Re: Comprendre l'islam, ou plutôt pourquoi on n'y comprend r
Publié : dim. 29 nov. 2015, 0:27
Bonsoir,
Si je puis me permettre, j'aimerais partager quelques impressions à la lecture de ce texte (dont j'avais à vrai dire pris connaissance sur le Forum catholique).
1) La femme musulmane libre doit recouvrir au minimum tout son corps sauf les mains et le visage. C'est l'avis majoritaire et la diversité des avis juridiques ne signifie pas refus de ce fait, mais plutôt existence d'avis minoritaires considérant que la femme doit également couvrir son visage, voir l'un ou les deux yeux, et/ou les mains. Certains jugent même que la voix fait partie de la 'awra (zone de pudeur, à cacher) de la femme musulmane. Pour la majorité, tout cela (se cacher le visage, les mains, etc...) est méritoire sans être obligatoire.
2) La peine de mort pour apostasie. Elle est la règle dans les quatre écoles juridiques. Un hadith dit : "Qui change de religion, tuez-le!" من بدل دينه فاقتلوه Ce qui est en discussion dans la tradition islamique, ce n'est pas la peine de mort, mais par exemple de savoir s'il est obligatoire d'appeler l'apostat au repentir avant d'exécuter la sentence de mort, si la pratique de la sorcellerie est assimilable à une apostasie et surtout, si le fait de ne pas faire ses cinq prières fait sortir de l'islam. (Ou, pour être encore plus détaillée, s'il s'agit de ne pas les faire tout en affirmant leur caractère obligatoire ou s'il faut en plus nier leur caractère obligatoire). Cette question du caractère obligatoire des prières pour être considéré comme musulman est très débattue et vous entendrez souvent des groupes salafistes, des membres de l'Etat islamique, d'al-Qa'ida, ou de simples musulmans pratiquants déclarer que ce qui sépare le croyant du mécréant, c'est la prière.
3) Le jihad (lutte guerrière contre les infidèles). C'est une obligation dans les quatre écoles juridiques . Il est donc erroné d'affirmer que le jihad est uniquement spirituel. C'est d'ailleurs bien parce que la guerre sainte est un concept essentiel dans l'islam que le martyr (shahid) est le plus souvent celui qui meurt en combattant dans le sentier de Dieu et non celui qui meurt persécuté pour sa foi (bien que l'islam admette généralement d'autres conception du martyre. Ainsi, un hadith déclare que la femme morte en couches est une martyre.). Les grandes et interminables controverses et débats ne portent donc pas sur le caractère obligatoire du jihad, mais sur nombre de détails pratiques dans le cadre de la lutte armée. Par exemple, quand est-il préférable de suspendre les conflits avec les incroyants et d'établir une paix (provisoire)? Mais aussi, le jihad doit-il être permanent entre le dar al-islam et le dar al-harb ou doit-on le faire uniquement quand les incroyants entre en conflit avec les musulmans, avec le dar al-islam?
Pour résumer, l'islam est certes complexe et rien que dans le sunnisme, on a quatre écoles juridiques qui ne basent pas leur raisonnement exactement sur les mêmes prémisses et qui ne sont pas entièrement du même avis pour tout. D'ailleurs, même à l'intérieur d'une même école, il y a plusieurs courants. Néanmoins, il est faut de réduire les points communs à la foi en Dieu, en Muhammad comme envoyé de Dieu, au Coran comme livre saint et au Jugement dernier. Il existe une orthopraxie musulmane sunnite et sur un grand nombre de points, il y a convergence. (Dans ce contexte, il faut également bien garder à l'esprit que dans l'islam, ce qui a toujours été central, c'est la Loi et beaucoup moins la théologie. C'est pour cela que les figures éminentes de l'islam sont des juristes (des fuqaha', spécialistes du fiqh, càd compréhension (de la shari'a)), et non des théologiens au sens strict.
Il me semble quant à moi bien moins intéressant de rechercher un islam compatible avec les valeurs libérales de l'Occident que de s'intéresser aux débats qui traversent l'islam traditionnel. Je ne vois en effet pas l'intérêt de vouloir à tout prix (et en vain!) trouver dans les textes islamiques classiques ces valeurs libérales et modernes jugées meilleures et universelles...Si certains musulmans se sentent libéraux et ne veulent pas pour autant renoncer à leur religion, c'est leur choix et je le respecte, mais c'est à eux d'argumenter en faveur de leur thèse face à leurs coreligionnaires (et je ne cache pas mon scepticisme...). Un des grands débats dans l'islam sunnite est la question de la rationalité de la shar'ia. Un avis (que je résume assez grossièrement) veut que la shari'a soit profitable à l'homme et compréhensible, qu'elle ait une finalité ou plus précisément, que chaque prescription sharaïque en ait une, qui est profitable à l'homme et à la création. Un autre avis déclare au contraire que la source de la shari'a est la volonté de Dieu, volonté qui est normative, càd non soumise à des valeurs morales préexistantes. En somme, si une chose est bonne, c'est parce que Dieu l'a dit et le veut et non pas parce qu'elle serait en adéquation avec un bien et un mal absolu, que Dieu ne pourrait pas modifier à sa guise. La shari'a n'est dans ce cadre pas une loi naturelle, elle n'est pas au sens strict rationnelle, mais a-rationnelle, produit de la volonté (arbitraire) de Dieu. C'est la position dite ash'arite. Ce qui me paraît intéressant, c'est que cette deuxième position, qui a toujours été majoritaire dans l'islam sunnite, l'est moins aujourd'hui, du moins en ai-je l'impression. On trouve en effet beaucoup d'articles et de savants musulmans cherchant à expliquer en quoi la shari'a est un système rationnel. Par exemple, on vous expliquera que s'il y a interdiction de boire de l'alcool, c'est parce que l'ivresse est mauvaise pour la santé, tandis qu'un ash'arite traditionnel expliquerait que si c'est interdit, c'est avant tout parce que Dieu l'a décidé ainsi et qu'au fond, Il aurait tout aussi bien pu décider du contraire, le fait que l'ivresse soit néfaste étant jugé secondaire. A mon avis, il s'agit simplement de prouver aux Occidentaux incroyants que l'islam est un système juste et rationnel, bon pour l'homme. C'est donc en somme une tendance assez typiquement moderne.
Néanmoins, il a raison sur le fait que l'adultère est très difficile à prouver, mais tout cela fait partie du droit islamique le plus traditionnel et il ne me semble pas que les salafistes s'y opposent.
D'ailleurs, c'est amusant, mais j'avais lu il y a fort longtemps qu'autrefois dans le monde musulman (ou juste arabe, j'ai un doute), on considérait, en se basant sur les connaissances médicales grecques, qu'une femme pouvait demeurer enceinte plus de neuf mois et que cela pouvait donc sauver certaines femmes veuves depuis peu du châtiment, puisqu'elles pouvaient prétexter que l'enfant était de leur défunt mari... (Il faut garder en tête que dans l'islam, lorsqu'on dit que l'adultère est la punition des mariés trompant leur conjoint, il peut également s'agir de personnes ayant déjà été mariées, et à présent veuves ou divorcées, qui auraient des relations illicites.)
Concernant le salafisme, le wahhabisme comme mouvements non traditionnels nés dans un rapport d'infériorité technique face à l'Occident, il y a beaucoup de choses intéressantes. Néanmoins, je ne suis pas sûre que les salafistes rejettent forcément l'idée de quatre écoles juridiques. Il est vrai qu'il y a une tendance, dans l'islam contemporain, à voir cette diversité juridique comme un facteur de division et donc de faiblesse du monde musulman, mais d'après mes lectures, ce n'est pas une tendance totalement nouvelle et j'ai des doutes sur l'opposition totale des salafistes à ce sujet. Quelqu'un aurait-il des informations là-dessus?
Que Dieu nous garde,
Suliko
Si je puis me permettre, j'aimerais partager quelques impressions à la lecture de ce texte (dont j'avais à vrai dire pris connaissance sur le Forum catholique).
Je ne suis pas convaincue par cette affirmation. Certes, il existe divers courants dans l'islam (chiites duodécimains, ismaéliens, 'ibadites, etc...), mais en ce qui concerne l'islam très majoritaire dans le monde (le sunnisme), les quatre écoles juridiques présentent bien plus de points communs que ce qui est suggéré. Prenons quelques exemples simples et bien connus :Les points d’accord entre tous les musulmans du monde sont au fond très peu nombreux : croire qu’il n’y a qu’un Dieu, que Mahomet est son Prophète, que le Coran témoigne d’une manière ou d’une autre de la volonté de Dieu pour les hommes, qu’un Jugement divin nous attend au dernier jour.
1) La femme musulmane libre doit recouvrir au minimum tout son corps sauf les mains et le visage. C'est l'avis majoritaire et la diversité des avis juridiques ne signifie pas refus de ce fait, mais plutôt existence d'avis minoritaires considérant que la femme doit également couvrir son visage, voir l'un ou les deux yeux, et/ou les mains. Certains jugent même que la voix fait partie de la 'awra (zone de pudeur, à cacher) de la femme musulmane. Pour la majorité, tout cela (se cacher le visage, les mains, etc...) est méritoire sans être obligatoire.
2) La peine de mort pour apostasie. Elle est la règle dans les quatre écoles juridiques. Un hadith dit : "Qui change de religion, tuez-le!" من بدل دينه فاقتلوه Ce qui est en discussion dans la tradition islamique, ce n'est pas la peine de mort, mais par exemple de savoir s'il est obligatoire d'appeler l'apostat au repentir avant d'exécuter la sentence de mort, si la pratique de la sorcellerie est assimilable à une apostasie et surtout, si le fait de ne pas faire ses cinq prières fait sortir de l'islam. (Ou, pour être encore plus détaillée, s'il s'agit de ne pas les faire tout en affirmant leur caractère obligatoire ou s'il faut en plus nier leur caractère obligatoire). Cette question du caractère obligatoire des prières pour être considéré comme musulman est très débattue et vous entendrez souvent des groupes salafistes, des membres de l'Etat islamique, d'al-Qa'ida, ou de simples musulmans pratiquants déclarer que ce qui sépare le croyant du mécréant, c'est la prière.
3) Le jihad (lutte guerrière contre les infidèles). C'est une obligation dans les quatre écoles juridiques . Il est donc erroné d'affirmer que le jihad est uniquement spirituel. C'est d'ailleurs bien parce que la guerre sainte est un concept essentiel dans l'islam que le martyr (shahid) est le plus souvent celui qui meurt en combattant dans le sentier de Dieu et non celui qui meurt persécuté pour sa foi (bien que l'islam admette généralement d'autres conception du martyre. Ainsi, un hadith déclare que la femme morte en couches est une martyre.). Les grandes et interminables controverses et débats ne portent donc pas sur le caractère obligatoire du jihad, mais sur nombre de détails pratiques dans le cadre de la lutte armée. Par exemple, quand est-il préférable de suspendre les conflits avec les incroyants et d'établir une paix (provisoire)? Mais aussi, le jihad doit-il être permanent entre le dar al-islam et le dar al-harb ou doit-on le faire uniquement quand les incroyants entre en conflit avec les musulmans, avec le dar al-islam?
Pour résumer, l'islam est certes complexe et rien que dans le sunnisme, on a quatre écoles juridiques qui ne basent pas leur raisonnement exactement sur les mêmes prémisses et qui ne sont pas entièrement du même avis pour tout. D'ailleurs, même à l'intérieur d'une même école, il y a plusieurs courants. Néanmoins, il est faut de réduire les points communs à la foi en Dieu, en Muhammad comme envoyé de Dieu, au Coran comme livre saint et au Jugement dernier. Il existe une orthopraxie musulmane sunnite et sur un grand nombre de points, il y a convergence. (Dans ce contexte, il faut également bien garder à l'esprit que dans l'islam, ce qui a toujours été central, c'est la Loi et beaucoup moins la théologie. C'est pour cela que les figures éminentes de l'islam sont des juristes (des fuqaha', spécialistes du fiqh, càd compréhension (de la shari'a)), et non des théologiens au sens strict.
Il me semble quant à moi bien moins intéressant de rechercher un islam compatible avec les valeurs libérales de l'Occident que de s'intéresser aux débats qui traversent l'islam traditionnel. Je ne vois en effet pas l'intérêt de vouloir à tout prix (et en vain!) trouver dans les textes islamiques classiques ces valeurs libérales et modernes jugées meilleures et universelles...Si certains musulmans se sentent libéraux et ne veulent pas pour autant renoncer à leur religion, c'est leur choix et je le respecte, mais c'est à eux d'argumenter en faveur de leur thèse face à leurs coreligionnaires (et je ne cache pas mon scepticisme...). Un des grands débats dans l'islam sunnite est la question de la rationalité de la shar'ia. Un avis (que je résume assez grossièrement) veut que la shari'a soit profitable à l'homme et compréhensible, qu'elle ait une finalité ou plus précisément, que chaque prescription sharaïque en ait une, qui est profitable à l'homme et à la création. Un autre avis déclare au contraire que la source de la shari'a est la volonté de Dieu, volonté qui est normative, càd non soumise à des valeurs morales préexistantes. En somme, si une chose est bonne, c'est parce que Dieu l'a dit et le veut et non pas parce qu'elle serait en adéquation avec un bien et un mal absolu, que Dieu ne pourrait pas modifier à sa guise. La shari'a n'est dans ce cadre pas une loi naturelle, elle n'est pas au sens strict rationnelle, mais a-rationnelle, produit de la volonté (arbitraire) de Dieu. C'est la position dite ash'arite. Ce qui me paraît intéressant, c'est que cette deuxième position, qui a toujours été majoritaire dans l'islam sunnite, l'est moins aujourd'hui, du moins en ai-je l'impression. On trouve en effet beaucoup d'articles et de savants musulmans cherchant à expliquer en quoi la shari'a est un système rationnel. Par exemple, on vous expliquera que s'il y a interdiction de boire de l'alcool, c'est parce que l'ivresse est mauvaise pour la santé, tandis qu'un ash'arite traditionnel expliquerait que si c'est interdit, c'est avant tout parce que Dieu l'a décidé ainsi et qu'au fond, Il aurait tout aussi bien pu décider du contraire, le fait que l'ivresse soit néfaste étant jugé secondaire. A mon avis, il s'agit simplement de prouver aux Occidentaux incroyants que l'islam est un système juste et rationnel, bon pour l'homme. C'est donc en somme une tendance assez typiquement moderne.
Certes, on peut toujours interpréter le Coran d'une manière pacifiste, même les versets violents, en leur donnant un sens uniquement symbolique. Le problème n'est pas là, il réside dans le fait que cette lecture uniquement non violente du Coran n'a pas de légitimité historique et que la Sunna et la Vie du Prophète ne vont pas dans ce sens. Je ne dis pas que des musulmans ne peuvent pas vouloir faire une lecture non violente du Coran, - ces gens existent malgré tout et font une telle lecture, - je dis simplement qu'à tout moment, d'autres croyants pourront leur répliquer, textes religieux en main, que leur lecture est contraire à l'islam et ils auront de bons arguments en leur faveur (de meilleurs que les pacifistes).le Coran n’oblige pas à une lecture violente. Pour tenter d’aller un peu plus loin, je dirais que le Coran n’est pas un texte violent, mais qu’il offre une certaine disponibilité à un usage violent.
C'est fort possible. Il me semble néanmoins que généralement, le pouvoir laissait la famille venger son honneur bafoué et que par conséquent, le châtiment pour la femme infidèle ou ayant des relations hors mariage était laissé à la discrétion des membres de la famille, voire du clan. Il faudrait se renseigner là-dessus.Il est notable par exemple que la fameuse lapidation prévue par les sources musulmanes pour punir les femmes adultères n’ait été, semble-t-il, au cours des quatre siècles qu’a duré l’empire ottoman, mise en pratique qu’une seule fois, à Istanbul ; et les chroniqueurs qui rapportent le fait en sont absolument horrifiés.
Néanmoins, il a raison sur le fait que l'adultère est très difficile à prouver, mais tout cela fait partie du droit islamique le plus traditionnel et il ne me semble pas que les salafistes s'y opposent.
D'ailleurs, c'est amusant, mais j'avais lu il y a fort longtemps qu'autrefois dans le monde musulman (ou juste arabe, j'ai un doute), on considérait, en se basant sur les connaissances médicales grecques, qu'une femme pouvait demeurer enceinte plus de neuf mois et que cela pouvait donc sauver certaines femmes veuves depuis peu du châtiment, puisqu'elles pouvaient prétexter que l'enfant était de leur défunt mari... (Il faut garder en tête que dans l'islam, lorsqu'on dit que l'adultère est la punition des mariés trompant leur conjoint, il peut également s'agir de personnes ayant déjà été mariées, et à présent veuves ou divorcées, qui auraient des relations illicites.)
Concernant le salafisme, le wahhabisme comme mouvements non traditionnels nés dans un rapport d'infériorité technique face à l'Occident, il y a beaucoup de choses intéressantes. Néanmoins, je ne suis pas sûre que les salafistes rejettent forcément l'idée de quatre écoles juridiques. Il est vrai qu'il y a une tendance, dans l'islam contemporain, à voir cette diversité juridique comme un facteur de division et donc de faiblesse du monde musulman, mais d'après mes lectures, ce n'est pas une tendance totalement nouvelle et j'ai des doutes sur l'opposition totale des salafistes à ce sujet. Quelqu'un aurait-il des informations là-dessus?
En même temps, l'islam dit classique n'a jamais eu, avant la confrontation avec l'Occident, à se poser les questions de la démocratie, de l'égalité entre les sexes, des droits de l'homme. Sa propre tradition lui permet-elle sans se trahir d'accepter et d'intégrer ces notions qui à la base lui sont étrangères? J'émets de sérieux doutes, mais de toute façon, c'est avant tout aux musulmans de choisir leur destin. Si le salafisme est si fort, c'est peut-être tout simplement parce que le monde musulman n'a jamais été autant agressé idéologiquement de l'extérieur, par les idées occidentales modernes, et que c'est là une manière somme toute cohérente de réagir, en réaffirmant avant tout une certaine intransigeance religieuse. Mais sur ces points, l'auteur et moi semblons tout à fait d'accord.Ce succès du salafisme profite de la faiblesse déjà ancienne des institutions de l’islam classique. Le discours de ces dernières manque de prises sur le réel depuis des décennies et reste prisonnier, sans créativité, des schémas anciens élaborés patiemment au moyen-âge, avec sagesse et mesure. Depuis trop longtemps, cet islam-là, qui nous est bien plus sympathique que le salafisme, est incapable de répondre avec netteté aux questions posées par la modernité. Démocratie, droits de l’homme, droits des femmes, ces sujets modernes questionnent évidemment les cadres juridiques classiques, mais on attend encore des réponses sérieuses, capables de conjuguer une tradition si riche et les aspirations d’aujourd’hui.
Que Dieu nous garde,
Suliko