etienne lorant a écrit : Je me demande ce que vous faîtes des premiers chrétiens (1er siècle au moins) à l'époque où la dévotion à Marie n'était pas encore institutée. Tout de même, ces chrétiens-là, il en est beaucoup qui ont fini dans le Cirque de Rome. Mais vous allez nous dire que leur martyre ne valait rien... sans doute étaient-ils protestants ?
Vos déformations sont vraiment sans mesure!
L'union du Fils de Dieu à une femme, Marie (Ga 4,4) : fondement du culte marial
«Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d'une femme, né sous la Loi... » (Ga 4, 4)
Le culte marial se fonde sur la décision divine admirable de lier pour toujours, comme le rappelle l'apôtre Paul, l'identité humaine du Fils de Dieu à une femme, Marie de Nazareth. Le mystère de la maternité divine et de la coopération de Sainte Marie à l'œuvre rédemptrice suscite chez les croyants de toute époque une attitude de louange envers le Sauveur et envers Celle qui l'a engendré dans le temps, coopérant ainsi à la rédemption.
Sur le Calvaire, Jésus, à travers les paroles : « Voici ton fils », «Voici ta mère » (Jn 19, 26-27), donnait déjà à Notre-Dame de façon anticipée à tous ceux qui devaient recevoir la bonne nouvelle du salut et posait ainsi les prémisses de leur affection filiale pour Elle. En suivant Jean, les chrétiens devaient prolonger à travers le culte l'amour du Christ pour sa mère, en l'accueillant dans leur vie.
L'Evangile atteste la présence du culte mariai depuis les débuts de l'Eglise.
Les deux premiers chapitres de l'Evangile de saint Luc semblent recueillir l'attention particulière pour la Mère de Jésus des judéo-chrétiens qui manifestaient leur dévotion pour elle et en conservaient jalousement la mémoire.
En outre, dans les récits de l'enfance, nous pouvons saisir les expressions initiales et les motivations du culte marial résumées dans les exclamations d'Elisabeth :
«Bénie es-tu entre les femmes... Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement de ce qui lui a été dit de la part du Seigneur! » (Lc 1, 42.45).
Des traces d'une vénération déjà diffuse dans la première communauté chrétienne sont présentes dans le chant du Magnificat:
« Toutes les générations me diront bienheureuse» (Lc 1, 48). En plaçant sur les lèvres de Marie une telle expression, les chrétiens lui reconnaissaient une grandeur unique, qui devait être proclamée jusqu'à la fin du monde. Est-ce que les premiers sont exclus de ces générations!?
En outre, les témoignages évangéliques (cf. Le 1, 34-35; Mt 1, 23 et Jn 1,13), les premières formules de foi et un passage de saint Ignace d'Antioche ( +107) (cf. Smirn. 1, 2: SC 10, 155) attestent l'admiration particulière des premières communautés pour la virginité de Marie, étroitement liée au mystère de l'Incarnation.
Les Pères apostoliques ont une importance unique dans la Tradition vivante et perpétuelle de l'Église. Ce sont les témoins les plus qualifiés de la seconde génération chrétienne, la charnière vivante qui relie les temps du Nouveau Testament, le temps des Apôtres, aux générations suivantes.
Ignace est le premier de tous les Pères qui ait parlé de Marie avec des phrases simples, brèves, énergiques, riches de contenus doctrinaux. Avec lui, nous apprenons pourquoi l'Église ne doit jamais perdre de vue Marie comme vierge et comme mère.
En tenant compte de l'idée qu'il a de l'évêque, lui-même est évêque du siège très important d'Antioche, s'il écrit de la Vierge ce qu'il a écrit, il l'a fait avec la conviction de nous dire la vérité, et de nous dire ce qu'il a reçu des Apôtres et qui prend ses racines en Jésus, bouche véridique du Père(Cf A. M. CECCHIN, Maria nell'«Economia di Dio» secondo Ignazio di Antiochia in Marianum, 14 (1952) 381-382)
L'Evangile de Jean, en signalant la présence de Marie au début et à la fin de la vie publique de son Fils, laisse supposer qu'il existait chez les premiers chrétiens une profonde conscience du rôle joué par Marie dans l'œuvre de la Rédemption dans une totale dépendance à l'amour du Christ.
Les Noces de Cana montrent déjà l'intercession de la Vierge auprès de son Divin Fils. Et que dire de l'Archange Gabriel qui s'incline devant sa Souveraine, vous avez raison Étienne , la dévotion à la Vierge Marie n'a pas sa source chez les premiers chrétiens , mais, dans le Ciel chez les Archanges !
L'iconographie et la doctrine des Pères de l'Eglise, dès le deuxième siècle
A Rome, dans la catacombe de Priscille. il est possible d'admirer la première représentation de la Madone à l'Enfant, tandis que dans le même temps, saint Justin et saint Irénée( 130) parlent de Marie comme de la nouvelle Eve, qui à travers la foi et l'obéissance, rachète l'incrédulité et la désobéissance de la première femme. Selon l'Evêque de Lyon, il ne suffisait pas qu'Adam soit racheté dans le Christ, mais «il était juste et nécessaire qu'Eve fût restaurée dans Marie» (Dem., 33). Il souligne de cette façon l'importance de la femme dans l'œuvre de salut et pose un fondement à cette indissociabilité du culte mariai et de celui attribué Jésus, qui traversera les siècles chrétiens.
Le culte marial s'exprime initialement dans l'invocation de Marie "Théotokos", titre qui reçut une confirmation autorisée après la crise nestorienne par le Concile d'Ephèse qui se déroula en l'an 431. La même réaction populaire à la position ambiguë et vacillante de Nestor qui alla jusqu'à nier la maternité divine de Marie, ainsi que l'accueil joyeux qui suivit les décisions du Synode d'Ephèse confirment l'enracinement du culte de la Vierge parmi les chrétiens.
« Jésus-Christ, Le Fils unique de Dieu, vrai Dieu né du vrai Dieu, par l'Esprit Saint a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme » est proclamé par le symbole de foi énoncé par le concile de Constantinople, en 381. Naturellement, le peuple chrétien a pris l'habitude de donner à Marie le titre de Mère de Dieu.
Ce titre donne lieu à une polémique entre le théologien Nestorius, patriarche de Constantinople, qui souligne la distinction entre la divinité et l'humanité en Jésus, il part en guerre contre ce qui lui apparaît comme une nouvelle hérésie : « Je refuse de voir un Dieu formé dans le sein d'une femme ! » Pour lui, Marie est la mère de l'homme Jésus, non du Verbe éternel.
Ses attaques contre le titre de Mère de Dieu se heurtent à Cyrille, évêque d'Alexandrie, grand défenseur de l'unité du Christ Dieu et homme. Ce qui est en jeu, ce n'est pas le statut de Marie, mais la réalité de l'Incarnation : Jésus fils de Marie est-il vraiment Dieu ? Si oui, sa mère peut véritablement être dite Mère de Dieu.
Cyrille se dépense sans compter, écrit aux moines d'Égypte, aux évêques, au pape de Rome, à Nestorius lui-même. Après bien des péripéties, un concile œcuménique se tient en 431 à Éphèse, ville mariale par excellence : c'est là que Marie aurait résidé avec Jean après la Pentecôte. Cent cinquante évêques d'Orient et d'Occident y consacrent la reconnaissance par l'Église de la maternité divine de Marie.
La piété populaire a tout de suite fait sienne cette affirmation des théologiens : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous » (rite latin). « Toi véritablement Mère de Dieu, nous te magnifions » (rite byzantin).
Ajoutez à cela la dévotion des premiers chrétiens au Tombeau de la Vierge et le tableau, (non exhaustif ) est suffisant .
Je ne comprendrai jamais des enfants qui tentent d'enlever à leur Mère , la gloire, les pouvoirs et les préogatives que le Père Éternel lui a accordés.
Triste siècle que le nôtre !