Bonsoir Adissus,
Je comprends ce que vous avez vécu, mais cela ne me convainc pas !
Pourquoi ?
Eh bien j'ai passé par le même chemin, sauf qu'en aucun cas et d'aucune façon je voulais joindre les rangs de la FSSPX, la raison est bien simple : fidélité et obéissance à Rome étaient pour moi beaucoup plus fortes que des considérations personnelles et mes sensibilités.
Mais j'ai toujours exposé à l'intérieur de l'Église mes idées et convictions.
Lorsque j'étais au grand séminaire, j'étais ridiculisé parce que j'aimais et encourageais le latin à la messe, dans les chants, au séminaire.
J'étais ridiculisé parce que j'aimais le port de la soutane et des beaux ornements pour la messe avec les dalmatiques et les tuniques, au lieu de ces machins trucs aujourd'hui où l'on porte l'étole par-dessus la chasuble.
On se moquait de moi parce que je demandais d'habiller le calice d'un voile et d'insérer le corporal dans la bourse.
J'étais objet de railleries parce que je disais que la réforme liturgique a fait une erreur en supprimant l'octave de la Pentecôte et d'avoir supprimé les Quatre-Temps.
On me pointait du doigt parce que j'aimais la messe de S. Pie V (tout comme celle de Paul VI, d'ailleurs).
On me disait très souvent que je n'avais pas les deux pieds sur terre, que c'était l'Église du passé, et toute sorte de balivernes de la sorte.
Malgré tout cela, je n'ai jamais remis en question mes idées, pas parce que la FSSPX existait et que je pouvait trouver, jusqu'à un certain point, des gens qui pensent comme moi, mais simplement qu'à l'intérieur même de l'Église, dans le respect, l'obéissance à l'autorité romaine, je trouvais des séminaristes, des prêtres et des laïcs qui pensaient comme moi et qui voulaient, eux aussi, rester fidèles malgré tout.
ADISSUS a écrit :
Vous savez que l'obéissance est une vertu chez les tradis, et ce que nous coûte cette "désobéissance" au Pape,
vous avez vécu cette course contre la mort de Monseigneur LEFEBVRE, sans évêque, plus de tradition.
Sans ces sacres, pas de motu-proprio, pas de réflexion de l'Église sur les abus ou sur Vatican II.
Sans FSSPX, que serait devenue la messe de St Pie V ?
Les derniers prêtres seraient morts, avec eux la tradition.
Benoit XVI aurait il été élu ?
Les 20 prochaines années nous donneront des réponses.
Alors avec tout ce que je viens d'écrire, je ne crois pas que nous parlons de la même obéissance, ou bien vous êtes rendu à un niveau beaucoup plus supérieur à moi et que je suis un parfait imbécile. Ce n'est certes pas la FSSPX qui a influencé le pape à promulguer le Motu Proprio, ni ces sacres d'évêques illicites et invalides, ni leur attachement au missel de Pie V.
D'ailleurs si vous lisez l'itinéraire de la vie de Benoît XVI, bien avant qu'il soit préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, il avait déjà déclaré qu'il ne comprenait pas pourquoi il était interdit de célébrer la messe avec le missel de S. Pie V, c'est donc bien avant les déboires avec Mgr Lefebvre et la FSSPX.
Tout ce que Benoît XVI a fait pour mettre en valeur les formes traditionnelles dans l'Église tire son influence non pas de la FSSPX, mais plutôt avec tous ceux qui comme le pape y croyaient d'avance et ont voulu non pas se retirer et désobéir mais plutôt rester fidèles dans l'obéissance, sachant que tôt ou tard, Dieu nous donnera raison.
De plus Benoît XVI, malgré l'entêtement farouche de Mgr Lefebvre, son non respect de la parole donnée à des engagements ni ses signatures apposées, s'est toujours occupé du dossier et n'a jamais jeté l'éponge.
La raison est bien simple et les biographes sont unanimes là dessus: Le cardinal Ratzinger voyait bien que les objections de Mgr Lefebvre étaient dépourvues de base et d'argumentations théologiques solides tout simplement. Les objections de la FSSPX et de Mgr Lefebvre étaient de beaucoup teintées de sensibilités, de préjugés non fondés, de sentimentalismes et surtout beaucoup d'émotivité.
Il restait à trouver pour le cardinal Ratzinger le moyen d'aller chercher les éléments capables de discernement et qui veulent rester fidèles en tout point de vue à Rome et au pape. Ainsi la création des communautés Ecclesia Dei et le Motu Proprio, en plus ceci remettait les barres sur les T et les points sur les I à tous ceux qui depuis la clôture du Concile, ont voulu l'interpréter à tort et à travers. C'est pourquoi Benoît XVI a remis les pendules à l'heure concernant la messe dite de S. Pie V.
Et voilà à mon sens les vraies raisons qui ont poussé plutôt Benoît XVI à agir. Ce qui donne ainsi de moins en moins d'arguments convaincants à la FSSPX pour contester les décisions romaines. Mgr Felley l'a bien compris, car avec Benoît XVI, il joue dans les ligues Majeures de la théologie, et qu'il n'y a plus, sauf Dieu, quelqu'un de plus haut dans la hiérarchie catholique. Il doit donc avoir des arguments solides pour contester Rome et Vatican II plutôt que se limiter uniquement à des présupposés historiques. De là, la lettre de contrition déposée à Rome et où le Saint Père, dans sa paternelle bonté, continue le dialogue vers une pleine communion dans le respect et l'obéissance sans condition du Magistère et du pape.
ADISSUS a écrit :Il y a pour moi un antagonisme entre le Christ Roi et la liberté religieuse de Vatican 2. Comment arrivez-vous à les concilier ?
Voici ce que Benoît XVI a dit à ce sujet sur le fondement de la liberté religieuse. Publication du texte intégral de son allocution prononcée lors de l'Angélus du 4 décembre 2005 à Rome:
(source: vatican.va)
Sa Sainteté Benoît XVI a écrit :Chers frères et soeurs,
En ce temps de l’Avent, la communauté ecclésiale est invitée - alors qu’elle se prépare à célébrer le grand mystère de l’Incarnation - , à redécouvrir et approfondir sa relation personnelle avec Dieu. Le mot latin adventus se réfère à la venue du Christ, et met au premier plan le mouvement de Dieu vers l’humanité, auquel chacun est appelé à répondre par l’ouverture, l’attente, la recherche, l’adhésion. Et, de même que Dieu est souverainement libre dans le fait de se révéler et de se donner, n’étant mû que par l’amour, de même la personne humaine est libre dans le fait de donner son assentiment, même s’il s’agit d’un devoir : Dieu attend une réponse d’amour. En ces jours, la liturgie nous présente comme modèle parfait de cette réponse, la Vierge Marie, que nous contemplerons le 8 décembre prochain dans le mystère de l’Immaculée Conception.
La Vierge est Celle qui demeure à l’écoute, toujours prêtre à accomplir la volonté du Seigneur ; elle est un exemple pour le croyant qui vit dans la recherche de Dieu. Le Concile Vatican II a consacré une réflexion attentive à ce thème, de même qu’au rapport entre vérité et liberté. Les Pères conciliaires ont approuvé, en particulier, il y a quarante ans précisément, une Déclaration concernant la liberté religieuse, c’est-à-dire le droit des personnes et des communautés à pouvoir rechercher la vérité et professer librement leur foi. Les premiers mots, qui donnent le titre à ce Document sont dignitatis humanae : la liberté religieuse découle de la dignité singulière de l’homme qui, parmi toutes les créatures de cette terre, est la seule en mesure d’établir une relation libre et consciente avec son Créateur. « En vertu de leur dignité - dit le Concile - tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libre... sont pressés par leur nature même et tenus par obligation morale à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion » (DH, 2). Vatican II réaffirme ainsi la doctrine traditionnelle catholique selon laquelle l’homme, en tant que créature spirituelle, peut connaître la vérité, et a donc le devoir et le droit de la chercher (cf. ibid. 3). Une fois ce fondement posé, le Concile insiste largement sur la liberté religieuse, qui doit être garantie aussi bien aux personnes individuelles qu’aux communautés, dans le respect des exigences légitimes de l’ordre public. Et cet enseignement du Concile, après quarante ans, reste encore d’une grande actualité. La liberté religieuse est en effet bien loin d’être partout vraiment respectée : dans certains cas celle-ci est niée pour des raisons religieuses ou idéologiques ; dans d’autres, tout en étant reconnue par écrit, elle est entravée dans les faits par le pouvoir politique ou, de manière plus insidieuse, par la prédominance culturelle de l’agnosticisme et du relativisme.
Prions afin que chaque homme puisse réaliser pleinement la vocation religieuse qu’il porte inscrite en son être. Que Marie nous aide à reconnaître sur le visage de l’Enfant de Bethléem, conçu dans son sein virginal, le divin Rédempteur venu dans le monde pour nous révéler le vrai visage de Dieu.
Donc, pouvez-vous m'expliquer en quoi ce texte où le pape expose et explique la liberté religieuse à partir de Dignitatis Humanae est en contradiction avec le Christ-Roi?
ADISSUS a écrit :Et l'oecumenisme actuel qui met toutes les religions au même niveau ? Comment faites vous ?
Je crois qu'il n'existe qu'une seule vraie religion : la religion catholique. Les autres étant fausses.
Avez-vous lu Benoît XVI sur ce point????
ADISSUS a écrit :Benoit XVI aurait il été élu ?
Bien sûr que oui, puisque ce choix vient de Dieu, pas de la FSSPX.
In Xto