Catholique Zombie a écrit : ↑dim. 08 déc. 2024, 16:41
Ça empêche seulement de devenir catho explicitement , mais ça l'est implicitement, en partie, comme dans la condamnation du mariage religieux homo chez les juifs orthodoxes . Toutes les religions ont des éléments de la vraie religion catho, à des degrés divers.
En morale catho la conscience erronée sincèrement oblige, donc il peut être subjectivement catho (faire le "bien" tel que perçu honnêtement, par erreur) de combattre objectivement le catholicisme, pourvu que la loi naturelle, qui est divine, soit respectée (mettons par un juif qui ne désobéit jamais à la loi naturelle enseignée par l'église catho sur tout sujet, mariage, sexualité, capitalisme modéré, sobriété, ne faire à personne ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse, etc)
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On peut dire qu'un système de pensée ou de croyances peut contenir des vérités. Mais le fait d'adhérer soi-même à certaines vérités ne fait pas de la personne un candidat déjà en route pour se convertir au catholicisme. Ce candidat ne détient pas implicitement des parties de la foi catholique. Non pas !
Il est évident que oui, en ce qui concerne les vérités morales p.ex., elles sont des parties de la morale catho.
Dans votre exemple : notre bonhomme va détenir implicitement ce que l'on nommerait une partie de la loi naturelle (respecte ta mère, il est normal que le mariage concerne l'union de personnes de sexes opposés, etc.) On ne devient pas catholique à l'insu de son plein gré tel que du simple fait d'accepter ces éléments de base d'une morale dite «naturelle» (relative à la nature de l'homme et tel que voulu par Dieu). On peut être un assassin, un incroyant qui exécute des contrats pour la mafia en Italie et pourtant accepter l'idée qu'il faille respecter sa mère et réprouver l'homosexualité.
Bien entendu, et alors ces immoralités contraires à la loi naturelle excluent du catholicisme complet. Comme la loi naturelle est précisément naturelle, il est impossible, sauf à mourir, de l’ignorer complètement, ce qui implique que tout homme a une petite partie de catholicisme en lui, y compris Himmler, un très bon père de famille ai-je entrevu.
Le point c’est qu’en état d’ignorance invincible de la vérité catho, une totale observation de la loi naturelle est un catholicisme implicite et implique la non damnation. La difficulté : il est extrêmement difficile, de facto, d’observer la loi naturellle sans le catholicisme, à cause du péché originel.
Catholique Zombie a écrit : ↑mar. 10 déc. 2024, 21:02
Voyez le pape Boniface VIII dans
Una Sanctam :
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En conséquence nous déclarons, disons et définissons qu’il est absolument nécessaire au salut, pour
toute créature humaine, d’être soumise au pontife romain.
Boniface VIII, Unam Sanctam, 18 novembre 1302
Et pour plus de précisions :
Il croit fermement, confesse et prêche [le concile de Florence] que personne en dehors de l'Église catholique, non seulement les païens, mais ni les juifs, ni les hérétiques et les schismatiques, ne peut participer à la vie éternelle, mais ira dans le feu éternel ,
Eugène IV, Cantate Domino, 4 février 1442
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La foi catholique telle qu'historiquement transmise par l'Église à Rome comprend l'affirmation qu'une appartenance à l'Église catholique est nécessaire pour être sauvé. La religion catholique n'est donc pas une religion comme les autres. C'est plutôt la seule vraie religion, l'unique, la seule qui puisse être salutaire, etc.
Attention, les règles qui s’appliquent sont celles du péché mortel, et souvent on se borne à parler de la matière du péché comme ci-haut. Mais il est évident qu’il faut mûre délibération et plein consentement et que les paiens en état d’ignorance invincible ne pèchent pas. Pour la damnation, il faut que la non appartenance soit pleinement volontaire. La plupart du temps on peut penser que le péché sera véniel au plus.
Gaudens a écrit : ↑mer. 11 déc. 2024, 10:14
Des orthodoxes intégristes promettent aussi le feu éternel aux "hérérodoxes" (dont nous, catholiques).De nombreux imams en font autant, sans compter,je suppose, quelques rabbins.Tous semeurs de désespoir au nom de Dieu.
Attention au terme intégriste utilisé dans la génération sans froc (défroquée) . L’hérésie est un péché mortel par sa matière, donc il n’y a rien d’intégriste (excès dans la lutte antimoderniste légitime exigée par le serment antimoderniste) à dire qu’elle entraine l’enfer, pourvu qu’elle soit pleinement volontaire (et en la sachant un mal) comme tout péché mortel. Un catho qui pense sincèrement que le catholicisme romain ,« papiste » mettons ,est hérétique, et que les orthodoxes ont raison, et qui reste catho commet un péché mortel sauf si son erreur est invincible.
cmoi a écrit : ↑dim. 15 déc. 2024, 7:32
Cependant le docteur angélique a un argument au moins probabiliste sur le petit nombre des élus
Somme I q. 23 , art 7
3. Le bien proportionné à la condition commune de la nature se réalise le plus souvent, et ne fait défaut que rarement. Mais le bien qui excède l’état commun des choses se trouve réalisé seulement par un petit nombre, et l’absence de ce bien est fréquente. Ainsi voiton que la plupart des hommes sont doués d’un savoir suffisant pour la conduite de leur vie, et que ceux qu’on appelle idiots ou insensés parce qu’ils manquent de connaissance sont très peu nombreux. Mais bien rares, parmi les humains, sont ceux qui parviennent à une science profonde des choses intelligibles. Donc, puisque la béatitude éternelle, qui consiste dans la vision de Dieu, excède le niveau commun de la nature, surtout parce que cette nature a été privée de la grâce par la corruption du péché originel, il y a peu d’hommes sauvés. Et en cela même apparaît souverainement la miséricorde de Dieu, qui élève certains êtres à un salut que manque le plus grand nombre, selon le cours et la pente commune de la nature."
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Pour ce qui est de mon affirmation, à savoir que « leur grand ami Saint Thomas d'Aquin n'a jamais écrit cela, ils ne savent pas lire entre les lignes ou n'y rajoutent que ce qu'ils veulent bien comprendre et qui les arrange. », il me suffirait pour la défendre et le prouver à partir de cette question 23 sur la prédestination et que vous y rapportez judicieusement, d’exposer que
dans aucun de ses 8 articles Thomas n’y a cité le baptême comme un critère discriminant entre élus et réprouvés, ce qui lui aurait été très facile et qui aurait pu lui faciliter la tâche et bien des développements.
Ca ne change rien à son argument probabiliste en 3.
Et ce point se termine au débotté par une citation « en sens contraire » de St Augustin qui lui affirme que ce nombre est fixé et qu’il ne peut être ni augmenté ni diminué. Remarquez bien que ce n’est qu’une affirmation sans aucune démonstration de présentée…
Normal, les sed contra sont des arguments d’autorité, lesquels sont prudentiels, jamais démonstratifs
Ma question : pensez-vous vraiment qu’un étudiant d’aujourd’hui qui présenterait ainsi son travail et sa réflexion aurait une bonne note ? Je ne parle même pas de la présentation, mais sous couvert de raisonnements logiques et de citations de l’Ecriture, c’est d’une niaiserie confondante !
Les objections sont souvent, mais pas toujours, faibles, c’est normal, ce sont des erreurs ayant un certain degré de vraisemblance, ou qui sont répandues
Je ne suis pas certain qu’il ait raison : et si Dieu avait voulu précisément l’imprévu ? En quoi cela le diminuerait-Il, Lui ou ses attributs ?
Il sait tout du futur grâce à sa prescience, le point est déjà traité au traité sur Dieu
Force est de constater que la grâce habite en certains « païens » qui ont comme une foi infuse (par les œuvres qui en témoignent) mais sans les mots (et que d’autres ont hérité des mots mais bafouent la foi qui leur a été donnée sacramentellement). Il y a donc en chacun de nous un appel, lequel est antérieur au moment de la transmission du péché originel, …
Selon ces 2 appels, le plus ancien étant celui du bien, il me semble que c’est le plus commun.
D’après Thomas non puisque ce plus ancien était antérieur à la chute, laquelle devient la « nouvelle » nature humaine.
Ce pourquoi encore je n’adhère pas ici à la démonstration de Thomas, c’est que je n’estime pas que « le bien excède l’état commun des choses », mais qu’il est au contraire l’état commun et que c’est le mal qui est un excès rajouté - serait-il devenu très commun, il partage actuellement et provisoirement cet état tandis que le bien en a eu l’exclusivité.
L’état commun est la nature blessée, cela inclut un aspect non blessé aussi, mais la barre, la béatitude est très haute par rapport à la blessure. La preuve est que l’incarnation divine fut nécessaire au rachat, ce qui indique que la situation était fort grave.
Thomas écrit encore que « cette nature a été privée de la grâce par la corruption du péché originel », c’est un élément essentiel à sa démonstration, et je pense que c’est celui qui vous fait assimiler les non baptisés aux damnés, mais…
Elle n’a été privée de cette grâce qu’en partie, pas totalement
Il n’y a pas assimilation des non baptisés aux damnés, mais bien plus grande difficulté pour le salut donc plus grande probabilité de damnation
Thomas omet certains facteurs comme aussi celui de la Rédemption, ce qui est tout de même un peu fort ! et qui ne tient pas aux qualités (savants, intelligents, ,etc.) mais à une disposition de l’âme qui fait fi de la « science profonde des choses intelligibles », du moins en apparence – ce que lui-même appellerait loi naturelle et qu’il ne réserve pas aux savants mais accorde à tous.
Pas tout à fait, dans l’état déchu la loi naturelle est observée beaucoup plus difficilement.
« La béatitude éternelle, qui consiste dans la vision de Dieu »,n’excède pas le niveau commun de la nature (ni de la volonté de Dieu), c’est la nature en nous qui s’en est détournée mais qui peut y revenir, il y a seulement désormais un obstacle à franchir…!
Sauf que cet obstacle est commun, car il est originel…
Pour repartir de la référence que vous donnez dans sa Somme, qui traite du nombre des prédestinés qui serait fixé, vous observerez que je rejoins l’idée que si Dieu fixait le nombre des élus, il y aurait plus d’élus que de damnés, et qui fait droit à sa bonté – Thomas le présente autrement, en disant que le bien se rencontre plus souvent dans la nature (il se met en contradiction sur ce sujet
Dieu ne fixe que ce qui est compatible avec sa perfection et sa justice, donc avec la nature déchue
Ceci dit, il est vrai que Thomas pensait que le nombre de réprouvés serait bien supérieur au nombre d’élus. Mais de là à en déduire que les non-baptisés ont peu de chance d’être élus (pour ne pas dire aucune car cela simplifie l’argumentaire), c’est un peu exagéré !
Ceci n’Est pas exactement la question.
…Toute l’œuvre de Thomas semble conçue pour éveiller notre esprit critique, or c’est une chose remarquable que la plupart de ses lecteurs ou prétendus tels, s’en servent pour tuer cet esprit ou le rendre maniaque !
Réflexe courant dans la génération défroquée, qui ressemble beaucoup à l’ »esprit » du concile ( ou paraconcile); et non pertinent pour des facs ou les étudiants ne savent rien , même pas l’abc, de ST Thomas…
…D’ailleurs, la solution qui contient votre citation n’en offre aucune à ce que cet article est censé traiter. Ce qui s’en retient de l’ensemble c’est que le nombre d’élus est fixé et connu, aussi bien que qui le constituera, par Dieu et Lui seul : ouf ! Or chacun peut librement en déduire ou non que le nombre de réprouvés serait aussi connu (en tout cas de lui, d’où le côté oiseux), selon ce qu’il aura compris du reste.
C’est pourquoi l’argument n’est que probabiliste. Il a aussi un aspect prudentiel.
…C’est un bon exemple pour montrer que chacun peut faire dire à Thomas ce qu’il veut, puisqu’il n’a pas vraiment répondu par sa solution à la question posée mais à côté. On peut le voir comme un hors sujet, une dénégation de tout résultat, mais aussi comme une invitation à autre chose.
Non, une probabilité n’est pas rien.
…
En ce qui concerne la note de ce Thomas, je pense à un AB moins (12/20), par ce qu’il se sent des ardeurs mystiques et beaucoup de bonne volonté. Mais je déconseillerai qu’il soit maître, car il risquerait trop d’avoir pour élèves des cancres ennuyeux, voire morbides.
Pour donner une idée de la sévérité de l’examinateur, sur l’ensemble de l’œuvre sa note serait relevée à 15 (comme pour Jude ou Anselme),
Aucune importance. Il est docteur commun et le concile exige la formation dogmatique chez lui. Son autorité est infiniment supérieure à la vôtre puisqu’il est vraisemblablement le plus grand esprit philosophique entre Aristote et Descartes, voire Kant, 322 AC à 1650-1804 AD, pratiquement 2 millénaires. Vos conseils ne font pas le poids.