Ombiace a écrit : ↑lun. 11 déc. 2023, 15:41
A mon sens, le jour de la crucifixion, Jésus était le centre de la sérénité ambiante, et cela même en tenant compte de l'agonie au Jardin des Oliviers, ou les Evangiles parlent de ses angoisses.
La mise à mort d’un innocent n’a jamais été et ne peut pas être « le centre de la sérénité ambiante », c’est au contraire un scandale, et cela s’est bien appelé le scandale de la croix.
Aussi la « folie » de la croix, une folie présentée comme enviable et à suivre, mais encore faut-il s’entendre sur son sens.
(La beauté de certaines figures de style jouant sur les contradictions n'enlève rien à la réalité qui les motive et qui dépasse la fiction, mais fiction il y a bien autrement : ce n'est pas une vraie folie, cela n'en est plus avec la foi ou alors il n'est plus question de la vraie foi ).
Car la folie est folie, donc blâmable, non-sens, en opposition absolue avec Dieu autant que la nature. L’intelligence s’y mord la queue, les puissances affectives s’y pervertissent, etc.
Rien d’enviable ni de désirable, rien de paradisiaque.
Ce qui là culmine c’est ce qui est affirmé par ailleurs dans le fait qu’il faut rejeter "le monde" (au sens où la concupiscence y sévit, conséquence du péché), ce dernier étant présenté comme une tentation, à travers nos sens (qui s’arrêtent au plaisir et pour sa recherche) et pour l’âme – qui veut bien légitimement « descendre de la croix » - et non s’y exposer pour se montrer admirable !
Il n'y aurait pas eu de croix s'il n'y avait pas eu de péché, et la promesse reçue (qui tient notre désir) est celle de l'abolition du péché - et pas par nos croix. Affirmer que c'est par "la croix victorieuse" du Christ n'est même qu'une spéculation théologique qui prend les choses sous un angle restreint très collectif mais sous une apparence d'adoration, très limité à celui qui adore.
Cela relève de l'interprétation, non de la Révélation. Il y a fort à parier que cela suppose autre chose et même d'antérieur qui ne nous sera révélé qu'au jugement dernier.
Non, il n’y a pas de sérénité ici-bas, mais un combat.
Ce pour quoi le langage chrétien utilise parfois des termes comme « soldat du Christ » affirmant que le Royaume des Cieux appartient aux violents - mais il s’agit d’une violence dirigée vers l’intérieur de soi pour y détruire les conséquences et y effacer les marques du péché.
Oui, l’athéisme peut être une façon de refuser ce combat, mais pas seulement et pas que lui : se crucifier soi-même ou demander à l’être, s’y complaire en est une autre et ce n’est pas limitatif !
Jouir de la sérénité supposée avoir été celle de l’âme du Christ dans son combat, ne donne aucune indication sur la manière d’en jouir : ses bourreaux en ont joui, eux aussi, et en tant que bourreaux, non que « rachetés » (un racheté ne peut en jouir, sinon à la manière du dit purgatoire). Idem pour les membres du sanhédrin qui l’ont accusé et conduit à condamnation.
(Non plus que sa mère n’en a joui car elle la connaissait plus que tout autre, mais ce lui fut une souffrance à quoi la sérénité ne servait qu’à la stabiliser et la maintenir au plus haut, pas à autre chose du genre se « justifier », se divertir, s’enorgueillir : l’amour gratuit se consommait jusque dans la rupture et la séparation).
Chacun fait ce qui lui plaît, vit son destin et tout est bien !
(Et ceux qui auront le mieux imité la sainteté, serait-ce par une caricature, seront … ?!)
L’absurdité du monde sans Dieu est une évidence morale qui dépasse la morale… Au lieu de sérénité il faudrait pour nous qui sommes des humains à part entière, parler de foi. Sans quoi c’est basculer dans la folie ou l’illusoire. Or la foi et le souci du salut du monde donnent beaucoup de soucis dont il n’est pas possible de se détacher comme on change de vêtements !
Ce qui distingue ici-bas le chrétien, qu’il en porte ou pas le nom, c’est qu’il mène un combat pacifique qui dépasse l’enjeu de sa personne et de son existence ; lequel est ici-bas sans issue certaine et peut même être une impasse, mais il vainc et convainc par sa seule espérance : le finir en Dieu qui est Amour, au jour de sa mort, et y trouver le repos qui sera béatitude infinie.
C’est tout le message du discours qui a été appelé pour être celui des béatitudes (Mathieu, 5: 1-13 ; Luc, 6: 20-38) et qui est paradoxal, à lire et relire (et leur suite...) jusqu’à le comprendre et pour identifier dans quel monde nous appelons à vivre par nos actes et nos paroles, le fruit de nos pensées.
Car il ne suffit pas d’être sauvé, ce paradis qui en résultera dispose de plusieurs demeures dont certaines pourront être inodores et sans saveur, sans couleurs, étriquées.
Le baptême, c’est le moment où se prend la résolution qui se veut définitive de s’engager dans ce combat, en pleine connaissance de cause.
La bible, aujourd’hui et pour nous, est accessible à tous.
Aborder la question de Dieu sans l’avoir lue, c’est juger d’une personne et en parler sans l’avoir rencontrée. J’apprécie grandement comment vous vous en abstenez, Charly, (je vous interpelle en passant…), mais vous ne sauriez aborder le seul sujet religieux véritable et qui peut changer votre vie, sans cette lecture. En sachant faire abstraction des a priori qui ne seront pas seulement les vôtres.
Il vous faudra résoudre la question des miracles, des prophéties, de la hauteur et de la pureté de la morale enseignée (accessible à l’imagination d’un homme ?) recevoir et gouter sa puissante influence sur le cœur humain, sa non-trivialité (elle contient des doctrines qui ne sont pas déductibles de l’expérience humaine – ce qui est le cas de celle en quoi vous croyez, à savoir celle de la transmigration des âmes, mais laquelle ne résout pas la question de leur origine ni de leur existence, et évite celle de leur « état » même en évoquant le « karma » : tout en admettant qu’il existe un bien et un mal, où se trouve et qui/quoi donne le critère de discernement ? ).
Toutefois elle vous donnera et vous permettra d’avoir un langage de commun, celui qu’ici même j’ai par habitude employé et qui sans elle devient ésotérique.
Encore faudrait-il que vous acceptiez d’y passer beaucoup de temps, ce qui suppose d’avoir accepté la mort pour ce qu’elle est, sans rien rejeter de la vie, et de vouloir quelque chose de plus qu’un bonheur éphémère ou incomplet, par épisodes successifs.
Ceci dit, en Dieu s'opère une certaine transmigration puisque son Esprit est présent en tous, en tout esprit : la sienne ! Et elle nous concerne tous indépendamment de notre "solidarité confraternelle".
Mais l'Esprit n'est pas l'âme, qui chacune est unique et l'âme humaine est liée à un corps, sans quoi la qualification d'humaine disparait.
Regardez un lion : croyez-vous vraiment qu'une âme humaine puisse s'y enfermer (qui suppose de jouir aussi d'un esprit humain, fort distinct d'un instinct ou d'une intelligence d'animal ? Peut-être pas, car iI est possible de croire en la transmigration des âmes et d'y mettre des limites, en effet...)
Ce qui fait que la doctrine chrétienne ne croit pas en la transmigration des âmes, c'est que l'amour de Dieu est tel qu'il nous veut unique, ce qui n'empêche pas qu'en regardant couler l'eau du haut d'un pont, vous la voyez semblable bien que ce ne soient pas les mêmes molécules d'eau qui passent. Cet amour culmine et se manifeste dans la résurrection, qui rend caduc la nécessité d'une transmigration qui relève cependant d'une intuition fort juste de "non fin", mais incomplète et incorrecte car privée de Révélation. Les faits qui corroboreraient une transmigration relèvent de l'existence du monde des esprits, où interviennent certains phénomènes que nous ne maîtrisons et ne connaissons que partiellement (autre sujet que vous avez ouvert et sur lequel j'apporterai si Dieu le veut, un jour ma réponse...).