Bonjour gerardh,
Je vais prendre le temps de vous répondre, point par point. peut-être vais-je oublier des choses, ici ou là. Nous y reviendrons peut-être.
L’Eglise de Dieu existe puisque c’est la communauté de tous les chrétiens, où qu’ils se réunissent. Mais cette communauté est divisée et en ruines et le restera jusqu’au retour du Seigneur. Donc aucune dénomination ne peut se prévaloir d’être l’Eglise. Il peut juste y avoir quelques chrétiens qui se réunissent dans un principe de témoignage à l’unité du corps du Christ.
La première partie de votre définition convient mieux à une association. L'Eglise, c'est le Corps dont le Christ est la tête. Ce n'est pas une communauté d'esprit qui rassemblerait des gens partageant les mêmes principes ou idéaux. Rien ne manifeste mieux ce qu'est l'Eglise que l'eucharistie, communion au Corps du Christ.
Non, gerardh, l'Eglise n'est pas divisée, elle est une et son unité se manifeste dans l'eucharistie ; elle n'est pas non plus en ruine : elle est toujours solidement fondée sur le témoignage des Apôtres qui nous ont transmis, avec la foi chrétienne, les paroles et les gestes de Jésus-Christ, c'est-à-dire, les sacrements.
La seule Eglise au sens plénier, c'est bien l'Eglise catholique. Ce qui ne signifie pas qu'il n'y a rien d'authentiquement chrétien chez d'autres confessions chrétiennes.
Votre définition et votre vision de l'Eglise est athée : en disant qu'il n'y a pas d'Eglise et qu'il ne reste que quelques groupes de "vrais" chrétiens éparpillés ici ou là, vous dites que Jésus est un menteur et qu'il nous a laissés tomber. Vous dites que plus rien ou si peu ne subsiste de l'Evangile qu'on se demande bien sur quoi se fonderait vos "vrais chrétiens" pour discerner l'action de l'Esprit Saint.
Donc effectivement je n’ai pas à juger de la réalité de la foi qui est dans d’autres chrétiens. Néanmoins, si une personne souhaite intégrer notre milieu chrétien, nous nous efforçons, dans toute la mesure de notre possible, et avec l'aide du Seigneur, de nous assurer qu’elle possède bien la vie de Dieu, non pas pour la juger, mais pour honorer la Table du Seigneur. Parfois nous nous trompons. En tout cas il ne s’agit pas d’introspections pointillistes dans les pratiques du demandeur, car, comme vous le stipuler, nous faillissons tous à divers égards.
Voilà un exemple du manque d'humilité et de miséricorde qui semble caractériser votre milieu chrétien et votre propre démarche. Puisque vous reconnaissez vous-même que nous faillissons tous (et c'est bien vrai), pourquoi ce contrôle des douanes à l'entrée de vos communautés ? Cela donne surtout l'impression de vouloir pratiquer un entre-soi dans le droit-fil du pharisaïsme. "Posséder la vie de Dieu", l'expression elle-même en dit long !
Certes, en soi il faut lui préférer la liberté humaine, mais le NT ne prône nullement son abolition. Seulement les maîtres chrétiens d'esclaves devaient être bons avec ces derniers et les esclaves chrétiens devaient servir loyalement leurs maîtres, surtout s'il s'agissait de maîtres chrétiens.
La Bible appelle une interprétation selon une diversité de sens et ne saurait être réduite à un catalogue de prescriptions et d'interdits. Ce que vous dites à propos de la position du NT quant à l'abolition de l'esclavage n'a en réalité aucun sens. Mais pour entrer a minima dans l'intelligence du texte, il faudrait prendre le temps de comprendre ce que représentait l'esclavage dans l'Antiquité, consulter ouvrages et sources historiques - et donc profanes- sur la question. Cela vous aurait permis de voir que la miséricorde (encore !) que prône Paul dans le traitement des esclaves était déjà une avancée et de voir que l'Evangile ne saurait accepter l'esclavagisme qui réduit un être humain à l'état de tête de cheptel. Une fois encore, votre lecture du texte le rend stérile parce qu'avec des mauvaises méthodes d'interprétation, vous ne pourrez jamais avoir la moindre conclusion juste.
Il n'y a pas eu de succession apostolique. Par ailleurs les évènement futurs que vous citez ne s'appliquent pas aux chrétiens mais à des croyants qui viendront après eux.
Jésus-Christ a choisi l'un des douze pour être le chef de Son Eglise (Pierre).
Non
2 affirmations péremptoires de votre part, gerardh, auquel hussard a répondu. Mais 2 affirmations que vous êtes incapables d'étayer par l'Ecriture ou par l'Histoire. Or, la succession apostolique de même que la mission particulière que le Christ a confié à Pierre sont attestées de ces deux manières.
Il n'y a pas eu de succession apostolique ? Le premier apôtre auquel il a fallu désigner un successeur, c'est Judas et le récit détaillé se trouve dans les Actes des Apôtres ! Concernant l'Ecriture, je vous renvoie aux citations de hussard auquel vous n'avez donné aucune réponse sur ces point précis.
On pourrait rajouter aussi en Jn 21 "pais-mes brebis". Jésus a clairement confié la garde et la conduite de l'Eglise à Saint Pierre.
Enfin, il y a l'histoire, cette histoire que vous ignorez méthodiquement, comme si les hommes et les femmes dont il est question dans le NT étaient des sortes de fantômes, ne vivant ni dans une chair, ni dans une époque, ni dans une culture précises. La succession apostolique est attestée par un fait : les Apôtres ont imposé les mains pour désigner et donner des successeurs pour conduire l'Eglise. On les connaît, ils ont des noms, ils sont morts martyrs et les récits nous ont été transmis. On se demande bien d'ailleurs comment l'Evangile auraient bien pu nous être transmis intact s'il n'y avait pas eu des
transmetteurs légitimes. Ah mais, oui, cher gerardh, vous le dites vous-même :
La doctrine de Christ n'a pas été conservée intacte, avec ou sans Magistère. Mais le Saint Esprit est toujours le même.
Si le Saint-Esprit est le même, alors l'Evangile est intact. L'inverse ne peut être vrai.
Comprenez-vous dans quelles irréductible contradiction vous vous trouvez ? Comment pouvez-vous être jamais sûr de "posséder la vie de Dieu" alors que vous n'avez strictement RIEN pour le déterminer ?
Dans la joie de Marie,
Teano