cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
En effet, mais de quel droit priverions-nous d’adoration (envers Dieu, je veux dire en reconnaissant que ce n’est pas envers un autre Dieu) et de responsabilités civiques (donc aussi d’honneur et de récompenses, etc.) une personne qui ne partage pas nos dogmes ?
On boucle ici sur votre échange avec Prodigal mais pas que…
Mais c'est bien là qu'on est pas d'accord, on n'a pas le même Dieu que les musulmans, ou que les Juifs. par exemple, nous adorons un Dieu Trinitaire et eux non, non pas par méconnaissance mais par refus. Donc adorer Allah, ce n'est pas adorer Dieu.
Et je vous retourne la question, quel droit à une personne aux responsabilités civiques? c'est un peu comme les étudiants qui se battent pour leur droits: s'ils ont des droits, c'est que la société leur doit quelque chose. et si la société leur doit quelque chose, c'est donc qu'elle a une dette envers ces étudiants. Qu'ont fait ces étudiants pour que la société leur soit redevable? Rien. Il en est de même pour les responsabilités. Le mot de droit est galvaudé, employé à toutes les sauces maintenant. Un abbé que j'ai connu autrefois me disais: "on n'a qu'un seul droit, c'est celui d'aller en enfer". Violent, mais juste.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Ce n’est pas une raison pour accepter une donnée que l’on sait imparfaite. C’est par de « petits trous » comme celui-là que l’on aboutit à des dérives immenses
Mais c'est le lot de tous les systèmes, ce n'est pas l'apanage d'un état catholique. qu'est ce qui vous prouve que les politiques actuels sont bien républicains et démocrates et ne "sous-marinent" pas? Qu'est ce qui vous prouve que telle ou telle personne ne cherche pas à avoir des responsabilités non pas pour servir la société, mais pour ses intérêts personnels? rien. On ne peut pas sonder les âmes, il faut faire avec, mais n'imputez pas à l'état catholique ce qui est vrai partout.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Admettons que vous ne plaisantez pas : il faudrait alors mettre des garde fous contre la corruption, aussi du genre « pas d’honneurs ni de médailles », de statuts genre retraites spécifiques, etc. et au bout d’un moment ce seront eux du coup les plus défavorisés !
J'avoue que je ne comprends pas. même avec des avantages, la corruption est toujours là. Et sans parler d'avantages, la société devant rendre à chacun ce qui lui est dû, si la personne a de hautes responsabilités, elle aura le statut et la rémunération proportionnelle à ses responsabilités ( ce ne sont pas des avantages, mais un dû en justice)
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Non non, nous ne parlions pas de cela, mais d’éducation et de formation. Vous vouliez que ce soit du domaine des parents or les parents c’est bien connu, veulent que leurs enfants réussissent dans ceci et pas cela, et les orienteront d’une façon souvent peu conforme aux capacités de leurs enfants mais aux leurs et selon aussi leurs frustrations. N’oublions pas qu’étant les plus proches de leurs enfants, ils sont aussi les plus susceptibles d’abuser d’eux et de mal les éduquer et que c’est bien le rôle de l’Etat (et de l’Eglise pour l’aspect religieux) d’y remédier !
Oui, effectivement, nous parlions d'éducation, je me suis emmêlé les pinceaux.
donc je disais que la responsabilité d'éducation revenait aux parents et non pas à l'Etat. ce qui ne veut pas dire que c'est aux parents de réaliser l'instruction eux-mêmes; et pour ce qui est d'imposer à leurs enfants une voie, ça peut arriver, mais ce n'est pas systématique et le fait de transférer à l'état la charge de l'enseignement ne règle absolument pas le problème. Et il ne faut pas confondre volonté imposée des parents avec le vécu familiale qui pousse, en toute liberté, l'enfant à choisir de marcher dans les traces des ses parents.
L'Etat a certes un devoir de protéger ses membres, donc oui, c'est bien à l'Etat de veiller à ce que les enfants ne soient pas maltraités par leur proche.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Non, elle n’a pas, et vous avez bien saisi la nuance que j’y mettais. Du Temps de Jésus, il reprocha souvent aux scribes et autres religieux d’avoir modifié la Révélation (ce qui est Corban, l’obole des veuves, et même les rites de purification ou les exécutions de commandements (prières, Sabbat) pourtant prescrits s’ils manquaient d’authenticité.
Je pense qu’il ferait pareil (ou fera à son retour) avec ce que nous tenons aujourd’hui dans l’Eglise pour révélé et qui ne l’est pas.
Il semble que sur ce point vous choisiriez une autre option, pour « blanchir » l’Eglise et iriez probablement jusqu’à condamner sa démarche de repentance menée par JP2, donc vous n’êtes plus en accord tout à fait avec elle-même dans ses meilleurs jours !
Oui, c'est exact, il a condamné les pharisiens et autres pour avoir corrompu la Loi. Mais il n'a aucunement reproché cela au judaïsme en lui même, mais bien à certaines de ses autorités.
Il se peut qu'il ferait pareil avec nous, nous reprochant d'avoir dévoyé son message ou autre, mais il nous le reprocherait individuellement, il ne le reprocherait pas à l'Eglise. comment cela serait-il possible, puisque l'Église ne peut errer? en revanche, si l'Eglise ne peut errer, ses membres, jusqu'aux plus hautes responsabilités, le peuvent.
Donc oui, j'admets que je ne suis pas du tout en phase avec la démarche de repentance de l'Eglise. Il aurait été plus judicieux et juste, je pense, d'admettre que certains hommes (voire beaucoup, c'est difficile de se rendre compte précisément), ont erré et que la réponse de leurs responsables hiérarchiques n'ont pas été à la hauteur.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Je ne vous suivrai pas sur ce terrain-là.
Cette Eglise que vous défendez n’existe pas, c’est une abstraction bien commode. Le trafic des indulgences a existé au plus haut sommet. Dites encore cela à une victime de prêtre pédophile, (qui s’il n’avait pas été prêtre n’aurait pas pu en faire sa victime !), victime qui l’aura dénoncé et qui se sera vu bafouée par les autorités de l’Eglise mises au courant, ostracisée, etc. ! (J’en ai été une, et je passe sur les détails les plus scabreux !)
Ce qui est dangereux c’est de se servir de ce concept pour botter en touche les responsabilités qui sont bien les siennes. Il n’y aura plus que Jésus pour pouvoir intervenir et remettre les choses d’aplomb, et c’est lui forcer la main vers la violence !
Le pire c’est que dans ce cas ce n’est pas l’Eglise qui est trahie, mais Dieu et par elle, le renier c’est entrer dans le mensonge. Certains maux ne peuvent être réparés, sauf par Dieu et dans l’au-delà. Votre façon, de voir amorce l’omerta qui a sévi et qui précisément rend l’Eglise responsable.
Sans les dénonciations au civil, l’Eglise n’aurait pas reconnu comme elle le fait aujourd’hui le mal qu’elle a fait via ses chefs. Et le pire, c’est que c’est sa mission de le guérir, alors qu’elle a fait le contraire. Et cela, comme c’est une autorité spirituelle et que le civil ne va pas dans ce domaine, ne lui a pas été reproché mais c’est bien là sa vraie faute !
Sinon, si ce n’est pas l’Eglise, alors il n’y a plus de sacrements de distribués et il vaut mieux être « indépendant » et en sortir, s’adresser directement à Dieu comme cet homme qui faisait des miracles au nom de Jésus mais ne se comptait pas au nombre de ses disciples « officiels ».
Sans quoi, on pourrait maltraiter tous ses représentants puisqu’ils ne sont pas l’Eglise, les traiter comme des esclaves ou des robots, des distributeurs de grâces à l’égard desquelles ils n’auraient qu’à s’effacer et ne rien revendiquer – pas de cure, pas de « charges », pas d’honneurs, pas de denier du culte, etc. Est-ce le cas ?
Et c’est aussi heureusement pourquoi interdire l’adoration à ceux qui n’appartiennent pas à notre clocher n’est pas ce qui ressort non plus des évangiles.
Mais toute société est un abstraction, par définition, dans le sens ou une société n'est pas une entité matérielle. et vous ne pouvez pas confondre l'entité elle même avec les membres qui la composent. Vous connaissez sans doute le paradoxe du bateau de Thésée, c'est exactement la même chose. Oui, il y a eu des abus chez des gens hauts placés, mais encore une fois, ca ne veut pas dire que l'Eglise est responsable.
Il ne s'agit pas de botter en touche, mais de remettre l'Eglise au centre du village. Au contraire, reporter sur l'Eglise les fautes de certains est une façon de les dédouaner de leurs responsabilités et de leurs fautes personnelles. Et l'omerta dont vous parlez ne vient pas d'une vision particulière de l'Eglise, mais plutôt soit de personnes qui se retrouvent coincées par un monde qui profitera de la faut d'un pour discréditer l'Eglise et donc qui font le mauvais choix de cacher ce qu'ils savent, soit de personnes qui perdant de vue leur vocation, profitent de leur poste pour abuser de leurs subalternes; la deuxième option, ce n'est pas l'apanage de la hiérarchie de l'Eglise. Je pense même que c'est justement la laïcisation de la société civile qui a aboutit à cette situation d'omerta aussi grave; dans un état catholique, la société reconnaitrait la juridiction du tribunal ecclésiastique et ôterait justement le dilemme des autorités religieuses sur la dénonciation de tels crimes.
Oui, je maintiens que les représentants de l'Eglise ne SONT pas l'Eglise, ils en font partie, c'est une nuance essentielle. un ambassadeur est le représentant d'un pays, pas le pays lui-même, et sa parole n'est pas toujours celle de son pays. Alors oui, on leur doit du respect en tant que représentant, mais également en raison du caractère imprimé en leurs âmes par l'Ordre. Et pour ce qui est des honneurs, ce n'est justement pas à la personne qu'elles sont rendus, mais à la charge qu'elle occupe. Cette distinction aussi est importante. Et si une homme décide de rentrer dans les Ordres pour les honneurs, les charges, les responsabilités... c'est qu'il n'a rien compris à la prêtrise.
En là encore, vous extrapolez, je n'ai jamais eu la prétention d'interdire à qui que ce soit d'interdire d'adorer ce qu'il veut.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Voir ci-dessus et ci-dessous. L’Eglise est capable du pire, elle et personne d’autre, et même si ce n’est pas tous ses membres, à un instant T et qui n’engage certes pas son infaillibilité, envers telles personnes… Ne pas le reconnaître c’est nier la vérité et inciter au crime.
On peut désobéir à un chef !
Encore une fois pas d'accord, pour les raisons expliquées plus haut. et je pourrai vous répondre que ne pas faire cette distinction, c'est simplifier à outrance, c'est répartir la faute de quelques uns sur l'ensemble de la société et donc dédouaner les coupables de la responsabilité qu'ils ont.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Non, c’est bien là votre erreur, le Christ ne représentera jamais l’Eglise, l’Eglise n’est pas une idole et Jésus est Dieu.
La, j'avoue que votre réponse m'a surpris. Quand je parle d'image, je parle d'image prophétique, de préfiguration, comme Melchisédech était une préfiguration du Christ prêtre.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Vous êtes là dans l’illusion. Je me sens bien plus proche de vous que de bien d 'autres catholiques et pourtant, il ressort de notre discussion des différences qui tirent leur origine de nulle part ailleurs que de cette idée.
Mais on n'a pas à se faire une "image" de Dieu, on se doit de croire que Dieu est tel qu'enseigné par la Bible et par la Tradition de l'Église, tel qu'évoqué dans le Credo. On peut certes approfondir par la méditation notre "connaissance" de telle ou telle facette de Dieu, mais ce n'est pas l'idée qu'on se fait de Dieu qui change, c'est notre compréhension d'une même réalité..
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Non pas comme l’acceptation des autres religions, mais de leurs membres comme susceptibles d’être davantage l’Eglise que les membres de l’Eglise, si !
Et cela a des conséquences…
C‘est d’ailleurs là inclus dans la définition vôtre d’une Eglise sainte et parfaite, en ce qu’elle est (pour l‘Eglise dite militante) celle de ceux qui sont ici-bas et qui seront au ciel, donc elle exclut des baptisés et inclut d’autres qui ne le sont pas : plus rien à voir avec celle dont il est question quand on parle comme ici de son rapport avec le monde politique et la société civile.
Ah non, l'Eglise militante n'est pas l'ensemble des baptisés qui iront au ciel, c'est l'ensemble des baptisés. donc elle n'exclut pas les baptisés qui ne vivent pas de la Foi (d'ailleurs, le catéchisme de St Pie X appelé "membre morts" les baptisés en état de péché mortel, ils sont donc toujours membres), et elle n'inclue pas les non baptisés qui vivent bien. Après, il y a toujours la question du baptême de désir mais ces gens là sont bien baptisés.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Moi aussi « je crois en l‘Eglise, une, sainte catholique et apostolique », mais cette prière déjà est la même pour les orthodoxes et (avec nuance) les protestants !
Vous ne pouvez pas passer d’un registre théologique à un autre aussi facilement, même si le nom est le même…
Si, justement, il est nécessaire de pouvoir passer d'un registre à l'autre, justement, car il s'agit des différentes facettes d'une même entité. Cela permet de comprendre mieux la cohérence de l'entité. Au contraire, dissocier les 2 mène à une sorte de schizophrénie, comme dissocier chez l'homme le catholique croyant et le citoyen (chose que veut faire l'Etat).
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Précisément, et elle a reçu le pouvoir de guérir les pédérastes surtout s’ils sont prêtres, or depuis qu’elle a compris devoir l’essayer, elle n’a pas encore montré le début d’un soupçon de cette capacité, alors qu’elle ne l’oublie pas et fasse en attendant profil bas (ce n’est qu’un exemple, mais éloquent, qu’elle (l’Eglise visible et dite militante) n’est pas sainte comme elle le devrait) !
Pour le pouvoir de guérir les pédérastes, je ne vois pas de quoi vous voulez parler.
En revanche, La Sainteté de l'Eglise étant de Foi, je me permets d'insister, mais c'est bien les membres qui sont imparfaits.
cmoi a écrit : ↑sam. 27 sept. 2025, 3:12
Cet échange fait ressortir que la définition donnée par Patate Douce du rôle de l'Eglise est plus proche de ce qu'est réellement l'Eglise et de ce qu'elle devrait être, donc étrangement et paradoxalement même de la vôtre, et votre position sur ce point est conforme me semble-t-il au mouvement traditionnaliste et à ce qui fait sa séparation même si elle n'est pas entièrement consommée.
Oui, et dans ce cas, qui a raison? question à un million de dollars.
Pour ce qui est du mouvement traditionnaliste (qui est quand même quelque chose de très vaste, donc je pense qu'on peut y trouver de tout), je ne pense pas que ce point soit le seul point d'achoppement.