Bonjour,
gerardh a écrit :Peccator : « le mystère pascal est la traversée de la mort : décès et résurrection ». Jésus n'est-il pas mort et ressuscité ? N'est-ce pas arrivé lors de la fête de Pâque ?
Je comprends maintenant l’expression que vous employez. A noter sauf erreur que si Jésus est bien mort à l’occasion (ou pendant ?) la fête de Pâque, il est ressuscité après cette fête, lors d’une autre fête appelée la fête des pains sans levain.
La fête des Azymes (hag hamatzot) est un autre nom de la fête de Pessah.
Les festivités de Pessah durent une semaine, depuis le jour de Pessah à proprement parler, celui où l'on sacrifie l'agneau.
L'origine de ces festivités est agricole (comme bien souvent), et la fête des Azymes célèbre d'abord la germination de l'orge. Beau symbole pour la Résurrection que cette vie qui émerge de la terre après y avoir été enfoui, que cette vie nouvelle du grain mort en terre

Ce n'est pas un hasard si Jésus utilise si souvent ces images agricoles dans ses enseignements.
D'ailleurs, le cycle complet des festivités pascales judaïques dure 50 jours, et se termine par la fête de la Pentecôte, Chavouot, où les juifs faisaient l'offrande des prémices (Dt 26, 1-11). Ce n'est pas non plus un hasard si c'est ce jour-là que l'Esprit est descendu sur les prémices de l'Eglise !
Ces liens entre le calendrier et le dessein divin du Salut ne cessent de m'émerveiller.
Vous dites que Jésus est bien mort pendant la fête de la Pâque, à proprement parler (après-midi du 14 nisan). En fait, nous ne savons pas, car il y a incompatibilité sur ce point entre les évangiles synoptiques et l'évangile de Jean.
Selon les synoptiques, la Cène est le repas pascal (seder) du 14 nisan, et Jésus est mort le lendemain.
Selon St Jean, Jésus mort le 14 nisan : il est l'Agneau de Dieu. La Cène aurait alors eu lieu le 13, et Jésus l'aurait fêtée par anticipation.
Dans tous les cas, pour les apôtres (comme pour les pharisiens), le terme Pessah désignait bien, au sens large, toute la semaine de festivité des Azymes, et ne se limitait pas au 14 nisan : cf Lc 22,1.
Il est absolument impossible de savoir, entre les synoptiques et St Jean, qui a décalé la date d'une journée, par contre il est évident que c'est un choix fait pour des raisons théologiques. Pour les uns, il fallait que la Cène soit le repas de seder, pour Jean, il fallait que Jésus soit l'Agneau immolé.
Quoiqu'il en soit, le lendemain de la mort de Jésus était un jour de sabbat, et c'est le 3e jour (le dimanche) que les femmes puis les Douzes ont trouvé le tombeau vide.
Peccator : si je comprends bien, pour vous, le baptême c'est l'eau, et rien d'autre que l'eau. Pour moi, l'eau n'est que le signe qui du baptême, la partie visible (le signifiant), mais pas la réalité.
Pour moi c’est un témoignage rendu, mais il est vrai que j’ai confondu la notion de signifiant avec la notion de signifié.
Un témoignage rendu ne sauve pas, effectivement, puisqu'aucun acte humain ne peut apporter le salut.
Mais un sacrement n'est pas un acte humain
L’expression « la grande maison » est employée dans la deuxième épître à Timothée, écrite environ 3 ans après la première épître. Dans cette dernière, l’expression employée est « la maison de Dieu », ce qui indique à quel point les choses s’étaient dégradées en si peu de temps.
Oui, les premières hérésies étaient déjà apparues aux temps apostoliques, comme dans cette épître Hyménée et Philète. Là, Paul décrit une doctrine que nous connaissons mal. Dans d'autres épîtres (Galates, notamment), il lutte fermement contre une autre forme d'hérésie, celle qui consiste à oublier que c'est Jésus qui donne le salut, et à en revenir au judaïsme et à la Loi (oubliant qu'elle ne fait que révéler le péché, mais ne donne pas le salut, cf Rm 1--3).
Notez quand même que la réponse de Paul face aux hérésies, c'est l'organisation des églises qu'il a fondées et la fidélité à la Tradition. C'est aussi de vivre de la grâce qui a été donnée par les sacrements (2Tm 1, 6 : "ravive le don de Dieu, qui est en toi par l'imposition de mes mains", le même événement que décrit en 1Tm 4, 14, et qui correspond à ce dont il est question en He 6, 2).
Peccator : [ma conversion] est intervenue longtemps après (mon baptême).
Gérard : Dois-je en déduire que le baptême ne vous a pas sauvé ?
Peccator : Non : ma conversion est fruit de l'action de l'Esprit en moi.
Donc vous avez expérimenté que le baptême ne sauve pas. Ai-je bien compris ?
Arf... ambiguïté des réponses négatives.
Vous avez mal compris : le baptême m'a sauvé.
Peccator : il y a quand même un cas qui me vient en tête ou la célébration de l'eucharistie fait immédiatement suite au baptême : le geôlier de Paul à Philippes.
Le geôlier a servi un repas : il n’a pas célébré l’eucharistie.
Le texte ne le dit pas (et pour cause, puisqu'à l'époque on n'utilisait pas encore le mot eucharistie !). Mais il est pour moi invraisemblable que, dans ce contexte, un repas qui suive immédiatement le baptême ne soit pas une "fraction du pain" eucharistique (que Paul aurait célébrée, et non le geôlier...).
Cette conviction personnelle est confirmée par une lecture serrée des Actes : il est dit en Ac 16, 34 que le geôlier "mit la table". Hors le mot "table" n'est employé dans les Actes qu'en une seule autre occasion : en Ac 6, 2, le "service de la table", où le mot "table" désigne expressément les repas des chrétiens au cours desquels était célébrée ce qui deviendra l'Eucharistie.
Il est aussi écrit que le geôlier "exultait" ou "était dans l'allégresse" (selon les traductions"). Cela correspond à Ac 2, 46 : "chaque jour, d'un commun accord, ils fréquentaient assidûment le Temple et, rompant le pain à la maison, ils prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de coeur". Cette fraction du pain étant dans les Actes la célébration eucharistique (cf Ac 20, 7). "Table" est le mot utilisé par Paul lui-même pour désigner l'Eucharistie (et là, il n'y a aucune ambiguïté possible), lorsqu'il en parle en 1Co 10, 21.
Je vous accorde que les indices sont ténus, mais ils sont pour moi suffisants.
En regardant des commentaires protestants et évangéliques sur ces passages, je découvre d'ailleurs que plusieurs d'entres eux considèrent le séjour de Paul à Troas (Ac 20), qui dure 7 jours, comme une indication qu'il s'y serait arrêté pour célébrer Pessah, puisque précisément la fête des Azymes dure 7 jours. Ce serait alors une indication que Paul continuait de fêter les fêtes juives, et que dans l'épître aux Galates, ce n'est pas cela qui est reproché à la communauté.
- [+] Texte masqué
- PS : vous me reprochiez de trop faire appel à l'émotion en rappelant ce qu'est la liturgie baptismale. Que dois-je penser de cette longue paraphrase trouvée sur Bibliquest [site protestant], qui commente les Actes en y ajoutant de l'émotion de tous côtés

http://www.bibliquest.org/AL/AL-00-Eglise_ou_Assemblee_Histoire.htm#TM39
Peccator : comment recevez-vous vos ordres du Saint Esprit ?
Par la patience, par la prière, par l’étude de la Parole, par la dépendance vis-à-vis de Dieu, par l’humilité. Mais je dois dire que je manque souvent de l’une et/ou l’autre de ces vertus. Alors intervient la miséricorde de Dieu à mon égard. Il y a aussi les circonstances qui peuvent me guider, mais il convient d’être prudent dans leur interprétation.
Et que dois-je faire quand la patience, la prière, l'étude de la parole, l'humilité, et les circonstances (et dans tout cela, surtout la prière) m'amène à entendre que la liturgie est voulue par Dieu, qu'elle est son "mode d'action ordinaire" pour nous conduire sur le chemin de la sainteté ?
J'ai tenté de m'en écarter : l'Esprit m'y a ramené. Et l'humilité est bien nécessaire pour vivre la liturgie en esprit et en vérité.
Peccator : vous continuez de préjuger que l'on n'agit pas sous l'action du Saint-Esprit dans les rites.
Je n’ai pas dit cela, et je pense même le contraire. Toutefois je pense que l’action de l’Esprit est gênée et entravée par le rite, plutôt qu’aidée par ce dernier.
La prière personnelle et la pratique de la liturgie m'ont petit à petit amené à entendre ce que je ne voulais pas entendre : qu'au contraire, l'action de l'Esprit est grandement facilitée par le rite.
Croyez bien que quand j'écris cela, je ne suis pas en train de recopier un catéchisme bien appris, mais bien de témoigner de mon expérience personnelle. C'est petit à petit, à partir de cette expérience personnelle, que j'ai été tout étonné de retrouver dans les textes du Magistère la preuve que l'Eglise ne dit rien d'autre.
Peccator : je ne suis pas du tout millénariste.
Alors vous êtes a-millénariste, cela dans la tradition catholique.
Ce qui ne devrais pas vous étonner outre mesure...
Peccator : on tourne en rond : vous récusez la théologie par principe, et donc à quoi bon poursuivre cette conversation puisque ce n'est rien d'autre qu'une étude théologique ?
Je comprends votre objection. Cependant, pour moi, cette discussion n’est en aucun cas une étude théologique, mais un entretien d’édification mutuelle sur « notre très sainte foi » (Jude 20).
La notion de sacrement étant en elle-même une notion théologique, je ne vois guère comment cette discussion pourrait être autre chose que parler de théologie. Le terme "étude" est probablement exagéré (une étude théologique, c'est autrement plus long et exigeant que ce qu'il est possible de faire sur un forum). Mais c'est bel et bien de la théologie.
Relisant nos derniers échanges, je ne vois rien qui n'ai déjà été dit. Clairement, nous avons commencé à tourner en rond, revenant sur les mêmes points sans rien apporter de neuf.
Je vous suggère donc que nous prenions tranquillement le temps d'étudier les longues contributions auxquelles nous n'avons tous deux apporté que des réponses partielles, et de repartir de là.
EDIT :
dans votre réponse à Mac, vous persistez à ne voir dans le baptême que l'eau. Vous oubliez la Parole, dont l'écoute fait partie intégrante de toute liturgie sacramentelle... St Augustin disait qu'un sacrement, c'est "la Parole qui s'ajoute à un élément". Il est évident que si vous retirez la Parole et ne gardez que l'eau, nous n'avez plus un baptême, mais un peu d'eau qui mouille le corps et ne fait pas grand chose d'autre...