Bonjour Coeuderoy,
Mon propos n'avait pas pour but de se prononcer sur la pertinence du lieu pour y travailler le sujet dont il est question. Je ne saurai avoir cette appréciation. Je ne cherchais d'ailleurs aucune polémique, mais uniquement à indiquer que je trouvais le sujet de ce séminaire, et son atelier, intéressant. Tout le monde n'est pas obligé d'être de cet avis, mais je vois mal où il y a sujet à polémiquer.
Bref, je ne comprends pas bien Charles la nature de votre intervention. "
Très important la "réalité psychologique" de la chose... Jésus nous en a beaucoup parlé." Autant qu'on sache, Jésus n'a pas tellement parlé non plus de cancérologie, je me permets cependant de ne pas considérer comme superflue la recherche dans cette discipline médicale comme dans les autres. En plus, dénigrer la connaissance des mécanismes psychologiques c'est refuser de voir par exemple les raisons pour lesquelles NSJC enseignait en paraboles plutôt que de faire des cours de théologie : c'est bien parce que la psyché humaine a ses règles de fonctionnement et qu'il ne suffit donc pas de dire quelque chose à quelqu'un pour que ce soit miraculeusement rendu intelligible par cette personne. Sans quoi vous pourriez être très convaincant, même quand vous agressez les gens, ce qui qui n'est vraisemblablement pas le cas. J'en arrive même parfois à avoir mal d'être d'accord avec vous sur certains sujets, tant vous exprimez les choses avec agressivité, colère ou condescendance.
Pour faire simple et reprendre la série de vos remarques qui vont dans le sens de dénigrer la psychologie ou le travail des psychanalystes, psychologues et/ou psychiatres : la psychologie est une science de l'homme qui nous permet de mieux comprendre ses tensions internes, ses troubles, ses angoisses, bref en un mot ses troubles de l'âme, comme ceux par exemple qui l'enferment dans la culpabilité.
Charles a écrit :C'est cela, oui... nous avions besoin de psychanalystes pour enfin retrouver la grâce... Mais j'ai une immense gratitude envers vous, Pneumatis ! L'Eglise n'était vraiment qu'un ramassis d'abrutis et ses Docteurs, les saints Augustin ou Jean de la Croix, de la roupie de sansonnet en comparaison de vos psychanalystes....

Je le savais, mais je n'arrivais à l'exprimer aussi bien que vous.
Voyez-vous, ce n'est pas parce que j'aurai lu la Bible et les Pères de l'Eglise que je m'arrêterai de penser et de chercher. Si vous avez décidé d'arrêter de penser sous le seul prétexte que l'Eglise a eu son lot de penseurs avant vous, libre à vous. Mais vous devez oublier probablement que l'Eglise invite toujours à la recherche et à la compréhension de l'homme et du monde, à la lumière de la tradition, dans bien des disciplines y compris la psychologie. Mais probablement ignorez-vous tout du travail du Conseil Pontifical pour la Famille par exemple. Dois-je comprendre que cette commission fait un travail totalement obsolète ? Plus généralement, dois-je comprendre que de rechercher les raisons qui poussent une femme violée à culpabiliser au point d'en désirer la mort est un travail à négliger ? Dois-je comprendre que de rechercher les meilleures approches pour délivrer de la culpabilité des parents ne réussissant pas à faire le deuil de leur bébé mort sans raisons apparentes (mort subite du nourrisson) est un travail à négliger ? Dois-je comprendre que le meurtrier dont vous donner l'exemple ne mérite pas qu'on se penche sur son sort pour l'aider à dépasser le sentiment de culpabilité et le mener au-delà, vers la véritable contrition ?
Car, si vous relisez bien ce que j'ai écrit, la culpabilité c'est avant tout quelque chose dont nous devons sortir, et c'est pourquoi il me semble important de mieux la connaitre, de mieux la définir, et donc de la déconstruire. Mais si vous savez déjà tout sur tout, évidemment ce séminaire doit vous sembler superflue. Je n'ai pas cette science infuse dont vous semblez disposer et qui vous fait regarder de si haut les efforts des uns et des autres pour tenter de mieux comprendre certains noeuds psychologiques dans lesquels s'enferment des personnes malgré elles. Aussi je trouve ce travail intéressant et il m'invite à réfléchir sur cette notion de culpabilité, qui est plus qu'un mot, et dont l'appréciation et la compréhension évolue à travers les siècles.
D'ailleurs, puisque vous citez Saint Jean, sans doute aurez-vous remarqué que le verset sur la culpabilité a presque autant de traductions différentes qu'il y a de traductions en français de la Bible. 3 petits exemples pour faire court, qui vous donne une idée sur le fait que la notion de culpabilité n'est pas un concept figé et qu'il demande à être approfondie pour que notre intelligence puisse mieux le saisir :
BJ : Et lui, une fois venu, il établira la culpabilité du monde en fait de péché, en fait de justice et en fait de jugement
AELF : Quand il viendra, il dénoncera l'erreur du monde sur le péché, sur le bon droit, et sur la condamnation.
Darby : Et quand celui-là sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement
Bref, mon propos, très néophyte sur la question, c'était de dire que la culpabilité est une prison dans laquelle on s'enferme et on se coupe justement de la grâce. Si donc on se ferme à la grâce, comment accueillir la miséricorde. En quoi je trouve intéressante la collaboration des psychanalystes ayant l'expérience des mécanismes de blocage et déblocage de la psyché, et des théologiens pouvant éclairer et donner une ligne directrice à cette démarche de libération et d'ouverture à la grâce. Sans quoi, oui on tourne en rond ! D'où ma réflexion et ma comparaison entre culpabilité et contrition, et le chemin qu'il y a à faire entre l'un et l'autre.
Charles a écrit :Oui mais pas seulement dans la Nouvelle Evangélisation, l'Eglise n'a pas attendu la fin du XX° siècle pour sauver des âmes, ou bien si ?
Non, je n'ai pas dit que c'était le seul moyen. Je dis que c'en est un nouveau, supplémentaire, permettant d'approfondir. L'Eglise n'a pas attendu la fin du XXème siècle pour sauver des âmes, cependant elle continue d'enrichir son magistère, de publier des encycliques, etc... Encore une fois, je ne vois pas les raisons qui vous poussent à croire qu'il faudrait subitement s'arrêter de réfléchir et de penser la morale et l'anthropologie.
Que ta volonté soit faite... et non la mienne... terrible mimétisme, il faut tout tirer de son propre fond comme disait je ne sais plus qui ?
Allez dire ça à Saint Paul qui nous enseigne que ce n'est pas l'obéissance à la loi qui sauve, mais la foi ! Le mimétisme dont je parle c'est celui d'une obéissance aveugle à des préceptes moraux : ce qu'on appelle le pharisaïsme.
Bonne journée.