Salut.
Christophe a écrit :
Popeye a écrit :Un droit à la tolérance est une absurdité dans les termes : la tolérance n'est pas un droit (ni naturel, ni civil, ni moral) mais une pratique, consistant à laisser subsister un mal pour quelque motif proportionné, là où le droit commanderait de ne pas le laisser subsister, si n'étaient ces circonstances de fait qui poussent à le tolérer.
Nous sommes bien d'accord ...
Sur ce point très précis, oui, nous sommes d'accord.
Christophe a écrit :
Popeye a écrit :La liberté civile, oui ; le droit au blasphème au nom de la liberté civile, non, jamais. La liberté religieuse des sectes antichristiques (protestantes, judaïques, islamiques, maçonniques ...) n'est pas et ne peut pas être un droit civil.
Je n'ai jamais soutenu l'existence d'un droit au blasphème ni d'un droit à pratiquer une fausse religion. J'ai affirmé que la liberté civile implique le droit à ne pas subir de coaction en matière religieuse, sauf exceptions.
Vous vouliez probablement écrire coercition plutôt que coaction.
Sur le fond,
vous êtes dans la contradiction. Car certes, vous récusez expressément un quelconque droit au blasphème. Mais dans le même temps, CONTRADICTOIREMENT,
vous affirmez, à la suite de Dignitatis humanae le principe d'un droit civil à la liberté religieuse. Or qu'implique un tel principe ? :
- L' «
immunité afin de pouvoir se régir selon leurs propres normes », sous réserve que soit respecté l'ordre public :
Dignitatis humanae, 4. Or l'ordre public, c'est comme les bonnes moeurs : c'est fonction du contexte. Ce qui revient à dire que si le contexte est laïciste, l'ordre public interdira aux mahométans de se régir selon la charia. À l'inverse, si le contexte est islamique (et dans les puantes démocraties occidentales, c'est affaire de nombre ...), pouvoir se régir selon ses propres normes permettra aux musulmans de se régir selon la charia. Pire ! Au regard de vos principes (DH, 4), pour peu que le contexte soit islamique, les églises ne pourront se régir selon leurs normes propres qu'en étant soumises au statut de dhimmitude, vu qu'à défaut existerait une violation de l'ordre public. La belle déclaration inspirée du Saint Esprit que voilà... : de droit divin, l'Église est soumise à la charia là où l'islam domine...
-
« le droit de ne pas être empêchés d'enseigner et de manifester leur foi publiquement » Dignitatis humanae, 4. Autrement dit, le droit pour les juifs d'insulter Jésus, conformément au Talmud et aux Toledoth Yeshu ; le droit pour les mahométans de nier la Trinité, de nier l'incarnation, de nier l'Église, et de taxer les Chrétiens de polythéistes et d'idolatres, conformément à la foi mahométane. Pire, vous leur reconnaissez le droit de le faire publiquement. Bref, en leur donnant la liberté religieuse, vous leur donnez du fait même LE DROIT AU BLASPHÈME, le droit de blasphémer Dieu, son Christ et son Église. Et c'est bien pourquoi je vous ai écrit que votre distinguo est inopérant puisqu'aboutissant inéluctablement à cette contradiction de nier un quelconque droit au blasphème tout en affirmant le droit inaliénable au blasphème. Ce d'autant que si la liberté religieuse est ressort de la loi naturelle = est de droit divin naturel, alors l'homme est libre de choisir la religion qu'il lui plait, fût elle ouvertement satanique : de droit divin l'homme aurait le droit de vouer un culte à Satan : curieuse doctrine, qui est précisément celle de
Dignitatis humanae.
Christophe a écrit :
Ce qui constitue un droit civil inaliénable, c'est de ne pas subir de coaction en matière religieuse. Le blasphème, l'apostasie, l'hérésie sont des fautes, des crimes, passibles de sanctions canoniques, mais pas civiles (puisqu'ils ne relèvent que de la juridiction de l'Église et d'aucun autre pouvoir humain). Dans sa grande sagesse, l'Église a décidé de ne plus déléguer au bras séculier le soin de châtier les personnes qui se rendent coupables de peines canoniques...
Le blasphème, l'apostasie, l'hérésie sont des fautes, des crimes, passibles de sanctions civiles pour autant que l'État coopère à l'Église. C'est d'ailleurs ainsi que les choses se sont passées de Constantin à la Révolution française. Soit donc vous niez la légitimité de ce principe, et vous voilà en train de condamner 14 siècles de Chrétienté au nom de
Dignitatis humanae ; soit vous êtes catholique et vous condamnez
Dignitatis humanae
Christophe a écrit :
Popeye a écrit :Grossière erreur. Il s'agit d'une tolérance, pas d'un droit. Le droit, c'est la liberté d'éduquer ses enfants. La limite à ce droit, c'est de les éduquer correctement. Quiconque donne un enseignement pernicieux dépasse ce droit ; l'enseignement qu'il donne n'est lors que toléré. La tolérance est l'attitude pratique face a un mal qu'on laisse subsister plutôt que de l'éradiquer pour quelque raison proportionnée ; ici, cette raison est que la famille est d'institution divine.
Grossière erreur. Parler ici de tolérance, c'est supposer que nous aurions le droit d'empêcher ce mal moral. Or, la raison pour laquelle un enfant ne doit pas être soustrait à l'éducation de ses parents n'est pas prudentielle mais ontologique : comme vous l'écrivez, l'enfant est de droit naturel confié à sa famille pour son éducation.
Soustraire l'enfant à ses parents, ce serait commettre non pas une erreur de prudence, mais une injustice.
1. Le droit naturel, c'est que l'enfant soit sous la garde et l'autorité parentale.
2. La limite à ce droit est que les parents n'en mésusent pas. Et c'est bien pourquoi, en cas de maltraitance, l'autorité parentale peut être enlevée par décision de justice. Nous avons le droit d'empêcher qu'un père se livre à des attouchements sexuels sur ses enfants : non seulement en l'embastillant, mais encore en lui retirant, pour cause d'indignité, l'autorité parentale.
Votre réponse est donc sans intérêt puisqu'elle suppose qu'ayant concédé le droit je ne pourrais sans contradiction affirmer des limites à ce droit et donc, en conséquence, la suppression de ce droit en cas de violation grave des dites limites. À suivre votre raisonnement, jamais ne serait légitime de retirer l'autorité parentale. C'est absurde. Comme le serait d'exciper du principe qu'il faille être soumis aux autorités pour nier qu'on puisse légitimement refuser d'obéir quand l'autorité abuserait de son pouvoir en le détournant de la finalité pour laquelle il a été créé.
Christophe a écrit :Les parents ont l'entière responsabilité de donner une éducation chrétienne à leurs enfants, et ils n'ont à en répondre que devant Dieu. Voilà ce que dit Pie XI : La famille reçoit donc immédiatement du Créateur la mission et conséquemment le droit de donner l'éducation à l'enfant, droit inaliénable parce qu'inséparablement uni au strict devoir corrélatif, droit antérieur à n'importe quel droit de la société civile et de l'État, donc inviolable par quelque puissance terrestre que ce soit."
Ce n'est pas violer le droit des parents que de leur retirer l'autorité parentale là où la loi naturelle l'exige où le permet (et lorsqu'elle le permet, ne pas le retirer est précisément une tolérance). Encore une fois, un père de famille qui passerait son temps à frapper ses gosses où à les violer doit être déchu de l'autorité parentale. La chose vous échapperait-elle ?
Christophe a écrit :La distinction entre "liberté d'action" et "liberté morale" n'est pas de moi, mais de Mgr Lebfevre (cf. Dubtia). Ma synthèse étant essentiellement adressé aux disciples de Mgr Lebfevre, il me semblait pertinent de reprendre une distinction introduite par "le maître", comme cela est explicitement mentionné. Mgr Lebfevre, définit la "liberté d'action" comme l'absence de contrainte extérieure. Quant à moi, je préfère utiliser l'expression "liberté civile". Vous pourrez envoyer votre commentaire à qui de droit...
N'ayant pas ce texte, je ne peux aller voir quel sens avait ce distinguo chez son auteur.
Par contre, vous ayant lu, je sais exactement quel sens il avait pour vous. Que vous parliez de liberté d'action ou de liberté civile, vous affirmez un droit à la liberté religieuse tel qu'il empêche de réprimer civilement l'hérésie ou le blasphème, de sorte que nul ne puisse être inquiété pour ses blasphèmes, ayant le droit de blasphémer dans son droit à la liberté religieuse, d'où la contradiction où vous êtes à nier ce que votre système oblige à concéder : le droit au blasphème.
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Et donc, je réitère.
