait déjà en son temps pour ses traductions, mais pas St Paul, nous le savons par l'analyse de ses citations bibliques sur l'AT que l'on sait ainsi tirées de la Septante.

Je note que vous discernez un certain discernement de la Tradition à un instant "T", et puis après... une corruption. Deux points :
- Si corruption il y a il me semble d'être en droit de demander en quoi cette Tradition ne serait pas corrompue dès le départ, au point qu'elle n'ait même pas la légitimité de poser un canon.
- Et aussi : qui serait alors en droit de juger de l'existence de cette corruption ? Au nom de qui ou de quoi ?
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Olivier C »

@ gerardh : je vois que nos deux derniers messages viennent de se croiser. Mais mes questions demeures les mêmes.

Bien à vous
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Re: Tradition et Protestantisme

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Olivier C a écrit :Ce choix de l'hébreux, St Jérôme le faisait déjà en son temps pour ses traductions, mais pas St Paul, nous le savons par l'analyse de ses citations bibliques sur l'AT que l'on sait ainsi tirées de la Septante.
Bonjour Olivier, également Saint Matthieu lorsqu’il cite Isaïe 7.14 en Mt 1.23 où la septante nous traduit "vierge" et non "jeune fille", selon les paroles d'un ange.
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Olivier C »

@ Marc06 : effectivement, votre exemple est le type même de citations basées sur la Septante. Je n'y avais pas pensé.
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Re: Tradition et Protestantisme

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Bonjour à tous,

Pneumatis,

Toute l’histoire sainte depuis Adam montre que les hommes ont toujours fini par ruiner les choses bonnes que Dieu avait instituées en leur faveur. Je pense que l’Eglise (l’ensemble des chrétiens) ne fait pas exception à ce principe, et que nous en avons tous une part de responsabilité. Lors de la formation du canon de la Bible, l’Esprit, bien que gêné par les premières infidélités, ne permit pas que les textes inspirés par lui ne figurent pas dans le canon. La faiblesse de l’homme fit qu’on y ajouta les apocryphes. Beaucoup plus tard (au seizième siècle), lors du concile de la contre-réforme catholique, l’Esprit chez les catholiques était de plus en plus contristé, et l’on érigea cela en dogme.
Et comment savez-vous, pour vous-même, si vous n'avez pas "contristé", "attristé" ou "éteint" l'Esprit, le rendant inopérant en vous, de sorte que votre jugement sur l'habitation des autres par l'Esprit soit lui-même défaillant ?
C’est l’Esprit seul qui donne la réponse, ainsi que ses fruits ; mais je comprends très bien que de votre côté, vous puissiez poser la question. A noter que je ne prononcerais pas l’anathème sur les catholiques et je pense qu’il y a parmi eux beaucoup de vrais chrétiens, habités de ce fait par l’Esprit. Par là je réponds aussi à Olivier C, ainsi qu’à Raistlin en lui disant que j’apprécie d’avoir été appelé par lui « notre Gérard », ce que je prends pour un témoignage d’affection fraternelle.


Olivier C

En effet le NT (non seulement Saint Paul, mais aussi, sauf erreur, Jésus lui-même), emprunte ses citations à la Septante, ce qui d’ailleurs, donne une certaine valeur à cette version. Mais, sauf erreur également, les textes apocryphes n’y sont jamais cités.

Ce n’est pas la tradition qui a conservé les textes inspirés du canon, mais l’Esprit, par les voies qui lui ont été propres.


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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Olivier C »

gerardh a écrit :En effet le NT (non seulement Saint Paul, mais aussi, sauf erreur, Jésus lui-même), emprunte ses citations à la Septante, ce qui d’ailleurs, donne une certaine valeur à cette version. Mais, sauf erreur également, les textes apocryphes n’y sont jamais cités.
La citation par le Nouveau Testament d'extrait de l'AT serait-elle la preuve d'une canonicité implicite ? Ce critère serait déjà du dogmatisme et il faudrait alors en expliquer le fondement.
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Re: Tradition et Protestantisme

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Vous ne citez toujours pas vos sources, Gérard... :/

Voici ce que Saint Jérôme affirme :
[+] Texte masqué
"What sin have I committed if I follow the judgment of the churches? But he who brings charges against me for relating [in my preface to the book of Daniel] the objections that the Hebrews are wont to raise against the story of Susannah [Dan. 13], the Song of the Three Children [Dan. 3:29–68, RSV-CE], and the story of Bel and the Dragon [Dan. 14], which are not found in the Hebrew volume, proves that he is just a foolish sycophant. I was not relating my own personal views, but rather the remarks that they are wont to make against us. If I did not reply to their views in my preface, in the interest of brevity, lest it seem that I was composing not a preface, but a book, I believe I added promptly the remark, for I said, ‘This is not the time to discuss such matters’" (Against Rufinius 11:33 [A.D. 401]).
Quel péché ai-je commis si je suis le jugement des églises ? Mais celui qui porte des accusations contre moi pour avoir relaté [dans ma préface du livre de Daniel] les objections que les Hébreux ne manqueront pas de soulever contre l'histoire de Suzanne [Dan. 13], le cantique des Trois Enfants [Dan. 3:29–68, RSV-CE], et l'histoire de Bel et le Serpent [Dan. 14], qui ne se trouvent pas dans le volume Hébreu, prouve qu'il n'est qu'un calomniateur idiot. Je ne relatais pas mes vues personnelles, mais plutôt les remarques qu'ils ont l'habitude de faire contre nous. Si je n'ai pas répondu à leurs vues dans ma préface, c'est dans l'intérêt de la brièveté, de peur qu'il ne semble que j'écrivais un livre et non une préface, je crois avoir ajouté promptement la remarque, car j'ai dit : "Ce n'est pas le moment de discuter de telles sujets". (Apologie contre Rufin 11:33 [401 ap J.-C.]

Pour Saint Augustin :
[+] Texte masqué
"The whole canon of the scriptures, however, in which we say that consideration is to be applied, is contained in these books: the five of Moses . . . and one book of Joshua [Son of] Nave, one of Judges; one little book which is called Ruth . . . then the four of Kingdoms, and the two of Paralipomenon . . . . [T]here are also others too, of a different order . . . such as Job and Tobit and Esther and Judith and the two books of Maccabees, and the two of Esdras . . . . Then there are the prophets, in which there is one book of the Psalms of David, and three of Solomon. . . . But as to those two books, one of which is entitled Wisdom and the other of which is entitled Ecclesiasticus and which are called ‘of Solomon’ because of a certain similarity to his books, it is held most certainly that they were written by Jesus Sirach. They must, however, be accounted among the prophetic books, because of the authority which is deservedly accredited to them" (Christian Instruction 2:8:13 [A.D. 397]).
La totalité du canon scriptuaire, cependant, dans lequel nous disons que cette considération doit s'appliquer, est contenu dans ces livres : les cinq de Moïse... et un livre de Josué [Fils de] Nave, un des Juges; un petit livre qui se nomme Ruth... puis les quatre des Royaumes, et les deux de Paralipomenon... l y en a d'autres aussi, dans un ordre différent... tels que Job et Tobie et Esther et Judith et les deux livres des Maccabées, et les deux d'Esdras... Puis il y a les prophètes, dans lesquels il y a un livre des Psaumes de David, et trois de Salomon... Mais pour ce qui est de ces deux livres, un qui s'intitule Sagesse et l'autre qui s'intitule Ecclésiastique et qui sont appelés "de Salomon" à cause d'une certaine similarité avec ses livres, on pense qu'ils ont été fort certainement écrit par Jesus Sirac. Ils doivent donc, cependant, être comptés parmi les livres prophétiques, à cause de l'autorité qu'on leur accrédite à juste titre."

Notons ici que certains de ces livres étaient connus sous plus d'un nom : Sirac : Écclésiastique; 1 et 2 Chroniques : 1 et 2 Paralipomenon, Esdras et Néhémie : 1 et 2 Esdras; 1 et 2 Samuel avec 1 et 2 Rois : 1, 2, 3, et 4 Rois (Royaumes) — c'est-à-dire que 1 et 2 Samuel sont appelés 1 et 2 Kings, alors que 1 et 2 Rois sont nommés 3 and 4 Rois.

On remarque que tous deux se rallient tout-de-même à la position de l’Église…
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Anne »

Il est aussi important de noter que les deutéros ne sortent pas comme ça de nulle part.

On en trouve des références dans d'autres sources : La Didache (Sirac) en l'an 70; dans la lettre de Barnabas (Sagesse) en 74; l'épitre aux Corinthiens de Clément de Rome (Sagesse) vers 80; Polycarpe de Smyrne dans sa lettre aux Philadelphiens (Tobie) en 135; dans "Contre les hérésies" de Saint Irénée (Daniel, Baruch (compris alors avec Jérémie) en 189, etc.

Les Pères de l'Église, en quasi totalité, les reconnaissaient.

De plus le canon est "confirmé" lors des Conciles de Rome (en 382); d'Hippo (en 393), de Carthage (397, 419), de Nicée (787), de Florence (1442), et de Trente (1546). Les deutérocanoniques font d'ailleurs étrangement partie de la première traduction en allemand de Luther, de la première version de la King James et dans la première bible de Guttenberg. Ils n'ont été complètement exclus qu'à partir de 1825 (certains affirmant que c'était pour des raisons financières).

En passant, que faire du Cantique des Cantiques ? Où est-il cité dans le NT ?

Même s'il n'y a pas de citations directes, on peut voir des allusions. Dans Hébreux (11:35), on retrouve : par eux des femmes ont recouvré leurs morts ressuscités. Les uns ont péri dans les tortures, refusant la délivrance afin d'obtenir une meilleure résurrection... Ça ressemble aux bons vieux 2Maccabées...

Et de qui parle donc cet extrait du livre de la Sagesse ?

Tendons des pièges au juste, puisqu'il nous gêne et qu'il s'oppose à notre conduite, nous reproche nos fautes contre la Loi et nous accuse de fautes contre notre éducation. Il se flatte d'avoir la connaissance de Dieu et se nomme enfant du Seigneur. Il est devenu un blâme pour nos pensées, sa vue même nous est à charge ; car son genre de vie ne ressemble pas aux autres, et ses sentiers sont tout différents. Il nous tient pour chose frelatée et s'écarte de nos chemins comme d'impuretés. Il proclame heureux le sort final des justes et il se vante d'avoir Dieu pour père. Voyons si ses dires sont vrais, expérimentons ce qu'il en sera de sa fin. Car si le juste est fils de Dieu, Il l'assistera et le délivrera des mains de ses adversaires. Eprouvons-le par l'outrage et la torture afin de connaître sa douceur et de mettre à l'épreuve sa résignation. Condamnons-le à une mort honteuse, puisque, d'après ses dires, il sera visité [Sagesse 2,12-20]

Certains ont noté des similitudes entre :

Mathieu 13,43 et Sagesse 3,7 ; Matthieu 16,18 et Sagesse 16,13 ; Marc 4:5, 16-17 et Ecclésiastique 40,15 ; Marc 9, 47-48 et Judith 16,17 ; Luc 13,29 et Baruch 4,37 ; Jean 1,3 et Sagesse 9,1 ; Jean 3,13 et Baruch 3,29 ; Jean 5,18 et Sagesse 2,16 ; Jean 15,6 et Sagesse 4,5 ; Matthieu 24,16 et 1 Maccabées 2,18 ; Matthieu 7,12 et Tobie 4,16.

Il y a aussi ceci :
Or ceux-ci [les Béréens] avaient l'âme plus noble que ceux de Thessalonique. Ils accueillirent la parole avec le plus grand empressement. Chaque jour, ils examinaient les Écritures pour voir si tout était exact. [Actes 17,11]

Ces bons vieux Béréens avait une bible contenant les deutérocanoniques... Oups !

En passant, le canon de l'AT catholique actuel est encore utilisé par des juifs africains, dont les Éthiopiens...

On dénombre 350 références à des versets de l'AT dans le NT :

L'examen de ces versets en question montre que 300 d'entre eux [les 350] sont issus de la Septante et le reste de l'Ancien Testament hébreu. [Dictionnaire de la Bible, John L MCKenzie, page 787].

Édifiant, non ?

Comme l'a dit ce cher Luther (qui, semble-t-il, n'était pas au-dessus d'ajouter des mots à la Parole dans ses traductions comme "seulement" dans Rm 3:20 et Rm 4:15, et "seule" dans Rm 3:28) :

Nous sommes obligés de céder beaucoup de choses aux papistes - qu'ils possèdent la Parole de Dieu que nous avons reçue d'eau, autrement nous n'en aurions jamais rien su. (Chapitre XVI du Commentaire de Saint Jean)
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par gerardh »

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Bonjour AnneT,

S'agissant de ma source, j'ai largement emprunté à : "À propos des Apocryphes de l’Ancien Testament ; Comment ces livres sont entrés dans la Bible. ; Pourquoi ils n’auraient pas dû y rester. ; Comment ils en sont sortis".
Par Daniel Lortsch, Pasteur.
Librairie Delachaux & Niestlé, 1917

Par ailleurs je n'ai pas renoncé à rechercher des sources plus précises quant à notre discussion sur l'interdiction de la Bible en langue vernaculaire.

Pendant longtemps, je crois que les Bibles protestantes incluaient les apocryphes à titre documentaire, et/ou pour sacrifier à l'habitude. Puis il y a eu un mouvement pour ne plus les inclure dans un but de clarté. Si bien que l'on peut trouver tous les cas de figure dans les différentes versions protestantes.


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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Olivier C »

@ gerardh : ce qui n'empêche, finalement on reviens toujours sur ce point : si la Tradition est a priori défaillante, qui peut prétendre à une légitimité pour trancher un canon des Écritures ?
Je suis un simple serviteur, je ne fais que mon devoir.
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Raistlin »

Olivier C a écrit :@ gerardh : ce qui n'empêche, finalement on reviens toujours sur ce point : si la Tradition est a priori défaillante, qui peut prétendre à une légitimité pour trancher un canon des Écritures ?
Exactement. On pourra toujours avancer des arguments pour sortir les deutérocanoniques du canon des Écritures, le fait est qu'on pourrait tout aussi bien en dire de même des textes du Nouveau Testament.

Au demeurant, Gérard ne répond à l'incohérence profonde de ses croyances, lorsqu'il dit d'un côté que les textes du Nouveau Testament ont été acceptés par l'ensemble des chrétiens, signe de leur canonicité, alors que de l'autre côté, il rejette les livres deutéronanoniques qui ont été acceptés par ces mêmes chrétiens. Deux poids deux mesures ?
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par Raistlin »

gerardh a écrit :Toute l’histoire sainte depuis Adam montre que les hommes ont toujours fini par ruiner les choses bonnes que Dieu avait instituées en leur faveur. Je pense que l’Eglise (l’ensemble des chrétiens) ne fait pas exception à ce principe, et que nous en avons tous une part de responsabilité. Lors de la formation du canon de la Bible, l’Esprit, bien que gêné par les premières infidélités, ne permit pas que les textes inspirés par lui ne figurent pas dans le canon. La faiblesse de l’homme fit qu’on y ajouta les apocryphes. Beaucoup plus tard (au seizième siècle), lors du concile de la contre-réforme catholique, l’Esprit chez les catholiques était de plus en plus contristé, et l’on érigea cela en dogme.
Juste une question : et pourquoi ce ne serait pas chez les protestants que l'Esprit aurait été contristé ? C'est ça qui est drôle avec ce genre de théorie fumeuse sortie de nulle part : elle se retourne aisément contre ceux qui s'en réclament.

Donc je vous propose une autre histoire : Dieu a fondé son Église et lui a fait la promesse de la guider par on Esprit. Bien sûr, l'infidélité de l'homme fait que de multiples hérésies et sectes ont tenté de la miner et de la corrompre, parfois en y arrivant presque (voir la crise arienne à ce sujet). Heureusement, Dieu fut fidèle comme promis et ne laissa jamais son Église dévier de la vraie foi. Au XVIème siècle, une nouvelle hérésie - une de plus ! - apparut, celle de la Réforme. Là encore, elle menaça de submerger l'Église mais Dieu l'en empêcha et préserva la vraie foi en son sein. L'hérésie protestante, de son côté, s'aggrava causant la naissance de sectes multiples, de courants bien peu chrétiens et de croyances erronées en tout genre.
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Re: Tradition et Protestantisme

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Raistlin, vous demandez :
pourquoi ce ne serait pas chez les protestants que l'Esprit aurait été contristé ?
dans la première période il y eut, à mon avis, un grand réveil chrétien. Mais peu après, à l'image de l'églisze de Sardes dans l"Apocalypse, les choses ont dévié, et Dieu peut dire aux protestants : "tu as le nom de vivre et tu es mort. Sois vigilant et affermis ce qui reste et qui s'en va mourir" (Apoc 3, 2).


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