S'il vous plaît, ne parlez pas en lieu et place des femmes : malgré tout le respect que je dois à mes frères "mâles", c'est nous qui portons le fruit des unions, c'est nous qui endurons les souffrances de l'accouchement, c'est nous qui devons sacrifier notre vie intellectuelle et une grande partie de notre vie sociale pour élever nos enfants (même si c'est consenti), et de plus, c'est à nous qu'on adresse toutes les remontrances
Pour apporter de l'eau au moulin de Griffon :
- Nous avons trois enfants
- L'un des mes trois fils est autiste léger (tout en sortant d'une leucémie qui a duré 3 ans)
- je dois m'occuper en partie des affaire de ma mère qui est aveugle (et je suis fille unqiue)
- une quatrième grossesse risquerait de me rendre aveugle également.
- nous n'avons plus les moyens matériels d'assurer des conditions de vie correctes à quatre enfants.
- mon troisième fils est un bébé "méthode Billings" : en gros, il est arrivé sans que nous le souhaitions, et surtout, à un moment où nous en le souhaitions pas.
- mon mari croit en Dieu mais n'est pas croyant dans le sens "catholique" du terme (il croit en un Dieu unique qui aurait créé toute chose et qui serait Amour, éventuellement en Jésus, mais la Trinité et tout le reste, ce n'est pas encore cela).
- je ne veux plus, pour les raisons indiquées ci-dessus de nouvelles grossesses. Mon mari, pour des raisons plus matérielles (le coût de la vie, la difficulté de trouver un logement plus grand -car nous vivons à 5 dans un 3 pièces), ne veut plus d'enfants.
- les méthodes naturelles nous ont valu notre petit dernier (bon, nous pensions au troisième mais pas pour tout de suite donc ce n'était pas bien grave).
Qu'avons-nous comme solutions :
- Vasectomie ou ligature des trompes. On y réfléchit, mais cela nous semble quelque peu radical et on a peur des retombées psychologiques d'un tel acte.
- pillule ou préservatifs : je prends la pillule actuellement et je souffre de devoir ingérer quelque chose de chimique tous les jours. Le préservatif, pas très glamour.
- abstinence : complètement délirant.
- méthodes naturelles : bébé surprise une première fois ; on ne peut pas se permettre un deuxième bébé surprise. Je peux expliquer que les méthodes naturelles sont "fiables" à mon époux, mais il est plus que sceptique. On craint tellement une quatrième grossesse que ça parasite tous nos échanges, ça tue toute notre spontanéité, et ça réduit notre vie sexuelle à un néant.
Alors, selon la vie que nous menons et les problèmes que nous rencontrons, oui, nous n'avons pas tellement le choix que de pécher. Entre le "péché" de ne pas utiliser des méthodes naturelles, et le fait d'avoir un quatrième enfant non désiré et que nous pourrions difficilement assumer, je choisis le péché. Tant pis.
Ce qui m'étonne tout de même, c'est que l'énergie déployée contre la contraception ou pour mettre en garde contre la sexualité (même dans le mariage), est rarement déployée contre les injustices sociales, contre le manque de charité, contre le consumérisme ambiant, contre le matérialisme. Un poids, deux mesures.
Mais on s'éloigne de notre sujet...
On peut respecter les lois de l'Eglise à la lettre par respect pour l'Eglise, et en pensant qu'Elle sait mieux que nous ce que nous devons faire, et cependant ne pas TOUT donner. Et on peut faire ce que nous pouvons, sans jamais rompre notre discussions avec Notre Seigneur, en donnant le peu que nous possédons, et en se confessant de ne pas y arriver. Quoi qu'il en soit, quels que soit nos parcours, Dieu Seul peut sonder les coeurs et connaît le coeur de chacun. Aucun ne peut se prévaloir de connaître mieux une âme que Dieu Lui-Même, et personne ne peut s'ériger juge à Sa place.
Enfin, Dieu merci, tout ceci n'empêche pas de prier et de vivre une vie, même bancale, contre le Coeur de Notre Sauveur.
Fraternellement, en Jésus et par Marie.
Cécile