Re: Que veut dire "vraie" quand on parle d'une vraie religion?
Publié : ven. 11 juin 2021, 15:43
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Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
Sauf que ce n'est pas du tout ce que j'ai fait. Je ne suis pas stupide à ce point...Appert ainsi que vous voulez démontrer la vérité des articles de la foi chrétienne par les articles de la foi chrétienne : c’est un cercle vicieux !
me suffit amplementAc4,12Il n'y a de salut en aucun autre; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.
Peut-être que j essaie d inaugurer une autre forme de sensorialité..?prodigal a écrit : ↑lun. 19 juil. 2021, 9:32 Il me semble que vous faites de "vraie", dans cette occurrence, un synonyme de "touchant" ou d'"émouvant". Ce qui n'est pas sans poser un problème, car bien des choses sont profondément émouvantes sans qu'on puisse a priori dire qu'elles sont vraies pour autant.
C'est bien normal, excusez-moi Prodigal, svp, pour la précipitation avec laquelle j écris, et merci de me le dire.
Vous m avez semble t il compris sur cet axe de pensée.. Mais la fragilité dont je parle n a d égale en intensité que l attachement que l on peut lui vouer. Je m'explique : Ce qui est fragile, fait toujours l objet de comportements manichéens.
Sauf qu'en poussant au maximum ce raisonnement, on doit en conclure au masochisme autodestructeur et suicidaire du christianisme, ce qui l'exclut de fait à être la "vraie religion".
Rebonjour ademimo.
D’un point de vue historique, les premiers chrétiens étaient bel et bien des juifs. Le Christ lui-même souligne à plusieurs reprises qu’il s’adresse en tout premier lieu à Israël. C’est bien ainsi qu’il faut entendre par exemple le passage suivant (Mathieu, XV:26) :Suliko a écrit : ↑ven. 11 juin 2021, 0:45 Leur description de Jésus ne correspond tout simplement pas du tout à ce qu'en disent les sources de l'époque. L'islam suppose littéralement que les propres disciples du Christ ont été bernés et que non contents d'avoir été bernés, ils ont répandu leur faux culte un peu partout (sans compter que l'islam considère que le message de Jésus était tourné uniquement vers Israël, ce qui est contredit par l'universalisme des premiers chrétiens...).
Disons plutôt qu’il existe plusieurs couches de discours. Il y a un récit simple, binaire, à l’attention des classes populaires. Ce christianisme-là ne demande pas de réfléchir : il suffit d’y adhérer dogmatiquement et d’adopter les conduites correspondantes.L'Eglise n'a au contraire jamais tenu un tel discours, qui revient à tout relativiser...Voilà pourquoi tout repose absolument sur la Foi. Il ne me semble pas que l'Église ait un jour tenu un autre discours. Rien de relativisme là dedans, bien au contraire.
Vous confondez le christianisme et l’Empire romain, c’est-à-dire le cadre politique qui l’a vu naître. Ce que vous décrivez est un phénomène bien connu de la science des religions et se nomme syncrétisme. Le christianisme est loin d’être la seule religion syncrétique. La religion romaine du Bas-Empire était syncrétique au même titre que le christianisme. Même chose pour les doctrines néo-platoniciennes de la même période.Cinci a écrit : ↑ven. 11 juin 2021, 3:01 Je tiens le christianisme pour vrai dans la mesure ou il apparaît être comme la seule religion universelle/universalisable. Je pense ici à une religion qui puisse me permettre de faire la jonction entre ce concentré de sagesse du monde antique se trouvant dans la Bible (Proche Orient ancien, Égypte, Byblos, prophétisme hébreu, etc.) et le meilleur des écoles de sagesse du paganisme gréco-romain ou du monde occidental. La sagesse des Grecs : Platon, Aristote; les moralistes romains comme Sénèque qui auraient mis de l'avant les vertus. Le christianisme est comme le creuset qui aura permis historiquement de fondre ensemble harmonieusement la quête, l'espérance et le discours de tout ce beau monde.
Ce n’est pas le christianisme qui a permis cela, mais la philosophie grecque. Celle-ci a été pratiquée par des théologiens chrétiens, mais aussi juifs et musulmans. D’ailleurs en pensant jusqu’au bout les principes aristotéliciens, les continuateurs de ces mêmes théologiens chrétiens sont vite sortis des limites étroites du dogme catholique.Le christianisme a rendu possible comme l'élaboration d'une sorte de discours rationnel et critique au sujet de Dieu et au sujet du monde en même temps et qui se nomme la théologie, et sans se départir de l'exigence de vérité.
Il se trouve que l’Eglise n’a pas toujours été très aimable et souriante envers les Grecs et les païens. En témoignent les guerres de Charlemagne en Saxe, la quatrième croisade ou les expéditions en Lituanie. Allez donc parler de vieilles légendes et de palimpsestes à des missionnaires du VIIIe siècle comme “saint“ Boniface.Le christianisme est vrai (entre autres) pour ces raisons-là, par opposition à la religion des talibans qui sera dite fausse. Parce que les talibans avec leur religion ne peuvent absolument pas produire une religion universelle, aimable et souriante envers les Grecs, les païens, les théologiens savants et critiques, les archéologues curieux qui viennent remuer les vieilles légendes, les collectionneurs de palimpsestes.
La religion japonaise (le shintô) est hautement syncrétique, davantage que le christianisme. Dans la mentalité asiatique, il n’est pas choquant de trouver des éléments bouddhistes mêlés à des éléments shintô. Les appartenances religieuses ne sont nullement cloisonnées comme dans la mentalité monothéiste. Quant au culte des ancêtres, il existait (et existe encore) partout ailleurs dans le monde et entre autres à Rome. Nous avons parlé plus haut du syncrétisme romain. Les dieux des « barbares » (celtes, germains, égyptiens) étaient en effet assimilés aux dieux grecs et romains (eux-mêmes distincts à l’origine).Il ne sera pas moyen d'apparier la religion des talibans d'une manière heureuse ni avec la morale naturelle ni avec les développements plus poussés du droit. Ici la religion fausse apparaîtra plutôt comme une superstition et un obscurantisme. C'était déjà l'objet de la critique des religions (mythes religieux) de la part des philosophes grecs, ceux ne pouvant admettre des comportements immoraux chez les dieux. Le christianisme intègre la critique des Grecs, ce que ne fera pas des cultes animistes, certaines religions ancestrales ou les dieux du panthéon hindouiste. On ne pourra pas faire de la religion des ancêtres au Japon la religion des Russes, des Allemands, des Australiens ou des Africains ou des Arabes encore !
Il est amusant de penser qu’un Grec païen du Ier siècle aurait pu tenir le même discours que vous à propos de certaine secte orientale nazoréenne.La vérité de la relation avec Dieu ne peut pas faire l'impasse sur ma propre identité particulière et globale (nationalité, humanité). Si je n'en tiens à la religion des Hindous, je suis obligé de me couper de mon être d'homme occidental d'aujourd'hui.
Ah bon ? Donc le petit confort personnel doit primer sur tout le reste ?La vraie religion serait donc celle m'offrant réellement la possibilité (oui à moi, à travers mon identité complète) de mieux atteindre à la vie heureuse.