Publié : dim. 31 déc. 2006, 10:30
Cette phrase ne s'adressait pas particulièrement à vous, mais elle me semble apporter un élément magistériel au débat en cours.
Pax
Christophe
Pax
Christophe
Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
http://www.novaetvetera.ch/Article%203.htm
La persévérance de Dieu
dans son dessein universel de grâce
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Ces théologiens voulaient fonder de manière cohérente leur thèse selon laquelle Dieu réserverait la persévérance dans son dessein de grâce à un petit nombre d’élus qu’Il tirerait par le Christ de la « masse de perdition », abandonnée, elle, à la damnation, sur la base de quelques péchés, voire du seul péché originel. Le problème, c’est qu’ils prenaient appui sur un principe qui, comme le Magistère le leur fit aussitôt remarquer, contredit un nombre impressionnant de passages du Nouveau Testament sur la portée universelle du sacrifice du Christ.
Même dans l’Eglise Catholique on a vu encore aux Etats-Unis, lors qu’on traduisit en anglais les paroles de la consécration du calice à la messe en rendant « pour la multitude » (Mt 26, 28 ; Mc 14, 24) par « for all » (« pour tous »), des personnes contester que le Christ se soit offert en sacrifice pour tous les hommes, en prétendant que la notion de « multitude » était restrictive par rapport à celle de totalité. Conditionnés par des restes de Jansénisme, ils ne voyaient pas que dans le Nouveau Testament la multitude, pour laquelle le « Fils de l’Homme est venu donner sa vie en rançon » (Mt 20, 28 ; Mc 10, 45 ; He 2, 10 ; 9, 28), comme cela était prophétisé pour le Serviteur souffrant (Is 53, 12), ne se contre-distingue pas par rapport à la totalité des hommes, mais seulement par rapport à l’unique Rédempteur. Cela apparaît clairement dans les affirmations de S. Paul qui sont sans équivoque : « Comme, par la désobéissance d’un seul homme, la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul, la multitude sera-t-elle constituée juste » (Rm 5, 19 ; cf. Rm 5, 15). L’universalité du péché à partir d’Adam est mise ici explicitement en parallèle avec la portée universelle du sacrifice du Christ par le même terme de «multitude ». Celui-ci ne peut donc pas avoir un sens restrictif et on n’a pas à essayer de donner un sens non universel, comme l’a fait le courant augustinien, à la parole si forte de S. Paul : « Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance pour faire à tous miséricorde" (Rm 11, 32).
La portée universelle du sacrifice du Christ est révélée formellement en d’autres passages du Nouveau Testament . Un des plus nets est cette phrase de S. Jean : « C’est lui [le Christ] qui est la victime de propitiation pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais pour ceux du monde entier » (1 Jn 2, 2). Dans l’évangile de Jean, Jésus est reconnu par les Samaritains comme « le Sauveur du monde » (Jn 4, 42). En effet, « Dieu a tant aimé le monde qu’Il lui a donné son Fils, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16). S. Paul de son côté n’est pas moins explicite : « Il est mort pour tous » (2 Co 5, 15). On trouve le même discours dans les Epîtres pastorales : « Elle est sûre cette parole et digne d’une entière créance : le Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs, dont je suis, moi, le premier » (1 Tm 1, 15). Les pécheurs dont il s’agit c’est, comme nous venons de le voir, toute l’humanité constituée pécheresse par le péché originel. Pour S. Paul le Dieu vivant est « le Sauveur de tous les hommes, des croyants surtout » (1 Tm 4, 10).
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le relèvement d’Adam est le signe de la portée universelle de la Rédemption du Christ, par qui Dieu offre à chaque homme la grâce de la justification. Mais l’offre-t-il effectivement à tous quand on voit tant d’hommes, et même parmi ceux dont on sait avec certitude qu’ils ont été justifiés par le baptême, tomber et retomber dans des fautes graves. N’est-ce pas là le signe que la grâce ne les prévient plus parce que Dieu ne les a pas choisis dans le Christ pour les conduire au salut ? Pour le courant théologique augustinien les chutes répétées dans le péché, surtout chez ceux qui ont été une fois justifiés, signifient que le plus grand nombre des hommes a été abandonné par Dieu, sur la base du péché originel, à un endurcissement croissant qui les conduira inexorablement à la damnation, parce qu’Il ne les avait pas élus pour le salut du Christ. Du coup l’universalité du sacrifice du Christ n’est plus qu’ une figure de style pour dire que le Christ offre le salut en tout temps à des hommes de toutes catégories, ce qui explique que les augustiniens extrêmes l’aient abandonnée par souci de cohérence.
Mais l’Ecriture nous révèle-t-elle vraiment que Dieu abandonne au péché beaucoup d’hommes, jusqu’à la damnation ? Bien au contraire, celle-ci témoigne en un nombre remarquable de passages de la persévérance que Dieu met à sauver tous et chacun des hommes. Le texte le plus souvent cité, y compris par le courant augustinien, est : « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2, 4). Mais cette volonté de salut, du fait que Dieu ne veut pas la mener à son terme si l’homme se dérobe jusqu’au bout à sa grâce, a été considérée par ce courant comme une simple velléité, qui n’a d’efficacité que dans les élus qui parviennent à la gloire. Or, ce que l’Ecriture nous montre c’est un Dieu qui persévère à offrir sa grâce, selon son dessein bienveillant aussi universel que sa création, un Dieu qui œuvre sans relâche (cf. Jn 5, 17) ni repentance (cf. Rm 11, 29) à la conversion de tous les hommes : « Dieu use de longanimité (makroyumeÝ) envers nous, voulant que personne ne périsse, mais que tous parviennent au repentir » (2 P 3, 9). Et plus loin : « Considérez la longanimité (makroyumÛa) de notre Seigneur comme un salut » (2 P 3, 15).
Si S. Augustin et le courant théologique qui l’a suivi ont perdu de vue la persévérance de Dieu dans son dessein de grâce , c’est qu’ils ont donné la priorité, dans leur interprétation de l’économie divine, à un certain nombre de passages scripturaires qui leur paraissaient révéler une réprobation antécédente de beaucoup d’hommes, sur la base du péché originel, compris comme un premier abandon de Dieu par l’ensemble des hommes. Il nous faut donc étudier de près ces textes pour comprendre pourquoi l’Eglise dans son Magistère n’a jamais fait sienne cette thèse théologique , mais au contraire a enseigné de plus en plus explicitement la persévérance de Dieu dans son dessein universel de grâce. On peut classer ces passages bibliques sous trois points de doctrine de la foi :
- L’élection divine nous prédestinant avant tout mérite de notre part, celle-ci impliquerait de la part de Dieu un choix des réprouvés antécédent par rapport à leurs démérites personnels, compte tenu du péché originel.
- Le péché originel impliquerait un refus personnel par tous les hommes de la grâce donnée par Dieu en Adam ; refus tel qu’il convient en justice que Dieu réprouve une partie des hommes en les abandonnant à la damnation.
- L’Ecriture enseignerait que Dieu a de fait réprouvé beaucoup d’hommes avant leur dernier acte libre.
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A - L’Élection inconditionnelle ou la double prédestination
Le caractère unique ou l’unicité de l’élection inconditionnelle est que Dieu a choisi certains individus avant la fondation du monde pour qu’ils soient sauvés dans le but de manifester sa gloire, et selon la réprobation il a prédéterminé les autres à la perdition, de les exclure de la grâce et de les punir pour leurs péchés dans le but de manifester sa justice (Rom. 8 :28,29; 9 :22,23; Éph. 1 :4,5,11; 2 Tim. 1 :9; Prov. 16 :4; 2 Pi. 2 :9; Jude 4). Ce choix était uniquement motivé par sa propre volonté souveraine (Rom. 9 :15,16,18; Éph. 1 :5; 2 Tim. 1 :9). Il n’a pas choisi certains pécheurs parce qu’il prévoyait une réponse ou une obéissance de leur part, comme la foi, la repentance, etc. Au contraire, Dieu accorde la foi, la repentance, et la sanctification à chaque individu qu’il a choisi (Ac. 13 :48; Phil. 1 :29; 2 :13; 2 Tim. 2 :25). Ces actes sont le résultat et non la cause du choix de Dieu (Phil. 1 :6). L’élection ne fut donc pas conditionnées par quelque qualité vertueuse ou quelque action prévue dans l’homme (Rom. 7 :18). Ceux que Dieu a élus souverainement au salut avant même la fondation du monde, il les amène par la puissance de l'appel irrésistible de l’Esprit à recevoir Christ comme Sauveur et Seigneur (Jean 6 :68; 10 :3,4,27). Ainsi, c’est le choix du pécheur de la part de Dieu, et non le choix de Christ de la part du pécheur, qui est la cause ultime du salut (Jean 1 :12,13). Le choix appartient à Dieu et non à l’homme.
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... car il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus» Matt. 20:16 (Bible Martin)
«Ce n'est pas vous qui m'avez élu, mais c'est moi qui vous ai élus...» Jean 15:16
«... il nous a élu en lui avant la fondation du monde...» Eph. 1:4 (Bible Ostervald)
Dans les âges sinistres entre Augustin et Jean Calvin, nous trouvons que très peu ont maintenu cette vérité avec l’accent qu’Augustin y avait placé. Ce ne fut point avant la période de la Réforme Protestante que la vérité de la prédestination souveraine fut amenée d’avant.
L’élection est donc ce décret de Dieu par lequel, d’une liberté souveraine, il choisit un seul peuple pour lui-même dans lequel il détermina de mettre son amour, et lequel il délivra du péché et de la mort par Jésus-Christ, pour participer à sa gloire éternelle. Il est important de spécifier que Dieu a un seul peuple de disposés au salut, non un peuple national, mais celui des élus qui est appelé irrésistiblement d’entre tous genres d’hommes. Cette élection est souveraine, elle est le choix souverain et libre de Dieu. Cette élection est éternelle tout comme le conseil de Dieu est éternel. Cette élection est inchangeable tout comme le conseil de Dieu est inchangeable. Cette élection est efficace de sorte que le décret de l’élection lui-même soit, par Christ, la puissance par laquelle les élus sont sauvés réellement.
En changeant l’élection inconditionnelle pour une élection conditionnelle, le cœur de la vérité du salut est détruit parce que la puissance de la grâce souveraine est reniée comme puissance par laquelle Dieu sauve ceux qu’il a choisis de lui appartenir éternellement. La rédemption particulière ou rachat limité est ainsi rejeté, quoiqu’on enseigne cette vérité sur chaque page de l’Écriture. Conséquemment la dépravation totale est rejetée aussi et à l'inverse plusieurs choses louables sont trouvées en l’homme, dont la principale est sa capacité de coopérer dans l’œuvre du salut. C’est l’élection conditionnelle qui prépare le terrain pour toutes les autres hérésies. Tout entre en ligne de compte. Le choix de Dieu n’est donc plus souverain, mais dépend de ce que l’homme fera avec le salut que Dieu lui offre affectueusement, mais qui ne lui appartiendra pas s’il ne l’accepte ou le rejette par son propre pouvoir.
C - La vérité de la Réprobation:
Le décret de Dieu sur la réprobation est également un décret de son conseil souverain, éternel et inchangeable. Selon ce décret dans lequel nous voyons que la Chute fut prédéterminée d’une manière absolue, Dieu détermina de révéler sa justice, sa colère, et sa haine du péché, et de cette façon la sainteté de son propre être divin, dans des vaisseaux de colère préparés pour la destruction et punis éternellement dans l’enfer en raison de leurs péchés.
Plusieurs nient la vérité de la double prédestination en soulevant des objections contre la doctrine. Ces objections sont aussi anciennes que la doctrine elle-même. Les mêmes objections que nous entendons aujourd'hui ont déjà été formulées aux jours d'Augustin - en effet, aux jours même de l’apôtre Paul. Une catégorie de ces objections se résume en une charge de fatalisme. Il est dit que la vérité de la double prédestination est fataliste et qu'elle est semblable à l’horrible doctrine de l’Islam. Mais l’Islam n’a aucune place dans sa théologie pour un Dieu d’amour, ni pour un Rédempteur. Ces objections, qui proviennent surtout des mouvements Évangéliques et Œcuméniques, veulent signifier que la vérité de la double prédestination rend les hommes négligents et en fait des pécheurs profanes. Cette doctrine réveille chez les hommes l’affirmation: "laissez-nous péché que la grâce surabonde." Cette doctrine force les hommes à dire: "Si je suis un élu, je vais aller au ciel que ce soit quoique je fasse - même si je commets les péchés que je désire faire. Ainsi je m'amuserai dans cette vie, parce que mon péché ne peut pas changer mon élection. Et, d'autre part, si je ne suis pas un élu, je n’irai pas au ciel même si je vis une bonne vie. Par conséquent j'irai sûrement en enfer si je suis un reprouvé quoique je vive saintement. Donc, je suis aussi bien jouir de la vie et péché autant que possible. Rien ne peut changer la détermination éternelle de Dieu." Ainsi, il est dit, la doctrine de la double prédestination selon la Souveraineté de Dieu détruit la responsabilité de l’homme et la raison de son existence, et fait de lui qu’un stock vendu aux enchères.
Cet enseignement de la Réprobation ne peut être accepté par ceux qui cherchent à se justifier devant Dieu par leur conduite ou leurs mérites. Ainsi ils soulèvent contre Dieu l'accusation d'être injuste, comme si Dieu leur devait le Salut éternel, malgré leur rébellion. Ceci ne se justifie nullement, nous dit A.R. Kayayan, "Révélation et Connaissance du Salut". «On pourrait parler d'injustice de Dieu si l'homme pouvait avoir une quelconque prétention par rapport à Dieu. Mais la situation est totalement autre. Car tous les hommes, sans exception, ont abandonné Dieu pour s'adonner au péché. Personne n'a le droit de contester Dieu pour son élection ou sa réprobation. Dans le contexte de la Prédestination, Dieu serait injuste s'il n'avait pas appelé les élus au salut (Mat.20:14,15; Rom.9:14,15). La doctrine du Salut par la Grâce est nulle autre que la doctrine de la Prédestination qui comporte deux parties: l'Élection et la Réprobation. La doctrine de l'élection laisse entendre, naturellement, que Dieu n'a pas choisi ou élu tout le monde pour être sauvé. S'il a décidé de sauver les uns, il a aussi décidé de réprouver ou de ne pas sauver les autres. La réprobation peut être définie comme «le dessein éternel de Dieu d'exclure certains hommes de sa grâce spéciale pour les punir à cause de leurs péchés pour manifester sa justice».
Plusieurs faux chrétiens s'opposent avec véhémence à la doctrine de la Réprobation , prétendant qu'elle n'est pas enseignée dans les Écritures. Mais la Parole de vérité renverse leur faux raisonnement: "Car avant que les enfants fussent nés, et qu'ils eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein arrêté selon l'élection de Dieu demeurât, non point par les oeuvres, mais par celui qui appelle, il lui fut dit: le plus grand sera asservi au moindre. Ainsi qu'il est écrit: J'ai aimé Jacob, et j'ai hais Ésaü. Que dirons-nous donc? Y a t'il de l'iniquité en Dieu? A Dieu ne plaise!" (Rom.9:11-14); "Et qu'est-ce si Dieu, en voulant montrer sa colère, et donner à connaître sa puissance, a toléré avec une grande patience les vaisseaux de colère, préparés pour la perdition; et afin de donner à connaître les richesses de sa gloire dans les vaisseaux de miséricorde, qu'il a préparé pour la gloire" (Rom.9:22,23); "L'Éternel a fait tout pour soi-même, et même le méchant pour le jour de la calamité" (Pro.16:4);
CEC 1037, ambigü comme pas deux, est susceptible de deux interprétations :LumendeLumine a écrit : Dieu a prédestiné certains hommes à la damnation éternelle. ... Il me répond: ceci n'est pas du tout de la théologie catholique! C'est l'hérésie janséniste. Et il me cite CEC 1037: "Dieu ne prédestine personne à aller en enfer". Difficile en effet de concilier le CEC et Louis Ott là-dessus. Néanmoins, il est écrit "De Fide" à côté de la proposition mentionnée, ce qui signifie que celui qui la rejette n'est pas catholique.
Quant au libre-arbitre, il faut distinguer liberté d'exercice et liberté de spécification.Autre question: il me semble que le libre-arbitre, par définition, c'est ce qui se détermine soi-même à vouloir tel ou tel bien. Or l'interprétation thomiste au sujet de la prédestination affirme: "Dieu meut physiquement et infailliblement la liberté créée à vouloir librement d'un vouloir surnaturellement bon". Or dire de la liberté qu'elle est mue infailliblement, c'est dire qu'elle ne se meut pas elle-même. Donc qu'elle n'est pas une liberté. J'ai lu tout ce fil et je fais les efforts les plus sincères pour essayer de comprendre quand on me dit que la grâce ne contredit pas la liberté, et pourtant je ne vois pas comment on se sort de cette contradiction. Si la liberté est mue, elle n'est pas une liberté.
Motion ceci ou motion cela, dire de la liberté qu'elle est mue, surtout infailliblement, c'est dire qu'elle ne se meut pas elle-même. Elle ne peut se mouvoir elle-même et être mue, parce qu'on ne saurait concevoir l'action de Dieu et celle de l'homme celle de deux remorques qui tirent un bloc de béton. Si la grâce efficace n'est efficace que conditionnellement à la décision de la liberté, alors elle n'est pas vraiment efficace, et vice-versa.popeye a écrit :Quant au libre-arbitre, il faut distinguer liberté d'exercice et liberté de spécification.
Quant à la motion physique, j'avoue n'être pas sur de comprendre. Personnellement, j'incline pour la motion morale. Mais en aucun cas la motion physique est condamnée par l'Eglise : elle échappe à toute condamnation.
Enfin, motion physique ou motion morale, elle est infaillible, encore que non nécessitante. C'est évidemment plus facile à comprendre avec la motion morale.
Absolument pas. La réprobation n’est pas conditionnelle, mais absolue. Si l’Église refuse de parler d’une double prédestination, c’est en tant que « prédestination » est pris au sens strict, comme prédestination à la fin et aux moyens qui y mènent. Comme l’enseignent les Conciles de Quierzy et de Valence, il y a prédestination au mal de peine, mais pas prédestination au mal de faute, Dieu ne prédestinant personne à pécher.si je comprends bien, la prédestination à la vie éternelle est une vraie prédestination - la miséricorde de Dieu précède le mérite - tandis que la réprobation n'est que conditionnelle et fondée sur l'omniscience de Dieu - le démérite précède le juste jugement de Dieu.
Oui, lato sensu, comme prédestination à la peine mais non aux moyens qui y mènent.Mais faut-il alors encore parler de prédestination?
Absolument pas ! La prédestination ne renvoit pas seulement à la Prescience divine, mais encore aux Décrets divins prédéterminants.Admettez au moins que le terme n'est pas très heureux. Où est la place du suffixe "pré", qui signifie "avant", quand le jugement de Dieu suit le démérite du pécheur... La prédestination à la réprobation n'est alors qu'une application parmi d'autres de l'omniscience de Dieu, qui ne "prévoit" que dans notre référentiel, là où Dieu ne fait qu'observer du haut de son intemporalité.
Absolument pas ! Et pour le prouver, je me tiendrais au système de la motion morale, n’étant pas sur de comprendre le système de la motion physique.Motion ceci ou motion cela, dire de la liberté qu'elle est mue, surtout infailliblement, c'est dire qu'elle ne se meut pas elle-même. Elle ne peut se mouvoir elle-même et être mue, parce qu'on ne saurait concevoir l'action de Dieu et celle de l'homme celle de deux remorques qui tirent un bloc de béton. Si la grâce efficace n'est efficace que conditionnellement à la décision de la liberté, alors elle n'est pas vraiment efficace, et vice-versa.
Je ne connais pas ce livre, mais ce que vous m’en dites me donne envie de le lire. Le trouve-t-on à la vente ?[/align]J'ai sur mes genoux le précis de théologie catholique dont je vous parlais et l'exposé, p.351-353 sur les différentes solutions qui ont été proposées au problème (thomiste, augustiniste, moliniste, congruiste, syncrétiste). Le fait le plus frappant est qu'aucune n'est satisfaisante, et de très loin: chacune laisse des lacunes graves ouvertes. Faut-il donc considérer que spéculativement cette doctrine de l'Église est incompréhensible? J'aimerais savoir aussi si le livre en question fait autorité, à savoir: quand il est écrit "De Fide", est-ce effectivement "De Fide"?