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Re: Ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 16:54
par Aldous
Raistlin a écrit :
Aldous a écrit :Peut mais ce n'est pas une obligation (en tout cas pas une obligation de faire part de sa critique). Et personnellement je mesure mon temps passé sur le forum (je n'ai pas que ça à faire) aussi ne caricaturez pas ma non-critique (apparente) en idéologie ou que sais- je encore...
Le problème, c'est que vous avez voulu manifester votre point de vue en citant les textes de la CEF. Soit, c'est votre droit et c'est effectivement intéressant. Mais dans la mesure où vous vous êtes servi des texte de la CEF pour exprimer votre point de vue (si ce n'est pas ce que vous vouliez faire, force est de constater que c'est pourtant l'impression que ça donne), il est légitime d'attendre de votre part un minimum de critique (en bien ou en mal).

Alors, je me trompe sans doute sur vos intentions, mais la façon dont vous avez posté ces textes a donné l'impression que vous invoquiez le Magistère et l'autorité de l'Église pour trancher la question. En gros, vous donniez l'impression de vouloir user d'un argument d'autorité. Si c'était bien le cas, à vous de vous assurer que la CEF a bien l'autorité nécessaire pour trancher la question. D'où la nécessité d'une authentique réflexion critique sur ces textes.

Sinon, de manière plus générale, je comprends tout à fait que vous n'ayez pas le temps de développer une analyse critique des textes de la CEF. Mais alors, lorsque Charles vous explique preuve à l'appui que ces textes ne sont peut-être pas sans erreur, pourquoi continuez-vous à les asséner avec la même constance comme si sa critique n’importait pas ?

Cordialement,
Je ne me complique pas la tête comme ça. Il ya des textes mis en ligne ici. Ils sont à lire, pas davantage si on veut donc ne vous préocuppez pas que je les commente ou pas.
(je n'estime pas qu'il est légitime d'attendre des commentaires de ma part, c'est informatif d'abord ces textes de mon point de vue et pas nécesserement davantage)
Je laisse Charles s'étendre, la polémique avec lui ne m'interesse pas du tout! (je l'ai déjà dit les textes dont je donne les liens valent pour réponse)

Cordialement à vous

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 18:23
par Aldous
Charles a écrit :j'espère d'ailleurs que vous ne la méprisez pas [l'Eglise], une telle désinvolture pour son Magistère pouvant interroger sur le respect que vous avez pour elle.
(Je n'avais pas lu cela...)

Vous ne manquez pas de culot de me dire cela Charles alors que vous avez qualifié plus haut une intervention de la CEF de (je cite): lâche, hypocrite, honteuse, ignoble!

Quelle désinvolture pour le Magistère y a-t-il à donner quelques liens référencés catholiques donnant leur avis sur le FN et l'extrême droite, SVP??

(Attention Charles de ne pas aller trop loin)

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 18:43
par Cinci
Les commentaires de Charles sur la question sont tout à fait pertinents. Moi-même je trouvais extrêmement ennuyeux cette invocation désordonnée d'une autorité de l'Église pour tenter de brider l'expression démocratique d'une pluralité de points de vue, et lors que s'agissant du FN.

C'est proprement scandaleux que d'essayer de «faire croire» qu'un catholique en Europe serait lui-même condamné à devoir avaliser en son fors intérieur le projet politique de la ligue des décideurs de l'UMP et du PS. À part ça, Adoramus Te avait fait remarquer initialement en quoi «l'alternative d'une Christine Boutin» revenait de facto à endosser politiquement Nicolas Sarkozy. Par la suite, on aura bien vu que Christine Boutin elle-même confirme cette situation de dépendance.

NON

Il n'y a pas plus de «faute morale» à voter FN, même si étant soi-même en désaccord avec telle ou telle partie du programme à titre d'exemple, mais qu'il devrait y en avoir ensuite pour une Christine Boutin si en désaccord elle-même avec telle ou telle partie du programme sarkoziste et cautionnant pourtant le parti de l'UMP pour finir (!)



L'absurdité et la totale irrationnalité dans toute cette histoire tient à cette diabolisation du FN dans l'opinion, une opération qui découle elle-même de manoeuvres politiciennes de la mitteranderie, de la chiraquerie ensuite et de la clientèle des pique-assiettes de la classe européiste au pouvoir.

L'un peut parfaitement voter FN sans entretenir non plus d'illusion sur les politiciens en général (ceux du FN compris), en sachant que la vie politique est faite de compromis, compromissions, négociations, reniements de promesses, changements de cap, adaptation, tractations avec l'opposition, etc. Le FN est un parti légal dont l'objectif ne consiste pas à abolir la démocratie, le parlementarisme et tout. Ce parti n'a absolument rien de révolutionnaire.


Il fait des années que je trouve absolument incroyable la réaction populaire en Europe, comme soumise à l'attraction gravide du poids de l'opinion des grands bourgeois (adossés aux banquiers), ces vrais riches qui contrôlent pour vrai la quasi-totalité du jeu politique. Dans le contexte actuel, pour moi le FN est une option correcte pour faire savoir combien les politiques de l'UMP et des socialistes sont inintéressantes (pour les travailleurs, etc), en quoi l'on s'objectera soi-même à l'idée que la nation se fasse couillonner dans l'opération euro et tout ça. Les prêtres n'ont pas à jouer le rôle de rabatteurs pour le profit de monsieur DSK, Sarkozy ou autres. Que le catholique qui vote FN n'est pas moins catholique qu'un autre. C'est incroyable d'être obligé de préciser ce genre de chose. Oui, l'on est obligé pourtant de le redire à raison de l'idolâtrie d'idée qui est prégnante en milieu catholique comme partout ailleurs. Il y a quelque chose de navrant à voir ce spectacle de catholiques si prompts à s'estimer meilleurs moralement qu'autrui qui ne pensera pas comme eux. Affligeant. Que vous dire ? Si la position de l'Église catholique était vraiment celle que souhaiterait le père Guy (interdiction de voter pour ... vice, défectuosité morale ...) : je prendrais définitivement mes distances. Je dirais que l'Église catholique mérite amplement d'être en ruine. «Qu'elle crève !» C'est ce que je dirais. Oui, si ...

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 18:51
par Aldous

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 19:04
par Cgs
Entretien lapidaire qui :
:arrow: pointe du doigts certains chrétiens qui votent Marine Lepen, en leur disant qu'il ne devraient pas voter pour le Front National (sans dire pourquoi d'ailleurs)...
:arrow: catégorise "le FN hors de l'Eglise" : cela ne veut strictement rien dire.
:arrow: parle de la séparation de la foi et de la politique dans un état laïc, sans en dire plus. Du coup, on a l'impression que la personne soutient l'idée que l'implication politique du chrétien doit être nulle. Pourtant, ce n'est pas ce que dit notre pape Benoît XVI :
S. S. Benoît XVI, le 21 mai 2010, a écrit : Les fidèles "doivent aussi prendre une part active à la vie politique, toujours en cohérence avec l'enseignement de l'Eglise, en partageant ses raisons et idéaux dans le débat démocratique. Ils doivent rechercher le consensus le plus large avec tous ceux qui ont à cœur la défense de la vie et de la liberté, de la vérité et de la famille, la solidarité et le bien public". On a besoin aujourd'hui en politique "de chrétiens véritables, capables de témoigner du Christ et de l'Evangile dans la société et dans le monde politique. Cette exigence, qui doit être présente dans le processus éducatif des communautés ecclésiales, réclament de nouvelles formes d'accompagnement de la part des pasteurs. L'appartenance des fidèles à des associations ou mouvements ecclésiaux peut être une bonne école de témoignage, soutenue par une richesse de charismes nouveaux, éducatifs et missionnaires".
Bref, cela ressemble à de la diabolisation déguisée.

En Christ,

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 19:15
par Aldous
Bonjour,
Cgs a écrit :Entretien lapidaire qui :
:arrow: pointe du doigts certains chrétiens qui votent Marine Lepen, en leur disant qu'il ne devraient pas voter pour le Front National (sans dire pourquoi d'ailleurs)...
Ben si elle le dit (à un moment): les valeurs de l'Evangile sont incompatibles avec le FN
Cgs a écrit : :arrow: catégorise "le FN hors de l'Eglise" : cela ne veut strictement rien dire.
http://www.lavie.fr/hebdo/2011/3433/le- ... 20_231.php
Cgs a écrit : :arrow: parle de la séparation de la foi et de la politique dans un état laïc, sans en dire plus. Du coup, on a l'impression que la personne soutient l'idée que l'implication politique du chrétien doit être nulle.
Au contraire tout à la fin elle dit qu'il y a une attention à porter aux valeurs de la foi et du politique se recoupant ou pas.

amicalement,

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 19:32
par Cgs
Aldous a écrit :Bonjour,
Cgs a écrit :Entretien lapidaire qui :
:arrow: pointe du doigts certains chrétiens qui votent Marine Lepen, en leur disant qu'il ne devraient pas voter pour le Front National (sans dire pourquoi d'ailleurs)...
Ben si elle le dit (à un moment): les valeurs de l'Evangile sont incompatibles avec le FN
C'est affirmé tel quel, sans aucune argumentation.
Cgs a écrit : :arrow: catégorise "le FN hors de l'Eglise" : cela ne veut strictement rien dire.
http://www.lavie.fr/hebdo/2011/3433/le- ... 20_231.php

amicalement,
Ce lien montre bien que l'expression ne veut rien dire. Dans l'article, il est cité et amalgamé plein de choses qui n'ont que peu à voir avec le programme du Front National.

A part déchirer l'unité de l'Eglise, ce type d'analyse ne sert strictement à rien, et monte les chrétiens les uns contre les autres. Comme dit auparavant s'attacher à démonter les arguments du FN serait bien plus efficace que de diaboliser ses sympathisants.

En Christ,

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 19:40
par Aldous
Cgs a écrit :. Comme dit auparavant s'attacher à démonter les arguments du FN serait bien plus efficace que de diaboliser ses sympathisants.
1° - Il n'est pas surprenant que nous, évêques, soyons sollicités de bien des manières pour intervenir dans le débat électoral. En effet, dans la mesure où le Président du FN utilise souvent des références aux valeurs religieuses, il est légitime que l'on nous demande si ces références correspondent aux valeurs chrétiennes.

Sur ce point, il ne peut pas y avoir d'ambiguïté. Pour ne prendre qu'un exemple récent : la manière dont M. Jean-Marie Le Pen a repris une expression célèbre du pape Jean-Paul II : "n'ayez pas peur... Entrez dans l'espérance." est bien significative. C'est la récupération d'une référence chrétienne à des fins partisanes. Ici, je partage complètement l'analyse du cardinal Lustiger. Il s'agit bien d'un détournement de sens. Le pape invitait tous les catholiques et tous ses auditeurs à entrer dans l'Espérance et à "ouvrir toutes grandes les portes au Christ." Son message était donc universel et nous situait dans l'espérance ouverte par la Résurrection du Seigneur. On ne peut pas rabattre cette espérance dans les limites d'une campagne électorale. En tout cas, si on reprend les paroles du Pape, il faut aussi reprendre ce qu'il dit, par exemple, et entre autres, sur la solidarité avec le Tiers-Monde, le respect des immigrés et le refus de la torture.
Chacun le sait : cette récupération partisane des grandes figures du christianisme n'est pas nouvelle. On connaît la manière dont on utilise Jeanne d'Arc. Mais il ne faut pas oublier qu'une tentative analogue vis-à-vis de Clovis a échoué, à Reims, en 1996. Dans tous ces exemples, il s'agit d'une instrumentalisation qui relève bien plutôt d'une conception néo-païenne des relations entre l'Etat et la Religion que d'une conception chrétienne. La Foi chrétienne se doit de respecter la distinction ouverte par Jésus de Nazareth : "rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" Elle appelle aussi, et c'est le sens de la parabole du bon Samaritain, au respect non pas seulement de ceux qui nous sont naturellement proches, mais aussi de ceux qui ont besoin de notre compassion, et dont nous avons à nous rendre proches, en traversant la frontière de nos routines ou de nos préjugés.
Le christianisme appelle au respect de chaque personne, quelles que soient ses origines. Il appelle en même temps à l'ouverture à tout le genre humain, car tous les hommes sont créés par Dieu. Ils sont donc appelés à se respecter mutuellement. Nous ne pouvons pas idolâtrer notre groupe de naissance, ni même notre Nation, puisque chaque nation est une médiation qui doit vivre dans le respect et la solidarité au milieu des autres nations, pour le bien commun de toute l'humanité.

Pour ma part, j'ai essayé, hors de tout contexte électoral, d'appeler au discernement sur ce qui me paraît relever d'une forme de paganisme dans les discours et les écrits de certains dirigeants de l'extrême droite. Je pense donc que tout le monde m'accordera que je ne suis suspect d'aucune complaisance pour les perspectives religieuses et politiques de ce courant. Même si, parfois, les mots et les expressions sont les mêmes, notre manière de lire les Evangiles, nos valeurs et nos références ne sont pas les mêmes. Nous n'avons pas la même conception, entre autres, de la solidarité, de la fraternité, de l'Etat, de la liberté religieuse, de la Nation et de l'Europe


http://www.eglise.catholique.fr/confere ... -2002.html

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 19:56
par Charles
Aldous a écrit :vous avez qualifié plus haut une intervention de la CEF de (je cite): lâche, hypocrite, honteuse, ignoble!
Oui, envoyer des voeux de bonheur à un peuple étranger qui risque d'avoir à subir massacres et exode par l'action de notre pays, en gardant le silence chez nous sur cette action mauvaise, c'est du cynisme. De la bonne conscience achetée à peu de frais. Je trouve que c'est répugnant.

Je n'ose imaginer ce qu'on pu ressentir les destinataires de cette lettre en la lisant, l'effet d'une gifle sans doute.

Car comment peux-ton oser écrire : "Au moment où vos pays connaissent d'importants changements politiques et sociaux, nous tenons à vous saluer et à vous encourager, frères et sœurs chrétiens des Eglises Orientales."

L'Irak a été génocidé par la coalition américaine (avec l'aide de la France), par l'immonde programme "Pétrole contre nourriture", massacré sous des milliers de tonnes de bombes occidentales, dont des munitions à uranium appauvri, livré à la guerre civile, des centaines de milliers d'Irakiens et de chrétiens d'Irak ont dû fuir à l'étranger, se réfugier en Syrie, les Syriens sont sous la menace d'une telle destruction, nous finançons et armons des insurgés islamistes pour détruire la Syrie laïque et multiconfessionelle, nous la bombarderions déjà sans l'opposition de la Chine et de la Russie... et la CEF ose leur écrire "vos pays connaissent d'importants changements politiques et sociaux" ?

:burning:

Je crois que la bêtise du politiquement correct et de la langue de bois finissent par déteindre sur le coeur de ceux qui s'y adonnent. Et que cette lettre de la CEF est un témoignage de vulgarité des évêques français. Ecrire "vos pays connaissent d'importants changements politiques et sociaux", c'est peut-être écrire dans une langue de bois très bien vue en France, dans les bureaux des ministres, les salons et les vernissages, mais c'est cracher à la figure des arabes chrétiens.

J'ai vraiment honte de mon pays et des responsables de l'église française pour avoir écrit une lettre pareille.

Comme l'Eglise est inféodée en France au régime politique, elle soutient tacitement ses projets de guerre, mais elle voudrait aussi montrer qu'elle se préoccupe des victimes... ce qui est logiquement et pratiquement impossible.

Et il y a encore une chose : en niant ainsi le mal commis par la France aux arabes chrétiens, c'est-à-dire en se rendant complice de ce mal et affirmant simultanément notre amitié pour ces mêmes arabes chrétiens, nous les mettons dans une situation de double contrainte (double bind), nous les scandalisons au sens évangélique. Nous leur disons que nous les aimons en les frappant dans le même temps : nous les détruisons spirituellement. Nous répandons notre propre corruption, nos propres contradictions, comme un corps malade et contagieux.

S'il y a avait la moindre sincérité dans ces déclarations d'amitié de la CEF, il y aurait forcément un geste pour tenter d'arrêter le bras qui s'abat sur nos "amis".

C'est pourquoi j'ai employé les mots "lâche, hypocrite, honteuse, ignoble" au sujet de cette lettre.

Je crois que ce n'est plus un problème catholique mais français, c'est le niveau de la France qui baisse, aussi bien dans son personnel politique que dans ses responsables catholiques. Il y a une médiocrité française qu'on doit maintenant prendre en compte.
Aldous a écrit :Où ai-je eu de la désinvolture pour le magistère, SVP??
Le Magistère pose lui-même les limites de son domaine propre :

"le Magistère de l'Église ne veut pas exercer un pouvoir politique ni éliminer la liberté d'opinion des catholiques sur des questions contingentes."

"Il n'appartient pas à l'Église de formuler des solutions concrètes - et encore moins des solutions uniques - pour des questions temporelles que Dieu a laissées au jugement, libre et responsable, de chacun."

"légitime liberté qu'ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui correspond le mieux aux exigences du bien commun, selon leur critère propre."

Vous l'ignorez en toute connaissance de cause, lui préférant l'erreur commise par la CEF qui, dans son communiqué de 2002, est manifestement sortie des limites posées par lui.

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 20:14
par Fée Violine
Je crois que ce n'est plus un problème catholique mais français, c'est le niveau de la France qui baisse, aussi bien dans son personnel politique que dans ses responsables catholiques. Il y a une médiocrité française qu'on doit maintenant prendre en compte.
C'est possible. Mais dans ce cas, il vaudrait mieux arrêter de critiquer les évêques, qui ont une tâche difficile pour aller à contre-courant.

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 20:37
par Sapin
Fée Violine a écrit : C'est possible. Mais dans ce cas, il vaudrait mieux arrêter de critiquer les évêques, qui ont une tâche difficile pour aller à contre-courant.
Oh! Vous savez ma chère Fée, vaut mieux les laisser continuer à critiquer nos pères-évêques car c'est un péché contre la charité que d'enlever le plaisir à des imbéciles de se croire intelligents!

Bien à vous,

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 20:48
par Fée Violine
Oh! moi, ce que j'en dis... (Mais je n'en pense pas moins).
Je viens juste de trouver une info avec un archevêque courageux (c'est pas en France):
[+] Texte masqué
Sri Lanka : Pourquoi les mères célibataires se réfugient-elles à Prem Nivasa ?

L'affaire de l'orphelinat des Soeurs de Mère Teresa oppose l'Eglise au gouvernement

ROME, mardi 13 décembre 2011 (ZENIT.org) – Pourquoi les mères célibataires viennent-elles se réfugier à Prem Nivasa, l’orphelinat des religieuses de Mère Teresa ? Cette dépêche d’Eglises d’Asie, l’agence des Missions étrangères de Paris, analyse en profondeur l’origine de ces situations dramatiques.

Samedi 10 décembre, le cardinal Ranjith, archevêque de Colombo, a annoncé que son diocèse consacrerait la journée du dimanche 11 décembre à la prière pour « les personnes égarées » ayant proféré des accusations graves contre les missionnaires de la Charité (Sœurs de Mère Teresa), ainsi que pour Sr. Eliza, supérieure d’un de leurs centres pour orphelins et mères célibataires, situé à Moratuwa, et actuellement accusée de « vente et trafic d’enfants » (1).

Sortant du silence prudent dans lequel il s’était cantonné jusqu’à présent, le cardinal avait fait une déclaration lors d’une conférence de presse le 3 décembre dans laquelle il a condamné l’arrestation et la mise en examen de Sœur Mary Eliza le 25 novembre dernier, dans une action commando des services de police et du National Child Protection Authority (NCPA), sur « simple dénonciation anonyme par téléphone (…) et sans aucune preuve ».

Fustigeant le lynchage médiatique qui avait suivi immédiatement l’arrestation de Sr. Eliza, le prélat avait pointé la responsabilité du NCPA qui « avait donné des interviews aux médias sans avoir fait aucune vérification préalable, ni au sujet de l’appel anonyme, ni de la réalité des faits concernant le travail fait par les religieuses au centre de Prem Nivasa ».

Mgr Ranjith avait rappelé le soutien unique que les religieuses apportaient aux plus vulnérables, « sans distinction de caste ni de religion », accueillant les mères célibataires, qui pour la plupart « venaient trouver refuge ici parce qu’elles avaient été violées, et avaient eu leur vie et leur dignité détruites ».

Il avait également rappelé le caractère légal de toute adoption des enfants de Prem Nivasa, en accord avec le Bureau des Affaires sociales avec lequel les religieuses collaboraient étroitement et qui avait affirmé il y a quelques jours que le centre était « parfaitement en règle ». Afin de marquer sa désapprobation, l'archevêque de Colombo avait annoncé qu’il boycotterait toutes les célébrations officielles du gouvernement sri-lankais pour les fêtes. « En conséquence nous nous abstiendrons de toute participation à tout événement organisé par l’État, officiel ou dans le cadre des fêtes de Noël, et ce, jusqu’à ce que cette affaire soit éclaircie » avait-t-il déclaré. Une initiative dans laquelle il vient d’être suivi par l’évêque d’Anuradhapura, Mgr Norbert Andradi.

Cette réaction de l’Eglise au Sri lanka, qui ne s’était pas exprimée depuis l’arrestation le 28 novembre dernier de Sr. Eliza, laquelle attend de passer au tribunal le 15 décembre, était très attendue. Le Cardinal Ranjith avait dû faire face à de nombreuses critiques, émanant de plusieurs personnalités de l’Eglise catholique dans le monde, lui reprochant « le tort considérable que son silence pouvait causer aux Sœurs de Mère Teresa, laissant libre cours aux spéculations les plus iniques dans la presse à scandale ». Lors de sa conférence de presse, le prélat avait tenu à expliquer son attitude :« Au début, j’avais décidé de ne pas m’exprimer sur l’affaire parce qu’elle était traitée en justice. Mais la critique des média étrangers, m’a conduit à clarifier la position de l’Eglise au Sri Lanka ».

Les effets du soutien affiché du cardinal à la religieuses ne se sont pas faits attendre ; jeudi 8 décembre, un porte-parole de Keheliya Rambukwella, ministre de l’information et de la communication, a présenté des excuses informelles au sujet du traitement par les médias de l’arrestation de Sr Eliza « C’est une question sérieuse et très sensible. Ces excuses présentées par le ministère sont l’expression de la position du gouvernement sur le sujet », a-t-il déclaré, ajoutant que « s’il y avait eu des erreurs dans le traitement de l’affaire, le gouvernement prendrait les mesures nécessaires pour qu’elles soient rectifiées ».

Mais le P. Benedict Joseph, porte-parole du diocèse de Colombo, a réaffirmé que l’Eglise ne pouvait se satisfaire d’un communique informel d’un ministère, et a demandé qu’une véritable déclaration officielle blanchisse totalement Sr Eliza de toutes les accusations portées contre elle. « Seul le ministre de l’enfance et de la condition féminine, Tissa Karaliyedda, s’est dit ‘ désolé’ » des conditions de l’arrestation de Sr Eliza, et de la « descente de police » brutale dans son centre, a-t-il souligné. « Mais la NCPA n’a donné aucune explication à son opération commando, ni les raisons pour lesquelles elle a exposé des victimes de viols et d’abus à la vindicte populaire ».

Certaines sources locales accusent Anoma Dissanayake, directrice de la NCPA, organisme qui dépend directement du cabinet présidentiel, d’être derrière l’affaire, afin d promouvoir les orphelinats gérés par les bouddhistes auxquels les sœurs de Mère Teresa font de l’ombre, étant préférées par les organismes internationaux d’adoption en raison de leur fiabilité et de leur sérieux. Le centre de Prem Nisasa était particulièrement réputé, alors que de récents dysfonctionnements venaient d’être pointés dans des orphelinats tenus par des bouddhistes, en particulier dans le Nord où les enfants tamouls seraient forcés à l’endoctrinement.


Aucune mention des « excuses » informelles du gouvernement n’a paru dans les journaux qui s’étaient emparés de l’affaire et avaient présentant Sr Eliza d’emblée comme coupable. Sur les blogs de discussion, leurs lecteurs continuent de discuter avec passion de la culpabilité des religieuses chrétiennes bien « connues pour vendre les enfants ».

Lors de sa dernière déclaration de samedi dernier, où il réclamait du gouvernement des excuses publiques, le cardinal Ranjith a de nouveau souligné le grave préjudice que l’attitude des médias ont causé aux Sœurs de mère Teresa : “Certains ont écrit que les enfants étaient vendus pour 700 000 roupies (environ 4 500 euros). D’autres ont affirmé qu’ils étaient cédés pour 35 000 roupies, soit 230 euros. Tout cela est faux ! Le journal cingalais Lankadeepa a publié quant à lui un article dans lequel il est dit : “ Il est surprenant de voir que seuls les enfants handicapsé sont emmenés à l’étranger”. Cela donne la fausse impression que les enfants infirmes sont emmenés à d’autres fins [que l’adoption], comme le trafic d’organes. Il y a toujours un risque de malentendu, et ici les accusations sont très sérieuses et dangereuses”.

Le déchaînement médiatique et l’emballement du système judiciaire sont pour bon nombre d’observateurs présents au Sri Lanka, au cœur du problème du dysfonctionnement de la justice dans le pays, dont l’affaire de l’orphelinat de Moratwa n’est qu’un exemple.

Un sri lankais engagé dans une association de défense des droits de l’homme, mais qui préfère garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, a voulu témoigner auprès d’Eglises d’Asie des problèmes qui selon lui, sont révélés par cette affaire : « Pour quelles raisons les mères célibataires viennent-elles se réfugier à Prem Nivasa ? Au Sri Lanka, où l’avortement est illégal, des milliers d’interruption de grossesse ont lieu chaque année dans des conditions sanitaires désastreuses. Et malgré les interventions des services du gouvernement, cela continue encore et encore. Pourquoi ? Parce que la plupart de ces femmes ont été violées par des membres de leurs familles ou des proches, et que porter plainte leur demanderait de transgresser des tabous et des préjugés très ancrés dans la société ».

Le militant des droits de l’homme poursuit : « Et même si elles avaient le courage de porter plainte, elles n’obtiendraient pas justice pour autant (2) Dans un pays où aucune sanction ne peut être obtenue, et où la justice tarde tellement qu’elle devient un déni de justice, pourquoi une victime de viol irait-elle faire une déposition à la police ? La majorité des filles qui viennent au centre des sœurs de Mère Teresa savent que la justice ne fera rien pour elles (...) Mais dans cette affaire, la presse et le gouvernement, au lieu de révéler le déni de justice dont ces jeunes filles ont été victimes, les ont stigmatisées davantage, les dépeignant comme celles qui ‘vendaient leurs bébés aux étrangers’. Quand donc la presse révélera-t-elle que des jeunes filles violées continuent d’être violées par la justice de leur pays et qu’il faut d’urgence réformer un système judicaire, qui pour le moment n’est rien d’autre que la loi de la jungle ? » …

(1) Voir dépêche EDA du 29 novembre 2011 : http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/ ... hableText=
(2) Citant des cas qu’il a eu à traiter dans le cadre de son organisation, cet informateur raconte comment trois jeunes adolescentes n’ont toujours pas obtenu justice, bien qu’elles aient porté plainte au commissariat au moment des faits. Pour l’une d’entre elles, le procès dure depuis 10 ans et n’aboutit pas. « Des dizaines de fois, elle a dû raconter son atroce expérience devant le tribunal et une foule d’inconnus ». La seconde, qui a subi un viol en réunion, est convoquée régulièrement pour identifier ses agresseurs mais renvoyée chez elle à chaque fois. Elle a abandonné sa plainte, ne pouvant plus supporter la peur et la honte. Le troisième cas est celui d’une petite fille de 10 ans violée par son père. Cette affaire avait été révélée par la mère il y a 12 ans, mais la jeune fille n’a été entendue qu’il y a deux ans, le père étant mort entre temps.

© Les dépêches d'Eglises d'Asie peuvent être reproduites, intégralement comme partiellement, à la seule condition de citer la source.

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 21:33
par Aldous
Charles a écrit :
Aldous a écrit :Où ai-je eu de la désinvolture pour le magistère, SVP??
Le Magistère pose lui-même les limites de son domaine propre :
"le Magistère de l'Église ne veut pas exercer un pouvoir politique ni éliminer la liberté d'opinion des catholiques sur des questions contingentes."
"Il n'appartient pas à l'Église de formuler des solutions concrètes - et encore moins des solutions uniques - pour des questions temporelles que Dieu a laissées au jugement, libre et responsable, de chacun."
"légitime liberté qu'ont les citoyens catholiques de choisir, parmi les opinions politiques compatibles avec la foi et la loi morale naturelle, celle qui correspond le mieux aux exigences du bien commun, selon leur critère propre."
Vous l'ignorez en toute connaissance de cause, lui préférant l'erreur commise par la CEF qui, dans son communiqué de 2002, est manifestement sortie des limites posées par lui.
Et alors en quoi tout ça vous permet de dire que je suis désinvolte vis à vis du Magistère (et que je serai soupçonnable de mépris -!- et d'irrespect vis à vis de l'Eglise)??? Expliquez-moi!

Je ne vois pas dans le communiqué de 2002 du CEF ni une volonté d'excercer un pouvoir politique, ni d'éliminer la liberté d'opinion des catholiques sur des questions contingentes, ni donner de solution concrète.
Enfin il est question dans le Magistère de ne pas entamer la liberté des citoyens de choisir parmi les opinions politiques compatibles avec la foi, je vous laisse en tirer la conclusion...

Bonus:
http://www.ceras-projet.org/index.php?id=3443

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mar. 13 déc. 2011, 22:47
par Charles
Aldous,

vous citez donc ce texte en tant que réfutation des arguments du FN, comme exemple de "démonter les arguments du FN". On va donc y trouver des arguments du FN et leurs réfutations.
En effet, dans la mesure où le Président du FN utilise souvent des références aux valeurs religieuses, il est légitime que l'on nous demande si ces références correspondent aux valeurs chrétiennes.

Sur ce point, il ne peut pas y avoir d'ambiguïté. Pour ne prendre qu'un exemple récent : la manière dont M. Jean-Marie Le Pen a repris une expression célèbre du pape Jean-Paul II : "n'ayez pas peur... Entrez dans l'espérance." est bien significative.
D'abord, votre auteur nous donne une information importante : le Président du FN utilisait souvent des références aux valeurs religieuses. Mais il semble y avoir un problème, ces valeurs religieuses sont-elles aussi chrétiennes ? Ne sont-elles pas musulmans, bouddhistes, maçonniques ou autres ? Grâce à une perspicacité remarquable, votre auteur peut répondre... Le Président du FN utilisait souvent des références aux valeurs chrétiennes.

Déjà, on pourrait se demander si cela ne constitue pas une originalité dans le paysage politique français et spécialement pour un parti dont le candidat a été capable d'aller au deuxième tour d'une élection présidentielle. Mais sans doute, cela n'a-t-il rien d'original, la plupart des responsables de grand partis politiques, UMP, PS, Centristes, Communistes, Ecologistes, utilisent-ils eux aussi souvent des références aux valeurs chrétiennes.
C'est la récupération d'une référence chrétienne à des fins partisanes.
Mais à la différence des autres responsables de grands partis politiques, qui eux sont sincères, quand le FN fait une référence chrétienne, c'est à des fins partisanes...

En vérité, les autres grands responsables politiques font tout ce qu'ils peuvent pour ne pas exprimer de références chrétiennes ni se laisser étiqueter comme "chrétiens" et encore moins comme "catholiques". Parce que dans notre société, c'est mal vu d'être catholique, c'est immédiatement être associé aux notions suivantes : "rétrograde", "psycho-rigide", "homophobe", "anti avortement", "superstitieux", "créationiste", "conservateur", "fasciste", "pédophile"...

Il n'y aurait pas d'erreur plus stratégique que d'utiliser souvent des références aux valeurs chrétiennes alors que le reste des politiciens surfe sur le gender, le divorce, l'IVG, le relativisme, etc. pour ratisser le plus large possible et recevoir les caresses des médias.

Donc, l'argument de "la récupération d'une référence chrétienne à des fins partisanes" est absurde. Si Jean-Marie Le Pen a utilisé des références chrétiennes, c'est simplement parce que le catholicisme est sa culture (et sans doute aussi sa foi) et qu'il n'en a pas honte.
Ici, je partage complètement l'analyse du cardinal Lustiger. Il s'agit bien d'un détournement de sens. Le pape invitait tous les catholiques et tous ses auditeurs à entrer dans l'Espérance et à "ouvrir toutes grandes les portes au Christ." Son message était donc universel et nous situait dans l'espérance ouverte par la Résurrection du Seigneur. On ne peut pas rabattre cette espérance dans les limites d'une campagne électorale.
Un homme politique ne pourrait donc dire "c'est un chemin de croix", "c'est un calvaire", "j'ai bu le calice jusqu'à la lie", "j'ai ressuscité", "après une traversée du désert", "je m'en lave les mains", "il ne faut pas lui jeter la pierre", "à chaque jour suffit sa peine", "il ne faut pas jeter de perles aux cochons", etc. parce que ce serait rabattre les Evangiles dans les limites d'une campagne électorale ?

Si Jean-Marie Le Pen a utilisé l'expression "n'ayez pas peur... Entrez dans l'espérance", c'est qu'il l'a entendue et s'en est souvenue, et qu'il a pensé qu'elle correspondait bien à ce qu'il essayait de faire passer à son auditoire.

Cette critique est tellement faible que votre auteur est obligé d'ajouter : "En tout cas..."
En tout cas, si on reprend les paroles du Pape, il faut aussi reprendre ce qu'il dit, par exemple, et entre autres, sur la solidarité avec le Tiers-Monde, le respect des immigrés et le refus de la torture.
Pourquoi reprendre aussi celles-là plutôt que des paroles sur la famille ou sur la société de consommation ?

Pour ce qui est du programme actuel du FN (votre texte commence à dater), où est-il écrit qu'il serait question de cesser toute solidarité avec le Tiers-Monde, de ne pas respecter les immigrés ou d'accepter la torture ? Je vais vous aider : nulle part. ET cela ne figurait pas non plus dans le programme de 2002.

Le gouvernement des Etats-Unis, a par contre, lui, légalisé la torture et le gouvernement français a resserré l'alliance avec ce pays. Le gouvernement français s'est aussi rendu complice d'actes de torture par les milices islamistes qu'il a activement soutenues, armées et appuyées en Libye. A-t-on entendu un évêque français ouvrir la bouche cette année sur ce sujet ? Sur le sort fait par nos protégés aux Africains venus défendre la Libye ?
Chacun le sait : cette récupération partisane des grandes figures du christianisme n'est pas nouvelle. On connaît la manière dont on utilise Jeanne d'Arc. Mais il ne faut pas oublier qu'une tentative analogue vis-à-vis de Clovis a échoué, à Reims, en 1996.
Votre auteur ne se demande pas pourquoi on ne "récupère" pas Saint Vladimir de Russie, Saint Patrick d'Irlande ou Saint Casimir de Pologne ? Ni pourquoi on ne récupère pas Saint Thomas d'Aquin, Sainte Thérèse de Lisieux ou Saint Jean de la Croix ? Pourquoi ne récupère-t-on que Clovis et Jeanne d'Arc ?

C'est qu'il ne s'agit pas de "récupération de partisane des grandes figures du christianisme" mais de références importantes dans l'histoire de France.

Ce sont des références chrétiennes, mais aussi historiques, politiques et culturelles. En tant que Français, cela n'a pas de sens de faire des références à Saint Patrick ou Saint Casimir comme cela en a, de la même façon que chez nous, en Irlande et en Pologne. Et en tant que Français se souvenant de son histoire politique, cela n'a pas de sens de faire référence à Sainte Thérèse ou Saint Thomas, une spirituelle et un théologien, parce qu'il n'ont pas joué de rôle politique dans l'histoire de France. Ce qu'ont fait par contre Clovis et Jeanne d'Arc. Clovis en tant que roi et Jeanne d'Arc en tant que chef militaire sauvegardant l'indépendance de la France et faisant sacrer un roi pour la France. Ce sont des références à la fois chrétiennes, historique, politiques et culturelles.

Le Front National n'est pas dans le déni de l'histoire de France, comme le sont tant d'autres mouvements politiques. Spécialement l'UMP, avec sa refonte des programmes scolaires faisant passer à la trappe des pans entiers de notre histoire qui ne seront plus enseignés aux jeunes français. Et donc, ce n'est pas qu'il ne récupère, mais qu'il n'oublie pas. Comment peut-on avoir une conscience sans mémoire et une conscience politique sans histoire ?
Dans tous ces exemples, il s'agit d'une instrumentalisation qui relève bien plutôt d'une conception néo-païenne des relations entre l'Etat et la Religion que d'une conception chrétienne.
Votre auteur est-il en train de dire qu'une conception chrétienne des rapport entre l'Etat et la Religion implique l'effacement de la mémoire historique ?

Les "exemples" sont une citation de Jean-Paul II et l'évocation par l'auteur des figures de Clovis et Jeanne d'Arc : en quoi, où donc serait ici formulée une conception des rapports entre l'Etat et la Religion ? Quelle soit chrétienne ou néo-païenne ?

Votre auteur pense-t-il que la France se confond avec l'Etat, qu'il y a une identité entre le pays et l'Etat ? Que tout ce qui existe ou a existé en France est l'Etat et manifestation de l'Etat ?

Enfin, la phrase est si mal construite qu'on n'y comprend rien.
La Foi chrétienne se doit de respecter la distinction ouverte par Jésus de Nazareth : "rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" Elle appelle aussi, et c'est le sens de la parabole du bon Samaritain, au respect non pas seulement de ceux qui nous sont naturellement proches, mais aussi de ceux qui ont besoin de notre compassion, et dont nous avons à nous rendre proches, en traversant la frontière de nos routines ou de nos préjugés.
Quel rapport avec ce qui précède et le programme du FN : aucun.
Le christianisme appelle au respect de chaque personne, quelles que soient ses origines. Il appelle en même temps à l'ouverture à tout le genre humain, car tous les hommes sont créés par Dieu. Ils sont donc appelés à se respecter mutuellement.
Même chose, rapport avec le programme du FN : aucun.
Nous ne pouvons pas idolâtrer notre groupe de naissance, ni même notre Nation, puisque chaque nation est une médiation qui doit vivre dans le respect et la solidarité au milieu des autres nations, pour le bien commun de toute l'humanité.
Où le programme du FN parle-t-il "d'idolâtrer" la nation ? Nulle part.

L'enseignement du Pape Jean Paul II : "La nation possède un « droit fondamental à l'existence »; à « garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa “souveraineté” spirituelle originelle »; à « mener sa vie suivant ses traditions propres". (Compendium de la DSE) est-il idolâtre-t-il la nation ? Non.
Pour ma part, j'ai essayé, hors de tout contexte électoral, d'appeler au discernement sur ce qui me paraît relever d'une forme de paganisme dans les discours et les écrits de certains dirigeants de l'extrême droite.
Vu la faiblesse intellectuelle assez incroyable des soi-disants arguments présentés par cet auteur, ainsi qu'on vient de le voir, sa capacité à aider au discernement n'a pas la moindre crédibilité. C'est tout le contraire, son texte est truffé d'obscurité et d'absurdités.
Même si, parfois, les mots et les expressions sont les mêmes, notre manière de lire les Evangiles, nos valeurs et nos références ne sont pas les mêmes.
Votre auteur est un évêque qui s'exprime sur un parti politique, n'a-t-il pas lu la "Note doctrinale..." :

"la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société. En soi, il ne s'agit pas de « valeurs confessionnelles ». En effet ces exigences éthiques s'enracinent dans l'être humain et appartiennent à la loi morale naturelle. Elles n'exigent pas que celui qui les défend, professe la foi chrétienne".
Nous n'avons pas la même conception, entre autres, de la solidarité, de la fraternité, de l'Etat, de la liberté religieuse, de la Nation et de l'Europe
Qui est ce "nous" ? Les socialistes, les libéraux, les évêques, les franc-maçons ? En quoi les idées politiques de ce "nous" indéfini concernent-elles les catholiques laïcs ?

A supposer que ce soit les évêques, comme on l'a vu, ils n'ont pas à se mêler de politique.

Et si votre auteur prétend qu'il y a une incompatibilité entre le programme du FN sur les questions "de la solidarité, de la fraternité, de l'Etat, de la liberté religieuse, de la Nation et de l'Europe" avec "la sauvegarde des exigences éthiques fondamentales pour le bien commun de la société", alors il faut le prouver. Car c'est le seul domaine où il a une légitimité à s'exprimer en tant qu'évêque, sur les "exigences éthiques fondamentales".

Sur tout le reste, il doit se taire, et nous laisser notre liberté de fidèles laïcs. Et s'il tient à exprimer ses convictions politiques particulières, qu'il le fasse à titre privé, sans parler en tant qu'évêque, ni au nom de l'Eglise, et sans mettre sa charge au service de tel ou tel courant politique.
Je pense donc que tout le monde m'accordera que je ne suis suspect d'aucune complaisance pour les perspectives religieuses et politiques de ce courant.
Oui d'accord, c'est bon, votre auteur est conforme et politiquement correct, il continuera à recevoir des invitations aux cocktails et aux vernissages... ce n'était donc que cela.
...
Voilà, après lecture, on n'a trouvé aucun point de programme du FN ni aucun argument appuyant un de ces points, et aucune réfutation de ces arguments absents.

Ce texte est vide de contenu, il ne s'agit d'une vague déclaration de conformité idéologique concluant par un pathétique " je ne suis suspect d'aucune complaisance..."

:clap:

Re: Discussion sur ce que pense la CEF du programme du FN

Publié : mer. 14 déc. 2011, 0:49
par Charles
"Comment avez-vous organisé les rencontres pour la famille de Madrid qui ont réunies plus d’un million de personnes ?

Nous sommes allés voir l’épiscopat espagnol. Le cardinal Rouco a été le grand promoteur de cette initiative. Nous avons réunis toutes les communautés chrétiennes d’Espagne avec le soutien des évêques afin de réaffirmer les valeurs de la famille chrétienne en Espagne.

Si le succès était au rendez-vous, pourquoi ne pas avoir proposé le même type d’initiative en France ?

Cette initiative a été proposée à l’Episcopat français il y a un an déjà. Nous voulions rassembler toutes les communautés chrétiennes autour de la défense de la famille. Cependant, les évêques français estiment que ce n’est pas le moment, ils craignent que cela soit perçu comme une manifestation politique contre le gouvernement. Nous avons donc porté l’initiative au niveau de la Conférence épiscopale mais elle a peur des répercutions politiques. Les évêques espagnols ont plus de courage que les évêques français."

http://www.perepiscopus.org/page/30

Ceci est l'exemple concret de ce que je disais plus haut en répondant à Raistlin :

"Je ne dis pas que l'Eglise est asservie au gouvernement de Sarkozy en particulier, mais qu'elle est sous l'influence de ce régime politique français qui organise une alternance de façade et poursuit de façon constante certaines politiques tout à fait importantes pour le devenir de la France. Par exemple, que ce soit Sarkozy ou un autre, ce régime tient absolument à la perpétuation de l'avortement, à celle de l'intérêt de la dette, de la corruption politique, de l'abandon de la souveraineté nationale au profit de l'échelon supranational, de l'augmentation de l'immigration, de la diffusion de la théorie du gender, etc. "

"Ils craignent que cela soit perçu comme une manifestation politique contre le gouvernement" et nous insultent quand nous montrons que nous n'avons pas les mêmes craintes... :|