gerardh a écrit :Vous indiquez modestement que vous avez une connaissance plus que raisonnable du NT. Je vous en félicite. Pour ma part j’ai encore de nombreux progrès à faire dans cette connaissance.
*et paf, péché d'orgueil en pleine face

* On n'a jamais fini de faire des progrès en la matière
Ma doctrine c’est Christ et Christ crucifié. Christ mort sur la croix pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. Tout ce qui nous écarterait même tant soit peu de cette vérité centrale et essentielle devrait être considéré avec une grande circonspection.
Amen !
Ainsi qu’apporte à la croix : la présence réelle, la transsubstantiation, la doctrine de la rémission des péchés par le baptême. Pouvez-vous me le dire ?
Avec plaisir

La Croix en elle-même est parfaite, et il ne faut rien lui apporter.
La question me semble donc mal posée ; ce n'est pas ce qu'apportent à la Croix les sacrements, mais qu'est-ce que les sacrements
nous apportent dans notre lien à la Croix et à notre Sauveur ; ils sont, après tout, un cadeau du Sauveur à l'Église, pas une boule de Noël accrochée à la Croix. Déconnecter les sacrements de la Croix est un erreur monstrueuse, car ce n'est qu'en lien avec le sacrifice ultime accompli sur le Golgotha qu'ils prennent leur sens et leur source.
Voici l'œuvre magnifique accomplie par les sacrements ; reçus avec foi, ils nous communiquent
physiquement la grâce de notre Seigneur, gagnée par son sang très-précieux. Le Sacrement est Verbe, Verbe associée à un signe visible - l'eau, le pain, le vin, la parole d'absolution,...
C'est-à-dire que, fondamentalement, sa nature n'est pas différente du prêche que l'on écoute, ou d'une lecture biblique, ou de tout acte qui, par l'Esprit, perce notre âme, pénètre notre être, sépare nerfs et chair. Parole et Sacrement sont les deux modes de manifestation du Verbe et sa grâce ; et la grâce nous touche dans le baptême ou l'Eucharistie, reçus sans opposition, aussi sûrement qu'elle nous touche quand nous sommes remués en notre âme par un serment nous dévoilant les vérités de la Croix.
Le lien à la Croix, donc, le voici, plus précisément : par le baptême, nous sommes enfouis avec le Sauveur et nous ressuscitons avec lui, et sommes lavés de nos péchés, renaissant
par la pure grâce de Dieu - ce qui est magnifiquement exprimé dans la coutume apostolique de baptiser les enfants - et entrons dans sa famille, l'Église. Notre nouvelle naissance se fait, bien évidemment, au prix du précieux sang versé sur la Croix. Vous vouliez de la grâce ? On est en plein dans le mille !
Dans l'Eucharistie, ("repas de famille" si je puis dire, donc

) nous communions au
Vrai Corps et au
Vrai Sang du Christ - le Corps qu'il a pris par pure grâce, afin que, endossant notre humanité, elle soit sauvée en Lui ; le Sang qu'il a versé sur la Croix pour notre salut, et dont nous tirons la grâce qui nous fait crier "Abba, Père !". Par ce Repas, nous recevons corporellement la grâce en nous, au plus intime de notre être ; ce n'est pas nous qui transformons cette nourriture en nous, mais c'est elle qui nous transforme à son image, nous affermit et nous fait tenir debout dans la lutte contre le Malin.
De façon générale, tous les sacrements sont des
sommets de grâce ; car ce n'est pas par l'action des hommes que des choses si merveilleuses se déroulent sous des aspects si simples, mais par le Verbe tout-puissant de notre Dieu, agissant via le Saint-Esprit de la même manière qu'il le ferait pour une lecture biblique, une prière, ou tant d'autres choses ; mais là où l'un est saisissable par l'intelligence et les sens, l'autre demande seulement la foi pour être reçu.
(il ne s'agit pas là, évidemment de tout le sens de l'Eucharistie ; mais j'ai dit la chose telle qu'elle me paraissait, en ce qui concerne le rapport à la grâce)
C'est la Tradition qui nous enseigne le Sola Scriptura telle que Luther le comprenait ! C'est bien évidemment l'Esprit Saint qui est à l'origine du Canon ; mais par quel canal, sinon celui de l'Église et de sa Foi, basée sur l'Écriture, interprétée selon la foi que les apôtres avaient transmise ?
Cette argumentation catholique, que vous prenez à votre compte à mon grand étonnement, est classique. Sans nier le fait que les chrétiens du quatrième siècle aient entériné de manière exacte ce qui existait déjà de facto, j’ai largement réfuté cette thèse sur ce même forum.
Un catholique ne vous dire jamais que la Tradition enseigne le Sola Scriptura, sinon le pape lui tape sur les doigts

Je dois avouer ne pas avoir bien compris votre réponse - et je vous demande pardon, j'ai peut-être été un peu brouillon dans ma réponse précédente. Ce que je veux dire, c'est que le Canon a été fixé dès l'Église primitive (Irénée nous montre qu'il est déjà constitué, dans sa majeure partie, au IIème siècle, même si quelques désaccords demeureront jusqu'au VIe siècle). Et c'est cette même Église , inspirée par l'Esprit, qui a fixé le Canon. Sommes-nous d'accord ?
(et pourquoi on parlait de ça, déjà ?

)
Les chrétiens forment le corps de Christ. Ils font un avec le corps proprement dit de Christ puisqu’ils constituent son Epouse. Or les époux sont une seule chair. Cela est pleinement vérifié sans qu’il soit besoin pour cela de « sacrements ».
L'Église est l'épouse du Christ, l'Apocalypse ne dit, ni plus, ni moins ; et les membres de l'Église forment ainsi le Corps du Christ, parce que les époux ne forment qu'une seule chair (tiens, j'avais jamais fait le lien auparavant, merci Gerardh

)
Toute la question est donc de savoir qui est dans l'Église, qui n'y est pas, et qui est chrétien.
En ce qui me concerne, je crois que tous les chrétiens ne sont pas l'Église visible. Il est parfaitement possible, cela dit, d'être membre de l'Église invisible sans m'être de l'Église visible.
Pour moi - et ainsi que l'Écriture le dit :
Saint Paul, apôtre et martyr, a écrit :Puisqu'il y a un seul pain, nous sommes un seul corps ; car nous participons à cet unique pain. 1 Corinthiens, X,17.
l'appartenance pleine et entière au Corps mystique du Christ est, normalement, conditionnée à la participation au sacrement de l'Eucharistie, à sa réception avec foi.
Vous savez, techniquement, Dieu n'a
besoin de
rien. Il peut très bien nous unir au Corps du Christ sans sacrement ; mais la question n'est pas de savoir s'il y a besoin, c'est de savoir si
Dieu veut que les choses se passent ainsi, s
i Dieu veut nous unir au corps du Christ de telle ou telle manière.
Fraternellement,