Non, Popeye, je ne pensais pas que vous l’ignoriez. Je m’étonnais même que vous ne disiez rien dessus (ou alors, effectivement, je vous ai lu trop vite, désolé…).Popeye a écrit :Je vous écrivais que vous deviez démontrer Dieu pour démontrer l'être nécessaire. Vous me répondez en me donnant la preuve de l'être nécessaire par la preuve de Dieu par le mouvement... Comme quoi, vous eussiez du me lire. :>
Au fait, pensiez-vous que je l'ignorais ? Je crois pourtant me souvenir que c'est moi qui vous l'avais expliqué...
Mais permettez-moi de vous contredire : je vous ai donné une analogie par le mouvement. Mais la démonstration de l’existence de l’Être nécessaire se situe sur le plan de la contingence et du nécessaire, et non du mouvement. En fait, on peut même dire que les 5 preuves traditionnelles de saint Thomas d’Aquin découlent de cette démonstration qui se suffit à elle-même.
Nul besoin de supposer Dieu pour déduire l’Être nécessaire. Tout comme il n’est nul besoin de supposer que le Soleil existe pour déduire, lorsqu’il fait jour et chaud, qu’il existe une source de lumière et de chaleur. L’Être nécessaire est la conclusion logique de :
1- La certitude que l’être est nécessaire puisque le Néant est stérile. Il y a toujours eu de l’être.
2- Oui mais voilà, notre observation du réel (c'est important : nous sommes véritablement dans une démonstration de type scientifique, c'est-à-dire basée sur l'expérience et l'observation) nous dit que les êtres de cet Univers sont contingents, que tous auraient pu ne pas exister et d’ailleurs, il fut un temps où tous n’ont pas existé. Autrement dit : rien dans l’Univers n’a l’être depuis toujours. Rien dans l’Univers n’est la cause de sa propre existence.
3- Donc la conclusion logique est qu’il existe un Être nécessaire qui existe par lui-même, et qui est la cause des êtres que nous voyons.
L’autre explication serait qu’il existe que des êtres contingents qui se donnent mutuellement l'être depuis toujours, dans une suite infinie. Ce à quoi je réponds que multiplier de la contingence à l’infini ne fera jamais du nécessaire, car il y a un saut qualitatif à passer. Ca me fait un peut penser à une asymptote : faire une régression à l’infini vous fera peut-être tendre vers l'asymptote mais vous ne ferez que vous en approcher, sans jamais l’atteindre réellement.
Une autre solution serait peut-être de dire que le changement et la multiplicité que nous voyons – autrement dit, la contingence que nous observons – est pure illusion. C’est celle du panthéisme de type hindouiste, il me semble. Mais souscrire à cette pensée – qui soit dit en passant contredit le simple bon sens (lorsque je me cogne contre une table, j’ai du mal à me dire que c’est une simple illusion) – a une conséquence logique imparable : toute notre méthode scientifique et tout notre savoir expérimental sont à jeter à la poubelle car complètement vains et illusoires. De même, nos relations ne sont qu’une illusion dont il faut s’affranchir. Nous-mêmes n’existons pas réellement, substantiellement, en tant que personnes.
En gros, comme Claude Tresmontant l’avait dit : l’athéisme métaphysique n’existe pas. Il n’y a que deux métaphysiques possibles : le théisme ou le panthéisme. Pas de voie médiane. Les athées sont des panthéistes qui s’ignorent (sauf mizzati apparemment
Cordialement,




