Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2010-2011)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Les premiers appels

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4,12-23.
Quand Jésus apprit l'arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord du lac, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée, toi le carrefour des païens :
le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays de l'ombre et de la mort, une lumière s'est levée.
A partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche. »
Comme il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans le lac : c'étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez derrière moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Plus loin, il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans leur barque avec leur père, en train de préparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.
Jésus, parcourant toute la Galilée, enseignait dans leurs synagogues, proclamait la Bonne Nouvelle du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


L'expression "se retirer" sonne de façon un peu étonnante. Lorsqu'un homme cherche l'éloignement, le retrait, il ne choisit pas, comme le fait Jésus ici, de quitter un bourg comme Nazareth (qui devait comprendre une centaine d'habitants en tout) afin de goûter de la tranquillité à Capharnaüm (près de trois mille habitants désignée par Matthieu). Capharnaüm constituait un carrefour de caravanes venues de tout le Moyen-Orient. Et donc, lorsque Jésus se retire, c'est déjà de son milieu d'origine qu'il se retire: c'est un choix délibéré afin d'annoncer son message de manière indifférenciée aux Juifs et aux "païens". Les activités auxquelles il va s'adonner sont décrites, mais entre deux paragraphes, Matthieu rapporte l'appel des quatre premiers disciples qui, de manière surprenante (pour de nombreux lecteurs) abandonnent tout, aussitôt, afin de le suivre.

Le Père Varillon avait écrit: "C'est que lorsque Jésus demande, il donne d'abord ce qu'il demande, c'est-à-dire la grâce". En ce qui me concerne, selon ma propre expérience vécue, je dirais qu'ils se sont convertis tous les quatre rien qu'en entendant le son de la voix de l'homme qui les a appelés. Je ne saurais le prouver, bien sûr, et je ne cherche pas à prouver, mais quand j'ai vu et j'ai cru, ma première réaction est allée au-delà encore. Car j'ai dit: "Seigneur, laisse-moi donc mourir tout de suite afin que je demeure dans cette Joie que je ne voudrais jamais perdre !"
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le péché contre l'Esprit

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,22-30.
Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Ce jésus est possédé par Béelzéboul ; c'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »
Les appelant près de lui, Jésus disait en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ?
Si un royaume se divise, ce royaume ne peut pas tenir.
Si une famille se divise, cette famille ne pourra pas tenir.
Si Satan s'est dressé contre lui-même, s'il s'est divisé, il ne peut pas tenir ; c'en est fini de lui.
Mais personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, s'il ne l'a d'abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.
Amen, je vous le dis : Dieu pardonnera tout aux enfants des hommes, tous les péchés et tous les blasphèmes qu'ils auront faits.
Mais si quelqu'un blasphème contre l'Esprit Saint, il n'obtiendra jamais le pardon. Il est coupable d'un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu'ils avaient dit: « Il est possédé par un esprit impur. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Les scribes qui parlent ici, je souhaite pour eux qu'ils parlent sans y avoir réfléchi. Car dire que l'on soulage une personne du mal, de la souffrance, de la maladie, de la désespérance dont elle souffre par pure méchanceté, et prétendre encore que c'est par volonté de nuire que des hommes s'efforcent de rétablir la justice, le droit, le bien... c'est aussi se priver soi-même de tout avenir et de tout bonheur.

Il existe bien sûr une manière plus 'théologique' de dire ces choses, en voici une: "dire que l'Esprit saint n’est pas puissance de vie et de résurrection, mais qu’il est l’esprit du mal, que ses appels sont insensés, vont contre la vie et le bonheur, bref que l’Esprit « veut ma mort », et dire que la source d’eau vive est empoisonnée, c’est se condamner à mourir de soif. Si l’Esprit est nié comme puissance de vie, la source du pardon est coupée sf nul n’est pardonné contre son gré."

L'homme fort dont parle le Christ, c'est celui qui, au contraire, croit en l'Esprit d'amour et de vérité et qui veut vivre selon ses inspirations; c'est l'homme qui - en dépit de sa faiblesse, place sa foi en l'Amour.

Mais le mot qui m'a parlé le plus dans ce texte, c'est le verbe "ligoter". Ne suis-je pas souvent ligoté par mes habitudes, par mon travail, par mes horaires, par mon désir de bien-être, même par mon sens de la justice (qui peut être très égoïste) ? L'esprit des démons ressemble bien pour moi à une corde qui prendrait vie et s'insinuerait par le mouvement des serpents par chaque endroit où je le laisse pénétrer. C'est ici que la veille est importante. Une veille de chaque jour, une veille qui ne consiste pas à se tenir raide, mais dans une attitude qui combine rigueur et souplesse: il faut savoir se libérer es habitudes, il faut être attentif aux occasions, il faut déjouer les situations qui risquent de se bloquer - mais comment obtenir cette intelligences: par la prière. Demandons l'Esprit-Saint et nous n'aurons pas à implorer plus tard la délivrance qu'il apporte toujours.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Celui qui croit sera sauvé

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-18.
Jésus ressuscité dit aux onze Apôtres : « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils chasseront les esprits mauvais ; ils parleront un langage nouveau ;
ils prendront des serpents dans leurs mains, et, s'ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s'en trouveront bien. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Celui qui refusera de croire sera condamné. Cette parole n'est-elle pas terrible ? Oui, pour ceux qui refusent de croire, elle est terrible. Mais pour ceux qui ont cru, elle est évidente. Car 'quiconque cherche la vérité entend ma voix' dit encore le Christ. Or, découvrir la vérité, c'est trouver le seul salut possible pour l'homme.

Cette découverte, je puis en parler, puisque je fus comme saint Thomas: "J'ai vu et j'ai cru". Je fus aussi comme les premiers apôtres appelés: j'ai voulu tout abandonner dans l'instant - y compris ma vie (j'ai demandé à mourir "tout de suite" tant ma joie était forte). Il existe une multitude d'autres témoignages en ce sens. Par exemple, je suis en train de relire Simone Weil, la philosophe qui avait découvert que le malheur atteint tout homme et toute femme sans exception, car le malheur c'est l'impression mortelle de ne compter pour rien, d'être broyé par un mécanisme aveugle, sans attention ni égard pour l'humanité de chacun. Mais quand elle eût découvert le Christ, elle fit cette distinction: il y a la Pesanteur (le malheur) et la Grâce (le salut gratuitement obtenu de Dieu). La Pesanteur et la Grâce est un recueil de pensées de Simone Weil.

En fin de compte, si celui qui refuse de croire est condamné, c'est par choix libre et personnel. C'est le cas d'un homme ou d'une femme qui rencontrerait l'amour de sa vie, et qui dirait: 'çà ne m'intéresse pas, je préfère souffrir dans ma solitude'. Tel est le choix de ceux qui rejettent Dieu - mais on ne peut rejeter Dieu qu'après l'avoir rencontré, et donc nombre d'athées et d'agnostiques ne sont pas condamnés - ne peuvent se condamner eux-mêmes - avant d'avoir eu la révélation d'un salut possible pour l'homme.

La révélation de l'amour de Dieu peut venir et pénétrer un cœur humain d'une manière parfois complètement inattendue : il y a le cas d'André Frossard, qui se convertit au catholicisme, le 8 juillet 1935, dans la chapelle des religieuses de l’Adoration, rue d’Ulm à Paris, dans laquelle il était entré, insouciant, à la recherche d'un ami. Il y a aussi le cas d'un voisin, dans ma rue, qui est rentré dans un église pour ne pas déplaire à son épouse et qui s'est converti en entendant le prêtre déclarer: 'Un instant, il me faut tourner la page' - l'autre l'a entendu pour lui-même et a senti se tourner en lui la plus grande page de sa vie ! ... Voici donc qui est très réjouissant.
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L'envoi des soixante-douze disciples

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,1-9.
Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et localités où lui-même devait aller.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
N'emportez ni argent, ni sac, ni sandales, et ne vous attardez pas en salutations sur la route.
Dans toute maison où vous entrerez, dites d'abord : 'Paix à cette maison. '
S'il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l'on vous servira ; car le travailleur mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qu'on vous offrira.
Là, guérissez les malades, et dites aux habitants : 'Le règne de Dieu est tout proche de vous. '
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris




N'est-ce pas curieux d'envoyer des hommes deux par deux et non en groupe, avec peu de bagages et pas d'argent ? Or Jésus leur dit lui-même: je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups ! Que d'imprudence ! C'est pratiquement du vagabondage !

Aujourd'hui, je ressens plutôt qu'il s'agit d'apporter un message et que ce message s'encombrerait mal d'un grand renfort de moyens. Il ne s'agit pas de s'adresser à des foules, mais de parler dans des maisons, c'est-à-dire des foyer, c'est-à-dire de parler aux cœurs des personnes autour du foyer.

C'est une image, mais je la garde pour le renversement qu'elle contient : la bonne nouvelle de l'Évangile ne se prêche pas d'en-haut, comme les édits de César, ou les prescriptions des scribes et des chefs des prêtres, mais d'en-bas. C'est qu'on accueille beaucoup plus facilement les personnes dans lesquelles on se reconnaît. Pour la plupart, ces messagers sont des travailleurs, artisans ou cultivateurs, comme ceux qui les recevront. Ils ne manqueront pas, tout en parlant de la proximité du Royaume, de donner un coup de main aux champs ou dans l'atelier.

D'ailleurs, aussi simpliste que cela puisse paraître, le fait de prendre part gratuitement aux taches quotidiennes, c'est déjà le Royaume qui est là. Je me souviens que, dans ma quête éperdue d'une vérité qui serait "acceptable pour le cœur" - dans les années 70, j'avais cru devoir adopter des attitudes particulières, voyager loin, chercher des lieux propices, apprendre un vocabulaire différent, connaître la philosophie, tenter l'expérience du caisson d'isolation sensorielle, etc. Mais j'étais toujours déçu. Par contre, dans mes moments de repos, je rédigeais de courts poèmes, que je déchirais ensuite - et un jour, une amie me reprend et me dit : "mais ce texte est bon, pourquoi l'avoir jeté ?" Elle avait parfaitement raison en ce sens que la vérité est si proche de nous que, la plupart du temps, nous ne la voyons pas même pas ! Comme humains, notre plus grand manque, c'est l'attention aux choses du quotidien.
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Le bon usage de la lumière

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,21-25.
Jésus disait encore à ses disciples cette parabole : « Est-ce que la lampe vient pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N'est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?
Car rien n'est caché, sinon pour être manifesté ; rien n'a été gardé secret, sinon pour venir au grand jour.
Si quelqu'un a des oreilles pour entendre, qu'il entende ! »
Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous, et vous aurez encore plus.
Car celui qui a recevra encore ; mais celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a. »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Ce n'est pas pour rien que le mot entendre, qui veut dire également comprendre, revient trois fois. Et un avertissement est donné : faites attention à ce que vous entendez !

En effet, la lumière qui nous est donnée doit servir à chasser les zones d'ombres qui demeurent en nous avant d'éclairer le reste de la maison, avant de servir à autrui. Il paraît évident qu'une lampe soit placée sur un lampadaire, mais si Jésus dit : attention donc de ne pas l'oublier sous le lit, c'est bien que nous serons tentés de ne pas faire de la lumière l'usage qu'il convient !

J'en trouve ailleurs la confirmation en Matthieu qui écrit: "L’œil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !" Mais aussi Jean : "Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises."

Le danger, c'est que nous nous prenions nous-mêmes pour des porteurs de la Lumière (comme Lucifer, rien de moins !), tandis que le premier usage de la lumière est de nous éclairer tout entier. Si la Parole n'est "la lampe pour nos pas et la lumière sur notre route" - comme le dit encore le psaume, nous serons comme l'aveugle qui prétend conduire un autre aveugle - et tous deux finissent dans le fossé. Est-ce à dire que ceux qui ont reçu des grâces ne doivent les garder que pour eux-mêmes ? Non, mais il doivent d'abord être eux-mêmes consumés par la grâce avant de pouvoir éclairer quiconque.
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Ne laissons pas le Christ à l'arrière !

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4,35-41.
Toute la journée, Jésus avait parlé à la foule en paraboles. Le soir venu, il dit à ses disciples : « Passons sur l'autre rive. »
Quittant la foule, ils emmènent Jésus dans la barque, comme il était ; et d'autres barques le suivaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait d'eau.
Lui dormait sur le coussin à l'arrière. Ses compagnons le réveillent et lui crient : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il interpelle le vent avec vivacité et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi avoir peur ? Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ? » Saisis d'une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


La tempête est violente et le Christ dort ? Avez-vous déjà essayé de dormir sur un bateau qui est secoué en tous sens ? J'ai un jour occupé une cabine qui faisait la traversée d'Anvers à Glasgow et qui a supporté un "grain"... et je n'ai pas pu fermer l'œil une seconde, d'autant plus, de seconde en seconde, le prochain mouvement du bateau était complètement imprévisible: soulevé à l'avant, allait-il ensuite s'enfoncer de nouveau, ou bien rouler à bâbord entre-temps ? Impossible de savoir.

Si la barque des disciples est à ce point secouée, c'est peut-être parce que le Christ dort en eux. Parce qu'ils l'ont laissé à l'arrière sur un coussin. C'est une pensée que j'emprunte à Saint Augustin, car elle éclaire ce passage mieux que tout. En effet, une fois réveillé, Jésus va leur poser une question qui achève de me confirmer la torpeur spirituelle des disciples. "Comment se fait-il que vous n'ayez pas la foi ?" C'est en tout temps qu'il faut invoquer le Seigneur - dans les temps de bonheur comme dans les temps de malheur.

Il est clair pour moi que lorsqu'une tentation survient, si je ne suis pas en état de veille, bien qu'en apparence tout aille bien, ma chute sera comme croche-pied: j'étais distrait et vlan, je suis tombé par terre et je dois me relever. Cependant, l'âge venant, les périodes où j'abandonne ma garde sont plus rares, j'ai de plus en plus besoin de me défier de moi-même et de tout attendre de mon Maître.

C'est en partie à cause de cela que j'ai écrit l'autre jour quelques lignes par lesquelles je me demandais: "Disparaître pour être ?" et je constatais: "Il est vraiment étrange que les inspirations du moment prennent le pas sur la volonté. Mais le critère de la joie est infaillible: c'est comme si un autre pilote avait pris les commandes, à la fois plus habile et plus entraîné. En définitive, je rejoins un terrain connu, mais toujours surprenant, car il suffit que je mette mes pas dans les pas de Celui qui me précède et c'est exactement ce que dit le Psaume: "Ta Parole est lampe pour mes pas et lumière pour ma route"."

Or, berger ou navigateur, c'est toujours le même qui nous guide sûrement, pourvu que nous placions en lui notre confiance.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le démoniaque et les porcs

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,1-20.
Jésus et ses disciples arrivèrent sur l'autre rive du lac, dans le pays de Géraséniens.
Comme Jésus descendait de la barque, aussitôt un homme possédé d'un esprit mauvais sortit du cimetière à sa rencontre ;
il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l'attacher, même avec une chaîne ;
en effet on l'avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser.
Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres.
Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria de toutes ses forces :
« Que me veux-tu, Jésus, Fils du Dieu très-haut ? Je t'adjure par Dieu, ne me fais pas souffrir ! »
Jésus lui disait en effet : « Esprit mauvais, sors de cet homme ! »
Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L'homme lui répond : « Je m'appelle Légion, car nous sommes beaucoup. »
Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays.Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture.Alors, les esprits mauvais supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. »
Il le leur permit. Alors ils sortirent de l'homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils s'étouffaient dans la mer.
Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s'était passé.
Arrivés auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et devenu raisonnable, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte.
Les témoins leur racontèrent l'aventure du possédé et l'affaire des porcs.
Alors ils se mirent à supplier Jésus de partir de leur région.
Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui.Il n'y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre chez toi, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Alors cet homme s'en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l'admiration.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris




Ce démon-là s'appelle Légion car en réalité, c'est d'une multitude de démons dont était possédé cet homme.

Quand je lis cet Évangile, qui fait sourire les incroyants, je songe chaque fois aux nouvelles foires qui ouvrent l'été aux portes de ma ville: parmi celles-ci, le "Salon de l'érotisme", mais aussi le "Salon de la Voyance et des sciences occultes". Nous vivons une époque de la liberté absolue des consciences et dès lors, c'est la Loi pour tous de pouvoir goûter de tout, puisque tout se vaut.

Et donc, une de mes connaissances, Michel, qui avait été élevé par une de ses tantes et gardait une forme de nostalgie de connaître ses racines, s'est rendu à cet 'événement culturel' où il a glané quelques adresses. Tout le reste, je ne l'ai appris que plus tard : Michel est rapidement devenu familier des tables tournantes, de la magie blanche, de l'invocation par le 'ouija' des esprits des morts.

Au bout de quelques mois, il a commencé de changer systématiquement. Il se rasait régulièrement, il s'est laissé poussé la barbe; il ne buvait pas et il s'est mis au whisky; il n'avais jamais fumé, il s'est mis aux gauloises sans filtre. Marié et père de trois enfants, il les a tous quittés et s'est installé une "garçonnière"en ville afin de recevoir ses nouvelles amies.

Dans la vie, il était ingénieur, spécialiste dans l'entretien des machines destinées à l'extrusion des matières plastiques: salaire confortable, voiture de fonction, villa, etc. Il a perdu son emploi et commencé à vivre de ses économies. Divorce. La villa vendue. La voiture et tout le reste. Enfin sont venues les drogues dures. Hospitalisé au bout d'un an et demi, il a sombré dans un profond dépression, n'a plus parlé à quiconque et s'est promené dans les couloir de l'asile une Bible à la main. Enfin, il a signé une décharge et on l'a retrouvé pendu... Il a laissé un mot où il déclarait partir à la recherche d'un monde meilleur.

Tout cela s'est déroulé en l'espace de deux ans et demi. Ce fut si rapide que j'ai encore difficile de me représenter comment c'est possible en débit des documents que j'ai parcourus. D'ailleurs, c'est simple: il avait coutume de m'inviter à un souper chaque année, et chaque année, je lui rendais la pareille. Mais l'année où c'était mon tour d'inviter, c'est son épouse qui m'a écrit pour me dire que "ce ne sera pas possible cette année-ci" et je n'ai plus eu de nouvelles jusqu'à celle de son décès.

Je sais, cela paraît incroyable. Et puis, quoi, quel rapport avec les sciences occultes, cela ne prouve rien ! Pour moi, sans doute à cause de ma foi, je comprends à ma façon ce qui est arrivé à mon ami. On nous dit que Dieu n'existe pas - qu'il n'y a pas d'au-delà, et donc les démons n'existent pas non plus. C'est seulement que la science n'a pas encore percé certains mystères concernant le cerveau de l'homme.

Quoi qu'il en soit, je remercie Dieu chaque jour d'avoir toujours éprouvé une forme de méfiance à l'égard des media, de tout ce qui peut se lire, voir, et aussi goûter. Si le corps n'est pas considéré comme sacré, il peut tout aussi bien devenir un dépôt d'ordures...
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Re: Le démoniaque et les porcs

Message non lu par Mistral »

etienne lorant a écrit :Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,1-20. Si le corps n'est pas considéré comme sacré, il peut tout aussi bien devenir un dépôt d'ordures...


Très juste et très pertinent parallèle, etienne, entre ce passage des Evangiles et ce que l'homme d'aujourd'hui est susceptible de subir concrètement s'il suit aveuglément les sirènes des séductions destructrices.

Merci.
"Au lieu de craindre ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l'âme, craignez Celui qui peut précipiter dans la Géhenne corps et âme." (Matthieu 10 - 28)

"Chercher Dieu, c'est la foi, le trouver c'est l'espérance, le connaître c'est l'amour, le sentir c'est la paix, le goûter c'est la joie, le posséder c'est l'ivresse." (Marthe Robin - Si le grain de blé ne meurt)

"Ceux qui sont conduits par le Saint-Esprit ont des idées justes. Voilà pourquoi il y a tant d'ignorants qui en savent plus long que les savants." (Saint Curé d'Ars)
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Une réponse pour chacun

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5,21-43.
Jésus regagna en barque l'autre rive, et une grande foule s'assembla autour de lui. Il était au bord du lac.
Arrive un chef de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment : « Ma petite fille est à toute extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu'elle soit sauvée et qu'elle vive. »
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu'elle l'écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans... -
Elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans aucune amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré -. . .
cette femme donc, ayant appris ce qu'on disait de Jésus, vint par derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Car elle se disait : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
A l'instant, l'hémorragie s'arrêta, et elle ressentit dans son corps qu'elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu'une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondaient : « Tu vois bien la foule qui t'écrase, et tu demandes : 'Qui m'a touché ? ' »
Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait ce geste.
Alors la femme, craintive et tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Mais Jésus reprit : « Ma fille, ta foi t'a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre pour annoncer à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de la synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l'accompagner, sinon Pierre, Jacques, et Jean son frère.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l'agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L'enfant n'est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l'enfant, et ceux qui l'accompagnent. Puis il pénètre là où reposait la jeune fille.
Il saisit la main de l'enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher -elle avait douze ans. Ils en furent complètement bouleversés.
Mais Jésus leur recommanda avec insistance que personne ne le sache ; puis il leur dit de la faire manger.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Au beau milieu de la lecture de ce matin, je me suis demandé: comment se fait-il que l'Évangéliste Marc, lui d'ordinaire si bref dans son écriture, prend-il tout d'un coup la peine de rapporter dans le détail les souffrances de cette inconnue que Jésus guérit sans même l'avoir recherchée dans cette foule qui l'oppresse et qui l'écrase ? Nous apprenons en effet qu'elle avait consulté beaucoup de médecins, qu'elle y avait dépensé une fortune (on croirait entendre des plaintes encore très actuelles !) sans que son état s'améliore, tout du contraire... Après cet intermède, le récit reprend, et le Christ ressuscite la fille de Jaïre.

Cela ne m'arrive pas souvent, mais à la question que je me posais, j'ai eu la réponse dans l'instant: c'est Jésus-Eucharistie, Jésus-Hostie que Marc décrit ainsi. N'est-il pas écrasé ? Oui, écrasé par tous, mais sachant parfaitement distinguer dans la foule la femme qui a fait ce raisonnement: "« Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » De la même manière, je suis venu moi aussi à la messe ce matin, afin de trouver un réconfort. Je suis reparti avec la Joie que je n'avais pas pensé trouver et je peux dire en effet que, lorsque j'ai communié, 'une force est aussitôt sortie de lui' et qu'elle m'a rempli de force et d'appétit de vivre.

Quant à la résurrection de la jeune fille, Jésus ne veut autour de lui que ses plus proches disciples et les parents de la défunte. Cette fois, il a mis tout le monde dehors. Pour moi, c'est encore l'indication que quiconque cherche la vérité trouve le Christ, et quiconque trouve le Christ et y adhère, trouve non seulement le pardon et la guérison, mais aussi la vie éternelle.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
etienne lorant
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La mort de Jean - la voix de la conscience

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,14-29.
Comme le nom de Jésus devenait célèbre, le roi Hérode en entendit parler. On disait : « C'est Jean le Baptiste qui est ressuscité d'entre les morts, et voilà pourquoi il a le pouvoir de faire des miracles. »
Certains disaient : « C'est le prophète Élie. » D'autres disaient encore : « C'est un prophète comme ceux de jadis. »
Hérode entendait ces propos et disait : « Celui que j'ai fait décapiter, Jean, le voilà ressuscité ! »
Car c'était lui, Hérode, qui avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre.
Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l'armée et aux notables de la Galilée.
La fille d'Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi tout ce que tu veux, je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu'est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiste. »
Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla, et le décapita dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris



Hérode, dans son palais, au milieu de sa cour, n'est pas en paix. La voix qu'il a voulu faire taire le long du Jourdain, la voici qu'elle monte depuis les profondeurs des cachots de son palais. lui fait des reproches, mais pas seulement que des reproches: il lui parle avec assurance, d'une voix qui touche juste. Ainsi, d'un côté, il l'enferme et de l'autre, il le protège de la haine d'Hérodiade. Cependant, un homme qui est divisé en lui-même, c'est un homme promis à la chute.

Au-delà de l'épisode de la danse d'Hérodiade, d'un roi qui s'abandonne à ses instincts, et de ses promesses d'ivrogne, je retrouve une leçon vraiment toute simple: il n'est pratiquement pas possible d'éteindre la voix de sa propre conscience. Elle est bien là, comme Jean le Baptiste, qui crie du fond de nous-mêmes et nous incite à rejeter le mal et choisir le bien, le beau, le vrai, la vérité. On peut mener une vie débridée, dissolue, crier avec la foule que l'homme a tous les droits, qu'il est interdit d'interdire, et qu'il n'y a de justice ni sur la terre ni dans les cieux... le doute demeure, et avec le doute, les remords. Et avec les remords, il n'y a plus que deux issues: l'une vers le désespoir, la mort et la perte de la béatitude éternelle, l'autre vers le salut et la vie.

Puisse le Seigneur me donner le courage d'accepter les épreuves que je vois se multiplier partout - et dont certaines sont douloureuses et me touchent de très près, comme une épine dans le cœur. Qu'Il me donne de poursuivre jusqu'au bout dans la voie que j'ai choisie un jour de lumière, de soleil, de paix et de joie. Je veux redire aujourd'hui: "Non comme je veux, Seigneur, mais comme Toi tu veux !" Et avancer sans me retourner.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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La Barque de Pierre

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,30-34.
Après leur première mission, les Apôtres se réunissent auprès de Jésus, et lui rapportent tout ce qu'ils ont fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, les arrivants et les partants étaient si nombreux qu'on n'avait même pas le temps de manger.
Ils partirent donc dans la barque pour un endroit désert, à l'écart.
Les gens les virent s'éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
Jésus, voyant une grande foule de gens sur le bord du lac, fut saisi de pitié envers eux, parce qu'ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les instruire longuement.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Il y a ceux qui partent et ceux qui arrivent et pour la seconde fois, Marc nous indique que la pression est telle que l'on a même pas le temps de s'alimenter. Pour souffler un peu, ils repartent au large et trouver à la recherche d'un endroit où prendre du repos et de récupérer des forces, mais désormais ils sont guettés de tous côtés; et le lieu où ils songeaient débarquer est déjà encombré d'une "grande foule de gens" qui les y a précédés. Alors, Jésus, tout saisi de pitié - comme il en est toujours dans le cœur de Dieu, recommence à enseigner. Il leur parle longuement, afin que, découvrant la foi, ils y adhèrent et soient désormais guidés depuis l'intérieur d'eux-mêmes sans avoir plus besoin de courir de droite et de gauche.

Comme je me relis ce passage pour moi-même, je songe qu'il en est ainsi de l'Église, hier, aujourd'hui et demain. La barque de Pierre, lorsqu'elle tente de s'établir à un endroit ou sous la forme d'une institution seulement humaine, est vite obligée d'abandonner cette pensée et de recommencer pour la génération qui suit - un peu comme si tout est toujours à reprendre à zéro.

Et n'est- ce pas le cas ? N'existe-t-il pas existe une forte tentation de "bétonner" l'Église, de la dresser comme une citadelle, une fois pour toutes, et conçue pour défier les siècles jusque dans l'éternité ?

Combien de fois ai-je lu, chez Julien Green et d'autres, que les changements dans la liturgie, ou les ornements sacerdotaux, ou la disposition de l'autel, etc. étaient comme des signes du 'commencement de la fin' ? Je ne doute pas du tout qu'ils fussent sincères ! Mais c'est oublier que le fondement de l'Église, c'est la Pierre d'angle, laquelle - comme de fait, fut rejetée par les bâtisseurs !

Récemment, j'ai lu le témoignage d'un prêtre ayant survécu à Auschwitz. Un jour, ils se retrouvent à quatre prêtres et de nombreux catholiques dans le même baraquement - tous destinés à passer à la chambre à gaz selon leur 'catégorie'. Ils l'ont bien compris et que font-ils ? Ils organisent une messe inédite: l'autel fut une boîte d'allumettes et l'hostie de la mie de pain, divisée, écrasée et réduite en d'aussi petits morceaux qui puissent tenir sur le bout d'un doigt - afin que le plus grand nombre puisse communier. Eh bien, j'ose dire que c'est de la même façon que se perpétue l'Église au Vatican : par une Eucharistie. Et que dire de l'Église orthodoxe russe ? Comment donc a-t-elle pu survivre au communisme en Union Soviétique ? Or, elle a bel et bien survécu, elle a retrouvé son faste, ses ors, ses ornements et ses célébrations de grande tenue - et elle est même notre avenir - puisque rien n'est impossible à Dieu.


(NB. Je souhaite dire ici que je me reconnais maladroit dans l'expression de certaines idées, du fait de lacunes de terminologie. Merci pour votre compréhension !)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Bip1
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Re: Le bon usage de la lumière

Message non lu par Bip1 »

En effet, la lumière qui nous est donnée doit servir à chasser les zones d'ombres qui demeurent en nous avant d'éclairer le reste de la maison, avant de servir à autrui. Il paraît évident qu'une lampe soit placée sur un lampadaire, mais si Jésus dit : attention donc de ne pas l'oublier sous le lit, c'est bien que nous serons tentés de ne pas faire de la lumière l'usage qu'il convient !

J'en trouve ailleurs la confirmation en Matthieu qui écrit: "L’œil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état, tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, combien seront grandes ces ténèbres !" Mais aussi Jean : "Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises."

Le danger, c'est que nous nous prenions nous-mêmes pour des porteurs de la Lumière (comme Lucifer, rien de moins !), tandis que le premier usage de la lumière est de nous éclairer tout entier. Si la Parole n'est "la lampe pour nos pas et la lumière sur notre route" - comme le dit encore le psaume, nous serons comme l'aveugle qui prétend conduire un autre aveugle - et tous deux finissent dans le fossé. Est-ce à dire que ceux qui ont reçu des grâces ne doivent les garder que pour eux-mêmes ? Non, mais il doivent d'abord être eux-mêmes consumés par la grâce avant de pouvoir éclairer quiconque.
Belles paroles qui font réfléchir .

Ces yeux en mauvais état , ces yeux malades ... Je le comprends comme des yeux qui ne voient que ce qu'ils veulent voir ...Surtout pas nos défauts , surtout pas notre poutre !
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Le meilleur et le pire

Message non lu par etienne lorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,53-56.
Jésus et ses disciples, ayant traversé le lac, abordèrent à Génésareth et accostèrent. Ils sortirent de la barque, et aussitôt les gens reconnurent Jésus : ils parcoururent toute la région, et se mirent à transporter les malades sur des brancards là où l'on apprenait sa présence. Et dans tous les endroits où il était, dans les villages, les villes ou les champs, on déposait les infirmes sur les places. Ils le suppliaient de leur laisser toucher ne serait-ce que la frange de son manteau. Et tous ceux qui la touchèrent étaient sauvés.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Marc conclut que tous ceux qui touchèrent, non pas sa tunique, mais 'ne serait-ce que la frange de sa tunique' étaient sauvés. Première nuance. Par la suite, ce qui change dans ce récit - si on le mettait en parallèle avec la guérison de la femme souffrant d'hémorragie et la résurrection de la fille de Jaïre, c'est qu'ici "les gens" se sont organisés pour déposer sur son passage les malades et les infirmes de leur pays. Ici, ce sont des personnes bien portantes et qui ne sont pas touchées de très près par un cas particulier, qui montrent leur foi.

En effet, première différence, ce sont ces 'organisateurs' qui vont jusqu'à supplier Jésus de laisser les malades le toucher de quelque façon possible... Seconde différence, c'est que Marc parle ici du salut comme englobant la guérison; il ne s'agit pas seulement d'une guérison d'un côté et d'une résurrection de l'autre. Mais tous obtiennent le salut.

Le récit nous transporte donc plus loin que les évidences premières. Il met en valeur des inconnus qui ne sont pas forcément des croyants, mais qui, connaissant le pouvoir attribué à Jésus, ont eu pitié d'autres qu'eux-mêmes. Or, en allant plus loin encore, ces 'intercesseurs' ont eux-mêmes acquis leur salut à cause de la compassion qui les a poussés à agir.

Selon moi, il existe donc des phénomènes d'entraînement et d'enchaînement de bienfaits de l'amour divin et de la charité, qui apparaissent pour contrecarrer ce que les hommes ont lié par leur pouvoir strictement humain et leurs appétits. D'ailleurs, il me semble que nous vivons de nouveau une de ces époques de l'histoire qui vont faire se rencontrer de nouveau et révéler le pire et le meilleur de ce qui est dans l'homme. Mais peut-être en est-il ainsi de chaque génération ? Ou peut-être, au contraire, allons-nous vers un sommet de cette lutte entre souffles de foi et d'amour et capacités d'écrasements et de malheurs ?
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Re: Guérison d'un paralytique

Message non lu par mike.adoo »

J'ai bien fait de feuilleter le site ...et c'est avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu le commentaire d'Etienne .

Ce miracle fait partie des miracles atypiques où le malade ne demande rien .
La place du non-dit est importante : Ce malade pouvait-il parler malgré son handicap ?
L'initiative de le présenter à Jésus , venait-elle du malade ou bien de ses compagnons ?
Quelle sorte de péchés peut commettre un paralytique ? Maudire Dieu de son sort ?
Autant de questions , autant de thèmes de réflexion .

Ce qui est intéressant , c'est de voir comment un souvenir relativement anodin peut donner vie à un texte . Ainsi , le vieil homme est mort et un nouvel homme s'est levé .

Je ne sais pas si les pharisiens l'ont entendu de cette oreille ... mais ils ont raté tellement de coches !

Merci Etienne Lorant
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mike.adoo
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Re: Prétextes pour ne rien entendre

Message non lu par mike.adoo »

Bonjour Etienne Lorant et joyeux Noël ! ( Je me réfère à la date d'envoi de votre message ) :D

Vous avez écrit ...d'excellentes choses , mais je m'attarderai sur une phrase : je vois tout le temps perdu durant lequel j'ai tergiversé...

Au risque de passer pour un cuistre , ( un cuistre amical ) , je vous dirais que je ne suis pas d'accord ! :non: Non ! Je ne crois pas que vous ayez perdu du temps . Il y a un temps pour tout . Un fruit , pour mûrir , demande un certain temps . D'ailleurs , sauriez vous dire où en êtes vous de votre cheminement ? La vitesse de votre progression se mesure-t-elle en Km/h , en miles , en noeuds ?
Et vous avez tergiversé ? La belle affaire ! N'est-il pas normal d'hésiter ? Ne faut-il pas , (c'est Jésus qui le dit ) s'asseoir et réfléchir avant que de bâtir une tour ?

Et ce type qui est devant moi ( mais alors loin devant moi ) et qui marche (vite) d'un pas décidé , non! désolé ! je n'arrive pas à savoir qui c'est ... mais c'est peut-être vous ! :oui:
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