La Présence réelle

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Théodore
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Re: La présence réelle

Message non lu par Théodore »

gerardh a écrit :Tous les bienfaits que vous estimés apportés par les sacrements, et bien d’autres encore, je les possède abondamment et libéralement sans les sacrements.

Mais puisque vous estimez que les sacrements vous sont nécessaires, demeurez dans la mesure de foi que vous avez reçue.
Il n'est aucun bienfait que la Foi nous donne, que les sacrements, reçue avec cette foi, ne puissent nous fournir. Et ils nous en fournissent bien plus encore que ce que nous pourrions saisir simplement par la Foi et la Charité ; et ils nous les fournissent dans des libéralités extrêmes. La perspective véritable est inversée, Gerardh ; sans les sacrements, il manque quelque chose.
Vous savez, je peux témoigner ; je me suis privé durant de nombreuses années du Sacrement, malgré une foi fervente et sincère, et je commence à peine à les découvrir - c'est l'affaire d'une vie. Je peux témoigner que j'étais de votre opinion ; je croyais qu'il était chose extrêmement étrange que de croire que de tels bienfaits nous soient communiqués par des choses "bassement matérielles" comme du pain et du vin.
Je peux également témoigner que j'ai rapidement abandonné cette opinion quand j'ai cru en leur puissance, et que j'ai commencé, ainsi, à l'expérimenter. Je peux témoigner qu'on sent la différence :)
Il est des choses que la simple Foi et la simple Charité ne peuvent accomplir. L'union charnelle au Corps du Christ, par exemple, et pour revenir à ce que Cyrille d'Alexandrie développe, et qui est reçu par tout l'Église comme pieux et conforme à la foi catholique reçue des apôtres ;)

Ainsi, gerardh, je peux vous le dire : sans les sacrements, il manque un aspect de la nourriture spirituelle dont le Seigneur veut que nous soyons nourri.
Car, après tout, notre intérêt personnel supposé ne vaut rien face à son commandement ; ne laissons pas notre esprit rebelle dicter à Sa place ce qui est bon pour nous.
Ce que je veux dire, c'est que le Canon a été fixé dès l'Église primitive (Irénée nous montre qu'il est déjà constitué, dans sa majeure partie, au IIème siècle, même si quelques désaccords demeureront jusqu'au VIe siècle). Et c'est cette même Église, inspirée par l'Esprit, qui a fixé le Canon. Sommes-nous d'accord ?
Oui sachant que l’Eglise, surtout à ces époques, c’est la communauté des chrétiens, tous fidèles confondus, et non une institution. Au quatrième siècle, le clergé a fixé le canon des Ecritures. C’est une bonne chose qu’en cela il n’ait pas dévié. Mais il n’aurait pas eu besoin de le faire car cette liste de textes qui constitue le NT avait depuis longtemps été reconnu par les fidèles et déterminé par le Saint Esprit.
Au contraire ! L'Église est déjà conçue, à cette époque, comme une institution visible, défendant la foi reçue des apôtres contre l'hérésie et le schisme, et marquée par l'enseignements unanimes des pasteurs disséminés sur toute la terre, ainsi qu'Irénée et, aux alentours de l'an 100, les épîtres d'Ignace d'Antioche et Polycarpe nous font savoir ; toutes parlent, ou d'adressent, aux "membres de l'Église catholique", c'est-à-dire universelle, parlent de son gouvernement (sous l'autorité d'un évêque et du presbyterium, collège des presbytres) en-dehors duquel rien de valable ne se fait (cf Ignace d'Antioche et Clément de Rome). L'Église est, déjà à cette époque presque apostolique, perçue comme bien plus que la simple "communauté de ceux qui croient en Christ".
Quand il fallait faire le tri entre les écrits hérétiques, les écrits non-canoniques et les écrits canoniques, on n'a pas procédé par l'"inspiration du Saint-Esprit" ; si je comprend bien, d'après vous, le Saint-Esprit aurait dicté, sans tenir compte de la foi de ces premiers chrétiens, quel était canonique et quel ne l'était pas.
Or, les choses ne se sont pas déroulées ainsi ; c'est d'après la foi de l'Église et sa Tradition que fut déterminé le Canon ; et il n'y eut aucun raisonnement circulaire, car bien que les écrits apostoliques aient depuis longtemps servi à fonder la Foi, leur suffisance était contestée ; si bien qu'on s'est tourné vers la foi de l'Église, qui prend racine dans la prédication apostolique, dont l'Écriture est le sommaire et l'accomplissement. Ainsi, la Foi de l'Église a servi à écarter les écrits hérétiques ; et la Tradition a servi à déterminer, parmi les écrits orthodoxes, lesquels étaient issus des apôtres et lesquels ne l'étaient pas. Que tout cela soit une œuvre de l'Esprit, cela est entendu ; mais cela s'est passé en lien étroit avec la foi exprimée par les anciens chrétiens, et avec l'Église comme institution et fraternité.
Tous les patriarches et les prophètes de l'AT ont été membres de l'Église De même, le bon larron.
Non, les croyants d’avant la Pentecôte d’Actes 2, y compris le bon larron, n’étaient pas membres de l’Eglise. Ils n’avaient pas besoin de sacrements, pas plus ni moins que nous.
Voilà qui est intéressant ! Pourriez-vous développer votre assertion ?
Vous me semblez faire partie d'un groupe "non-dénominationnel", c'est-à-dire ne se réclamant d'aucune théologie spécifique
Non-dénominationnel : oui ; Aucune théologie spécifique : oui. Mais certainement pas absence de doctrine : toute la Bible et rien que la Bible.
... c'est-à-dire une théologie "évangélique" telle qu'on en trouve que chez les anabaptistes ; et on ne fera pas croire que d'autres influences ont été évitées :p
Unam peti a Domino, hanc requiram,
Ut inhabitem in domo Domini omnibus diebus vitae meae.
Ut videam voluptatem Domini, et visitem templum eius.


Psaume XXVI, verset 7-8.
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Re: La présence réelle

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Hello Théodore,

Jusqu’à l’âge de 19 ans environ, j’ai reçu tous les sacrements possibles dans mon cas. Il n’en est rien résulté de particulier, sinon, à l’occasion, une certaine exaltation des sens qui conférait un peu au mysticisme (que je réprouve).

L’Eglise catholique telle que nous la connaissons maintenant, a été constituée aux environ du 6ème siècle. Auparavant, il y avait une communauté de chrétiens innomée (même si le mot catholique était employé). Cette communauté avait très tôt viré dans les errements du cléricalisme. Même Ignace, chrétien fidèle et instruit, avait déjà versé vers cette déviation.
Gérard : les croyants d’avant la Pentecôte d’Actes 2, y compris le bon larron, n’étaient pas membres de l’Eglise
Théodore : voilà qui est intéressant ! Pourriez-vous développer votre assertion ?
L’Eglise est un corps de croyants à vocation céleste (quand bien même ils sont encore sur la terre). Elle a été constituée à la Pentecôte d’Actes 2 et prendra fin sur la terre lorsqu’elle aura été enlevée par le Seigneur dans la maison du Père. Ensuite elle régnera avec le Christ. Les croyants des époques antérieures, dont le plus illustre était Jean Baptiste, sont « les amis de l’époux » : ils ne font pas partie de l’Eglise, même s’ils auront part aux bénédictions éternelles.


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Re: La présence réelle

Message non lu par Cinci »

Au sujet de l'Église :
  • Considérant l'Église d'une manière générale, en tout état, lieu, temps, Billuart, De regulis fidei, la définit :

    «la congrégation des fidèles rassemblés dans le vrai culte de Dieu, sous le Christ chef. Elle comprend ainsi les fidèles de l'Ancien Testament, appartenant non seulement à la synagogue, comme les juifs, mais encore étrangers à la synagogue, comme Job, Melchisedech, etc. Elle comprend encore les bienheureux, les anges dans le Ciel, les âmes souffrantes au purgatoire, les fidèles encore voyageurs. Ce ne sont pas là diverses Églises, mais seulement diverses parties ou divers états de la même Église.»

[+] Texte masqué
«... le peuple de Dieu était souvent appelé dans l'Ancien testament Qehal Iavhé, que les Septantes traduisent habituellement, non par synagogue, mais par Église, Église du Seigneur : «Ni l'eunuque ni celui qui est châtré n'entreront dans l'Église du Seigneur : et jusqu'à la dixième génération il n,entrera point dans l'Église du Seigneur, et jusqu'à toujours ... Tu n'auras point en abomination l'Edomite, car il est ton frère; tu n'auras point en abomination l'Égyptien, car tu as été étranger dans sa terre; si des fils leur naissent, à la troisième génération ils entreront dans l'Église du Seigneur» (Deut., XXIII, 1-9) Il est parlé dans le discours d'Étienne du rôle de Moïse dans l'Église du désert (Actes, VII, 38)

C'est ce mot d'Église qui passant de l'Ancien Testament au Nouveau, va désigner la communauté des disciples du Christ. À ce moment sa signification se transforme. Le peuple messianique lié dans l'Ancien Testament à la formation ethnique d'Israël, devient, dès le mystère de Pentecôte, un peuple messianique trans-ethnique, dégagé par essence de toute formations politiques et temporelles. L'Église du Seigneur de l'Ancien Testament devient «l'Église de Dieu» du Nouveau Testament.

En tant que porteur des promesses messianiques, le peuple de Dieu était saint, d'une sainteté inaugurée; «Tu es un peuple saint à Iavhé, ton Dieu. Iavhé, ton Dieu, t'a choisi pour être un peuple particulier parmi tous les peuples qui sont sur la face de la terre» (Deut. VII, 6)

En tant que dépositaires des grâces messianiques, l'Église de Dieu est sainte, d'une sainteté accomplie. En apposition au mot Église de Dieu, saint Paul parlera des sanctifiés dans le Christ Jésus, de ceux qui par convocation de Dieu sont saints :« Paul, par vocation apôtre du Christ Jésus, par la volonté de Dieu, et Sosthène son frère, à l'Église de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le Christ Jésus, à ceux qui par vocation sont saints ...» (1 Cor 1,1-2)

C'est le mot Klètè hagia signifiant dans les Septantes la convocation sainte et liturgique des Hébreux , qui serait à l'origine de l'expression paulinienne Klètoi hagioi : ceux qui, convoqués par Dieu, sont saints (Lucien Cerfaux)

Considérant l'Église d'une manière générale, en tout état, lieu, temps, Billuart, De regulis fidei, la définit : «la congrégation des fidèles rassemblés dans le vrai culte de Dieu, sous le Christ chef. Elle comprend ainsi les fidèles de l'Ancien Testament, appartenant non seulement à la synagogue, comme les juifs, mais encore étrangers à la synagogue, comme Job, Melchisedech, etc. Elle comprend encore les bienheureux, les anges dans le Ciel, les âmes souffrantes au purgatoire, les fidèles encore voyageurs. Ce ne sont pas là diverses Églises, mais seulement diverses parties ou divers états de la même Église.»

Source : Charles Journet (Card.), L'Église du Verbe incarné, tome III, p.1900
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Re: La présence réelle

Message non lu par Cinci »

Ici :
Les croyants des époques antérieures [...] ne font pas partie de l’Eglise, même s’ils auront part aux bénédictions éternelles.
Mais l'on précisera que ce n'est pas du tout un enseignement de l'Église catholique. Non parce que, pour l'Église catholique, il n'y a pas lieu d'exercer une ségrégation a posteriori à l'encontre des Noé, Abraham, Job, Moïse, etc.

Si le Christ mène à l'achèvement les espérances de l'ancien Israël, ce n'est certainement pas pour laisser dehors les fidèles du temps d'Élie («Les sept mille qui n'ont pas fléchit devant les idôles ...») Au nom de quoi laisser dehors ces anciens ? Au nom des choses anciennes ? Mais Dieu est censé faire du neuf dans le cadre de la résurrection.
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Re: La présence réelle

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Bonjour Cinci,

Il va sans dire que je ne suis pas d'accord avec Billuart.

L'ancien Israël est un ensemble de croyants à vocations terrestres (même si le ciel lui est destiné). L'Eglise est un peuple à vacation céleste. Il y a entre les deux une différence essentielle, même si cela n'enlève rien aux croyants de l'AT et à leurs privilèges futurs.


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Cinci
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Re: La présence réelle

Message non lu par Cinci »

Salut gérardh,
Les croyants des époques antérieures, dont le plus illustre était Jean Baptiste, sont « les amis de l’époux » : ils ne font pas partie de l’Eglise, même s’ils auront part aux bénédictions éternelles.
Vous devriez mieux définir ce que vous entendez par «avoir part aux bénédictions éternelles». Ce n'est pas très clair.

Voyez-vous :

Si ''avoir part aux bénédictions éternelles'' équivaut pour Jean le baptiste à être membre de l'Église au final : vous diriez tout simplement la même chose que les auteurs consultés par le cardinal Journet dans son livre.

Si ''avoir part aux bénédictions éternelles'' équivaut pour Jean le baptiste à devoir demeurer «quand même» hors de l'Église, pour y demeurer avec un statut différent (et moindre) que ce le serait pour gérardh : votre propos ne pourrait pas être qualifié comme un propos qui s'accorderait avec la doctrine de l'Église catholique.

La doctrine de l'Église catholique reste que l'Église incorpore les saints de tous les temps. Les Moïse, Jean le baptiste et «autres» sont membres de l'Assemblée du Seigneur en attendant de l'être de l'Assemblée de Jésus-Christ au final. L'Église c'est la somme totale.
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Re: La présence réelle

Message non lu par gerardh »

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Salut Cinci,

Je vais réfléchir à votre question, mais spontanément je répondrais que les saints de l'ancienne alliance seront eux aussi enlevés lors du retour de Jésus sur les nuées pour enlever son Eglise, et les uns et les autres seront amenés dans la maison du Père. Mais pour autant ils ne font pas et ne feront pas partie de l'Eglise.


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Re: La présence réelle

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Salut Cinci,

J'ai trouvé dans mon site favori quelques éléments, par rapport aux 24 anciens ou vieillards d'apocalypse 5 et par rapport aux noces de l'Agneau d'Apocalypse 19 :

Leur nombre est également symbolique. D’une part, il rappelle les vingt-quatre classes de la sacrificature terrestre, instituées par le roi David (1 Chron. 24:7-19). D’autre part, il fait ressortir que les saints glorifiés se composent de deux groupes (deux fois douze), savoir les croyants de l’Ancien Testament, allant d’Adam à Jean-Baptiste, et les croyants formant l’Église. Bien que ces deux groupes jouissent de la même part glorieuse, ils n’en sont pas moins distincts.

Cela apparaît clairement au chapitre 19 où, à partir du verset 6, les anciens ne sont plus mentionnés, mais où les noces de l’Agneau sont décrites. Nous trouvons alors pour la première fois la mention de l’Épouse de l’Agneau et, d’autre part, des conviés au banquet des noces de l’Agneau (cf. Jean 3:29). Cette Épouse comprend l’ensemble des rachetés de l’ère chrétienne de la grâce, tandis que les conviés sont tous les autres rachetés. Ils sont déclarés bienheureux, parce qu’ils se réjouissent, comme membres de la famille céleste, du lot glorieux qui est échu à l’Épouse de l’Agneau.


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Teano
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Re: La présence réelle

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Cher gerardh,

Heureusement Dieu est beaucoup moins compliqué que vous et aussi beaucoup plus généreux.

Les ouvriers de la parabole ont tous reçus le même salaire (même si ceux des premières heures ont râlé).

Voici quelques extraits du CEC :

632 Les fréquentes affirmations du Nouveau Testament selon lesquelles Jésus " est ressuscité d’entre les morts " (Ac 3, 15 ; Rm 8, 11 ; 1 Co 15, 20) présupposent, préalablement à la résurrection, que celui-ci soit demeuré dans le séjour des morts (cf. He 13, 20). C’est le sens premier que la prédication apostolique a donné à la descente de Jésus aux enfers : Jésus a connu la mort comme tous les hommes et les a rejoints par son âme au séjour des morts. Mais il y est descendu en Sauveur, proclamant la bonne nouvelle aux esprits qui y étaient détenus (cf. 1 P 3, 18-19).

633 Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes (cf. Ps 89, 49 ; 1 S 28, 19 ; Ez 32, 17-32) ce qui ne veut pas dire que leur sort soit identique comme le montre Jésus dans la parabole du pauvre Lazare reçu dans " le sein d’Abraham " (cf. Lc 16, 22-26). " Ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu’il descendit aux enfers " (Catech. R. 1, 6, 3). Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53).
634 " La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts... " (1 P 4, 6). La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption.

I. L’Église – Peuple de Dieu

781 " A toute époque, à la vérité, et en toute nation, Dieu a tenu pour agréable quiconque le craint et pratique la justice. Cependant, il a plu à Dieu que les hommes ne reçoivent pas la sanctification et le salut séparément, hors de tout lien mutuel ; il a voulu au contraire en faire un Peuple qui le connaîtrait selon la vérité et le servirait dans la sainteté. C’est pourquoi il s’est choisi le Peuple d’Israël pour être son Peuple avec qui il a fait alliance et qu’il a progressivement instruit (...). Tout cela cependant n’était que pour préparer et figurer l’Alliance Nouvelle et parfaite qui serait conclue dans le Christ (...). C’est la Nouvelle Alliance dans son sang, appelant un Peuple, venu des Juifs et des païens, à se rassembler dans l’unité, non pas selon la chair, mais dans l’Esprit " (LG 9).



Le Christ est ressuscité, Alleluia !

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Re: La présence réelle

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Bonjour Teano,

Le cœur de la discussion est de savoir si l'Eglise est ou non la continuation et l'héritière d'Israël. Pour moi c'est non. pour les catholiques c'est oui.


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Re: La présence réelle

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Bonjour Gerardh,

Il serait bien fâcheux que l'Église ne soit pas continuation d'Israël, car la nouvelle Alliance a bel et bien été promise a Israël. Voir Hebreux 8 et Jeremie 31...
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36
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Teano
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Re: La présence réelle

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Cher gerardh,

Il y a peut-être un malentendu entre nous. Voilà votre message qui m'a fait réagir :
gerardh a écrit :________

Salut Cinci,

Je vais réfléchir à votre question, mais spontanément je répondrais que les saints de l'ancienne alliance seront eux aussi enlevés lors du retour de Jésus sur les nuées pour enlever son Eglise, et les uns et les autres seront amenés dans la maison du Père. Mais pour autant ils ne font pas et ne feront pas partie de l'Eglise.


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Voilà pourquoi j'ai eu recours au CEC :

Jésus-Christ est descendu aux enfers justement pour libérer les âmes des saints de l'ancienne alliance, tous ceux qui -comme Abraham - ont vu Son jour et s'en sont réjouis. Voilà pourquoi ils sont membres de l'Eglise parce qu'ils sont enracinés dans la même foi que nous au Christ ressuscité.

Dans la joie de Pâques,

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Re: La présence réelle

Message non lu par gerardh »

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Bonjour Peccator,

La nouvelle Alliance a bel et bien été promise a Israël, mais ils n'en jouiront que dans le futur, après l'enlèvement de l'Eglise, lorsqu'il "reconnaîtront celui qu'ils ont percé".

L'Eglise est aussi sous les effets de cette nouvelle alliance, bien que cette dernière ne soit pas substantiellement pour elle.


Bonjour Teano,

J'avais bien noté la version catholique des choses, mais ne n'y adhère pas.


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Re: La présence réelle

Message non lu par Cinci »

Salut gérardh,

Vous n'accepterez pas ce que raconte l'Église catholique ? Oui, c'est bien ce que j'aurais pensé en premier.

Sur un autre plan :
Le cœur de la discussion est de savoir si l'Eglise est ou non la continuation et l'héritière d'Israël. Pour moi c'est non. pour les catholiques c'est oui.

... encore qu'il faudrait savoir ce que vous entendez pas «continuation et héritière d'Israël».

Non, l'Église n'est pas la poursuite de la prêtrise hébraïque ancienne avec ses rites de pureté légale, les sacrifices d'animaux et tout.

Par contre, l'Église représente bien l'achèvement des espérances spirituelles les plus élevées des grands prophètes d'Israël (cf. personnage du Messie, universalité du salut, épuration de la foi sur le plan personnel, résurrection de la chair, Jugement dernier, etc.) C'est dans ce dernier sens que l'Église est «continuation et héritière». Il y a bien des personnalités juives qui se seront incorporés à l'Église avec le temps, et sans pour cela devoir être sous le sentiment coupable d'avoir dû renoncer aux espérances spirituelles de leurs pères.

:)
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Re: La présence réelle

Message non lu par Théodore »

gerardh a écrit :_____

Hello Théodore,

Jusqu’à l’âge de 19 ans environ, j’ai reçu tous les sacrements possibles dans mon cas. Il n’en est rien résulté de particulier, sinon, à l’occasion, une certaine exaltation des sens qui conférait un peu au mysticisme (que je réprouve).
Votre parcours et votre sensibilité vous ont peut-être conduit à atrophier les sacrements... ou d'autres bloquages spirituels les empêchaient alors d'agir. Moi c'est le contraire, j'hypertrophie un peu sans doute :-D
L’Eglise catholique telle que nous la connaissons maintenant, a été constituée aux environ du 6ème siècle. Auparavant, il y avait une communauté de chrétiens innomée (même si le mot catholique était employé). Cette communauté avait très tôt viré dans les errements du cléricalisme. Même Ignace, chrétien fidèle et instruit, avait déjà versé vers cette déviation.
Ignace était, je crois, le successeur de Pierre à Antioche, pour la petite histoire ;)
Puis-je avoir vos sources historiques ? :)
Je suis d'accord, en ce que l'Église romaine, caractérisée notamment par la primauté du Pape, date de cette période-là environ. Mais l'existence d'une entité ecclésiale s'autoproclamant comme à la fois visible (caractérisée par la succession des presbytres via l'ordination), et détentrice de la Tradition Apostolique, dont le message est uniforme sur toute la Terre, remonte à bien plus loin. C'est de cette même entité ecclésiale, qui s'auto-désignait comme Église Catholique, dont toutes les églises actuelles dérivent. Irénée, pour ne citer que lui, dès le second siècle, vante l'unité de l'enseignement de l'Église face aux variations des gnostiques, et la succession visible des presbytres comme garante de l'unité de l'Église visible. La querelle quartodécimaine en elle-même montre que l'unité d'une Église visible est alors un problème majeur.
Il y a, aussi loin que nous puissions remonter (même chez les Pères apostoliques, on peut citer le Pasteur d'Hermas), conscience que l'Église est une réalité visible.
Gérard : les croyants d’avant la Pentecôte d’Actes 2, y compris le bon larron, n’étaient pas membres de l’Eglise
Théodore : voilà qui est intéressant ! Pourriez-vous développer votre assertion ?
L’Eglise est un corps de croyants à vocation céleste (quand bien même ils sont encore sur la terre). Elle a été constituée à la Pentecôte d’Actes 2 et prendra fin sur la terre lorsqu’elle aura été enlevée par le Seigneur dans la maison du Père. Ensuite elle régnera avec le Christ. Les croyants des époques antérieures, dont le plus illustre était Jean Baptiste, sont « les amis de l’époux » : ils ne font pas partie de l’Eglise, même s’ils auront part aux bénédictions éternelles.
Pourquoi considérer la Pentecôte comme la date de naissance de l'Église ?

Gerardh, j'aimerai revenir à votre question précédente. Pensez-vous que la doctrine luthérienne sur les sacrements, que je vous ai exposé, endommage la pureté de la doctrine de la Croix ?
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