Chère Papillon,
mon message suit le tien, mais ne s'adresse pas à toi personnellement !
papillon a écrit :Ben voyons Anne, on peut quitter un stéréotype (celui entre autres de la femme idéalisée dans des rôles de service) sans tomber dans un autre ou dans l'extrême opposé.
Ben voilà... Mon message est un constat. Certain(e)s dénigrent le rôle des femmes qui ont servi, alors qu'on ignore leur motivation profonde. Je mentionne plus loin qu'il peut s'agir d'un conditionnement, mais peut-être pas. De toutes façons, Jésus lui-même nous appelle tous et toutes à servir, chacun(e) à notre façon...
Je ne dénigre pas le dévouement des femmes, je regrette qu'on en ait abusé et qu'on en abuse encore.
Les abuseurs recevront leur juste salaire, tout comme celles dont on a abusé...
Je déplore l'époque où les seules options pour une femme étaient: infirmière, enseignante, religieuse, femme au foyer, donc des rôles de service, idéalisés bien souvent par une société dirigée par des hommes et par la religion (pas seulement la religion catholique).
Il s'agit là encore d'un regard moderne posé sur une situation passée. Avant que la religion catholique (là encore, il suffit de comparer avec le statut des femmes dans d'autres sociétés contemporaines) n'ouvre ses professions aux femmes, les seules options qui s'offraient à elles était d'être "fille de" ou "femme de". On pourrait même dire que ce sont les femmes elles-mêmes qui se sont approprié ces professions. Si on connaît l'histoire de leurs débuts, on voit que ces femmes étaient alors des extravagantes, des non-conformistes. Leurs parents, et la société, ont opposé une certaine résistance à ce changement de leur statut, mais elles ont finalement prévalu avec l'appui de l'Église.
Ces femmes étaient de grandes croyantes et c'est sur la Parole de Dieu qu'elles ont fondé leurs oeuvres. Que ce soit devenu un stéréotype... je pense que c'est beaucoup plus dommage que ce soit en fait basé sur un revirement de jugement imposé par certains. Par exemple, pensons au dénigrement de toute l'époque médiévale apparu à la soi-disant Renaissance et amplifié par les soi-disant Lumières qui, au final, n'avaient pas grand-chose de mieux à offrir spirtuellement ou artistiquement...
Comme le disait si bien l'autre: "Beauty is in the eye of the beholder". C'est le regard qu'on pose sur les choses qui détermine si c'est beau ou pas... On a le choix de voir la beauté de la chose ou non. De valoriser ou non.
Je ne crois pas être une féministe enragée (personne ne me perçoit de cette façon) et je ne crache sur personne.
Je suis désolée que tu te sois sentie visée: ce n'était pas mon intention, crois-le!
Mais on ne peut nier que ce genre de femmes existe.
J'ose cependant croire qu'entre le modèle de Maire, mère de Dieu et celui de Lady Gaga, une femme peut aller vers autre chose...tout en étant une femme aimante et aimée.
Tout à fait d'accord, mais là aussi, il s'agit de modèles ultra-puissants de nos jours, on ne peut le nier !
p.s. je n'ai aucun désir qu'on construise des bâtiments en mon honneur.
Moi non plus; mais de celles-là aussi, il y en a !
Et ce sont celles qui disent justement qu'on a empêché les femmes d'être célèbres, reconnues, etc. Il y a une part de vérité, mais les valeurs mises de l'avant pour fonder ce jugement ne sont pas très évangéliques.
Je suis tout-à-fait pour qu'une femme puisse devenir "puissante", "célèbre", whatever si elle le désire (on verra si au final sa lui apporte le bonheur [et ça vaut aussi pour les hommes]), mais qu'on cesse de dévaloriser celles que ça n'intéresse pas et qui désirent vivre autre chose en leur prêtant des intentions qu'elles n'ont peut-être pas !
Donc, faut pas prendre ça "personnel", mon splendide Papillon, mais je ne fais que présenter ici un point de vue: on a le droit d'être en accord ou pas... mais je n'ai pas pour but de blesser qui que ce soit en en faisant part !