Salut apatride,
apatride :
Pour vraiment clore ce débat, il me semble qu'il faudrait contre-argumenter les six voies de la damnation identifiées par Arnaud Dumouch, qui sont autant d'objections à l'idée qu'on pourrait privilégier la vie dans le monde puis soudain retourner sa veste à l'heure de la mort.
Il n'entrait pas dans mes vues de me dépenser ici pour faire le procès complet de tous les arguments d'Arnaud Dumouch. Vous le comprendrez. J'indique un ouvrage qui, d'après ce que je peux voir, suffirait "assez" pour que vous puissiez avoir des doutes légitimes sur la validité de ce que raconte notre ami avec son idée d'option finale.
Personnellement, je ne crois pas au bien fondé de cette idée à laquelle s'accroche monsieur Dumouch. Je le dis d'emblée : je n'y crois pas. Il ne m'aura pas convaincu. J'ai eu un temps de flottement au début. j'ai pu recevoir l'exposé de ses idées avec sympathie, bienveillance, ouverture et tout. Mais, après mûre réflexion, après des lectures de textes du Magistère de l'Église sur le sujet notamment, il me sera apparu que son truc "ne collait pas".
Et, pour moi, ce livre dont je parle maintenant viendrait juste me confirmer davantage en quoi mon intuition serait juste par rapport à cette thèse qui ne fait pas partie du dépôt de la foi rappelons-le. Je n'aime pas le fait (entre autres) qu'avec cette histoire d'option finale, l'on s'essayerait de nous faire croire qu'en l'absence de celle-ci c'est toute la théologie classique de l'Église qui serait vicieuse, sans coeur, monstrueuse, dénuée de charité et etc. Ça, je trouve que c'est profondément faux. Je m'inquiéterais du fait qu'un théologien puisse le penser.
Un commentaire ?
Les six voies de la damnation ? Ce sont des réflexions personnelles de notre ami. Et comme tout le monde pouvant émettre des réflexions, il s'y trouvera certaines choses vraies, certaines plausibles et d'autres beaucoup plus discutables voire très douteuses. Je trouve qu'il dit beaucoup de choses qui peuvent apparaître un peu comme une tentative de nous jeter de la poudre aux yeux. Je le dis en considération du genre de conclusion dans laquelle tout ceci devrait déboucher.
Notre ami va nous faire faire un long détour sur ces considérations touchant l'enfer et comme pour bien asseoir cette idée qu'il ne s'écarterait en rien de la théologie de l'Église. Eh oui, Arnaud n'attaque pas le fait qu'il puisse finalement se trouver "quand même" des pécheurs en enfer. Merci. C'est bon à savoir. Très bien. Mais l'essentiel ne se trouve pas là.
La nouveauté de son option réside dans le fait de ce qu'il peut dire touchant le fameux péché contre le Saint Esprit. A l'en croire, les conditions pour entrer là-dedans seraient proprement incroyables. Il faudrait que le sujet réalisât lui-même une performance presque impossible à réaliser humainement - puis face à Jésus en personne pour finir - pour aboutir dans les ténèbres extérieures. Cette orientation dynamique d'Arnaud s'écarte complètement, complètement mais complètement, de toute la Tradition de l'Église. C'est la critique déjà dite ailleurs que dans ce fil à l'effet qu'Arnaud fait disparaître les péchés mortels en nous assimilant "tout ça" à ce seul péché grave ultime et vu comme "le" grand péché irrémissible commis soi-disant en pleine lumière. Ce n'est pas du tout ce que nous raconte l'Église catholique.
Dans son exemple exploitant la figure du défunt Führer : nulle part vous ne trouverez que la damnation éventuelle du sujet pourrait être liée directement et principalement à la qualité même des actes qu'il aura pu réaliser dans sa vie (avec des omissions telles ne pas s'être confessé et repenti de divers crimes majeurs) mais bien à cette seule volition ultime du sujet et à partir de quoi c'est le sujet qui déciderait alors de se réaliser définitivement dans une voie ou dans l'autre. Se réaliser soi-même en optant pour le mal imaginez ! L'Église n'a jamais cru une telle chose.
Arnaud ne va pas nier que le genre de vie adopté puisse prédisposer le sujet à incliner dans un sens plutôt que dans l'autre. C'est sûr ! Mais ce que je dis c'est que la "somme des péchés mortels commis et non repentis du vivant de notre bonhomme" n'en pourrait pas entraver la possibilité pour lui de pouvoir faire malgré tout un bon choix ("Je choisis Jésus ..."). L'hypothèse de l'option finale fonctionne comme le sacre de la société individualiste moderne.
Où donc est passé le "croyant" qui est pourtant condamné par Jésus dans la parabole du Jugement chez Matthieu ? "Allez au feu, maudit ! " - "Seigneur, Seigneur ... J'ai prophétisé en ton nom ... " - "Je ne vous connais pas ! "
Il ne semble pas que le sujet soit si "en plein contrôle" de son propre destin que cela. Pas au moment d'entrer dans l'éternité.
Le fait pour un sujet d'avoir pu opter pour des décisions d'injustices de son vivant semble bien conditionner la réponse de Dieu en bout de ligne. Dans la mort, il n'est pas du tout certain que ce soit le quidam qui puisse avoir les manettes en main ou alors n'étant juste que soumis à une offensive de charme de l'un ou l'autre.