Bonjour Christian,
Après avoir lu l'ensemble de vos interventions, je pense qu'il est indéniable que le libéralisme vaut mieux que le nazisme et le communisme et la dictature.
Comte-Sponville n’en est pas à une ânerie près, aussi je ne suis pas surpris d’en lire de nouvelles sur le libéralisme, telles que vous les rapportez dans votre intervention ci-dessus.
C'était "mes âneries" il ne parlait que de la politesse, simplement sa définition de la politesse me paraît ressembler
au libéralisme qui est "trop poli pour être honnête".
Que ce brouillon de penseur ne voie dans le libéralisme qu’une "politesse" est réducteur, mais pas faux. Qu’il parle ensuite de nazi et de salaud "polis" est incohérent. Est-il poli de faire une saloperie ? Est-il poli d’entasser des gens dans des wagons à bestiaux et les expédier dans des camps ? Ce n’est pas ce que ma mère m’a enseigné !
Bien sûr cette horreur n'est pas poli et c'est pourquoi cette politesse est sans morale. Ainsi les nazis avaient une politesse certaine à l'arrivée du train comme: je vous en prie Madame, avancez par ici (en leur tendant la main)!!! Mais bien sûr Madame vous retrouverez votre mari et vos affaires!!!
Et pourtant je ne pense pas que les mères des nazis (comme la vôtre et la mienne) aient enseigné à leur fils l'horreur, le meurtre et la torture... Mais la liberté de l'homme n'a pas de prix...Et ne fais cas de l'éducation ou de la vérité puisque l'homme libéral est souverain...
Comte-Sponville ne parlait que de la politesse et non du libéralisme, simplement le régime nazi à bien été élu démocratiquement (librement).
Il est vrai que la politesse (ou libéralisme) est "la condition à l’émergence d’une valeur". Sans libéralisme, c’est-à-dire face à l’arbitraire politique, il ne nous reste que l’alternative morale de la collaboration ou de la résistance. C’est maigre. Mais Comte-Sponville déraisonne en prétendant que le libéralisme, par "prudence", autorise toutes les valeurs "en écartant toute vérité absolue".
Le libéralime autorise toutes les VERITES, et non toutes les valeurs (comment autoriser une valeur), mais n'accepte pas une vérité unique ou absolue (communautarisme...) qui contesterait à l'homme son droit à être souverain de lui-même. Mais il tolère la cohabitation de ces vérités tout en ne tranchant sur aucune en matière de vérité (tous sont égaux dans le culte) , ce qui est fort prudent.
« Si ma vérité est différente de celle de Jacques, dites-vous, je dois socialement respecter sa vérité ». Mais que non ! D’une part, parce que vous n’êtes pas incohérent, et que si vous détenez la vérité, c’est que lui ne l’a pas. Que respectez-vous alors ? D’autre part, parce que votre obligation sociale libérale est de respecter le droit de Jacques (et celui de Comte-Sponville) à débiter des sornettes. Mais pas de respecter les sornettes ! Votre devoir d’être humain capable de jugement (de chrétien, de ‘citoyen’, de père de famille, de professionnel…) est de dénoncer les erreurs, d’enseigner, d’évangéliser. Le libéralisme vous garantit ce droit. Usez-en !
La grande vertu que les libéraux reconnaissent à la liberté d’expression est qu’elle favorise considérablement le repérage des imbéciles. Mais une fois repérée, il faut bien la contrer, l’imbécilité !
Ce que vous dîtes est forcémment vrai, mais sur les questions de vérité absolue, contrer l'imbécilité est plus délicat, faute d'un état qui ne reconnait la légitimité d'aucune vérité religieuse (regarder la réticence de l'Europe à inscrire les mots: "d'essence judéo-chrétienne" dans la constitution européenne) pour ne pas froisser les autres étas membres et pour surtout garder LA LEGALITE politique. Comme vous le dîtes,il nous reste la RESISTANCE face "à l'arbitraire politique", et sur les questions religieuses, la France est bien arbitraire en déniant le droit à un chrétien de porter une croix à l'école ou un foulard à une musulmane, tout en récupérant la religion musulmane politiquement (CFCM). Et oui la vérité est un outil pour Sarko...J'ai suivis des cours pour devenir professeur des écoles au GRETA, et on nous a bien prévenu de ne pas venir avec une croix ou d'émettre une opinion religieuse lors de l'examen oral... Pour une question de tolérence et de laïcité...
Ce à quoi j'ai répondu, est-ce tolérent de dénier ce qui fait l'entiereté d'un être? Je n'ai pas eu de réponse, mais comme vous le dîtes, rien ne m'empêche de me battre... Vous me direz aussi rien ne nous empêche de l'exprimer en privé, mais la vérité est alors mise au banc des valeurs...publiques...
(Le reste de votre intervention sur les ‘droits de l’homme’, si elle reflète les propos de Comte-Sponville, montre que le bonhomme n’a pas saisi la différence entre liberté et capacité, entre égalité de droits et identité de droits, etc. Comme j’ai dit, il faut bien la contrer — mais on ne peut pas tout faire en un matin !) ;-)
Outre les droits et capacités naturelles, c''est bien parce que nous n'avons pas les mêmes capacités que nous n'avons pas les mêmes droits, puisque c'est bien le droit (la légalité) qui nous donne la capacité (l'égalité) d'agir, Alors pourquoi nos capacités sont restreintes en religion? Parce que nos droits le sont.
Naître libres et égaux en droits est une chose, le rester en est une autre.
Je pense que la fameuse parole de Voltaire (citée de mémoire) trouve sa place ici
[align=center]Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites,
mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous ayez le droit de le dire.[/align]
Bien sûr le dialogue est nécessaire, mais la vérité n'est pas interchangeable (il faut trancher), et si le libéralisme favorise le repérage des imbéciles, quel intérêt de favoriser (de se battre pour) la diffusion de "l'imbécilité" lorsqu'elle est reperée?
A bientôt de vous lire Christian.