Can. 751 – On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité ; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne ; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis.
Ok, c'est refus de soumission et pas d'obéissance, j'aurais dû vérifier et ne pas citer de mémoire. Il n'empêche que les concepts sont très proches.
Je suis bien plus partagée que vous sur cette question, car le devoir d'obéissance a été et continue d'être utilisé par les modernistes pour empêcher les catholiques d'exiger le retour d'une vraie vie spirituelle et liturgique traditionnelle.
Ah c'est clair que c'est là un déséquilibre ; les tradis sont tentés d'obéir (enfin cela dit de moins en moins à mesure que l'on veut leur faire avaler des grenouilles aussi grosses que le boeuf) tandis que les modernistes font ce qu'ils veulent puisqu'ils relativisent les idées d'obéissance et de hiérarchie.
Cela dit la grande différence entre eux et nous, c'est que eux vivent en accord avec leur principe, tandis qu'en désobéissant, nous trahissons nous-même nos idées.
Quand l'obéissance légitime - que je qualifierais de fidélité à la foi traditionnelle - se transforme en volontarisme (obéissez, quel que soit le contenu de ce que l'on vous propose et quels que soient vos doutes...), on court droit à la catastrophe.
D'accord mais comment on fait pour faire la distinction entre l'obéissance légitime et le volontarisme? Quels sont les critères? La conscience? Mais dans ce cas vous validez la division luthérienne, car sans doute Luther était persuadé de bien agir!
Je ne dis pas de ne pas obéir systématiquement, je dis qu'il y a actuellement un défaut d'obéissance plutôt qu'un surcroît d'obéissance aveugle. Il suffit de regarder par exemple la vie de Padre Pio. On a actuellement des laïcs qui écrivent des pétitions pour protester contre les décisions du curé, des prêtres qui n'obéissent plus à leur évêque (e.g. le curé de Saint Merry à propos de la prière demandée par Mgr Vingt-Trois, ou le curé de Thiberville), des évêques qui se contrefichent de ce que peut penser le Pape (i.e. Mgr Marx quand Benoît XVI était Pape)...
Au Ciel il y a une hiérarchie, et celle-ci n'est pas contestée. Si l'Eglise terrestre militante veut ressembler un peu à l'Eglise céleste triomphante, qu'elle nous rappelle plutôt les principes d'obéissance et de hiérarchie. Si nous estimons, en tant que traditionalistes, qu'un prêtre a reçu la grâce sacerdotale et pas les laïcs, comment ensuite un laïc oserait-il contester les décisions des clercs?
En fait c'est intéressant ce point parce que l'on a d'un côté un Pape supposément opposé au cléricalisme mais qui règne d'une poigne de fer et ne répond pas à ses opposants conservateurs, qui ceux-ci ont normalement un grand respect de la hiérarchie mais qui décident en conscience de s'en affranchir...Le premier soutient le cléricalisme dans les faits et les seconds dans les discours. Aucun n'est logique.
Can. 212 – § 1. Les fidèles conscients de leur propre responsabilité sont tenus d’adhérer par obéissance chrétienne à ce que les Pasteurs sacrés, comme représentants du Christ, déclarent en tant que maîtres de la foi ou décident en tant que chefs de l’Église.
Non, les fidèles ont parfaitement le droit de tiquer, broncher, ne pas aimer, ne pas être d'accord ... avec bien des initiatives personnelles du pape répondant à ceci et cela en matière disciplinaire, sociale ou politique.
Ah mais je peux vous assurer que je n'ai pas du tout apprécié les cérémonies à base de statuettes païennes idolâtriques, et qu'il y a plein de déclarations du Pape François qui m'ont hérissé les oreilles, et j'ai passé suffisamment de temps sur ce forum à critiquer les initiatives du Pape François pour justement relativiser actuellement. Je ne retranche rien au fond ; et j'estime avoir le droit en moi-même que penser que la meilleure place pour une statuette païenne, c'est au bûcher, et pas dans une église. Et je ne retire aucun de mes messages là-dessus, ou sur d'autres initiatives du pape.
Bon, et ensuite? Alors ok vous tiquez, vous bronchez, vous n'aimez pas , vous n'êtes pas d'accord...Très bien. Et après? Alors certes vous pouvez râler sur un site internet ou un forum, comme je l'ai fait ; cela soulage, certes, mais plus le temps passe, moins je trouve cela constructif. Vous (a priori, je suppose) êtes un simple laïc dans l'Eglise, parmi 1.2 milliards de catholiques. Donc l'impact d'une telle contestation est tout de même faible.
Alors deux possibilités :
-intensifier le ton et l'action en qualifiant François de précurseur de l'Antéchrist, de suppôt de Satan, nier son élection et sa validité, et passer son temps à écrire des bouquins, distribuer des tracts et manifester devant la nonciature. Certes cela peut être amusant au début, mais c'est vraiment chronophage, requiert pas mal d'énergies, pour un résultat qui risque d'être mince, mais surtout avouez qu'éructer en permanence, fût-ce en ayant partiellement raison sur le fond, n'est pas forcément l'humeur qui sied à un catholique.
-ou alors considérer que si effectivement avoir des femmes diacres est absolument scandaleux, qu'avoir des statuettes idolâtriques (si on m'avait dit à l'époque que le Pape arriverait à faire pire que la statue de Luther, je ne l'aurais pas cru) dans une église est une profanation, et que l'on va vers un syncrétisme relativiste déplorable, ce que je ne conteste certes pas du tout, en revanche jusqu'à preuve du contraire dans toutes ces choses-là il n'y a pas d'obligation ou d'ordre qui vous a été donné ; on ne vous a pas demandé d'acheter une statuette de Pachamama pour la mettre chez vous et l'embrasser, ni d'aller à une messe servie par une diaconesse, ni d'aller à une messe célébrée dans le rite amazonien. Donc vu l'inefficacité de la contestation d'une part et d'autre part que rien ne vous empêche d'aller à une messe 1962 célébrée par un prêtre avec des servants uniquement masculins où l'on adore uniquement Dieu, y a t il besoin d'aller plus loin?
Alors je sens déjà la critique pointer : c'est de l'esquive totale. Oui, j'assume : cela revient à dire que les latins peuvent aller dans leur messe 62, et que ces pauvres indigènes de l'Amazonie qui n'avaient rien demandé à personne vont assumer leurs diaconesses et autres inepties, et que je me défile lâchement devant la situation. Oui, c'est vrai. C'est exactement cela, mais j'en reviens à mon point 1 : quand bien même je voudrais faire quelque chose que je ne vois pas très bien, ce que d'un point de vue pratique, physique, je pourrais faire. Et si je pouvais réellement agir, je me focaliserais d'abord sur les 95% des Français qui ne vont pas à la messe chaque dimanche, question de priorité géographique.
Donc ne pouvant faire quelque chose de physique, je ne vois d'autre moyen que de recourir aux armes plus efficaces, en se plaçant sur le terrain religieux, en priant. La Sainte Vierge a dit "priez chaque jour le rosaire" *. Pas "critiquez au moins une fois par jour tel ou tel dans l'Eglise catholique", cette critique fût-elle justifiée à 100%!
Je vous rappelle ce que disait Mère Thérésa répondait quand quelqu'un lui a demandé ce que l'on devait changer dans l'Eglise : "vous et moi".
Avant de donner des leçons, fussent-elles justifiées, sommes-nous parfaits? Hé bien moi je dois reconnaître que non.
Donc plus le temps passe, moins j'ai envie de suivre les déclarations du Pape François et plus j'ai envie de me retirer tranquillement chez moi en priant le rosaire et le bréviaire pour le salut de l'Eglise et me consacrer au salut de mon âme par ma conversion (toujours devant soi!). Aucune désobéissance extérieure, aucune adhésion intérieure (en fait c'est même encore plus simple, c'est que je ne suivrai plus ce que fait le Pape ou même l'évêque), recours à une arme qui est normalement la plus efficace.
* ce qu'à ma grande honte je ne fais pas encore