PaxetBonum a écrit :
On ne compose pas avec les terroristes.
Les faire disparaître nécessite des interventions aériennes et terrestres conjointes.
"Pax et Bonum", c'est ainsi que saint François saluait les gens sur son chemin.
L’expérience de dialogue de Saint François d’Assise
Dieu a choisi les Frères et il les a envoyés pour le bien spirituel et pour le salut de tous les peuples du monde entier.
François s’est opposé à la violence représentée par la guerre qui sévissait entre le monde chrétien et le monde musulman. Il a refusé avec vigueur d’adhérer à la cinquième croisade. Il a aussi tenté de faire désister les Croisés de lancer l’assaut contre le camp Musulman. Sa vision de la situation étant en contraste avec la vision de la plus grande partie des gens de son temps. Ces derniers voulaient éliminer les musulmans parce qu’ils avaient envahi les lieux saints chrétiens, avaient persécuté les chrétiens et rendu difficile la visite des lieux saints.
Au milieu de ces événements de guerre, Saint François apparaît portant La Croix du Christ, exhortant tout le monde à vivre en fraternité, dans l’amour, dans le dialogue avec les Musulmans au lieu de les combattre avec des armes mortelles. Il rappelle aux Croisés que la Croix est signe d’amour et de sacrifice, non pas de guerre et de destruction. Il obtient, après une opposition tenace, la permission, de rencontrer le sultan Malek El Kamel El - Ayyoubi. L’historien Érnoul raconte dans son livre “Les Chroniques” (1227-1229), comment la rencontre s’est déroulée. Il est possible qu’Érnoul même ait été témoin de la rencontre entre le Sultan et Saint François, qu’il en ait parlé avec ce dernier de retour dans le camp des Francs à Damiette.
François, ayant obtenu la permission avec difficulté, du Cardinal, Légat du Pape, de rencontrer le Sultan d’Egypte, François et son compagnon Frère Illuminé, se rendent chez le Sultan. Avec ce dernier, il s’entretient sur des sujets religieux et en particulier sur le salut de l’âme du Sultan même. François déclare que la religion musulmane est erronée. Pour le prouver François n’hésite pas à défier les cheiks à l’épreuve du feu. Les cheiks refusent le défi et ils se retirent un après l’autre et ils ordonnent au Sultan de décapiter les deux Religieux parce qu’ils proclament une Religion contraire à l’Islam. Le Sultan sans écouter ses cheiks, propose à François de rester chez lui. François préfère revenir au camp chrétien puisqu’il avait terminé sa mission.
Importance de la rencontre
Nous pouvons résumer l’importance de la rencontre dans les points suivants :
1.
La rencontre est un fait miraculeux
La rencontre entre ces deux personnages : François d’Assise et le Sultan Malek El Kamel, en 1219 en pleine guerre entre les deux camps, le chrétien François et l’Ayoubite musulman. On peut considérer le fait même comme un miracle. Le Sultan découvre en François un homme de foi et François découvre dans le Sultan un homme croyant et religieux. Que se taisent les armes , que les belligérants en nom de la religion, remettent les épées dans leurs étuis parce qu’un dialogue a commencé entre deux personnages bien différents, soit culturellement soit religieusement, mais unis dans la foi en Dieu et dans la fraternité humaine.
Deux personnalités différentes qu’unit la foi dans le Dieu miséricordieux et plein de pitié même s’ils parlent deux langues différentes.
2.
Rencontre de connaissance mutuelle et découverte
François présente ses principes religieux au Sultan avec toute sincérité, franchise et brièveté. De sa part, le Sultan écoute avec intérêt et admiration, surpris par la sincérité et franchise de François. François n’a pas nié sa foi chrétienne, et n’a pas hésité à déclarer ses croyances religieuses.
3.
Rencontre historique, unique dans son genre
François rencontre dans le camp chrétien refus et forte opposition à son initiative, au moins initialement, à cause de sa proposition de relations de paix entre chrétiens et musulmans. D’autre part nous voyons le Sultan accueillir les deux religieux avec toute cordialité et amitié. Quoiqu’en désaccord sur les principes religieux, les deux hommes se séparent comme les meilleurs amis chacun respectant l’autre et l’apprécie. Cette amitié durera pour toute la vie.
François a trouvé dans le Sultan une personne amant de la paix. De sa part, le Sultan découvre en François un homme simple et humble prêt à tout sacrifier, la vie aussi, pour ceux qu’il aime. Une harmonie profonde unit les deux personnalités en formant un rapport d’affection, de fraternité et d’amitié pour toute la vie.
4.
Réparation au retrait des chrétiens de Najran au défi du Prophète Mahomet
Le Coran Raconté le défi (Ordalie au Moyen-Âge), proposée par le Prophète Mahomet aux chrétiens de Najran (Coran, surat Najran, v.62).
Les chrétiens de Najran avaient refusé le défi, et, payé l’impôt, ils présentèrent leur soumission au Prophète Mahomet.
Cette fois, avec François, ce sont les cheiks et les théologiens musulmans qui refusent le défi. De cette façon, François efface la honte de la retraite des chrétiens de Najran et rétablit leur honneur, ne connaissant pas l’histoire de Najran. Louis Massignon, célèbre spécialiste de l’Islam, pense la même chose.
5.
Les principaux objectifs de la rencontre de François avec le Sultan
Quelques spécialistes pensent que quand François décide d’aller rencontrer le Sultan il ne cherche pas le martyre, c’est pour cela que nous ne trouvons pas dans les discours de François aucune expression contre le coran ni contre le Prophète et ses disciples. Beaucoup de prédicateurs chrétiens le faisaient par contre aux temps de François. La rencontre de François a été franche, amicale et fertile comme François l’avait promis au Cardinal Légat du Pape : “Je désire aller chez le Sultan pour faire un grand bien”, en effet c’est ce que François a essayé d’obtenir du Sultan, comme le pensent certains historiens :
· Obtenir du Sultan pour soi et pour ses Frères un permis particulier, pour pouvoir aller visiter les lieux saints de Jérusalem et de la Palestine, sans devoir payer les taxes.
· Que soient respectées les croyances religieuses de tous, et que l’on ne blasphème pas le nom de Christ en terre d’Islam.
· Que soit laissée la liberté à chaque personne de vivre selon sa propre Religion, d’en pratiquer les rites sans être dérangé, en pleine liberté.
Frère Halim Noujaim ofm
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