Bonjour Incertain,
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 8:25je suis très perplexe quant à votre message. Je vais essayer de répondre sur le fond, qui me semble le suivant
Eh bien discutons-en.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 8:25un soufi m'a dit que selon lui l'islam était un retour à une religion de la Loi...
Je ne comprends pas cette référence.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 8:25Effectivement, si on prend les différents apports du christianisme, par exemple la Trinité, l'abolition des règles alimentaires, la primauté de la charité et de l'Esprit sur la Lettre, les retrouve-t-on en islam ?
- Trinité : non, dans l'Islam Jésus est une créature, comme le sont les Anges et les Hommes ; bien que supérieur, je dirais même transcendant, par bien des aspects.
- abolition des règles alimentaires : non, mais elles sont restreintes : pas de porc, pas de viande sur laquelle on n'a pas rendu grâce à Dieu, pas d'alcool (je pense n'avoir rien oublié) ; et éventuellement quelques autres qui ont un statut spécifique dans certaines traditions il me semble comme le cheval, le chien, le chat...
- primauté de la charité et de l'Esprit sur la Lettre : j'avoue ne pas être sûr de saisir ce que recouvre cette notion dans votre esprit, mais s'il s'agit de la primauté de l'amour de Dieu et de son prochain sur tout commandement écrit je ne saurais l'affirmer, mais oui dans mon esprit du moins.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 8:25Les musulmans professent un grand respect pour la personne de Jésus, mais qu'y a-t-il de conservé du christianisme dans l'islam ?
Là encore vous m'en demandez beaucoup, mais j'ai cité sur un autre fil quelques valeurs fondamentales communes qui me passaient par la tête : Foi, Amour de Dieu, Miséricorde, Équité, Générosité, Charité, Fidélité, Piété, Pudeur, Respect des anciens (notamment des parents), auxquelles j'ajouterais le rejet du matérialisme et au contraire l'aspiration à la richesse spirituelle.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 8:25J'ai pris la lapidation comme un exemple flagrant de contradiction entre ce qu'a apporté le Christ et l'enseignement courant dans le monde musulman.
Tout d'abord l'Islam n'est pas inclusif du Christianisme, de même que le Christianisme ne l'est pas du Judaïsme ; donc oui il y a entre elles des différences, des divergences, voire des contradictions.
Pour moi l'une des différences les plus profondes est justement le rapport à la violence : pour caricaturer elle serait rejetée par le Christianisme dans tous les cas, mais acceptable dans certains cas pour le Judaïsme et l'Islam.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 8:25Vous semblez dire : "oui, cela fait partie des différences entre les religions". Que l'on prie debout ou agenouillé fait partie des différences entre les religions, certes ; mais qu'après la venue de Jésus et son enseignement très clair sur la lapidation, on veuille développer des arguments pour justifier celle-ci, je ne suis pas certain que cela fasse partie de "différences entre religion" mais plutôt d'un refus et d'un rejet d'une partie de l'enseignement de Jésus.
Dans mon cas il ne s'agit pas de justifier, mais de ne pas juger ceux qui pourraient en toute bonne foi, avoir des pratiques différentes qui ne sont pas nécessairement le fruit de leur propre dévoiement mais la conséquence logique de l'étude des textes qui fondent leur foi : Ancien Testament, Nouveau Testament, Coran et Hadiths.
Et je ne suis pas convaincu que ce soit un "enseignement très clair" si on se contente de Jean 8 1-11 qui est la seule référence que j'ai en tête.
En revanche, ce qui me semble clair comme enseignement, c'est l'importance de pardonner, d'avoir foi dans le repentir du pêcheur (très cher à l'Islam il me semble), de ne pas juger, de considérer humblement ses propres péchés (la paille et la poutre).
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 14:15Pourquoi écrivez-vous contradiction avec des guillemets ? Ce détail m'intrigue. Là où il y a contradiction, il n'y aurait donc pas de contradiction ?
Parce que le mot "contradiction" implique qu'il devrait y avoir correspondance.
Par exemple un juif pourrait reprocher au Christianisme de ne pas respecter la cacheroute et considérer cela comme une contradiction avec l'Enseignement divin.
Alors que pour un chrétien Jésus a aboli les interdits alimentaires et il voit donc cela comme un "changement", et dans son esprit il n'y a pas "contradiction", mais une simple "différence".
Pour moi une véritable contradiction, qui ne peut être considérée comme un changement, est le fait que pour l'Islam le fils qu'allait sacrifier Abraham est Ismaël et non Isaac pour le Judaïsme et le Christianisme.
Car autant cela ne pose pas de problème aux chrétiens et aux musulmans que les principes de leurs Révélations soient différents de ceux des précédentes, autant l'Histoire est sensée être immuable donc il devrait y avoir correspondance.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 14:15D'autre pat, vous considérez l'argument "on est au XXIème siècle, donc certaines pratiques sont obsolètes" comme un argument purement mondain.
Pour moi invoquer la modernité seule est un argument purement mondain ; le fait que le monde ne fasse pas ou plus quelque chose, ou se mette à faire quelque chose, ne change rien à la Vérité.
Par contre invoquer des interprétations éclairées de Textes (comme vous le faites avec le récit de la femme adultère), de révélations de Saints, de réflexions d'Hommes voulant sincèrement accomplir Sa Volonté, pour en tirer de nouveaux Enseignements, et ajuster sa vision et son comportement en conséquence, est une démarche viable.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 14:15Mais considérez que le christiansme s'inscrit dans l'Histoire, et assume l'Histoire. A ce titre, si au XVIème siècle l'église avait un certain discours sur Galilée ou l'homosexualité, sa Pastorale a changé : l'église chemine, et au travers du dialogue en son sein, admet ou reconnaît de mieux en mieux certaines choses - hors du dogme qui, lui, ne varie pas.
Sur Galilée et l'homosexualité j'avoue ne pas être trop au fait ; si ce n'est que pour le 1er, bien que son intuition soit bonne, son manque de rigueur scientifique et son orgueil ont grandement joués contre lui et qu'il aurait sûrement pu amener l'Église à ses vues sinon ; pour la seconde je ne sais pas comment ça a évolué, si ce n'est bien sûr que l'Église n'ayant plus aucun pouvoir séculier elle ne peut de fait plus la condamner physiquement.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 14:15Donc si l'église change et évolue (sur la démocratie, par ex.), ce n'est pas que l'Histoire est un simple processus "mondain", mais au contraire que l'Histoire est une Histoire du Salut et de la compréhension morale de l'humanité qui chemine et s'améliore.
Oui bien sûr, mais le danger c'est la pression mondaine qui se fait de plus en plus forte sur l'Église catholique et pourrait la pousser à adopter des valeurs qui ne sont pas celles de Dieu pour plaire à certains Hommes, comme semblent le faire d'autre Églises (cf
Quel cheminement a mené aux mœurs "libéraux" ?).
Regardez ce qu'il s'est passé lors de la révolution française : les membres du clergé, et les populations, qui ont refusé de se soumettre et d'enseigner le dogme révolutionnaire ont été éliminés, donc de fait s'est retrouvée mieux exposée la frange qui a accepter de collaborer.
Et si le Clergé français est devenu bien plus tolérant envers le nouveau pouvoir ce n'est pas par l'étude et la réflexion, mais par la contrainte.
Donc il y a de nombreuses forces qui jouent sur ce cheminement de l'Église, du sommet à la base, des plus vertueuses aux plus malicieuses.
Incertain a écrit : ↑dim. 01 oct. 2017, 14:15Si au XXIème siècle et déjà avant l'esclavage est abominable, il l'est aux yeux des hommes et aussi, c'est une vérité morale que l'esclavage est abominable. Une religion qui serait tolérante avec la pratique de l'esclavage aujourd'hui serait opposée à une vérité morale. C'est un acquis moral de l'humanité que de condamner l'esclavage. On ne dirait pas que si une religion admet ou tolère l'esclavage, c'est une "divergence religieuse" avec une autre religion qui le condamnerait.
Dans ce cas, pourquoi la lapidation serait "une divergence religieuse" et pas l'esclavage ?
Si je ne me trompe pas, à part au sein du Judaïsme originel, l'esclavage n'est pas considéré comme une bonne chose.
Et à ma connaissance il a longtemps été très largement toléré par le Christianisme depuis ses origines, de même que l'Islam le tolère mais incite à la libération des esclaves considérée comme une bonne oeuvre pouvant même se substituer à d'autres comme le jeûne.
À noter que les choses sont plus ambiguës pour l'Islam car il reste à priori possible de capturer de nouveaux esclaves.
Donc oui voilà une divergence de plus entre les 3, qui ne peut être tranchée que par Ses Enseignements et pas par l'arbitraire des Hommes qui un coup l'autorisent, puis l'interdisent, puis le ré-autorisent, puis le ré-interdisent, tout en continuant à le pratiquer sous une autre forme dans le tiers-monde en exploitant sans vergogne la main d'oeuvre locale pour alimenter la soif matérialiste de nos sociétés.
Pour un peu résumer mon approche : j'ai humblement conscience de ma petitesse spirituelle et des biais induis par mon immersion depuis des décennies dans le monde, et par conséquent j'évite de trop m'avancer, et encore moins de juger, des points de doctrine divergents, d'autant plus que ceux qui ont pu les établir et les appliquer sont de toute évidence bien plus élevés que moi spirituellement.
Bien sûr je pense être aussi détenteur d'une partie de la Vérité et j'expose volontiers des points qui font avancer le réflexion ; et que mon expérience dans le monde me permet d'avoir une vision plus subtile de mes voisins, que n'ont pas des étrangers ne les connaissant pas.
Approche bien sûr difficile à tenir en ces temps, notamment sur certains sujets comme le sionisme, où on se retrouve contesté par les uns et les autres, qui ont des positions bien tranchées.
