Re: La théorie du genre
Publié : jeu. 04 juin 2015, 21:47
Cher PaxetBonum,
Il faut beaucoup de patience pour vous lire.
Vous m'accusez de dénier la réalité de "la théorie du genre". Je ne nie rien : c'est juste que l'objet que vous définissez ainsi, et qui existe bel et bien, ne s'appelle pas comme ça. On dit "les théories queer", ou "constructivistes", etc. Point barre.
Et pour vous montrer qu'il ne faut pas tout mettre dans le même panier, qu'il y a bien une différence entre "théorie" et "études" de genre, je vous ferai imaginer ceci : un clerc, ou un intellectuel catholique (Tony Anatrella par exemple), qui vise à démontrer l'hypothèse d'une différence fondamentale entre les sexes, est clairement quelqu'un qui n'est pas dans ce que vous appelez "la théorie du genre". Mais il fait bel et bien des "études de genre", ne serait-ce que parce qu'il faut comprendre les outils dont on se sert ; il les oriente dans un sens particulier (il peut même en contester la validité intrinsèque, ce que fait Anatrella d'ailleurs) mais il est objectivement intégré dans cette sphère intellectuelle. Saisissez-vous la nuance ? Si vous ne le faites pas, je ne peux rien pour vous.
Vous parlez d'évidences. Mais pour un Somalien, c'est l'évidence même que la nature de la femme doit amener à l'exciser. En quoi son "évidence" serait moins forte que la nôtre ? La démarche de l'intellectuel consiste justement à refuser de suivre aveuglément et sans raison ce qui paraît être évident - non pour le nier dans l'absolu, mais pour le vérifier, le confirmer ou l'infirmer. C'est assez agaçant de lire quelqu'un qui refuse même l'idée qu'on réfléchisse. Vous parlez de génome et d'anatomie, mais alors en quoi cela expliquerait cette histoire d'arc et de panier ? C'est marqué dans les gènes, ça ? Pas sûr. Alors comment se fait-il que l'habitude dans nos sociétés assigne le rose aux filles, et le bleu aux garçons ? Il y a là des sujets d'étude intéressants qui permettent de comprendre le fonctionnement d'une société ; genre ou non, d'ailleurs, ce qui compte c'est l'intérêt intellectuel. Dans mon domaine : pourquoi Aristote a-t-il séparé le féminin et le masculin sur des critères métaphysiques objectivement faux, et complètement délirants ? Il y a là un domaine de recherche (qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un Ancien intelligent pour dire de telles idioties ?) qui amène à mieux comprendre une société dans son histoire.
Bien sûr vous avez le droit de vous dire que ces recherches sont vaines, que cela consiste à couper les cheveux en quatre, etc. Objectivement, quand on connaît certains universitaires - et pas que dans ce domaine-là - ce n'est pas toujours faux. Mais personne n'a le droit de décréter - sans rien y connaître, en plus ! - que des recherches sont inutiles. Et la connaissance en elle-même est toujours un bien désirable. Vous confirmez tous les préjugés des bouffeurs de curés à notre sujet, lorsqu'ils nous reprochent d'être obtus et ignorants ! Vous dites "kif-kif" et refusez la discussion, mais qu'est-ce que vous y connaissez ?
Et d'ailleurs, rien n'interdit de penser que, à terme, ces études de genre auront peut-être validé l'enseignement de l'Eglise à ce sujet. Vous direz quoi alors ?
Amicalement,
MB
PS. J'ai appris, concernant les programmes prêtés à l'Education nationale, qu'il faut toujours vérifier les sources. Je vous prie donc de donner ici les liens qui permettent de savoir ce qui est effectivement au programme des têtes blondes. Pas un "document pédagogique" facultatif, mais les programmes et leur contenu précis, et la preuve que c'est ce qui est enseigné obligatoirement partout. Renseignez-moi ! Je sais où aller chercher, mais je vous laisse faire le travail...
Et promis, si les textes officiels vont nécessairement dans le sens que vous dénoncez, je devrai me rendre à l'évidence.
Il faut beaucoup de patience pour vous lire.
Vous m'accusez de dénier la réalité de "la théorie du genre". Je ne nie rien : c'est juste que l'objet que vous définissez ainsi, et qui existe bel et bien, ne s'appelle pas comme ça. On dit "les théories queer", ou "constructivistes", etc. Point barre.
Et pour vous montrer qu'il ne faut pas tout mettre dans le même panier, qu'il y a bien une différence entre "théorie" et "études" de genre, je vous ferai imaginer ceci : un clerc, ou un intellectuel catholique (Tony Anatrella par exemple), qui vise à démontrer l'hypothèse d'une différence fondamentale entre les sexes, est clairement quelqu'un qui n'est pas dans ce que vous appelez "la théorie du genre". Mais il fait bel et bien des "études de genre", ne serait-ce que parce qu'il faut comprendre les outils dont on se sert ; il les oriente dans un sens particulier (il peut même en contester la validité intrinsèque, ce que fait Anatrella d'ailleurs) mais il est objectivement intégré dans cette sphère intellectuelle. Saisissez-vous la nuance ? Si vous ne le faites pas, je ne peux rien pour vous.
Vous parlez d'évidences. Mais pour un Somalien, c'est l'évidence même que la nature de la femme doit amener à l'exciser. En quoi son "évidence" serait moins forte que la nôtre ? La démarche de l'intellectuel consiste justement à refuser de suivre aveuglément et sans raison ce qui paraît être évident - non pour le nier dans l'absolu, mais pour le vérifier, le confirmer ou l'infirmer. C'est assez agaçant de lire quelqu'un qui refuse même l'idée qu'on réfléchisse. Vous parlez de génome et d'anatomie, mais alors en quoi cela expliquerait cette histoire d'arc et de panier ? C'est marqué dans les gènes, ça ? Pas sûr. Alors comment se fait-il que l'habitude dans nos sociétés assigne le rose aux filles, et le bleu aux garçons ? Il y a là des sujets d'étude intéressants qui permettent de comprendre le fonctionnement d'une société ; genre ou non, d'ailleurs, ce qui compte c'est l'intérêt intellectuel. Dans mon domaine : pourquoi Aristote a-t-il séparé le féminin et le masculin sur des critères métaphysiques objectivement faux, et complètement délirants ? Il y a là un domaine de recherche (qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un Ancien intelligent pour dire de telles idioties ?) qui amène à mieux comprendre une société dans son histoire.
Bien sûr vous avez le droit de vous dire que ces recherches sont vaines, que cela consiste à couper les cheveux en quatre, etc. Objectivement, quand on connaît certains universitaires - et pas que dans ce domaine-là - ce n'est pas toujours faux. Mais personne n'a le droit de décréter - sans rien y connaître, en plus ! - que des recherches sont inutiles. Et la connaissance en elle-même est toujours un bien désirable. Vous confirmez tous les préjugés des bouffeurs de curés à notre sujet, lorsqu'ils nous reprochent d'être obtus et ignorants ! Vous dites "kif-kif" et refusez la discussion, mais qu'est-ce que vous y connaissez ?
Et d'ailleurs, rien n'interdit de penser que, à terme, ces études de genre auront peut-être validé l'enseignement de l'Eglise à ce sujet. Vous direz quoi alors ?
Amicalement,
MB
PS. J'ai appris, concernant les programmes prêtés à l'Education nationale, qu'il faut toujours vérifier les sources. Je vous prie donc de donner ici les liens qui permettent de savoir ce qui est effectivement au programme des têtes blondes. Pas un "document pédagogique" facultatif, mais les programmes et leur contenu précis, et la preuve que c'est ce qui est enseigné obligatoirement partout. Renseignez-moi ! Je sais où aller chercher, mais je vous laisse faire le travail...