Re: La notion de péché et la sexualité
Publié : ven. 21 oct. 2022, 12:54
Excellente remarque. D'une certaine manière, il suffirait d'être marié pour échapper au péché de chair, paradoxalement.
Pour l'intelligence de la foi
https://cite-catholique.org/
Excellente remarque. D'une certaine manière, il suffirait d'être marié pour échapper au péché de chair, paradoxalement.
Bonjour Perplexe;Perplexe a écrit : ↑ven. 21 oct. 2022, 9:42 Il me semble qu'il y a un écart très important entre le nombre de célibataires dans la culpabilité face au péché de la chair et le nombre d'époux ou épouses dans cette même culpabilité.
Il y a à mon avis possiblement zone d'ombre dans la chambre à coucher de la plupart des couples chrétiens où, sous couvert qu'il s'agit d'un don de soi, les instincts peuvent très bien s'exprimer d'une manière plus démesurée que chez le célibataire qui se sent coupable d'une faute seulement occasionnelle.
Le problème se trouve aussi dans le manque de définition de ce qu'est un acte sexuel vertueux. Peut-être parce que l'Eglise n'a pas pour vocation d'enseigner certaines choses faces auxquelles même des saints vivaient des tiraillements.
Chacun de nous peut avoir sa propre définition de ce qu'est cet acte vertueux. Pour ma part, il est une réaction neuro-végétative absolument involontaire tandis que l'acte non vertueux est celui où il y a une volonté motrice qui recherche le plaisir.
Il parraît qu'il y ait encore une influence cathare en Languedoc ! Je ne garde pas de souvenir d'une interdiction du plaisir. Du moins, du plaisir en soi-même. A nos premiers parents, ce n'est pas le plaisir de manger des fruits qui fut interdit, mais l'acte de manger de ce fruit.
Oh, s'il y a une influence dans mon discours elle n'est pas cathare mais plutôt cathartique !Altior a écrit : ↑sam. 22 oct. 2022, 16:53 Bonjour, Perplexe !
Il parraît qu'il y ait encore une influence cathare en Languedoc ! Je ne garde pas de souvenir d'une interdiction du plaisir. Du moins, du plaisir en soi-même. A nos premiers parents, ce n'est pas le plaisir de manger des fruits qui fut interdit, mais l'acte de manger de ce fruit.
Bonjour Perplexe,
Bonsoir perplexePerplexe a écrit : ↑sam. 22 oct. 2022, 11:39 Bonjour Trinité
Il y a peut-être un lièvre à lever derrière cette notion de plaisir ? D'autre part il n'est pas toujours nécessaire d'éprouver du plaisir pour faire quelque chose, ça renvoie à la notion d'aliénation.
Le problème du plaisir sexuel se pose principalement dans le sens ou il serait un but au lieu d'être une conséquence.
Bonjour, ademimo,ademimo a écrit : ↑mar. 18 oct. 2022, 20:18 Pour moi, les "polémiques inutiles" naissent de la confusion que certains font entre la doctrine de l’Église et leurs propres opinions. La doctrine de l’Église est ce qu'elle est. On peut la critiquer, mais elle est ce qu'elle est. On ne peut pas ériger son opinion personnelle en l'estampillant "Doctrine de l’Église selon moi".
En particulier, la confusion intervient dans la définition même du péché. Avant d'être revêtu d'une signification morale (le fameux "mal"), le péché désigne avant tout la séparation de Dieu. A l'inverse, le Sacrement de Réconciliation restaure l'union avec Dieu. C'est ce que raconte l'histoire d'Adam et Eve : comment ceux-ci se sont séparés de Dieu, et par eux, tout le genre humain. La séparation est ce qui marque la nature humaine déchue, en attendant la Parousie. Tant que nous visons dans notre condition terrestre, nous sommes de toute façon séparés de Dieu, et nous n'y pouvons rien. C'est une donnée fondamentale qui détermine notre état par rapport au péché. L'état de grâce n'est jamais qu'une parenthèse, fragile et provisoire, obtenue à force d'efforts, et qu'il est très facile de perdre à cause des assauts permanents de la chair et de l'orgueil qui sont la pente naturelle de notre condition terrestre.
En résumé, le pécheur trouve son bonheur dans les choses terrestres au lieu de le trouver en Dieu. Et il ne peut pas faire autrement.
Quand on a bien compris cela, on voit facilement que le péché n'est pas forcément un mal que nous commettons délibérément. C'est pour cela que l’Église parle de péché véniel, lorsqu'il est commis sans intention. Prenons le cas du plaisir gustatif : il est totalement involontaire en soi. Donc rien de grave. L'acte est peccamineux (en ce sens où l'on a trouvé sa joie dans les choses terrestres et non en Dieu), mais de façon vénielle.
C'est bien pour cette raison que depuis le début, les disciples désirant la perfection, et qui y sont spécifiquement appelés par Dieu, se retirent du monde pour s'extraire de tous les plaisirs du monde et s'exercer à trouver leur joie en Dieu seul. C'est le seul sens à donner au monachisme. Quant au commun des mortels, n'ayant pas la capacité d'affronter une telle vie de privation et de pénitence, mais n'ayant pas non plus reçu ni les grâces, ni l'appel de Dieu pour ce genre de vie, il est appelé à d'autres devoirs propres à la vie laïque (principalement le mariage), étant assuré qu'une ambition spirituelle plus modeste leur suffira pour trouver la grâce divine en ce monde.
Voilà ce que dit la doctrine catholique depuis le début. Mais je crois que de nos jours, certains catholiques ne supportent pas l'idée qu'ils puissent être concernés malgré eux par le péché. Mais à mon avis, il font erreur. C'est se méprendre sur l'un des points fondamentaux de la doctrine catholique.
Je ne pense pas que ce soit une contradiction : elle est certes pure et involontaire, mais elle est la conséquence de moments antérieurs et intérieurs durant lesquels nous sommes libres de nous ouvrir ou non à sa possibilité et même à qualifier ce qu’elle sera.