Pourquoi diable est-ce qu'à chaque fois que je dis quelque chose à quelqu'un, il se sent agressé ! Va falloir que je révise sérieusement ma façon de m'exprimer à l'écrit, moi.
@Aldous : Je suis vraiment désolé, je crois qu'il y a un malentendu. Je ne vous ai accusé de rien, et il est vrai que je n'ai pas cherché du tout à rebondir sur le "systématiquement"... comme vous le voyez dans mon message, puisque je reconnais moi-même qu'il y a nécessairement quelques points d'achoppement entre l'orientation politique du PS et la DSE. Je réagissais à ceci : "
ça m'étonnerai par exemple que les socialistes soient contre la doctrine sociale de l'Eglise". Or, le malentendu paraissant plus clair après votre réponse, vous ne semblez inclure dans l'expression "
doctrine sociale de l'Eglise" que certains éléments (je ne sais pas trop lesquels d'ailleurs). La DSE, c'est un tout, Benoit XVI l'a d'ailleurs plusieurs fois rappelé, et le respect de la vie, la bioéthique, la politique familiale, ou encore l'éducation en font tout autant partie que l'économie ou encore l'écologie, pour ne prendre que ça. C'est pourquoi je vous répondais sur ces éléments essentiels de la DSE concernant directement la conception de la dignité humaine qu'ils sous-tendent, que le PS était bel et bien en contradiction directe et radicale avec la doctrine sociale de l'Eglise.
Je vous recommande, et le recommande à tous les catholiques qui se préparent à voter en 2012, à lire ce texte indispensable :
Note doctrinale concernant certaines questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique (Joseph Ratzinger alias Benoit XVI, alors préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi en 2002).
L’engagement politique en faveur d’un aspect isolé de la doctrine sociale de l’Église ne suffit pas à répondre totalement à la responsabilité pour le bien commun. Les catholiques ne peuvent pas non plus songer à déléguer à d’autres l’engagement qu’ils ont reçu de l’Évangile de Jésus Christ, pour que la vérité sur l’homme et sur le monde puisse être annoncée et atteinte.
Quand l’action politique est confrontée à des principes moraux qui n’admettent ni dérogation, ni exception, ni aucun compromis, l’engagement des catholiques devient plus évident et se fait lourd de responsabilités. Face à ces exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer, les chrétiens doivent en effet savoir qu’est en jeu l’essence de l’ordre moral, qui concerne le bien intégral de la personne. Tel est le cas des lois civiles en matière d’avortement et d’euthanasie (à ne pas confondre avec le renoncement à l’acharnement thérapeutique qui, même du point de vue moral, est légitime), qui doivent protéger le droit primordial à la vie, depuis sa conception jusqu’à sa fin naturelle. De la même manière, il faut rappeler le devoir de respecter et de protéger les droits de l’embryon humain. De même, il faut préserver la protection et la promotion de la famille, fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent, et protégée dans son unité et sa stabilité, face aux lois modernes sur le divorce: aucune autre forme de vie commune ne peut en aucune manière lui être juridiquement assimilable, ni ne peut recevoir, en tant que telle, une reconnaissance légale. De même, la garantie de liberté d’éducation des enfants est un droit inaliénable des parents, reconnu entre autre par les Déclarations internationales des droits humains. Dans cette même ligne, il faut penser à la protection sociale des mineurs et à la libération des victimes des formes modernes d’esclavage (que l’on pense par exemple à la drogue et à l’exploitation de la prostitution). On ne peut exclure de cette liste le droit à la liberté religieuse et le développement dans le sens d’une économie qui soit au service de la personne et du bien commun, dans le respect de la justice sociale, du principe de solidarité humaine et de la subsidiarité, qui veut que «les droits de toutes les personnes, de toutes les familles et de tous les groupes, et que l’exercice de ces droits, soient reconnus»[21]. Enfin, comment ne pas voir dans ces exemples le grand thème de la paix. Une vision irénique et idéologique tend parfois à donner un sens profane à la valeur de la paix, tandis que, dans d’autres cas, on se limite à un jugement éthique sommaire, oubliant la complexité des raisons en question. La paix est toujours «œuvre de la justice et effet de la charité»[22]; elle exige le refus radical et absolu de la violence et du terrorisme, et elle requiert un engagement constant et vigilant de la part de ceux qui ont une responsabilité politique.
Voilà juste ce à quoi je faisais allusion, au regard des activités connues des élus du PS. Mais en aucun cas je ne voulais vous accuser de quoique ce soit, ma remarque était en tout bien tout honneur. Désolé si elle était trop déconnectée de votre discussion précédente, ce qui a dû causer largement le malentendu. Encore une fois, j'en suis sincèrement désolé.