Gaudens a écrit : ↑dim. 10 nov. 2024, 19:33
avec le basculement subséquent dans un monde public arborant des valeurs totalement contraires à la morale chrétienne.Aux EEUU, rien de tel,je pense.Comment modifier cet état d'esprit, si du moins c'est souhaitable ? on peut en effet penser le contraire et valoriser une sorte de spiritualisation de l'appartenance catholique , bien que cela me paraisse relever en fait d'une capitulation en rase campagne...
J’apprécie peu le sujet politique mais vous me semblez là l’aborder par une base qui mérite d’être traitée avec audace et profondeur, sans parti pris interventionniste : je veux dite : l’Eglise doit-elle ou non intervenir dedans au nom de la souverainement du Christ Roi dont « le royaume n’est pas de ce monde » mais dont pourtant nous avons le devoir de propager la parole (avis de la Tradition, et pas que des traditionnalistes qui en fait défendent un mode d’intervention extrême et dont le principe pour rester pur - et ils s’y accrochent - conduit trop à des mises en œuvre obsolètes, à un manque de pragmatisme, et à une opposition stupide à l’Eglise militante qui n’est pas »de son bord » doctrinal – or beaucoup moins qu’ils ne le déclament et y perdent beaucoup de forces et les dispersent).
Cela contient une contradiction à résoudre, et tant qu’on ne sait pas comment une parole la résout, on doit se méfier de son auteur. Ce débat-là reste en suspens pour justifier bien des échecs, à se demander si beaucoup de chrétiens n’apprécient pas de jouer perdant et ne sont pas hypocrites, recherchant un faux sacrifice, comme couronne de martyr.
Il y a monde et monde, et beaucoup rattachent à « mondain » Satan. Si c’était absolument vrai, il faudrait être logique et s’en désintéresser, ou reconnaître que plaider ce rattachement pour « valoriser une sorte de spiritualisation de l'appartenance catholique » ne doit pas se faire que… et patati et patata (notamment dans des monastères ou des ermitages insolites et bizarres).
Ceci dit, pour faire davantage avancer le sujet et à condition qu’il intéresse vraiment et soit estimé que ce soit la méthode et que cela en vaille la peine, plutôt que de s’écharper ou de se congratuler d’être ensemble (s’effrayer d’être un reste ?), il me semble que ce que vous appelez « rase campagne » soit plutôt une forêt amazonienne très dense et mal explorée, où se trouve des bêtes féroces mais aussi des lieux de repos et de paradis : nous sommes bien d ‘accord qu’il s’agit là de rien de moins que de cette Eglise militante dans le monde, et non du monde, il n’y a pas de frontière, et des aspects qu’elle peut prendre aux yeux du monde et pour elle-même quand plongée dans le monde réel et qui n’est estimé mondain qu’au gré de ce que chacun se sent capable de combattre, et qui n’est pas toujours le véritable adversaire ni la véritable menace prioritaire.
Ah ! si au lieu de se regarder le nombril ou de se déclarer chrétien, on voulait bien chercher la paix du Christ comme un certain Ombiace en a plaidé la cause sur un post voisin… : Mais cela suppose ensuite d’être capable de reconnaître ses péchés au lieu de pointer ceux d’autrui, c’est un renversement d’attitude et qui ne doit pas concerner que le for interne ou la vie privée ! Et de pratiquer toujours ensuite, le ferme propos en devenant constructif.
Tout cela suppose une mobilisation générale, je veux dire de chacun selon ses capacités - cette forêt, il faut en préserver l’éco système et pourtant la défricher, la rendre hospitalière, apprivoiser ce qui doit l’être, donner à ce qui doit rester sauvage son espace de liberté, reconnaître les vertus de ses plantes médicinales et savoir les utiliser, etc.
De quoi faire un synode ! Au moins sur le principe…
Curieusement, ce sujet n’a pas été traité par le dernier qui d’ailleurs a préféré le huis-clos. Sans doute trop échaudé par l’expérience du dernier concile. Comme quoi nos querelles internes (car l’Eglise s’en serait remise s’il n’y avait pas eu une forte contestation interne) ont grandement affaibli notre capacité à être missionnaire : même entre nous, on chuchote, car nous vivons en sourdine et dans un monde insonorisé par nos défaites, et il faut que ce soit ce monde honni d’où sortent et nous proviennent des catéchumènes inattendus qui nous incitent à parler plus fort et nous rappellent qu’à travers nous Dieu malgré tout a été entendu, au-delà de nos défauts, et que ce monde n’est pas « si méchant » ou dangereux, qu’il a conservé une attente… Le "monde" après tout n'est peut-être pas si mondain (ce qui ne signifie plus maniéré ni cultivé ni... vicieux ?) que cela.
La dimension prophétique de Vatican II ? Il a remis à jour et dépoussiéré la merveille qu’avait été le parcours catéchuménal.
Altior a écrit : ↑dim. 10 nov. 2024, 22:07
On a appris qu'il n'y a pas de sujets tabou, on a appris qu'on peut gagner des élections autrement qu'en disant que le bien est mal et que le mal est du bien. On a appris qu'on peut gagner des élections en ouvrant le débat sur des questions que "le monde" prend pour tabou acquis et en soutenant d'autres points de vue et autre discours que celui qui chatouille les oreilles. On a appris, pour faire court, que le courage paye.
Malheureusement on a aussi appris que l’élite peut se livrer en toute impunité à la vulgarité, à des coups-bas interdits, à des dichotomies profondes entre vie publique et vie privée, à des mensonges éhontés, etc. Et que cette surenchère-là est en train d’atteindre des sommets même de réussite. L’encadrement de nos sociétés est devenu d’une dureté, d’une arrogance et d’une discourtoisie à faire pleurer, etc., etc.
Peut-être que ce ne sont là que des tactiques et que tous les coups sont permis, que le sentiment moral de la démesure et de la justice n’a plus besoin de normes, que nos mœurs peuvent et doivent être débridés, etc.
Certains chrétiens semblent le penser qui seraient prêts à s’en inspirer !!! Et pas que dans l’hésitation des (H) « EEUU » ou d’un nouveau monde, même dans notre vieille Europe prétendue cultivée et qui déjà s’est fait surprendre : « poussez-vous tous que je sois sur le devant de la photo ».
Le courage ? Le courage, un aristocrate ibérique en a montré une autre version, plus douce, plus discrète, moins tapageuse et médiatique : heureux peuple que celui qui s’y reconnaît ! Il n’y a pas que les peuples qui savent pratiquer le pacifisme, et ceux qui sont bien dirigés peuvent se reposer…
Pauvres pays qui…
Altior a écrit : ↑dim. 10 nov. 2024, 22:07
car les questions de tactique électorale gagnante nous éloignent du domaine étroit voulu par la modération.
Cette modération me semble avoir tout à fait raison… Ce qui n’en fait pas une censure et d’aucun sujet, pourvu de l’aborder sous le bon angle. Car les valeurs du Christ sont à partager sans modération jusque dans la vie profane…
Altior a écrit : ↑dim. 10 nov. 2024, 22:07
d'après mois, son chef n'a ni le courage, ni la carrure de présidentiable. Il reste un excellent analyste politique et un jour il sera un jour, peut-être, un bon conseiller présidentiel, mais il lui manque, même physiquement, ce je-ne-sais-pas-quoi qui donne des chances dans l'arène pleine de lions de la démocratie.
Ce n’est pas que l’avis de votre éphéméride… Sauf que d’autres croient savoir le « quoi ». Mais parle-t-on de quelqu’un qui vraiment respecte et pratique la doctrine du Christ ?