Bonjour Belin,
Cinci a écrit :
Cinci a écrit : ↑ven. 12 mai 2017, 5:51
Dans votre exemple de la femme qui perd son enfant, il est abominable de suggérer que c'est Dieu qui veut cette perte et qui veut que la femme souffre. La femme qui perd son enfant, c'est la femme qui voit son enfant être massacré par la soldatesque d'Hérode. Pensez donc! Ce n'est pas le Père éternel qui trouve bon un massacre d'enfants innocents, et qui s'organise tout exprès pour que la chose monstrueuse survienne...
Non, Dieu ne veut pas le mal.
et vous lui répondez :
Belin a écrit : ↑ven. 12 mai 2017, 12:07Bien sûr que oui! ces enfants sont au ciel selon l'Eglise et c'est un bien...
Pour le chrétien le mal est le péché et non ce qui fait mal. Ainsi le mal est la volonté d'Hérode de tuer, et non le fait que ces bébés soient morts...
Dieu n'a pas voulu que Hérode ordonne l’assassinat des bébés (c'est ça qui est le mal car c'est un péché), mais il a voulu que ces bébés soient effectivement tués par Hérode, il a voulu que Hérode réussisse le mal que lui Hérode voulait faire...
Vous avez raison de ne pas confondre la souffrance et le mal. La souffrance est le ressenti de la personne qui souffre. On peut souffrir pour un plus grand bien. Toute souffrance n’est pas un mal et d’une souffrance peut surgir une grâce infiniment plus grande.
Vous avez aussi raison de rappeler que le péché est le mal par excellence car le mal est ce qui nous éloigne de Dieu, de l'harmonie d'amour qui est en Dieu et avec Dieu.
Dans votre dernier message, vous écrivez de manière juste que «
c'est LIBREMENT que Dieu décide de laisser qu'un mal se fasse ou non » et que «
Dieu contrôle tout! Tout ce qui arrive c'est parce que en dernier recours il l'a voulu. Il permet que j'aie la liberté de faire le mal ou non, mais si je parviens à réussir le mal que j'ai voulu faire, c'est parce que Dieu l'a voulu lui-même » : mais, est-ce le mal ou ma volonté libre de faire le mal que Dieu a voulu ?
Ici, la discussion me met mal à l’aise lorsque vous attribuez directement le mal à la volonté de Dieu.
Il me semble qu’il n’est pas juste de confondre ce que Dieu «
permet » avec ce que Dieu «
veut », ni de séparer un fait dans la volonté de Dieu qui prend en considération une réalité infiniment plus vaste dont nous n’apercevons qu’une toute petite partie et seulement de manière confuse.
Il n’y avait aucun mal dans le monde créé par Dieu, mais il y avait un monde naturel avec ses lois propres soumis à des êtres créés à son image avec une liberté semblable à la sienne pour leur permettre de vivre de la vie d’amour éternelle du Père, du Fils et de l’Esprit. Sans le péché originel, l’humain n’aurait souffert d’aucun mal.
Les humains, créés avec une double nature spirituelle et terrestre, auraient dû gouverner et développer le monde en harmonie avec leur Créateur.
A cause du péché originel, cette harmonie est absente et cause d’innombrables souffrances dans ce monde désormais soumis à la mort naturelle sans cette harmonie confiée à l'humanité.
Que savons-nous des liens mystérieux qui continuent à nous unir à notre Créateur ? Que savons-nous de la réalité infiniment plus vaste que Dieu ne cesse de considérer avec amour ? Avec notre connaissance très partielle et imparfaite, que savons-nous de sa volonté insondable ?
En présence de la violence du mal, nous ne pouvons parfois que nous taire tant notre incompréhension est grande mais nous pouvons toujours demeurer dans une confiance en son amour bien au-delà de ce que nous pouvons expliquer.
Soyons-en certains, c’est toujours à cause d’un plus grand bien que Dieu «
permet » un désordre douloureux ou «
veut » qu’un tel désordre puisse se produire.
Si Dieu voulait imposer dans la nature l’harmonie que l’humain devait lui-même y assurer, ne tuerait-il pas mystérieusement la liberté qui nous est essentielle pour aimer et donc pour vivre de la vie de Dieu ? Si Dieu se substituait à l’humain pour empêcher tous les malheurs qui résultent des désordres causés par le péché originel, n’est-ce pas notre propre mort comme êtres libres et capables de partager sa vie éternelle d’amour qui en résulterait, l’anéantissement d’un monde autonome créé pour l’humain libre et capable d’aimer et de vivre comme Dieu et avec Dieu ?
Nous ne pouvons jamais affirmer que Dieu «
veut » un mal. Dieu ne veut que le bien. Mais, Il nous aime jusqu’à vouloir pour son propre Fils la pire des souffrances nécessaire à notre vie. Il ne «
veut » jamais le mal pour lui-même, mais dans un monde désordonné à cause du péché, Dieu «
veut » la vie et l’amour et, hélas, cela peut signifier des passages nécessaires par des souffrances et la mort.
Mais, Dieu ne cesse jamais d’être présent à nos côtés. Par la prière et la contemplation, nous pouvons parfois apercevoir qu’il continue à agir en ce monde avec une bienveillance infinie. Il continue à veiller sur nous et, si les malheurs sont innombrables, son action concrète ne s’arrête jamais d'œuvrer à notre plus grand bien.
Prions sans cesse pour lutter contre toutes les formes de mal résultant des désordres causés par le péché originel. Dieu reste puissant pour nous entendre et nous aider. La prière reste d’une grande efficacité et de grands miracles continuent à se produire concrètement pour toutes les générations, mais Dieu n’agit que dans des limites qu’il a lui-même établies pour que l’homme vive et partage son amour.
Ne perdons ni confiance, ni courage, lorsque le mal nous afflige. Il ne cesse de faire concourir toutes choses à notre bien.