[align=justify]Salut elisseievna
Excusez-moi de répondre avec un peu de retard à vos messages, sachant que certains intervenants ont pu déjà répondre à certains points...
elisseievna a écrit :Je me demande parfois sur quelle planete vous vivez, ou plus precisement, comment vous pouvez vous opposer autant aux feministes, sans rien aller lire de ce qu'elles disent.
Je ne m'oppose pas aux féministes, je dénonce l'inconséquence des (pseudo)féministes "pro-choix". Je soutiens complètement la démarche de mc, par exemple.
Pour en revenir à la question initiale qui m'a fait vous interpeller, je considère qu'il n'y a que deux attitudes cohérentes (mais une seule attitude moralement admissible) : soit, comme le Saint-Siège, on s'oppose à l'avortement, y compris les avortements "eugynistes" (c'est un néologisme dont vous devinerez aisément le sens) ; soit, comme la commission onusienne, on ne s'oppose pas à l'avortement, y compris lorsqu'il est eugyniste.
L'avortement n'a jamais ete preconisé comme un choix parmi les enfants à naitre pour selectionner les "meilleurs". (!!!)
Dès lors que vous ne mettez aucune condition à l'avortement, vous acceptez que les avortistes l'utilisent comme ils l'entendent. Et certains l'entendent comme un instrument au service de l'eugénisme, et d'autre au service de l'eugynisme. Toutes les simagrées n'y changent rien : les "pro-choix" ont - avec la légalisation du foeticide de complaisance - ouvert une boîte de Pandorre et certains semblent s'étonner de ce qu'il en sort...
Il est juste un recours quand on ne peut pas elever un enfant, quelqu'il soit, fut il le plus beau ou le plus intelligent.
On vous a déjà répondu que dans ce cas, il fallait
donner les moyens aux femmes enceintes d'élever leur enfant. Ce à quoi vous avez répondu que ce serait de la barbarie que d'obliger une mère à aller au bout de sa grossesse. Donc vous mentez : vous ne considérez pas l'avortement comme un recours en cas d'impossibilité d'élever un enfant, vous considérez l'avortement comme un "droit inaliénable" à pouvoir décider ou non de poursuivre une grossesse. Sauf qu'en faisant ainsi, en donnant aux parents le droit inconditionnel de vie et de mort sur leur enfant non-né, en plaçant le foetus à la merci de l'arbitraire parental, vous acceptez que les parents puissent décider souverainement que le foetus femelle n'ait pas le droit de vivre à raison de son sexe.
Ou quand le foetus souffre de maladies gravissimes.
Qu'est-ce qu'une maladie "gravissime" ? Aujourd'hui, la réponse de la société est claire : c'est une maladie (même bénigne) détectable par un diagnostique pré-natal (DPN). Il se trouve que le sexe de l'enfant est détectable dans les délais légaux que certains pays prévoient pour l'IVG, et que certaines familles reconnaissent que la féminité est un handicap très lourd dans certaines sociétés. J'imagines que vous ne pousserez pas le "barbarisme" jusqu'à vouloir imposer à ces familles de poursuivre à terme cette grossesse non-désirée ?
On ne parle pas de "genocide" pour ces foetus, parce que c'est quand ils sont trop peu developpés, meme pour savoir le sexe, que l'avortement est envisagé, par les feministes, comme une issue de secours.
L'examen des chromosomes de l'enfant peut se faire dès la 7e semaine de vie intra utérine par voie vaginale sur une biopsie du placenta ou, plus tard, à la 16ème semaine de vie par ponction du liquide amniotique dans lequel desquame la peau du foetus. L'analyse du caryotype permet - entre autres choses - de savoir le sexe de l'enfant. C'est à cet âge, d'après le lien que vous nous avez indiqué (avec le graphique de la taille en fonction de l'âge) que sont pratiquées la majeure partie des foeticides. Vous n'allez donc pas commencer à jouer les pleureuses pour quelques "tas de cellules" féminins ? D'autant que les IMG sont autorisées jusqu'à la naissance, donc si la féminité est un handicap lourd, il peut paraitre licite de permettre l'avortement des foetus femelles bien au delà du délai légal de l'IVG, non ?
Les politiques d'avortements forcés ou eugéniques, sont différentes, et sont des violences contre les femmes, a qui on ne demande pas leur avis dans ces cas là.
L'eugénisme, c'est la sélection des individus. Le DPN et le DPI permettent l'eugénisme (notez qu'en soi, ils ne sont pas "mauvais" puisqu'ils pourraient aussi bien permettre les thérapies précoces). L'avortement quasi-systématique (et les statistiques montrent que c'est le cas) des enfants atteints de trisomie en France ou des foetus féminins dans certains pays sont des pratiques qui relèvent de l'eugénisme.
Si certaines parlent de "gynocide" c'est pour l'ensemble de la politique menant à la mort ou a la non naissance des femmes : que ce soit pas selection des foetus ou par meurtre à la naissance ou par sous alimentation ou mauvais soins.
Très bien. Mais que ceux qui utilisent ce terme parlent également de "génocide" pour parler de la politique de mort qui conduit à la non-naissance des enfants. Observez une pyramide des âges occidentale et méditez...
Utiliser l'avortement pour une selection des enfants a naitre n'a jamais été envisagé par les feministes.
Cela n'a jamais non plus été écarté, sauf depuis que certains basent cette sélection sur le sexe. A moins que vous vous battiez contre l'utilisation des DPI et DPN à des fins eugénistes (vous savez, l'élimination des malades, tout ça...) ?
Pour la bonne raison qu'à partir du moment ou on desire un enfant, il "existe", il est sien donc non avortable.
(sauf dans les cas de maladies extremes).
Et sauf le cas des foetus femelles. Car il se trouve que certains ne désirent pas avoir de filles.
Ce n'est pas parceque l'on désire un enfant qu'il existe (sinon, pourquoi les couples homosexuels revendiqueraient le droit d'adopter ?) ; ce n'est pas parceque l'on ne désire pas un enfant qu'il n'existe pas : sinon, il faut nier l'existence des foetus femelles non-désirés.
pour rentrer plus dans les details :
- vous comparez des methodes d'influence sur le sexe avant la conception et l'avortement : cela n'a rien a voir.
Je ne compare pas : je vous demande quelle différence vous faites, vous. Si c'est l'avortement qui vous gène, dîtes-le et assumez : rejoignez les féministes pro-vie ; si l'avortement ne vous gène pas, dîtes-nous en quoi l'avortement eugyniste est-il plus gênant que de faire un régime à base de légume verts ?
- vous partez d'hypotheses irreelles, qui ne sont pas posées ainsi dans le monde actuel :
ce n'est pas parce que la vie d'une femme ne meriterait pas d'etre vecue, ce n'est pas parce qu'elle souffrirait a cause d'une maladie terrible en elle, que certaines socités eliminent les foetus ou bebes filles, mais c'est juste parce que ces sociétés sont si inégalitaires que les filles meme en parfaite santé sont vues comme une charge par les "parents", a mon avis, plutot par "le chef de famille.
Vous pensez que les vies des enfants "atteints de maladies gravissimes" sont des vies qui ne mériteraient pas d'être vécues si elles sont entourées d'amour et de soin ? (Il me semble que vous aviez convenu cela dans le fil sur l'avortement, mais avec 30 pages, je n'ai pas retrouvé). Je ne crois pas. C'est donc bien les conditions de vie sociales - et non pas le caryotype en soi - qui font la qualité humaine d'une vie, et l'impression d'une "vie valant la peine d'être vécue", c'est-à-dire une vie authentiquement digne.
en pratique encore, dans le concret, quand une femme veut un enfant, quand elle l'a "conçu" mentalement, il est forcement le plus beau et plus intelligent ... la question d'avorter ne se pose pas, c'est pourquoi les feminstes n'y ont jamais songé.
Elles n'ont jamais songé à quoi ? A rendre l'avortement obligatoire ?
Peut-être qu'une femme, citoyenne d'un pays où la condition féminine est inhumaine, préfèrera - par amour - épargner les souffrances qu'elle a elle-même vécue à l'enfant qu'elle porte ? A moins qu'elle ne se sente pas suffisamment forte pour supporter le fardeau social que représente l'éducation d'une fille ? Ne sont-ce pas là tous les arguments des "pro-choix" ? Il y a plus "pro-choix" que vous, et les arguments que vous nous avez servis, acceptez que l'on vous les serve.
C'est justement pour que des enfants ne soient pas dans cette situation de ne pas avoir été désirés que les feminstes sont pour le droit a la contraception et a l'avortement.
Et c'est pour la même raison qu'il serait "barbare" de vouloir interdire l'avortement de convenance lorsque des symptômes de féminité auront été découvert sur le foetus ? Il y a des pays où les filles ne sont pas désirées, d'autres où les trisomiques ne sont pas désirés.
Les "pro-choice" sont pour choisir de concevoir ou pas, pas de selectionner en fonction de la race.
Vous confondez contraception et avortement. Il me semble pourtant bien que les féministes "pro-choix" sont "pour choisir d'avorter en fonction du bon vouloir de la mère". N'est-ce pas ?
Conclusion : je vous trouve
totalement inconséquente. Vos arguments sont
totalement circonstanciés, et contredisent
totalement tout votre argumentaire de vente sur l'avortement. Un jour il faudra choisir votre camp : celui de la vie, ou celui de la mort.
Bonnes réflexions...
Christophe[/align]