Virgile a écrit :La politique étrangère menée par Obama existe tout de même bien, et c'est le sujet de ce fil.
Le sujet de ce fil est effectivement double: la politique Obama vue à travers un aspect de complot financier mondialisé. Lors de mon intervention "Brzezinski-land" c'est la folie sans limite de cet homme que je pointais, pas la remise en cause de projet de complot de cet homme et de sa "clique".
Virgile a écrit :Les "théories du complot" ne m'intéressent guère... cependant je pense qu'il serait peut-être utile de commencer par prendre une carte, de retirer ses "lunettes françaises", et d'écouter à nouveau ce qu'explique cet historien américain.
Il se trouve qu'il ne dit pas que des absurdités.
Les théories de complot en général, je ne vais pas vous dire que je les connais, et c'est vrai que moi aussi, je n'y cours pas après.
Mais le complot dont Tarpley parle, si on veut bien passer sur certains détails, il tient la route. Il a au moins le mérite de poser des jalons et des questions.
D'abord il parle du personnage Obama:
polomnic a écrit :
On sait très bien bien que le président des Etats Unis est celui qui a réussi à réunir le plus de fonds. Celui qui a la plus grosse couverture médiatique. Et par conséquent, il suffit de regarder qui possède ces médias.
Tout à fait, c'est dit et redit partout, je pense que personne n'est dupe.
Or Tarpley enfonce efficacement ce même clou:
"c'est une marionnette de la commission trilatérale et de Brzezinski en particulier".
"Ce même groupe a fabriqué une autre marionnette (Obama après Carter), cette fois avec plus de préparation et d'endoctrinement"
et à propos de la politique intérieure d'Obama:
"marionnette du capitalisme, contrôlée par les pires milieux financiers qui soient, Roc... et So..., dont le projet est d'une austérité extrême, une réduction sauvage du niveau de vie et de soumettre les citoyens des Etats-Unis à la misère et à l'appauvrissement"
et pour conclure à propos de Brzezinski:
"alors que pour ce qui est de Brzezinski, la folie en l'espèce est sans limite."
Ses liens (d'Obama) avec la commission trilatérale ne sont plus à discuter, des tas de photos sur internet permettent de vérifier. Qu'il a eu un demi-milliard de dollars et des moyens de com pour sa campagne aussi. Qu'un nobody pareil soit devenu président sans vrai programme autre que des promesses à la Kennedy, quoi qu'on en dise, ce ne peut pas être miracle de Dieu; il est évident qu'il y a eu manipulation, préparation, "choix d'une nouvelle tête de gauche".
Que la clique "on-est-tous-aussi-fous-que-riches" soit derrière tout ça, il n'y a rien d'étonnant, et c'est même tellement attendu que ça ne fait ni théorie ni complot. Que cette même clique soit derrière la crise actuelle, c'est même pas du suspens. Que cette clique soit d'un cynisme tel que la misère de leurs concitoyens leur fasse une belle jambe, on le savait aussi. Que cette clique soit capable d'aller plus loin, ce ne serait pas bien étonnant, quelle est leur prochaine magnifique idée, je n'en ai pas la moindre idée.
Pour ce qui est de la politique étrangère d'Obama, depuis l'interview, des choses se sont avérées:
"il (Obama) est capable de se servir des pays européens comme de pions, comme d'actifs que l'on peut sacrifier, car le projet de l'administration Obama visera à étendre le théâtre de la guerre bien au-delà du Moyen-Orient"
Qu'Obama soit capable de sacrifier l'Europe, surtout financièrement, c'est même plus un soupçon, il en est bien capable. Jusqu'où pourrait aller le sacrifice, je ne sais pas; il n'ira jamais que là où iront ses intérêts à lui, parce que même s'il faut contrer le bloc asiatique, il ne faut pas que l'Amérique se retrouve seule. L'hégémonie anglo-américaine décrite par Tarpley ne peut perdurer sans Europe économique. Et il vaut mieux s'encombrer de ces cons d'européens que de se retrouver en ligne directe face à un bloc asiatique fort de deux immenses pays, surtout avec un Japon qui la joue Suisse.
Donc pour ce qui est d'étendre la guerre, oui, pour contrer la Chine dans ses ressources, oui, pour contrer la Russie, oui, pour monter la Chine contre la Russie, oui, mais de là à faire essaimer les conflits jusqu'au coeur de l'Europe, peut-être n'est-il pas si imprudent, mais ce n'est pas par empathie européenne, ça c'est sûr!
"Selon Brzezsinki, le centre de la puissance dans le monde n'est pas en Iran, mais à Moscou et à Pékin"
Ben ça, même moi je le sais avec mon QI de blonde, alors ça va, c'est plus un complot, c'est une peopolerie...
"Etendre la guerre en Afrique sous des raisons humanitaires" pour enquiquiner "la Chine", surtout "dans son approvisionnement en pétrole" et autres matières premières, on ne peut pas vraiment dire que ce soit un complot, c'est juste un classique du genre.
"se servir de l'Iran comme d'une carte à jouer pour contrer la Russie": c'est juste une possibilité, tout comme le projet d'utiliser le Pakistan; ce n'est pas ce qui se passera forcément; rien ne permet de savoir s'il y aura guerre ou non, ou plutôt quel sera le qualificatif de cette guerre (économique, bactériologique, militaire,...), mais il est évident que pendant que nous on joue aux devinettes après le psychisme boueux d'une bande d'Iznogoud, les Iznogoud en question, -qui ne doivent pas vraiment n'être que des financiers, le roman serait trop simpliste, il doit bien y avoir d'autres influences mêlées aux leurs-, sont en train d'évaluer toutes les possibilités pour continuer leurs stratégies d'enrichissement et d'influence mondiale. Et si les détails de Tarpley ne convainquent pas tous, on ne peut nier les manoeuvres en sous-main dont l'histoire moderne foisonne.
De là à réussir, dans les faits, et militairement, à ostraciser suffisamment la Chine pour la pousser à ne pouvoir accéder au pétrole que du coté sibérien, et par là faire monter la tension entre les deux pays; de là à réussir à utiliser politiquement l'Iran pour lui faire réellement attaquer militairement la Russie; de là à entraîner l'Europe à s'unir aux Etats-Unis pour dépecer le Pakistan à des fins secondaires de s'implanter et d'enquiquiner la Russie, et enfin de là à transformer la partie nord de la plaque indo-australienne à la fois en poudrière et à la fois en poste avancé du bloc américano-européen, pour contrer militairement une possible montée en puissance financière de la Chine -et empêcher par tous les moyens son assise mondiale grâce à une alliance forte avec la machine Russe-, j'ai presque envie de dire que quand on réalise un tant soit peu la folie des satrapes américains et l'ampleur de la guerre économique qui façonne l'histoire du monde, rien ne peut plus être surprenant...
Mais si c'est vraiment ainsi que l'avenir est écrit, dans le détail, je n'en sais rien du tout.
Parce que la stratégie relève du détail, elle en devient protéïforme. Seul l'objectif est bien fixé, et Tarpley le cerne bien. Mais ce n'est pas parce que Tarpley a une idée du détail qui n'est pas la nôtre qu'on peut le taxer de complotiste aux fantasmes absurdes.