Bonsoir,
Je réponds dans l'ordre.
Sur la contradiction (même si entre nous je ne pense pas que ce soit le point le plus vital du débat) :
Aussi le Concile a-t-il décidé d’étendre la faculté de concélébrer aux cas suivants :
1. a) le Jeudi saint, tant à la messe chrismale qu’à la messe du soir ;
2. Cependant, on réservera toujours à chaque prêtre la liberté de célébrer la messe individuellement, mais non pas au même moment dans la même église, ni le Jeudi saint.
On dit au n°1 que le prêtre a la faculté, donc la permission, la capacité, le droit, de concélébrer le Jeudi saint, ce qui sous-entend qu'il est libre d'utiliser cette faculté ou pas ; et au n°2, on nous explique que l'on réserve au prêtre le droit de célébrer individuellement, sauf le Jeudi saint. Mais dans ce cas ce n'est pas une faculté, c'est un ordre.
Vous pouvez qualifier mes propos d'hérétiques si cela vous fait plaisir, mais cela ne résout pas le problème.
Venons-en aux choses plus intéressantes :
Notons donc que le missel de 62 admet la concélébration.
Certes! Ce n'est pas un argument pour l'étendre. Le missel de 1962 admet la récitation des messes de requiem pour les défunts à certains jours, il serait incongru que l'on étendît cette possibilité au jour de Noël. Autant la récitation des messes pour les défunts un jour de férie me paraît une bonne chose, autant réciter une messe de requiem avec les textes de l'office des défunts le jour de Noël ne va pas. Autant la concélébration ne me choque pas le jour de l'ordination, autant elle me gêne ailleurs.
Notons encore, grâce à l’étude de Tihon, que la concélébration stricto sensu ne date pas d’hier : « Au VIIIe siècle nous voyons pratiquer à Rome la première forme connue de concélébration parlée : les cardinaux prêtres entourent le pape
La différence devrait vous sauter aux yeux : on parle dans ce texte de concélébration entre les cardinaux-prêtres et le pape, et l'on voudrait en tirer des conclusions pour avaliser la concélébration entre un évêque et d'autres prêtres, ou même entre plusieurs prêtres.
« La concélébration… manifeste heureusement l’unité du sacerdoce » SC 57, §1 : c’est un symbole d’unité. S’il n’est pas nécessaire à l’unité du sacerdoce, il la manifeste.
Pour être précis :
-je ne vois pas en quoi la concélébration manifesterait l'unité du sacerdoce (quoi que l'on veuille dire par cette expression quelque peu nébuleuse)
-je ne vois pas en quoi la messe devrait avoir pour objet de manifester quasi-prioritairement l'unité du sacerdoce
-je ne vois pas en quoi il ne pourrait pas y avoir d'autres manières que la concélébration pour manifester l'unité du sacerdoce
C’est pourquoi un prêtre qui refuse de concélébrer alors que son évêque le lui demande témoigne de son refus de l’autorité épiscopale sinon de celle du Concile Œcuménique de Vatican II.
Il y a plusieurs choses qui devraient être rappelées.
La première, c'est que les prêtres ED sont rentrés dans un institut, basé sur des constitutions et une règle précises : se pose donc tout d'abord la question de la hiérarchie : un évêque peut-il donner un ordre à un prêtre ED? Pour ma part, je ne pense pas. Un Jésuite reçoit des ordres de son supérieur de communauté, de son provincial ; pas de l'évêque du lieu.
La deuxième chose, c'est que l'ordre va directement à l'encontre des constitutions de l'institut auquel appartient le prêtre ; il y a donc conflit, et évidemment les constitutions priment sur un tel ordre. A supposer qu'un évêque ait le droit de donner des ordres à, par exemple , un monastère bénédictin sur son diocèse, il ne peut demander à un moine de quitter son monastère, de s'installer dans une maison en ville et de vivre de mendicité, car ces trois ordres sont directement opposés aux voeux prononcés et à la Règle de Saint-Benoît. Et le moine aurait parfaitement raison de l'envoyer promener, restant sauf la déférence due aux pasteurs. Ici, le prêtre est engagé dans un institut qui a pour but de célébrer en rite tridentin. On n'a donc pas à exiger de lui de célébrer en concélébration dans la forme ordinaire, pas plus qu'un évêque ne pourrait donner comme ordre à une communauté maronite sur son diocèse de venir concélébrer avec lui en rite Paul VI : cela n'aurait juste aucun sens.
Donc, refus de l'autorité épiscopale, peut-être mais encore faudrait-il que, pour le refus soit contestable, que cette autorité épiscopale existe réellement. Et à supposer qu'elle existe, il ne s'agit pas d'une contestation dans l'absolue et générale de l'autorité épiscopale, mais d'une contestation sur un ordre qui est illégitime car allant à l'encontre des règles et constitutions de l'institut d'appartenance.
Encore moins de contestation de Vatican II : il n'est nulle part indiqué que les prêtres sollicités pour concélébrer enverraient une lettre d'injures à l'évêque, en déclarant Vatican II illégitime, et la concélébration invalide. Il n'y a donc pas de contestation globale et générale de la concélébration, mais simplement le refus de concélébrer à titre personnel, sans que l'on puisse strictement rien en déduire sur ce que pensent ces prêtres, de manière générale, sur la concélébration et Vatican II. Je ne suis pas diacre marié, personne ne peut rien en déduire sur ce que je pense des diacres mariés.
Demander à des prêtres Ecclesia Dei de concélébrer, c’est à la fois s’assurer qu’ils reçoivent le Concile et qu’ils sont dans la communion de leur Évêque.
Il n'y a aucunement besoin de leur demander qu'ils reçoivent le Concile, comme si c'étaient des prêtres forcément suspects à qui il faudrait faire remplir des formulaires idéologiques pour s'assurer qu'ils suivent la ligne du parti. Les instituts ED ne, ce me semble, critiquent pas le concile Vatican II en général et globalement en le vouant à l'anathème. La charité fraternelle et la logique devraient pousser à considérer que si un prêtre ne critique pas le concile Vatican II et qu'il appartient à un institut qui lui-même ne le critique pas, on ne voit pas pour quelle raison on devrait présupposer des intentions cachées et obscures.
D'ailleurs, cela ne présuppose-t-il pas que celui qui est partisan de la messe traditionnelle serait forcément critique du concile Vatican II?
Vous aviez la ligne FSSPX : le Concile est contraire à la Tradition, on suit la tradition
Vous aviez la ligne Benoît XVI : le Concile est compatible avec la Tradition, donc la messe traditionnelle peut être libéralisée.
Or, ce que l'on est en train de deviner plus ou moins, c'est que la messe traditionnelle a l'air d'être considérée comme incompatible avec le Concile. Le Pape François considérerait-il, des décennies après, que la ligne FSSPX était la bonne et qu'il y a incompatibilité ou rupture entre les deux?
Demande-t-on à un prêtre en forme ordinaire de connaître et reconnaître toutes les dispositions de tous les Conciles précédents? A ce train-là, je vais rappeler que le concile de Vienne du XIVe siècle prescrivait :
«C’est une insulte au saint Nom et une injure à la foi chrétienne que, là où ils vivent mêlés aux chrétiens, les prêtres sarrasins invoquent à voix forte le nom de Mahomet à certaines heures d’une place élevée. Avec l’approbation du saint Concile, nous interdisons de telles pratiques en terre chrétienne. Nous enjoignons aux princes chrétiens d’enlever cette offense de leurs territoires; ils doivent aussi interdire expressément l’invocation publique du nom sacrilège de Mahomet; ils doivent aussi interdire dans leurs domaines leur pèlerinage et ne leur donner aucune facilité pour cela.»
Mais même en restant du côté du Concile Vatican II, je ne vois pas beaucoup les paroisses utiliser le latin et le grégorien alors que c'est pourtant prescrit...
De la même manière, en l'absence de signe explicite de rejet de communion, il faut présupposer que, si les prêtres restent dans des instituts fidèles au Siège apostolique, ils sont en communion avec leur évêque. On a d'ailleurs un moyen extrêmement simple de s'en assurer, c'est si le prénom de l'évêque est cité durant la messe.
Demande-t-on aux maronites, aux grecs-catholiques et aux melkites de concélébrer avec l'évêque? Non. Sont-ils pour autant en dehors de la communion et d'affreux contestataires de Vatican II? Non.
S’ils s’y refusent, ils rompent la communion et témoignent de l’insincérité de leur ralliement…
Un prêtre dans un institut ED est-il en communion avec son supérieur évêque du même institut ED? Oui, on peut le présumer raisonnablement, puisque sinon il serait parti (ou aurait été mis à la porte). Concélèbre-t-il avec lui? Non. Donc, il n'y a aucune rupture de communion dans le refus de la concélébration. Il s'agit d'un ordre illégitime dénué possiblement de toute autorité, et en contradiction avec le charisme propre de l'institut d'appartenance. Il s'agit, personnellement je le vois comme cela, d'une violence faite à ces prêtres ED. C'est comme si on décidait, du jour au lendemain, d'envoyer un dominicain chez les Chartreux! Cela n'a aucun sens, cela ne sert à rien, si ce n'est à quelques-uns de manifester leur pouvoir. Si l'on veut traquer le cléricalisme, commençons par là.
Et il faudrait être profondément masochiste pour quitter la FSSPX lors d'un ralliement insincère en rejoignant un institut qui serait contraire à nos valeurs et à notre ligne. Donc là encore, votre extrapolation "refus de la concélébration" -> "ralliement insincère" ne repose que sur du vent. Il est possible que vous ayez raison, mais vos arguments ne me convainquent absolument pas.
Le Motu Proprio Traditionis Custodes du Pape François et la Réponse aux dubia de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements s’expliquent suffisamment par la crainte objectivement fondée de voir, sous couvert d’une disparité de rites, la création de deux clergés catholiques parallèles. Le refus de concélébrer manifeste à lui seul le refus de l’unité que la concélébration symbolise.
On ne voit pas pourquoi il y aurait davantage de risque et de crainte entre des tridentins et des Paul VI qu'entre des byzantins (auxquels personne ne demande rien) et des Paul VI. Ce que veulent les tridentins, c'est d'être traités comme tout le monde, sans régime de faveur mais ni de défaveur non plus. Y a t-il un deuxième clergé catholique parallèle chez les byzantins, oui ou non?
Quant au "objectivement", dois-je rappeler que le rapport sur lequel le Pape François s'est basé est resté secret? Du coup, on ne sait absolument pas ce qui motiverait "objectivement" cette crainte. Pour ma part, je ne peux malheureusement pas exclure que certains aient décidé d'appliquer la théorie du "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage", et où on se débarrasse sous n'importe quel prétexte des tradis?
Le Christ n’a pas institué la Messe pour que le Très Saint Sacrement puisse être adoré dans de pieuses veillées, mais pour nous dispenser sa vie en nous donnant de communier sacrementellement à Lui pour notre sanctification.
L'un n'exclut pas l'autre et l'adoration eucharistique est hautement louable. Pour rappel, Concile de trente :
" Si quelqu'un dit que, dans le saint sacrement de l'eucharistie, le Christ, Fils unique de Dieu, ne doit pas être adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite ou la coutume louables et universels de la sainte Église, ni être proposé publiquement à l'adoration du peuple, ceux qui l'adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème [voir *1643s]."
Que ça vous plaise ou non, la Messe est un repas sacrificiel.
Ils s’écartent donc du chemin de la vérité ceux qui ne veulent accomplir le saint sacrifice que si le peuple chrétien s’approche de la table sainte ; et ils s’en écartent encore davantage ceux qui, prétendant qu’il est absolument nécessaire que les fidèles communient avec le prêtre, affirment dangereusement qu’il ne s’agit pas seulement d’un sacrifice, mais d’un sacrifice et d’un repas de communauté fraternelle, et font de la communion accomplie en commun comme le point culminant de toute la cérémonie. (Pie XII, Mediator Dei)
De deux, la Messe est un acte essentiellement communautaire puisqu’elle est accomplie par l’Église et pour l’Église : par l’Église, qui offre le sacrifice ; pour l’Église, qui y communie. Donc oui, de toute évidence, la Messe est un acte communautaire, ce jusqu’en les Messes privées.
La dimension communautaire n’a nul besoin de la concélébration pour être signifiée. Mais la dimension communautaire est d’avantage manifestée par la concélébration, puisque le clergé y concélèbre.
Dans ce sens-là, je ne nie pas la dimension communautaire de la messe, de n'importe quelle messe d'ailleurs ; mais si la messe privée est déjà communautaire per se, pas besoin d'y ajouter une dimension communautaire avec tout le clergé. On aurait du coup un terme de communautaire dangereusement ambigu : d'un côté, un acte communautaire, célébré pour la gloire de Dieu et le salut du monde, profitant au monde entier de manière surnaturelle, quand bien même la messe serait-elle célébrée dans un coin de campagne perdu par un prêtre seul sans assistance, et de l'autre la dimension communautaire parce que Martin et Alfred ont pu concélébrer ensemble avant d'aller déjeuner. Franchement, j'ai l'impression de chuter lourdement d'un degré, et la dimension communautaire au sens n°2 risque fortement de masquer et d'éclipser la dimension communautaire au sens n°1 alors que c'est celle-ci qui compte et qui est la plus importante.
Va-t-on prétendre que, dans une messe solennelle dite à trois chevrons, avec prêtre, diacre et sous-diacre, les deux prêtres faisant office de sous-diacre et diacre ne sont pas liés aussi au célébrant? Certes d'une manière surnaturelle, mais aussi de manière bien naturelle puisqu'ils l'encensent, lui prennent sa barrette, lui tendent le matériel liturgique, etc. Parallèlement, si un prêtre venait à la messe d'un autre, et, revêtu de ses habits liturgiques, il prenait place dans le choeur, en quoi serait-ce gênant par rapport à une concélébration? Que manquerait-il?
De même s’il n’a pas l’intention mais que les autres concélébrants l’ont, la consécration s’opère sans que celui privé de l’intention l’opère ; ce qui est, vous en conviendrez, un argument en faveur de la multiplication des concélébrations…
Je ne suis pas sûr d'avoir compris. Vous dites, si j'ai bien saisi, que, si parmi les deux concélébrants, il y en a qui pense à son repas de midi quand il consacre, alors heureusement que l'autre est là pour avoir l'intention de consacrer et sauver la messe?
D'abord, j'ose espérer que, que ce soit en Paul VI ou non, les prêtres, une fois à l'autel, ont l'intention de consacrer et ne pensent pas au match de foot vu la veille ou leurs prochaines vacances. Là pour le coup c'est moi qui suis étonné que vous envisagiez ce genre de choses chez nos prêtres Paul VI!
Mais je disconviens complètement à votre argument, avec plusieurs citations :
Réponse du Saint Office , 1872 :
Dz 3100
Questions : 1. Le baptême administré par ces hérétiques (méthodistes) est-il douteux en raison d'un défaut d'intention de faire ce qu'a voulu le Christ, s'il a été déclaré expressément par le ministre, avant qu'il ne baptise, que le baptême n'a pas d'effet sur l'âme ?
3101
2. Un baptême ainsi conféré est-il douteux si ladite déclaration n'a pas été faite de façon expresse immédiatement avant que le baptême soit conféré, mais qu'elle a été souvent proférée par le ministre et que cette doctrine est proclamée ouvertement dans cette secte?
3102
Réponse : On a déjà traité de ce doute dans le temps passé, et il a été répondu en faveur de la validité du baptême, comme tu peux le voir chez Benoît XIV, De synodis diocesanis l. VII, chap. VI, n. 9 où on trouve ceci : "Que l'évêque se garde de considérer comme incertaine et douteuse la validité d'un baptême pour la seule raison que le ministre hérétique par qui il a été conféré, du fait qu'il ne croit pas que par le bain de la régénération les péchés sont enlevés, ne l'aura pas conféré pour le pardon des péchés, et que donc il n'aura pas eu l'intention de l'accomplir tel qu'il a été établi par le Christ Seigneur... "
La raison en est clairement enseignée par le cardinal Bellarmin, De Sacramentis in genere 1.I, c. 27, n. 13 : après avoir exposé l'erreur de ceux... qui affirment qu'au canon 11 de la 7e session, le concile de Trente 1611 a défini qu'un sacrement n'est valide que si l'intention du ministre porte non seulement sur l'acte mais également sur la fin du sacrement, c'est-à-dire s'il a l'intention de faire ce pour quoi le sacrement est institué, il ajoute ceci : " .... dans tout le canon 11, en effet, le concile ne mentionne pas la fin du sacrement, et il ne dit pas qu'il faut que le ministre ait l'intention de faire ce qui est l'intention de l'Eglise, mais ce que l'Eglise fait. Or ce que fait l'Eglise ne signifie pas la fin, mais l'action... "
C'est pourquoi Innocent IV affirme dans De baptismo, chap. 2, n. 9 qu'un baptême est valide s'il est conféré par un sarrasin dont on sait qu'il croit que par l'immersion on est seulement mouillé, dès lors qu'il a l'intention de faire ce que font les autres qui baptisent.
Conclusion de la réponse : Pour 1. Non : car malgré l'erreur portant sur les effets du baptême l'intention de faire ce que fait l'Eglise n'est pas exclue. - Pour 2. I1 est répondu en 1.
J'ai vérifié chez saint Thomas d'Aquin par curiosité et il dit en fait exactement la même chose :
1. Bien que l’intention de faire ce que fait l’Église soit nécessaire au sacrement, il n’est cependant pas requis, comme si cela était nécessaire au sacrement, de faire ce que fait l’Église pour la raison pour laquelle l’Église le fait. Et c’est en cela que consiste la rectitude d’intention ([14405] Super Sent., lib. 4 d. 6 q. 1 a. 2 qc. 2 ad 1)
Or utiliser la forme et la matière revient à considérer que l'on a l'intention de faire ce que fait l'Eglise :
3318 Apostolicae curae sur les ordinations anglicanes
A ce défaut de forme très profond est lié un défaut de cette intention qui est requise elle aussi de façon nécessaire pour qu'il y ait sacrement. L'Eglise ne porte pas de jugement sur la pensée ou l'intention, puisqu'il s'agit de quelque chose qui de soi est intérieur ; mais dans la mesure où elle est exprimée, elle doit en juger. Lorsque donc quelqu'un, pour conférer ou administrer un sacrement, utilise sérieusement et régulièrement la matière et la forme requises, on considère, par le fait même, que manifestement il a voulu faire ce que fait l'Eglise. C'est sur ce principe que prend appui la doctrine selon laquelle il s'agit d'un sacrement véritable, même lorsqu'il a été conféré par le ministère d'un hérétique ou d'un non-baptisé, dès lors qu'il l'a été selon le rite catholique.
En revanche, lorsque le rite est modifié dans le dessein néfaste d'en introduire un autre, non reçu par l'Eglise, et de rejeter ce que l'Eglise fait et qui, de par l'institution du Christ, fait partie de la nature du sacrement, il est clair alors que non seulement l'intention nécessaire pour le sacrement fait défaut, mais que bien plus il y a là une intention contraire et opposée au sacrement.
Saint office, 1949
3874
Question : Pour juger les causes de mariage, peut-on considérer le baptême conféré dans les sectes des disciples du Christ, des presbytériens, des congrégationalistes, des baptistes, des méthodistes - la matière et la forme nécessaires étant présupposées - comme invalide par défaut, chez le ministre, de l'intention de faire ce que fait l'Eglise ou ce que le Christ a institué, ou au contraire faut-il le considérer comme valide lorsque dans le cas particulier le contraire n'est pas prouvé ?
Réponse : Non pour le premier point, oui pour le second.
Donc le prêtre peut penser à ses prochaines vacances, trouver qu'il s'ennuie et qu'il serait mieux chez lui, tant qu'il fait ce que fait l'Eglise (i.e. en l'occurrence lire le missel), le sacrement est valide, quand bien même il le lirait distraitement et sans aucune conviction.
Enfin, je terminerais par signaler que le prêtre a beaucoup plus de chances de rêvasser s'il est au milieu de 10 prêtres que s'il est tout seul à l'autel : s'il rêvasse en regardant sa montre, les fidèles vont rapidement s'en apercevoir car le cours de la messe aura été interrompu. Du coup, c'est un avantage contre la concélébration : responsabiliser le célébrant au lieu que chacun compte sur son voisin et que personne ne fasse rien.
Ah, et dernier point sur la concélébration : on nous a expliqué qu'il fallait obéir au gouvernement en 2020 et qu'il fallait fermer les églises ou à tout le moins arrêter de célébrer des messes, parce que, les pauvres paroissiens qui viendraient risqueraient d'attraper la covid ; et maintenant on nous explique que l'on peut être sans problème plusieurs autour de l'autel? Donc avant, il fallait zéro prêtre, et maintenant il en faut un nombre strictement supérieur à un? Bref, n'importe quel nombre, sauf un... Mais n'a-t-on pas pensé au risque de contagion covid entre les concélébrants?
Bon, je me hâte d'ajouter que cet argument est de ma part de la pure mauvaise foi puisque je me contrefiche éperdument de toutes ces mesures sanitaires et du cinéma que l'on nous fait depuis deux ans ; mais en revanche j'apprécierais trouver un minimum de logique auprès des
covidistes...