Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2011-2012)
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Les règles et la charité
Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 1,1-5.11b-12.
Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu notre Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ.
Frères, à tout instant nous devons rendre grâce à Dieu à cause de vous, et c'est bien juste, étant donné les grands progrès de votre foi, et la croissance de l'amour que chacun d'entre vous a pour tous les autres. C'est pourquoi vous êtes notre orgueil au milieu des Églises de Dieu, à cause de votre persévérance et de votre foi dans toutes les persécutions et les détresses que vous supportez.
Elles sont un signe du juste jugement de Dieu ; ainsi vous deviendrez dignes de son Royaume pour lequel vous souffrez,
C'est pourquoi nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de l'appel qu'il vous a adressé ; par sa puissance, qu'il vous donne d'accomplir tout le bien que vous désirez, et qu'il rende active votre foi. Ainsi, notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous, et vous en lui ; voilà ce que nous réserve la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,13-22.
Jésus disait : " Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clef le Royaume des cieux devant les hommes; vous-mêmes n'y entrez pas, et ceux qui essayent d'y entrer, vous ne leur permettez pas d'entrer!
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand vous y avez réussi, vous en faites un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous !
Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : 'Si l'on fait un serment par le Temple, il est nul ; mais si l'on fait un serment par l'or du Temple, on doit s'en acquitter. ' Insensés et aveugles ! Qu'est-ce qui est le plus important : l'or ? ou bien le Temple par lequel cet or devient sacré ? Vous dites encore : 'Si l'on fait un serment par l'autel, il est nul ; mais si l'on fait un serment par l'offrande posée sur l'autel, on doit s'en acquitter. Aveugles ! Qu'est-ce qui est le plus important : l'offrande ? ou bien l'autel par lequel cette offrande devient sacrée ?
Celui qui fait un serment par l'autel fait donc un serment par l'autel et par tout ce qui est posé dessus; et celui qui fait un serment par le Temple fait un serment par le Temple et par Celui qui l'habite; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône divin et par Celui qui siège sur ce trône.
©Evangelizo.org 2001-2012
Notre prêtre a fondé son homélie sur une tension qu'il ressent entre une église "légaliste" et une église "fondée sur la foi". Sur le plan local, je suis bien proche de sa vision des choses. Un synode diocésain est en cours, mais bien que fidèle pratiquant, et depuis trente ans, je ne sais rien de ce qui s'y dit. Bien que membre d'un conseil de 'fabrique', je n'ai été sollicité pour aucune assemblée. Je n'ai jamais vu cette fameuse liste de représentants pour lesquels j'aurais pu 'voter'. Tout se passe à un niveau, à une hauteur que je n'ai jamais fait qu'entrevoir. Quoi de plus élevé et opaque qu'une cathédrale ? Et que produira ce synode ? Il retombera de toute manière sur le petit peuple des fidèles - qui continueront à se lever tôt et à se déplacer beaucoup pour rencontrer le Seigneur.
C'est cette "facette double" d'une église vivant d'un côté sur le plan de la règle et de la tradition - et d'un autre côté - qu'il reconnaît dans l'église de Thessalonique ("persécutée non par les Romains, mais par les Juifs") - que notre prêtre à donc voulu mettre en lumière. Je n'ai pas vraiment d'opinion personnelle. Ce que je sais, c'est que, lorsque je me suis présenté pour le "don total" à un représentant de l’ancien Évêque, il m'a semblé que je ne disposais pas des soutiens que j'aurais dû. J'étais, déjà à l'époque, soutenu par ceux que l'on nommait déjà des "anciens prêtres".
Je reproduis aujourd'hui ce que j'ai entendu, et ce que j'ai compris de ce que j'ai entendu. Or, avant même de commencer à rédiger mon partage de ce matin, j'ai essayé de mettre d'accord deux membres d'un forum au sujet de la Parole qui dit : "Faîtes à autrui ce que vous voudriez qu'il fit pour vous." L'un se déclare "contemplatif" et se dit satisfait de vivre la solitude - et il ne voit pas de motif d'aller vers autrui; l'autre, au contraire est tout "dans l'action" et ne comprend pas non plus la Parole citée car il n'a en tout cas besoin de l'aide de quiconque. Pourtant, par la bouche de saint Paul, Jésus n'a pas parlé en vain en parlant de la charité:
Bible Traduction Œcuménique - 1988 (TOB)
Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges, s'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s'il me manque l'amour, je n'y gagne rien. L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne disparaît jamais.
Nous, Paul, Silvain et Timothée, nous nous adressons à vous, l'Église de Thessalonique qui est en Dieu notre Père et en Jésus Christ le Seigneur. Que la grâce et la paix soient avec vous de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus Christ.
Frères, à tout instant nous devons rendre grâce à Dieu à cause de vous, et c'est bien juste, étant donné les grands progrès de votre foi, et la croissance de l'amour que chacun d'entre vous a pour tous les autres. C'est pourquoi vous êtes notre orgueil au milieu des Églises de Dieu, à cause de votre persévérance et de votre foi dans toutes les persécutions et les détresses que vous supportez.
Elles sont un signe du juste jugement de Dieu ; ainsi vous deviendrez dignes de son Royaume pour lequel vous souffrez,
C'est pourquoi nous prions continuellement pour vous, afin que notre Dieu vous trouve dignes de l'appel qu'il vous a adressé ; par sa puissance, qu'il vous donne d'accomplir tout le bien que vous désirez, et qu'il rende active votre foi. Ainsi, notre Seigneur Jésus aura sa gloire en vous, et vous en lui ; voilà ce que nous réserve la grâce de notre Dieu et du Seigneur Jésus Christ.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,13-22.
Jésus disait : " Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clef le Royaume des cieux devant les hommes; vous-mêmes n'y entrez pas, et ceux qui essayent d'y entrer, vous ne leur permettez pas d'entrer!
Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand vous y avez réussi, vous en faites un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous !
Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : 'Si l'on fait un serment par le Temple, il est nul ; mais si l'on fait un serment par l'or du Temple, on doit s'en acquitter. ' Insensés et aveugles ! Qu'est-ce qui est le plus important : l'or ? ou bien le Temple par lequel cet or devient sacré ? Vous dites encore : 'Si l'on fait un serment par l'autel, il est nul ; mais si l'on fait un serment par l'offrande posée sur l'autel, on doit s'en acquitter. Aveugles ! Qu'est-ce qui est le plus important : l'offrande ? ou bien l'autel par lequel cette offrande devient sacrée ?
Celui qui fait un serment par l'autel fait donc un serment par l'autel et par tout ce qui est posé dessus; et celui qui fait un serment par le Temple fait un serment par le Temple et par Celui qui l'habite; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône divin et par Celui qui siège sur ce trône.
©Evangelizo.org 2001-2012
Notre prêtre a fondé son homélie sur une tension qu'il ressent entre une église "légaliste" et une église "fondée sur la foi". Sur le plan local, je suis bien proche de sa vision des choses. Un synode diocésain est en cours, mais bien que fidèle pratiquant, et depuis trente ans, je ne sais rien de ce qui s'y dit. Bien que membre d'un conseil de 'fabrique', je n'ai été sollicité pour aucune assemblée. Je n'ai jamais vu cette fameuse liste de représentants pour lesquels j'aurais pu 'voter'. Tout se passe à un niveau, à une hauteur que je n'ai jamais fait qu'entrevoir. Quoi de plus élevé et opaque qu'une cathédrale ? Et que produira ce synode ? Il retombera de toute manière sur le petit peuple des fidèles - qui continueront à se lever tôt et à se déplacer beaucoup pour rencontrer le Seigneur.
C'est cette "facette double" d'une église vivant d'un côté sur le plan de la règle et de la tradition - et d'un autre côté - qu'il reconnaît dans l'église de Thessalonique ("persécutée non par les Romains, mais par les Juifs") - que notre prêtre à donc voulu mettre en lumière. Je n'ai pas vraiment d'opinion personnelle. Ce que je sais, c'est que, lorsque je me suis présenté pour le "don total" à un représentant de l’ancien Évêque, il m'a semblé que je ne disposais pas des soutiens que j'aurais dû. J'étais, déjà à l'époque, soutenu par ceux que l'on nommait déjà des "anciens prêtres".
Je reproduis aujourd'hui ce que j'ai entendu, et ce que j'ai compris de ce que j'ai entendu. Or, avant même de commencer à rédiger mon partage de ce matin, j'ai essayé de mettre d'accord deux membres d'un forum au sujet de la Parole qui dit : "Faîtes à autrui ce que vous voudriez qu'il fit pour vous." L'un se déclare "contemplatif" et se dit satisfait de vivre la solitude - et il ne voit pas de motif d'aller vers autrui; l'autre, au contraire est tout "dans l'action" et ne comprend pas non plus la Parole citée car il n'a en tout cas besoin de l'aide de quiconque. Pourtant, par la bouche de saint Paul, Jésus n'a pas parlé en vain en parlant de la charité:
Bible Traduction Œcuménique - 1988 (TOB)
Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges, s'il me manque l'amour, je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et de toute la connaissance, quand j'aurais la foi la plus totale, celle qui transporte les montagnes, s'il me manque l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés, quand je livrerais mon corps aux flammes, s'il me manque l'amour, je n'y gagne rien. L'amour prend patience, l'amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il n'entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.
L'amour ne disparaît jamais.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Heureux saint Jean-Baptiste !
Livre de Jérémie 1,17-19.
Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux. Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze, pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses chefs, à ses prêtres et à tout le peuple. Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. Parole du Seigneur. »
Psaume 71(70),1-2.3-4a.5-6ab.15ab.17.
En toi, Seigneur, j'ai mon refuge :
garde-moi d'être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l'oreille vers moi, et sauve-moi.
Sois le rocher qui m'accueille,
toujours accessible ;
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c'est toi !
Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent.
Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ;
tu seras ma louange toujours !
Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut ;
Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse,
jusqu'à présent, j'ai proclamé tes merveilles.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,17-29.
Hérode, prince de Galilé, avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre.
Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l'armée et aux notables de la Galilée.
La fille d'Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi tout ce que tu veux, je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu'est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiste. »
Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla, et le décapita dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.
Cy Aelf, Paris
Le refuge de Jean le Baptiste fut bien, toute sa vie, le même que celui du prophète Jérémie. Bien avant de se faire jeter au cachot par Hérode, Jean, emporté par l'Esprit Saint, avait vécu au désert toutes sortes de choses qui ne nous sont pas dites : une vie toute animée par une source de feu, jaillissant à l'intérieur de son âme. Mais, quoi ? C'est ainsi que Dieu prépare avec tendresse et amour ses enfants auxquels Il promet la gloire dans les Cieux ? Le froid, la faim, la chaleur, la soif, l'inconnu du lendemain, la solitude, la nourriture frugale ... c'est donc ainsi que notre Père aime ses enfants ? Jésus lui-même a vécu rudement dans le petit village de Nazareth, avant de partir lui aussi au désert et, tout le temps de sa mission, se fatiguer, s'épuiser, être en butte continuelle à l'opposition des autorités. Voici donc comment Dieu protège les plus chers de ses enfants ?
Oui, eh bien, je me dis aujourd'hui que Dieu a raison. Car ce qui règne en ce monde, aussi bien du temps d'Hérode et des Romains que de notre temps, ce sont le mal, la violence, les turpitudes, les détournements des coeurs, la perversité, des crimes sans nom. Le tout est emballé sous sous les apparence parfumées et brillante de la raison et du progrès, mais qui voilent de moins en moins la puanteur du contenu.
C'est ce que Julien Green avait pressenti, très jeune: il voulait se retirer tout de suite loin du monde et quoi qu'on en dira, il s'est imposé une forte discipline. C'est la raison de son Journal - qui est comme la tenue d'un livre de bord chez un marin. J'ai lu comment a vécu Simone Weil, la convertie qui a souffert durement et s'est vite épuisée: atteinte de tuberculose à la trentaine, elle n'a pas voulu bénéficier de meilleurs soins, en Angleterre, qu'un français sous l'occupation allemande. Et je lis depuis quelques jours le journal d'Etty Hyllesum, la convertie du Ghetto d'Amsterdam, devenue la toute serviable du camp de Westerbork, avant son départ sans crainte et sans haine vers un des camps d'extermination. Et tous nos saints - saint François, sainte Claire, Padre Pio, etc. - que d'existences pénibles considérées du point de vue du monde !
De plus en plus, ce monde, je le vois ainsi: il sent mauvais. Et plus le monde ira mal, plus je m'impliquerai à contre-courant. Pour un converti, je trouve que j'arrive tard dans l'arène, mais je prie le Seigneur de livrer le bon combat jusqu'à la fin. Qu'ils se détrompent donc, tous ceux et toutes celles qui se disent : j'obéis à tous les règlements de l'Eglise, je satisfais à tous les sacrements, mon âme est en sûreté ! Je leur dis: il est temps d'ouvrir les yeux, cessez de prendre les autres à témoin des scandales si vous n'allez pas vous-même faire votre part pour soulager la douleur de vos frères ! Gare à nous si nous avons enterré la pièce d'or que le maître nous a confiée sans avoir voulu nous donner mal et sueur pour la faire fructifier !
Heureux saint Jean-Baptisté, la tête tranchée dans le fond de son cachot. Heureuse sainte Bénédicte de la Croix gazée à Auschwitz, heureux saint Maximilien Kolbe dans le bunker de la faim !
Nombreuses fautes d'orthographe... <:
Lève-toi, tu prononceras contre eux tout ce que je t'ordonnerai. Ne tremble pas devant eux, sinon, c'est moi qui te ferai trembler devant eux. Moi, je fais de toi aujourd'hui une ville fortifiée, une colonne de fer, un rempart de bronze, pour faire face à tout le pays, aux rois de Juda et à ses chefs, à ses prêtres et à tout le peuple. Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi, car je suis avec toi pour te délivrer. Parole du Seigneur. »
Psaume 71(70),1-2.3-4a.5-6ab.15ab.17.
En toi, Seigneur, j'ai mon refuge :
garde-moi d'être humilié pour toujours.
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l'oreille vers moi, et sauve-moi.
Sois le rocher qui m'accueille,
toujours accessible ;
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c'est toi !
Mon Dieu, libère-moi des mains de l'impie, des prises du fourbe et du violent.
Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse.
toi, mon soutien dès avant ma naissance,
tu m'as choisi dès le ventre de ma mère ;
tu seras ma louange toujours !
Ma bouche annonce tout le jour
tes actes de justice et de salut ;
Mon Dieu, tu m'as instruit dès ma jeunesse,
jusqu'à présent, j'ai proclamé tes merveilles.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6,17-29.
Hérode, prince de Galilé, avait fait arrêter Jean et l'avait mis en prison. En effet, il avait épousé Hérodiade, la femme de son frère Philippe,
et Jean lui disait : « Tu n'as pas le droit de prendre la femme de ton frère. »
Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mettre à mort. Mais elle n'y arrivait pas
parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c'était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l'avait entendu, il était très embarrassé, et pourtant, il aimait l'entendre.
Cependant, une occasion favorable se présenta lorsque Hérode, pour son anniversaire, donna un banquet à ses dignitaires, aux chefs de l'armée et aux notables de la Galilée.
La fille d'Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi tout ce que tu veux, je te le donnerai. »
Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c'est la moitié de mon royaume. »
Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu'est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean le Baptiste. »
Aussitôt la jeune fille s'empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que tout de suite tu me donnes sur un plat la tête de Jean Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment fait devant les convives, il ne voulut pas lui opposer un refus.
Aussitôt il envoya un garde avec l'ordre d'apporter la tête de Jean. Le garde s'en alla, et le décapita dans la prison.
Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère.
Lorsque les disciples de Jean apprirent cela, ils vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.
Cy Aelf, Paris
Le refuge de Jean le Baptiste fut bien, toute sa vie, le même que celui du prophète Jérémie. Bien avant de se faire jeter au cachot par Hérode, Jean, emporté par l'Esprit Saint, avait vécu au désert toutes sortes de choses qui ne nous sont pas dites : une vie toute animée par une source de feu, jaillissant à l'intérieur de son âme. Mais, quoi ? C'est ainsi que Dieu prépare avec tendresse et amour ses enfants auxquels Il promet la gloire dans les Cieux ? Le froid, la faim, la chaleur, la soif, l'inconnu du lendemain, la solitude, la nourriture frugale ... c'est donc ainsi que notre Père aime ses enfants ? Jésus lui-même a vécu rudement dans le petit village de Nazareth, avant de partir lui aussi au désert et, tout le temps de sa mission, se fatiguer, s'épuiser, être en butte continuelle à l'opposition des autorités. Voici donc comment Dieu protège les plus chers de ses enfants ?
Oui, eh bien, je me dis aujourd'hui que Dieu a raison. Car ce qui règne en ce monde, aussi bien du temps d'Hérode et des Romains que de notre temps, ce sont le mal, la violence, les turpitudes, les détournements des coeurs, la perversité, des crimes sans nom. Le tout est emballé sous sous les apparence parfumées et brillante de la raison et du progrès, mais qui voilent de moins en moins la puanteur du contenu.
C'est ce que Julien Green avait pressenti, très jeune: il voulait se retirer tout de suite loin du monde et quoi qu'on en dira, il s'est imposé une forte discipline. C'est la raison de son Journal - qui est comme la tenue d'un livre de bord chez un marin. J'ai lu comment a vécu Simone Weil, la convertie qui a souffert durement et s'est vite épuisée: atteinte de tuberculose à la trentaine, elle n'a pas voulu bénéficier de meilleurs soins, en Angleterre, qu'un français sous l'occupation allemande. Et je lis depuis quelques jours le journal d'Etty Hyllesum, la convertie du Ghetto d'Amsterdam, devenue la toute serviable du camp de Westerbork, avant son départ sans crainte et sans haine vers un des camps d'extermination. Et tous nos saints - saint François, sainte Claire, Padre Pio, etc. - que d'existences pénibles considérées du point de vue du monde !
De plus en plus, ce monde, je le vois ainsi: il sent mauvais. Et plus le monde ira mal, plus je m'impliquerai à contre-courant. Pour un converti, je trouve que j'arrive tard dans l'arène, mais je prie le Seigneur de livrer le bon combat jusqu'à la fin. Qu'ils se détrompent donc, tous ceux et toutes celles qui se disent : j'obéis à tous les règlements de l'Eglise, je satisfais à tous les sacrements, mon âme est en sûreté ! Je leur dis: il est temps d'ouvrir les yeux, cessez de prendre les autres à témoin des scandales si vous n'allez pas vous-même faire votre part pour soulager la douleur de vos frères ! Gare à nous si nous avons enterré la pièce d'or que le maître nous a confiée sans avoir voulu nous donner mal et sueur pour la faire fructifier !
Heureux saint Jean-Baptisté, la tête tranchée dans le fond de son cachot. Heureuse sainte Bénédicte de la Croix gazée à Auschwitz, heureux saint Maximilien Kolbe dans le bunker de la faim !
Nombreuses fautes d'orthographe... <:
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Notre scandale et notre folie
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 1,17-25.
Frères, le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l'Évangile, et sans avoir recours à la sagesse du langage humain, ce qui viderait de son sens la croix du Christ.
Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.
L'Écriture dit en effet : La sagesse des sages, je la mènerai à sa perte, et je rejetterai l'intelligence des intelligents.
Que reste-t-il donc des sages ? Que reste-t-il des scribes ou des raisonneurs d'ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l'a-t-il pas rendue folle ?
Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n'a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile.
Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens.
Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car la folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux.
Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes :
les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. '
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. '
Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. '
Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! '
Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. '
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.
Dans son homélie, notre prêtre s'est principalement attardé sur la première lecture, laquelle m'a toujours bien plu aussi. Si je me suis converti, c'est en effet en abandonnant d'un seul coup, par pure grâce, par don de Dieu, au travers d'une vision du Christ crucifié, toutes les constructions intellectuelles par lesquelles j'avais entrepris de chercher à comprendre "pourquoi l'homme est malheureux". Jamais je n'aurais pas pu aboutir, jamais je n'aurais trouvé Dieu, si je ne m'étais mis d'un seul coup à reconnaître mon impuissance; à la fin, considérant la sincérité de mes efforts et mon épuisement, c'est Lui le Seigneur à cause de sa grande miséricorde, qui s'est penché depuis la Croix et s'est révélé à mon âme. Ma conversion confirme donc tout à fait le mot de saint Paul : Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens.
Du coup, la relation dans l’Évangile de ces jeunes filles attendant la venue de l'époux, m'a rappelé tout ce temps de ténèbres entrecoupées de brèves lueurs, durant lesquelles je suis parti à la recherche de ma propre foi. J'avais reçu une bonne provision d'huile pour ma lampe: c'étaient les sacrements reçus, le catéchisme, la proximité de l'autel - comme enfant de choeur, et l'exemple de mes parents. De leur trois enfants, j'y ai sans doute été le plus sensible. Au travers même de leurs défauts, j'ai toujours pu reconnaître leur souci sincère de suivre le dessein de Dieu. Devenu adulte, j'ai reconnu qu'ils n'avaient pas de raison strictement humaine à nous vouloir à tous tant de bien. Très peu de parents, désormais, ont un souci "hérité de Dieu" de continuer, leur vie durant, malgré leur absence, à vouloir le bien de leurs enfants devenus adultes. Telles furent donc les provisions d'huile qui sont venues à point au moment crucial où, plongé dans la nuit, je me suis retourné vers Dieu et son Eglise.
Au passage, le prêtre a égratigné la volonté qui existe, chez nous aussi, de chercher à justifier notre foi de façon raisonnable et rationnelle. Une série de conférences vont avoir lieu dans le diocèse auquel il a dit qu'il n'assisterait pas, car le croyant n'a pas à "rendre raison" de sa foi.
Frères, le Christ ne m'a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l'Évangile, et sans avoir recours à la sagesse du langage humain, ce qui viderait de son sens la croix du Christ.
Car le langage de la croix est folie pour ceux qui vont vers leur perte, mais pour ceux qui vont vers leur salut, pour nous, il est puissance de Dieu.
L'Écriture dit en effet : La sagesse des sages, je la mènerai à sa perte, et je rejetterai l'intelligence des intelligents.
Que reste-t-il donc des sages ? Que reste-t-il des scribes ou des raisonneurs d'ici-bas ? La sagesse du monde, Dieu ne l'a-t-il pas rendue folle ?
Puisque le monde, avec toute sa sagesse, n'a pas su reconnaître Dieu à travers les œuvres de la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par cette folie qu'est la proclamation de l'Évangile.
Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens.
Mais pour ceux que Dieu appelle, qu'ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car la folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,1-13.
Jésus parlait à ses disciples de sa venue ; il disait cette parabole : « Le royaume des cieux sera comparable à des jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe et s'en allèrent à la rencontre de l'époux.
Cinq d'entre elles étaient insensées, et cinq étaient prévoyantes :
les insensées avaient pris leur lampe sans emporter d'huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leur lampe, de l'huile en réserve.
Comme l'époux tardait, elles s'assoupirent toutes et s'endormirent.
Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre : 'Voici l'époux ! Sortez à sa rencontre. '
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et préparèrent leur lampe.
Les insensées demandèrent aux prévoyantes : 'Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s'éteignent. '
Les prévoyantes leur répondirent : 'Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous ; allez plutôt vous en procurer chez les marchands. '
Pendant qu'elles allaient en acheter, l'époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces et l'on ferma la porte.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivent à leur tour et disent : 'Seigneur, Seigneur, ouvre-nous ! '
Il leur répondit : 'Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas. '
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l'heure.
Dans son homélie, notre prêtre s'est principalement attardé sur la première lecture, laquelle m'a toujours bien plu aussi. Si je me suis converti, c'est en effet en abandonnant d'un seul coup, par pure grâce, par don de Dieu, au travers d'une vision du Christ crucifié, toutes les constructions intellectuelles par lesquelles j'avais entrepris de chercher à comprendre "pourquoi l'homme est malheureux". Jamais je n'aurais pas pu aboutir, jamais je n'aurais trouvé Dieu, si je ne m'étais mis d'un seul coup à reconnaître mon impuissance; à la fin, considérant la sincérité de mes efforts et mon épuisement, c'est Lui le Seigneur à cause de sa grande miséricorde, qui s'est penché depuis la Croix et s'est révélé à mon âme. Ma conversion confirme donc tout à fait le mot de saint Paul : Alors que les Juifs réclament les signes du Messie, et que le monde grec recherche une sagesse, nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les peuples païens.
Du coup, la relation dans l’Évangile de ces jeunes filles attendant la venue de l'époux, m'a rappelé tout ce temps de ténèbres entrecoupées de brèves lueurs, durant lesquelles je suis parti à la recherche de ma propre foi. J'avais reçu une bonne provision d'huile pour ma lampe: c'étaient les sacrements reçus, le catéchisme, la proximité de l'autel - comme enfant de choeur, et l'exemple de mes parents. De leur trois enfants, j'y ai sans doute été le plus sensible. Au travers même de leurs défauts, j'ai toujours pu reconnaître leur souci sincère de suivre le dessein de Dieu. Devenu adulte, j'ai reconnu qu'ils n'avaient pas de raison strictement humaine à nous vouloir à tous tant de bien. Très peu de parents, désormais, ont un souci "hérité de Dieu" de continuer, leur vie durant, malgré leur absence, à vouloir le bien de leurs enfants devenus adultes. Telles furent donc les provisions d'huile qui sont venues à point au moment crucial où, plongé dans la nuit, je me suis retourné vers Dieu et son Eglise.
Au passage, le prêtre a égratigné la volonté qui existe, chez nous aussi, de chercher à justifier notre foi de façon raisonnable et rationnelle. Une série de conférences vont avoir lieu dans le diocèse auquel il a dit qu'il n'assisterait pas, car le croyant n'a pas à "rendre raison" de sa foi.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
La parole de délivrance
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,16-30.
Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays ! ' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Lorsque Jésus dit : "Cette Parole d'Isaïe, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit", cela a choqué les Juifs dans la synagogue de Nazareth au point qu'ils deviennent les premiers à vouloir le mettre à mort. Mais c'est pour aujourd'hui - et pour nous aussi. C'est pour notre temps, pour nous, qui que nous soyons, où que nous vivions. Et je note que par deux fois, c'est d'une grande libération dont il est question.
Dans ma vie personnelle, les évènements se sont multipliés rapidement en trois jours. Samedi soir, à la messe anticipée du dimanche, comme j'étais en avance, j'ai eu cette surprise: le prêtre, en avance lui aussi, est venu directement sur moi pour me parler. C'était avant l'office. Il s'est dit tout content de cette rencontre. En effet, nous avons en commun de vouloir vivre de peu. Et aussitôt je lui ai fait part de ma découverte bouleversante de vendredi (***) , laquelle m'invite à sans doute changer ma manière de vivre du tout au tout.
Au cours de la journée de dimanche, j'ai voulu encore parler des mêmes choses à un vieil ami avec lequel j'avais rédigé mon mémoire de fin d'études (sur un sujet économique). Durant cette dernière nuit, j'ai ressenti une détresse physique et morale d'une très grande puissance - j'en sors comme "moulu". Après l'Eucharistie de ce matin, je pensais que cet enchaînement s'arrêterait, mais non: à la caisse d'un magasin, j'ai rencontré le premier "exclu social" de la rentrée de septembre. Cet homme à mon âge et m'a dit: "Voilà ce qui m'arrive: ma propre femme m'a dénoncé et mes indemnités de chômage m'ont été supprimées d'un seul coup..." Les journaux avaient, avant l'été, parlé de ces sanctions "à effet immédiat" - pour cause de resserrement du budget au niveau national, afin de répondre aux exigences des "instances européennes".
Lorsque Jésus dit - même épisode, autre évangéliste: "Le Royaume des Cieux ne vient pas de manière à frapper le regard, le voici, il est au milieu de vous"... il ne s'agit pas d'une abondance de biens terrestres, mais de la délivrance de l'oppression des démons. Mon désir de vivre autrement m'a ouvert la bouche tout ce week-end. Je me suis mis en marche, ma première pensée fut d'ouvrir ou d'aller vivre dans un "Foyer de Charité" en y partageant tous mes biens, et cela sans attendre l'âge de la pension - ce qui ne signifie plus rien à mes yeux de toute manière.
Il nous faut vivre en Dieu seul, en s'appuyant sur la Parole de son Fils.
(***)
Ici :
ou ici :
Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l'habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération,
annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? »
Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays ! ' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays.
En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ;
pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Lorsque Jésus dit : "Cette Parole d'Isaïe, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit", cela a choqué les Juifs dans la synagogue de Nazareth au point qu'ils deviennent les premiers à vouloir le mettre à mort. Mais c'est pour aujourd'hui - et pour nous aussi. C'est pour notre temps, pour nous, qui que nous soyons, où que nous vivions. Et je note que par deux fois, c'est d'une grande libération dont il est question.
Dans ma vie personnelle, les évènements se sont multipliés rapidement en trois jours. Samedi soir, à la messe anticipée du dimanche, comme j'étais en avance, j'ai eu cette surprise: le prêtre, en avance lui aussi, est venu directement sur moi pour me parler. C'était avant l'office. Il s'est dit tout content de cette rencontre. En effet, nous avons en commun de vouloir vivre de peu. Et aussitôt je lui ai fait part de ma découverte bouleversante de vendredi (***) , laquelle m'invite à sans doute changer ma manière de vivre du tout au tout.
Au cours de la journée de dimanche, j'ai voulu encore parler des mêmes choses à un vieil ami avec lequel j'avais rédigé mon mémoire de fin d'études (sur un sujet économique). Durant cette dernière nuit, j'ai ressenti une détresse physique et morale d'une très grande puissance - j'en sors comme "moulu". Après l'Eucharistie de ce matin, je pensais que cet enchaînement s'arrêterait, mais non: à la caisse d'un magasin, j'ai rencontré le premier "exclu social" de la rentrée de septembre. Cet homme à mon âge et m'a dit: "Voilà ce qui m'arrive: ma propre femme m'a dénoncé et mes indemnités de chômage m'ont été supprimées d'un seul coup..." Les journaux avaient, avant l'été, parlé de ces sanctions "à effet immédiat" - pour cause de resserrement du budget au niveau national, afin de répondre aux exigences des "instances européennes".
Lorsque Jésus dit - même épisode, autre évangéliste: "Le Royaume des Cieux ne vient pas de manière à frapper le regard, le voici, il est au milieu de vous"... il ne s'agit pas d'une abondance de biens terrestres, mais de la délivrance de l'oppression des démons. Mon désir de vivre autrement m'a ouvert la bouche tout ce week-end. Je me suis mis en marche, ma première pensée fut d'ouvrir ou d'aller vivre dans un "Foyer de Charité" en y partageant tous mes biens, et cela sans attendre l'âge de la pension - ce qui ne signifie plus rien à mes yeux de toute manière.
Il nous faut vivre en Dieu seul, en s'appuyant sur la Parole de son Fils.
(***)
Ici :
ou ici :
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
La gloire de Dieu, c'est le relèvement de l'homme
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 2,10b-16.
Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. De même, personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Et nous, l'esprit que nous avons reçu, ce n'est pas celui du monde, c'est celui qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a faits. Et nous proclamons cela avec un langage que nous n'apprenons pas de la sagesse humaine, mais de l'Esprit, et nous interprétons de manière spirituelle ce qui vient de l'Esprit.
L'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. Mais l'homme qui est animé par l'Esprit juge de tout, et lui ne peut être jugé par personne.
L'Écriture demandait : Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui lui donnera des conseils ? Eh bien ! la pensée du Christ, c'est nous qui l'avons !
Psaume 145(144),8-9.10-11.12-13ab.13cd-14.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits,
Annonçant aux hommes tes exploits,
la gloire et l'éclat de ton règne :
Ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.
Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,31-37.
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque,
qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! »
Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
Pourquoi chercher une sagesse de Dieu qui serait comparable à la sagesse humaine ? Inutile et coûteuse perte de temps. Quoique... c'est seulement ce qui a été abaissé qui peut être relevé. C'est ainsi qu'il est écrit que Jésus descendit à Capharnaüm, ville où se croisaient les caravanes de tous les pays d'Orient, et édifiée au bord de cette 'mer' de Galilée aux eaux très capricieuses - celle-ci pouvant très bien représenter le monde et l'autre toutes les activités auxquelles les hommes s'adonnent. Il enseigne et les hommes sont frappés par l'autorité de son enseignement: cela veut dire que Jésus ne parle pas comme nous, qui ne faisons qu’échafauder des hypothèses pour les discuter ensuite. Mais Lui, Jésus énonce tout simplement ce qui EST. En langage humain, on dirait que "Jésus parle d'évidence" et que sa sagesse "illumine". D'ailleurs, l'esprit démoniaque reconnaît le Seigneur aussitôt... il ne peut faire autrement que s'abaisser devant Lui et disparaître ensuite, tandis que sa victime est relevée.
Saint Paul reconnaît également que lui-même, comme tous les apôtres, ne parle pas selon sa propre intelligence ou sa sagesse, mais ne sert que de 'porte-voix', de support à l'esprit divin. Cette sagesse divine, insondable, est toujours à l'oeuvre pour soutenir ceux qui tombent et redresser ceux qui sont accablés.
Cette sagesse de Dieu, qui n'est pas sagesse de l'homme, je l'ai retrouvée récemment, avec émotion et intensité, dans le journal tenue par une juive convertie durant la seconde guerre mondiale. Elle dit en substance: "Pourquoi protester que Dieu ne fait rien pour nous, Lui qui a tout fait ? Dieu n'a pas de compte à nous rendre, mais c'est nous qui avons des comptes à lui rendre ! Dieu ne peut rien faire pour nous, mais nous pouvons faire quelque chose pour Dieu: en renonçant au mal qui nous habite, en l'extirpant de nous, de chacun d'entre nous..."
Si nous voulons bien faire taire en nous tout ce qui prétend être, nous laisserons apparaître Celui qui Est et, quelles que soient nos conditions d'existence, nous danserons de joie !
Et c'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu. Qui donc, parmi les hommes, sait ce qu'il y a dans l'homme ? Seul l'esprit de l'homme le sait, lui qui est dans l'homme. De même, personne ne connaît ce qu'il y a en Dieu, sinon l'Esprit de Dieu. Et nous, l'esprit que nous avons reçu, ce n'est pas celui du monde, c'est celui qui vient de Dieu, et ainsi nous avons conscience des dons que Dieu nous a faits. Et nous proclamons cela avec un langage que nous n'apprenons pas de la sagesse humaine, mais de l'Esprit, et nous interprétons de manière spirituelle ce qui vient de l'Esprit.
L'homme qui n'a que ses forces d'homme ne peut pas saisir ce qui vient de l'Esprit de Dieu ; pour lui ce n'est que folie, et il ne peut pas comprendre, car c'est par l'Esprit qu'on en juge. Mais l'homme qui est animé par l'Esprit juge de tout, et lui ne peut être jugé par personne.
L'Écriture demandait : Qui a connu la pensée du Seigneur ? Qui lui donnera des conseils ? Eh bien ! la pensée du Christ, c'est nous qui l'avons !
Psaume 145(144),8-9.10-11.12-13ab.13cd-14.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits,
Annonçant aux hommes tes exploits,
la gloire et l'éclat de ton règne :
Ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.
Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit,
fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent,
il redresse tous les accablés.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,31-37.
Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
On était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d'autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par un esprit démoniaque,
qui se mit à crier d'une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu ! » Jésus l'interpella vivement : « Silence ! Sors de cet homme ! » Alors le démon le jeta par terre devant tout le monde et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent effrayés, et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Car il commande avec autorité et puissance aux esprits mauvais, et ils sortent ! »
Et la réputation de Jésus se propagea dans toute la région.
Pourquoi chercher une sagesse de Dieu qui serait comparable à la sagesse humaine ? Inutile et coûteuse perte de temps. Quoique... c'est seulement ce qui a été abaissé qui peut être relevé. C'est ainsi qu'il est écrit que Jésus descendit à Capharnaüm, ville où se croisaient les caravanes de tous les pays d'Orient, et édifiée au bord de cette 'mer' de Galilée aux eaux très capricieuses - celle-ci pouvant très bien représenter le monde et l'autre toutes les activités auxquelles les hommes s'adonnent. Il enseigne et les hommes sont frappés par l'autorité de son enseignement: cela veut dire que Jésus ne parle pas comme nous, qui ne faisons qu’échafauder des hypothèses pour les discuter ensuite. Mais Lui, Jésus énonce tout simplement ce qui EST. En langage humain, on dirait que "Jésus parle d'évidence" et que sa sagesse "illumine". D'ailleurs, l'esprit démoniaque reconnaît le Seigneur aussitôt... il ne peut faire autrement que s'abaisser devant Lui et disparaître ensuite, tandis que sa victime est relevée.
Saint Paul reconnaît également que lui-même, comme tous les apôtres, ne parle pas selon sa propre intelligence ou sa sagesse, mais ne sert que de 'porte-voix', de support à l'esprit divin. Cette sagesse divine, insondable, est toujours à l'oeuvre pour soutenir ceux qui tombent et redresser ceux qui sont accablés.
Cette sagesse de Dieu, qui n'est pas sagesse de l'homme, je l'ai retrouvée récemment, avec émotion et intensité, dans le journal tenue par une juive convertie durant la seconde guerre mondiale. Elle dit en substance: "Pourquoi protester que Dieu ne fait rien pour nous, Lui qui a tout fait ? Dieu n'a pas de compte à nous rendre, mais c'est nous qui avons des comptes à lui rendre ! Dieu ne peut rien faire pour nous, mais nous pouvons faire quelque chose pour Dieu: en renonçant au mal qui nous habite, en l'extirpant de nous, de chacun d'entre nous..."
Si nous voulons bien faire taire en nous tout ce qui prétend être, nous laisserons apparaître Celui qui Est et, quelles que soient nos conditions d'existence, nous danserons de joie !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
-
etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
La croissance de la foi
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,1-8.9a.
Frères, quand je me suis adressé à vous, je n'ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais seulement comme à de faibles êtres de chair, comme à des enfants dans le Christ.
C'est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n'auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas,
car vous êtes encore des êtres de chair. Puisqu'il y a entre vous des jalousies et des disputes, n'êtes-vous pas toujours des êtres de chair, et n'avez-vous pas une conduite toute humaine ?
Quand l'un de vous dit : « Moi, j'appartiens à Paul », et un autre : « J'appartiens à Apollos », n'est-ce pas un langage tout humain ?
En fait, qui est Apollos ? et qui est Paul ? Rien que des ministres de Dieu, par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d'eux.
Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais c'est Dieu qui donnait la croissance.
Donc celui qui plante ne compte pas, ni celui qui arrose ; seul compte celui qui donne la croissance : Dieu.
Entre celui qui plante et celui qui arrose, il n'y a pas de différence, mais chacun recevra son salaire suivant la peine qu'il se sera donnée.
Nous sommes les collaborateurs de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, vous êtes la maison que Dieu construit.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.
En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur. Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l'instant même, elle se leva, et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie. Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Ce n'est certes pas pour rien qu'un homme cultivé comme était Luc nous montre que Jésus chasse la maladie de la belle-mère de Simon de la même façon qu'il chasse les démons. Il est écrit qu'il "interpelle vivement" ici la maladie, là les démons, et ces maux sont expulsés. Ce qui laisse comprendre qu'aucun mal qui touche l'homme ne peut résister à la Parole, au Verbe fait chair, à Jésus. Car en Lui sont "tous les trésors de la sagesse et de la science", comme je l'ai lu dans les Litanies au Coeur Sacré de Jésus - une de mes oraisons préférées dans les temps de détresse.
Les habitants de Capharnaüm voudraient bien garder Jésus pour eux seuls, mais Jésus doit poursuivre sa mission et aller dans les autres villes. C'est pour cela qu'il a été envoyé. Encore en ce jour, Jésus ressuscité, désormais présent dans toutes les villes de la planète, délivre sûrement tous ceux et toutes celles qui sont possédés d'esprits mauvais et de maladies. J'ose dire cela !?! Oui, je le dis et je m'accuse moi-même car c'est notre manque de foi à tous, vous et moi, qui fait que nous demeurons longtemps prisonniers de nos esprits mauvais et de nos maladies. En réalité, notre "déficit" premier, c'est celui de la foi !...
C'est notre manière d'appréhender les choses de Dieu en est la cause. Dans la première lecture, saint Paul fait réprimande les Corinthiens pour leur manière de croire toute humaine: "Moi, je suis d'Apollos ! Et moi je suis de Paul !" Eh bien, nous aussi, la plupart du temps, nous n'affirmons qu'une manière de croire qui est la nôtre, qui est selon nos goûts ou nos affinités, mais qui, hélas, n'est pas - pas encore du moins, la vraie foi. Les habitants de Capharnaüm, qui ont pourtant vu agir Jésus - qui ont même pu le toucher, se verront reprocher le même manque de foi. Ici, je cite Matthieu: "Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville subsisterait encore aujourd'hui." [Mt - 11 : 23]
Comment donc guérir de notre incrédulité ? Comment faire que notre foi, toute petite qu'elle est, se mette enfin à grandir ? Je dois avouer humblement cette découverte que j'ai faite en moi: aujourd'hui encore, lorsque je récite le chapelet de la miséricorde divine, qui est celui de la congrégation à laquelle j'appartiens, j'omets très souvent la finale, qui proclame: "Jésus, j'ai confiance en Toi !". Oui, j'ai la foi, mais il faut encore que ma foi devienne confiance, une confiance tout à fait puérile, une confiance d'enfant - et à ce niveau, "quelque chose en moi" résiste toujours à Jésus.
La foi, comme dit Bernanos, "informe"ma vie - et c'est déjà beaucoup. Mais pour faire grandir ma foi, j'ai deux éléments: la discipline de chaque jour, et : mes épreuves. Si je n'avais pas eu des épreuves, je n'aurais jamais prié comme je me suis mis à partir des années 90. J'avais vraiment l'impression de moudre du grain avec mon chapelet ! Je partais et je marchais des heures entières en récitant mes Ave Maria. Et c'est une épreuve encore (une chute) qui m'a contraint à mieux réfléchir pour savoir si j'allais suivre cette voie qui m'était proposée - de la théologie de la miséricorde divine.
Et de ce fait, de prière en prière, d'épreuve en épreuve, petit à petit, il me vient de pouvoir me dire, comme ce matin: "Je suis heureux - je vois bien tout ce qui ne va pas, je sais que tout peut arriver, mais j'ai la foi, et comme je suis heureux d'avoir la foi !"
.
Frères, quand je me suis adressé à vous, je n'ai pas pu vous parler comme à des spirituels, mais seulement comme à de faibles êtres de chair, comme à des enfants dans le Christ.
C'est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n'auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas,
car vous êtes encore des êtres de chair. Puisqu'il y a entre vous des jalousies et des disputes, n'êtes-vous pas toujours des êtres de chair, et n'avez-vous pas une conduite toute humaine ?
Quand l'un de vous dit : « Moi, j'appartiens à Paul », et un autre : « J'appartiens à Apollos », n'est-ce pas un langage tout humain ?
En fait, qui est Apollos ? et qui est Paul ? Rien que des ministres de Dieu, par qui vous êtes devenus croyants, et qui ont agi selon les dons du Seigneur à chacun d'eux.
Moi, j'ai planté, Apollos a arrosé ; mais c'est Dieu qui donnait la croissance.
Donc celui qui plante ne compte pas, ni celui qui arrose ; seul compte celui qui donne la croissance : Dieu.
Entre celui qui plante et celui qui arrose, il n'y a pas de différence, mais chacun recevra son salaire suivant la peine qu'il se sera donnée.
Nous sommes les collaborateurs de Dieu, et vous êtes le champ de Dieu, vous êtes la maison que Dieu construit.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,38-44.
En quittant la synagogue, Jésus entra chez Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on implora Jésus en sa faveur. Il se pencha sur elle, interpella vivement la fièvre, et celle-ci quitta la malade. A l'instant même, elle se leva, et elle les servait. Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des infirmes atteints de diverses maladies les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d'eux, les guérissait. Des esprits mauvais sortaient de beaucoup d'entre eux en criant : « Tu es le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les interpellait vivement et leur interdisait de parler parce qu'ils savaient, eux, qu'il était le Messie. Quand il fit jour, il sortit et se retira dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu'à lui, et elles le retenaient pour l'empêcher de les quitter.
Mais il leur dit : « Il faut que j'aille aussi dans les autres villes pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c'est pour cela que j'ai été envoyé. » Et il se rendait dans les synagogues de Judée pour y proclamer la Bonne Nouvelle.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Ce n'est certes pas pour rien qu'un homme cultivé comme était Luc nous montre que Jésus chasse la maladie de la belle-mère de Simon de la même façon qu'il chasse les démons. Il est écrit qu'il "interpelle vivement" ici la maladie, là les démons, et ces maux sont expulsés. Ce qui laisse comprendre qu'aucun mal qui touche l'homme ne peut résister à la Parole, au Verbe fait chair, à Jésus. Car en Lui sont "tous les trésors de la sagesse et de la science", comme je l'ai lu dans les Litanies au Coeur Sacré de Jésus - une de mes oraisons préférées dans les temps de détresse.
Les habitants de Capharnaüm voudraient bien garder Jésus pour eux seuls, mais Jésus doit poursuivre sa mission et aller dans les autres villes. C'est pour cela qu'il a été envoyé. Encore en ce jour, Jésus ressuscité, désormais présent dans toutes les villes de la planète, délivre sûrement tous ceux et toutes celles qui sont possédés d'esprits mauvais et de maladies. J'ose dire cela !?! Oui, je le dis et je m'accuse moi-même car c'est notre manque de foi à tous, vous et moi, qui fait que nous demeurons longtemps prisonniers de nos esprits mauvais et de nos maladies. En réalité, notre "déficit" premier, c'est celui de la foi !...
C'est notre manière d'appréhender les choses de Dieu en est la cause. Dans la première lecture, saint Paul fait réprimande les Corinthiens pour leur manière de croire toute humaine: "Moi, je suis d'Apollos ! Et moi je suis de Paul !" Eh bien, nous aussi, la plupart du temps, nous n'affirmons qu'une manière de croire qui est la nôtre, qui est selon nos goûts ou nos affinités, mais qui, hélas, n'est pas - pas encore du moins, la vraie foi. Les habitants de Capharnaüm, qui ont pourtant vu agir Jésus - qui ont même pu le toucher, se verront reprocher le même manque de foi. Ici, je cite Matthieu: "Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu'au ciel ? Non, tu descendras jusqu'au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville subsisterait encore aujourd'hui." [Mt - 11 : 23]
Comment donc guérir de notre incrédulité ? Comment faire que notre foi, toute petite qu'elle est, se mette enfin à grandir ? Je dois avouer humblement cette découverte que j'ai faite en moi: aujourd'hui encore, lorsque je récite le chapelet de la miséricorde divine, qui est celui de la congrégation à laquelle j'appartiens, j'omets très souvent la finale, qui proclame: "Jésus, j'ai confiance en Toi !". Oui, j'ai la foi, mais il faut encore que ma foi devienne confiance, une confiance tout à fait puérile, une confiance d'enfant - et à ce niveau, "quelque chose en moi" résiste toujours à Jésus.
La foi, comme dit Bernanos, "informe"ma vie - et c'est déjà beaucoup. Mais pour faire grandir ma foi, j'ai deux éléments: la discipline de chaque jour, et : mes épreuves. Si je n'avais pas eu des épreuves, je n'aurais jamais prié comme je me suis mis à partir des années 90. J'avais vraiment l'impression de moudre du grain avec mon chapelet ! Je partais et je marchais des heures entières en récitant mes Ave Maria. Et c'est une épreuve encore (une chute) qui m'a contraint à mieux réfléchir pour savoir si j'allais suivre cette voie qui m'était proposée - de la théologie de la miséricorde divine.
Et de ce fait, de prière en prière, d'épreuve en épreuve, petit à petit, il me vient de pouvoir me dire, comme ce matin: "Je suis heureux - je vois bien tout ce qui ne va pas, je sais que tout peut arriver, mais j'ai la foi, et comme je suis heureux d'avoir la foi !"
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Vocation de Pierre - Jésus, les apôtres, les poissons
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,18-23.
Que personne ne s'y trompe : si quelqu'un parmi vous pense être un sage à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. L'Écriture le dit : C'est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.
Elle dit encore : Le Seigneur connaît les raisonnements des sages : ce n'est que du vent !
Ainsi, il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient,
Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l'avenir : tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth : la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Le lien entre la première et la deuxième lecture ne m'a pas paru évident, mais au second regard, s'il faut être fou pour devenir sage, alors, c'est ce qu'a fait Pierre au moment de sa conversion. Il a abandonné sa barque juste au moment où il venait de réaliser ses meilleures prises, et il a abandonné le lac de Galilée, et sa famille, tout simplement parce qu'il a reconnu la sagesse de Dieu présente en Jésus.
J'avoue que je regrette un peu de ne pas connaître ce que Jésus a pu dire à la foule, depuis cette 'tribune' inédite que Jésus a choisi pour enseigner. Mais, pour le reste, la symbolique vient à mon secours: Jésus se tient assis dans la barque, qui est sur les eaux, et il s'adresse aux hommes demeurés sur la terre ferme. Ensuite, il prend dans les eaux de quoi nourrir la foule. N'y a-t-il pas quelque chose à dire à ce sujet ? Je le dirai comme cela me vient à l'instant : Simon-Pierre, Jacques et Jean vont devenir apôtres afin d'enseigner comme Jésus : ils devront, pour ce faire, d'abord avoir été choisis par lui et ensuite, comme Jésus, passer de l'enseignement à la retraite - une autre façon de vivre que celle qu'il y a dans le monde.Ensuite, il y a la pèche miraculeuse. C'est que la Parole n'est pas seulement enseignement, elle est aussi nourriture. Jésus dira: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas; ma nourriture, c'est d'accomplir la volonté de mon Père". Comme il est écrit dans la Loi: "L'homme ne se nourrit pas que de pain, mais aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".
L'amour de Dieu est-il donc une force capable de se substituer aux besoins de la chair ? C'est ce que je crois de plus en plus. Ce monde, à mes yeux, est déjà perdu. J'y suis encore pour un temps, mais il y a déjà près de trente ans que je m'en tiens en retrait. Cela veut dire: avant le travail, chaque jour durant vingt ans, temps de silence de six à sept heures, de Laudes (psaumes chantés sans accompagnement) et l'Eucharistie. Ce n'est pas moi qui l'ai voulu ainsi, mais c'est le Seigneur. Il m'a entraîné après la guérison d'une dépression. Aujourd'hui, dans mon diocèse, personne, pas même mon confesseur, n'a - semble-t-il, entendu parler de sainte Faustine et de la congrégation qu'elle a fondée. J'ai bien "fait" ma théologie, mais par correspondance. Personne ne connaît non plus ma signature au bas des budgets de Fabrique de ma paroisse. Jésus a permis seulement que je devienne un pseudonyme - et moi qui voulais plus ! Mais je prie. Ah, si je savais prier comme on respire, quelle heureuse respiration !
.
Que personne ne s'y trompe : si quelqu'un parmi vous pense être un sage à la manière d'ici-bas, qu'il devienne fou pour devenir sage. Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. L'Écriture le dit : C'est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.
Elle dit encore : Le Seigneur connaît les raisonnements des sages : ce n'est que du vent !
Ainsi, il ne faut pas mettre son orgueil en des hommes dont on se réclame. Car tout vous appartient,
Paul et Apollos et Pierre, le monde et la vie et la mort, le présent et l'avenir : tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,1-11.
Un jour, Jésus se trouvait sur le bord du lac de Génésareth : la foule se pressait autour de lui pour écouter la parole de Dieu.
Il vit deux barques amarrées au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques, qui appartenait à Simon, et lui demanda de s'éloigner un peu du rivage. Puis il s'assit et, de la barque, il enseignait la foule.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez les filets pour prendre du poisson. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ton ordre, je vais jeter les filets. »
Ils le firent, et ils prirent une telle quantité de poissons que leurs filets se déchiraient.
Ils firent signe à leurs compagnons de l'autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu'elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux pieds de Jésus, en disant : « Seigneur, éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur. »
L'effroi, en effet, l'avait saisi, lui et ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu'ils avaient prise ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, ses compagnons. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.
Le lien entre la première et la deuxième lecture ne m'a pas paru évident, mais au second regard, s'il faut être fou pour devenir sage, alors, c'est ce qu'a fait Pierre au moment de sa conversion. Il a abandonné sa barque juste au moment où il venait de réaliser ses meilleures prises, et il a abandonné le lac de Galilée, et sa famille, tout simplement parce qu'il a reconnu la sagesse de Dieu présente en Jésus.
J'avoue que je regrette un peu de ne pas connaître ce que Jésus a pu dire à la foule, depuis cette 'tribune' inédite que Jésus a choisi pour enseigner. Mais, pour le reste, la symbolique vient à mon secours: Jésus se tient assis dans la barque, qui est sur les eaux, et il s'adresse aux hommes demeurés sur la terre ferme. Ensuite, il prend dans les eaux de quoi nourrir la foule. N'y a-t-il pas quelque chose à dire à ce sujet ? Je le dirai comme cela me vient à l'instant : Simon-Pierre, Jacques et Jean vont devenir apôtres afin d'enseigner comme Jésus : ils devront, pour ce faire, d'abord avoir été choisis par lui et ensuite, comme Jésus, passer de l'enseignement à la retraite - une autre façon de vivre que celle qu'il y a dans le monde.Ensuite, il y a la pèche miraculeuse. C'est que la Parole n'est pas seulement enseignement, elle est aussi nourriture. Jésus dira: "J'ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas; ma nourriture, c'est d'accomplir la volonté de mon Père". Comme il est écrit dans la Loi: "L'homme ne se nourrit pas que de pain, mais aussi de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".
L'amour de Dieu est-il donc une force capable de se substituer aux besoins de la chair ? C'est ce que je crois de plus en plus. Ce monde, à mes yeux, est déjà perdu. J'y suis encore pour un temps, mais il y a déjà près de trente ans que je m'en tiens en retrait. Cela veut dire: avant le travail, chaque jour durant vingt ans, temps de silence de six à sept heures, de Laudes (psaumes chantés sans accompagnement) et l'Eucharistie. Ce n'est pas moi qui l'ai voulu ainsi, mais c'est le Seigneur. Il m'a entraîné après la guérison d'une dépression. Aujourd'hui, dans mon diocèse, personne, pas même mon confesseur, n'a - semble-t-il, entendu parler de sainte Faustine et de la congrégation qu'elle a fondée. J'ai bien "fait" ma théologie, mais par correspondance. Personne ne connaît non plus ma signature au bas des budgets de Fabrique de ma paroisse. Jésus a permis seulement que je devienne un pseudonyme - et moi qui voulais plus ! Mais je prie. Ah, si je savais prier comme on respire, quelle heureuse respiration !
.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Les traditions et la nouveauté
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 4,1-5.
Frères, il faut que l'on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l'on demande aux intendants, c'est en somme de mériter confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes ; d'ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur. Alors, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il fera paraître les intentions secrètes. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,33-39.
On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! » Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. » Et il dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s'accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : 'C'est le vieux qui est bon.
Cy Aelf, Paris
La nouveauté du comportement de Jésus et de ses disciples surprennent les Juifs. La pratique de la religion n'est-elle pas fondée sur la pratique de rites, d'attitudes lors des assemblées ? C'est bien ce qui s'est toujours pratiqué et d'ailleurs, les disciples de Jean le Baptiste ne contestent pas cela aux Pharisiens, puisqu'ils font de même ! Alors, pour quelles raisons, avant de manger, les disciples de Jésus se passent-ils des jeûnes, pourquoi ne se lavent-ils pas les mains et ne purifient-ils pas leurs plats et leurs cruches, comme c'est l'usage ? La réponse, c'est qu'avec la venue de Jésus, ce ne sont plus les formes qui ont la préséance, mais bien le fond. On se souvient du signe éclatant de nouveauté que Jésus a donné lors de son tout premier miracle, à Cana, lors d'un repas de noces. N'est-il pas, lui, l’Époux ? Aux noces de l'Agneau, ce ne sont plus les vases destinés aux ablutions rituelles - et ces rites eux-mêmes qui comptent, mais bien que les invités se réjouissent et boivent du bon vin ! Et c'est ainsi que Jésus avait changé en très bon vin l'eau qui était destinée à se laver les mains ! Ce fut son premier signe - un signe éclatant de par le renouvellement des choses et de leur sens.
Mais en voulons-nous ? Que voulons-nous par la pratique de notre foi ? Des assurances, des certitudes, des traditions, de la régularité, des consignes, des ordres de marche ? Oui, mais qu'est-ce que Dieu, Lui, veut de nous ?
L’Épître de ce jour correspond bien à l’Évangile. Que dit saint Paul ? Du moment que l'on ait confiance en son enseignement, peu importe qu'on le juge. Il va même plus loin en disant clairement que sa conscience ne lui reproche, que sa conscience est elle-même soumise à Dieu. Et ce que je ressens me fait dire qu'en parlant ainsi, il jouit de la joie d'une pleine et entière liberté.
A la fin de l'Evangile, j'ai souri de la remarque que fait Jésus, dont la portée est universelle et de tous les temps. C'est vrai que quiconque a comparé un "Beaujolais nouveau" et un "Mouton à cinq pattes", dira évidemment: c'est le second qui est bon !
Pourquoi ne pas vous souhaiter bonne santé aujourd'hui - et bonnes Noces !
Frères, il faut que l'on nous regarde seulement comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l'on demande aux intendants, c'est en somme de mériter confiance. Pour ma part, je me soucie fort peu de votre jugement sur moi, ou de celui que prononceraient les hommes ; d'ailleurs, je ne me juge même pas moi-même. Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n'est pas pour cela que je suis juste : celui qui me juge, c'est le Seigneur. Alors, ne portez pas de jugement prématuré, mais attendez la venue du Seigneur, car il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et il fera paraître les intentions secrètes. Alors, la louange qui revient à chacun lui sera donnée par Dieu.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,33-39.
On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! » Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l'Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l'Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. » Et il dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s'accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : 'C'est le vieux qui est bon.
Cy Aelf, Paris
La nouveauté du comportement de Jésus et de ses disciples surprennent les Juifs. La pratique de la religion n'est-elle pas fondée sur la pratique de rites, d'attitudes lors des assemblées ? C'est bien ce qui s'est toujours pratiqué et d'ailleurs, les disciples de Jean le Baptiste ne contestent pas cela aux Pharisiens, puisqu'ils font de même ! Alors, pour quelles raisons, avant de manger, les disciples de Jésus se passent-ils des jeûnes, pourquoi ne se lavent-ils pas les mains et ne purifient-ils pas leurs plats et leurs cruches, comme c'est l'usage ? La réponse, c'est qu'avec la venue de Jésus, ce ne sont plus les formes qui ont la préséance, mais bien le fond. On se souvient du signe éclatant de nouveauté que Jésus a donné lors de son tout premier miracle, à Cana, lors d'un repas de noces. N'est-il pas, lui, l’Époux ? Aux noces de l'Agneau, ce ne sont plus les vases destinés aux ablutions rituelles - et ces rites eux-mêmes qui comptent, mais bien que les invités se réjouissent et boivent du bon vin ! Et c'est ainsi que Jésus avait changé en très bon vin l'eau qui était destinée à se laver les mains ! Ce fut son premier signe - un signe éclatant de par le renouvellement des choses et de leur sens.
Mais en voulons-nous ? Que voulons-nous par la pratique de notre foi ? Des assurances, des certitudes, des traditions, de la régularité, des consignes, des ordres de marche ? Oui, mais qu'est-ce que Dieu, Lui, veut de nous ?
L’Épître de ce jour correspond bien à l’Évangile. Que dit saint Paul ? Du moment que l'on ait confiance en son enseignement, peu importe qu'on le juge. Il va même plus loin en disant clairement que sa conscience ne lui reproche, que sa conscience est elle-même soumise à Dieu. Et ce que je ressens me fait dire qu'en parlant ainsi, il jouit de la joie d'une pleine et entière liberté.
A la fin de l'Evangile, j'ai souri de la remarque que fait Jésus, dont la portée est universelle et de tous les temps. C'est vrai que quiconque a comparé un "Beaujolais nouveau" et un "Mouton à cinq pattes", dira évidemment: c'est le second qui est bon !
Pourquoi ne pas vous souhaiter bonne santé aujourd'hui - et bonnes Noces !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Messages : 13130
- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Abaissement et relèvement - une illustration
"Oui, il y a dans la nature des lois très miséricordieuses, à condition du moins que nous ne perdions pas le sens de leur rythme. Je ne cesse pas de l'observer sur moi-même: quand on est parvenu aux limites extrêmes du désespoir et que l'on se croit incapable de continuer, le fléau de la balance rebondit dans la balance et l'on se sent de nouveau capable de rire et de prendre la vie comme elle vient. Quand, pendant de très longues périodes, on est en proie à l'accablement le plus lourd, on peut ensuite et sans transition, s'élever au-dessus de cette misère terrestre, au point de se sentir léger et libéré comme jamais encore dans sa vie. Je vais de nouveau très bien, alors que quelques jours durant, j'étais assez désespéré". (Etty Hillesum, juillet 1943)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Tendre la main...
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,6-11.
Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus afin de voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l'accuser. Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi, et reste debout devant tout le monde. » L'homme se leva et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l'homme : « Étends ta main. » Il le fit, et sa main redevint normale.
Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu'ils allaient faire à Jésus.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Pourquoi un rabbin ferait-il un miracle - au nom de Dieu ! - le jour du sabbat ? Dans cet évangile, les scribes et les pharisiens ont vraiment le mauvais rôle : ils croient en Dieu mais ne croient pas qu'un homme puisse avoir reçu de Dieu les pouvoirs qu'ont pourtant eu leurs prophètes. Cependant, Jésus ne les dénonce pas vraiment, puisqu'il laisse le malade se guérir tout seul. Il ne le touche pas mais lui dit simplement: "Étends la main".
Dans ce passage de l’Évangile se reproduit ce mystère de l'incompréhension des hommes devant Dieu. Comment peut-on dire : "Je crois", et en même temps dire: cet homme-là, cette femme-là, ce peuple-là n'est pas des nôtres - et, tous, ils ne sont pas de Dieu ?
J'ai souffert beaucoup ce matin, tout en étant heureux (puisqu'il est possible d'être heureux dans la souffrance), en un jour "impossible" (jour de braderie en ville - et jour où l'on est venu m'installer un adoucisseur d'eau dans ma cave...), jour où le chaos semble s'étendre dans le monde, malgré un très beau soleil. Je voudrais bien me retirer de tout cela mais je ne sais pas comment faire. Je ne comprends pas que les juifs furent "remplis de fureur" en l'occasion de la délivrance de l'un des leurs. Comment me traitera-t
J'ai appelé ma vieille tante qui prie beaucoup et je lui ai demandé: "Est-ce que tu as le sentiment d'une présence lorsque tu pries ?" Elle m'a répondu que oui. "Et moi non. J'ai beau prier une moitié de ma nuit, je ne ressens rien. Je suis comme un rocher perdu au milieu de l'océan, je suis un récif battu par les vagues, je reçois des gifles d'angoisse, je reste comme un morceau de marbre, une pièce de fer, j'ai la foi dure et j'ai le sentiment qu'elle rouille". Elle m'a répondu: "C'est parce que tu fais du bien autour de toi. Le bien est payé par la souffrance en ce monde". Cette réponse m'a fort étonné. Je lui ai demandé d'expliquer. Elle a dit encore: "Dieu ne permet pas que l'on reçoive une quelconque récompense pour le bien que l'on fait sur la terre"... Et après coup, je l'ai rappelée pour lui dire que je n'ai pas de consolations, mais par contre, j'ai des "directives" et pour l'instant, cela suffit.
Voici donc le pire et le plus faible commentaire d'Evangile que j'ai pu écrire depuis des années et je vous remercie d'avance de m'en excuser...
Un autre jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus afin de voir s'il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l'accuser. Mais il connaissait leurs pensées, et il dit à l'homme qui avait la main paralysée : « Lève-toi, et reste debout devant tout le monde. » L'homme se leva et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien, ou de faire le mal ? de sauver une vie, ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l'homme : « Étends ta main. » Il le fit, et sa main redevint normale.
Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu'ils allaient faire à Jésus.
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris
Pourquoi un rabbin ferait-il un miracle - au nom de Dieu ! - le jour du sabbat ? Dans cet évangile, les scribes et les pharisiens ont vraiment le mauvais rôle : ils croient en Dieu mais ne croient pas qu'un homme puisse avoir reçu de Dieu les pouvoirs qu'ont pourtant eu leurs prophètes. Cependant, Jésus ne les dénonce pas vraiment, puisqu'il laisse le malade se guérir tout seul. Il ne le touche pas mais lui dit simplement: "Étends la main".
Dans ce passage de l’Évangile se reproduit ce mystère de l'incompréhension des hommes devant Dieu. Comment peut-on dire : "Je crois", et en même temps dire: cet homme-là, cette femme-là, ce peuple-là n'est pas des nôtres - et, tous, ils ne sont pas de Dieu ?
J'ai souffert beaucoup ce matin, tout en étant heureux (puisqu'il est possible d'être heureux dans la souffrance), en un jour "impossible" (jour de braderie en ville - et jour où l'on est venu m'installer un adoucisseur d'eau dans ma cave...), jour où le chaos semble s'étendre dans le monde, malgré un très beau soleil. Je voudrais bien me retirer de tout cela mais je ne sais pas comment faire. Je ne comprends pas que les juifs furent "remplis de fureur" en l'occasion de la délivrance de l'un des leurs. Comment me traitera-t
J'ai appelé ma vieille tante qui prie beaucoup et je lui ai demandé: "Est-ce que tu as le sentiment d'une présence lorsque tu pries ?" Elle m'a répondu que oui. "Et moi non. J'ai beau prier une moitié de ma nuit, je ne ressens rien. Je suis comme un rocher perdu au milieu de l'océan, je suis un récif battu par les vagues, je reçois des gifles d'angoisse, je reste comme un morceau de marbre, une pièce de fer, j'ai la foi dure et j'ai le sentiment qu'elle rouille". Elle m'a répondu: "C'est parce que tu fais du bien autour de toi. Le bien est payé par la souffrance en ce monde". Cette réponse m'a fort étonné. Je lui ai demandé d'expliquer. Elle a dit encore: "Dieu ne permet pas que l'on reçoive une quelconque récompense pour le bien que l'on fait sur la terre"... Et après coup, je l'ai rappelée pour lui dire que je n'ai pas de consolations, mais par contre, j'ai des "directives" et pour l'instant, cela suffit.
Voici donc le pire et le plus faible commentaire d'Evangile que j'ai pu écrire depuis des années et je vous remercie d'avance de m'en excuser...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
- Pater civitatis

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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Chrétiens dans le monde
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,1-11.
Lorsque vous avez un désaccord entre vous, comment se fait-il que vous alliez en procès devant des juges païens au lieu de vous adresser aux membres du peuple saint ? Ne savez-vous pas que le peuple saint jugera le monde ? Et si c'est vous qui devez juger le monde, seriez-vous indignes de juger des affaires de moindre importance ?
Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges de Satan ? A plus forte raison les affaires d'ici-bas !
Quand vous avez des affaires de ce genre, pourquoi allez-vous prendre comme juges des gens que l'Église compte pour rien ?
Je vous dis cela pour vous faire honte. N'y aurait-il parmi vous aucun homme assez sage pour servir d'arbitre entre ses frères ?
Mais un frère est en procès avec son frère, et cela devant des juges qui ne sont pas croyants !
C'est déjà un échec pour vous d'avoir des litiges entre vous. Ne vaudrait-il pas mieux supporter l'injustice ? Ne vaudrait-il pas mieux vous laisser voler ? Au contraire, c'est vous qui pratiquez l'injustice et le vol, et cela vous le faites à des frères !
Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l'injustice ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage ? Ne vous y trompez pas : les débauchés, les idolâtres, les adultères, les dépravés et les pédérastes, les voleurs et les profiteurs, les ivrognes, les diffamateurs et les escrocs, ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage. Voilà ce qu'étaient certains d'entre vous. Mais au nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu, vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous êtes devenus des justes.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,12-19.
En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu.
Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres :
Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés.
Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
Les Corinthiens avaient des litiges entre eux et faisaient appel à des juges plutôt que de régler leurs problèmes comme la charité doit leur dicter - et n'ont-ils pas, parmi eux, des hommes de saintes réputation auxquels ils pourraient faire appel - afin d'éviter d'en revenir à la justice du monde... puisque le monde est déjà condamné. Et c'est l'occasion pour saint Paul de rappeler de quelle fange l'homme sort pour devenir chrétien. Dans cette longue tirade sur ceux qui n'auront pas le Royaume en héritage, les voleurs et les profiteurs seront mis au même rang que les profiteurs (que la justice des hommes ne jugent même pas !) et des pédérastes (qu'aujourd'hui il faut appeler homosexuels).
Ainsi lorsque Jésus redescend de la montagne, d'auprès de Dieu, c'est bien pour choisir des hommes qui auront à braver tous les usages mauvais et les mauvaises pratiquent des hommes, toutes, qui continuent d'offenser Dieu et d'obliger le Fils de perpétuer sa très douloureuse Passion.
Cependant, pour tous ceux qui mettront en Lui leur espérance, une force sortira qui les guérira tous.
Dans le local où je suis, un jeune homme d'un groupe a passé la porte pour me demander si je ne pouvais pas baisser ma musique classique (Mozart, Beethoven, Schubert...) car ils ont difficile de rester pour fumer leur cannabis. J'ai simplement répondu que ma musique est pour mes clients. Il s'est esclaffé : "Pas étonnant que vous en ayez peu !" Et je lui ai répondu très aimablement: "Mais toi, tu n'est pas dans le passage pour écouter de la musique en choisissant un livre, tu es là pour consommer de la drogue en écoutant du 'rap... Or, les deux sont interdits et vous savez bien que vous êtes filmés !" (Ce sont des "doubleurs" de l'an dernier)... Le monde reste bien tel qu'il fut.
.
Lorsque vous avez un désaccord entre vous, comment se fait-il que vous alliez en procès devant des juges païens au lieu de vous adresser aux membres du peuple saint ? Ne savez-vous pas que le peuple saint jugera le monde ? Et si c'est vous qui devez juger le monde, seriez-vous indignes de juger des affaires de moindre importance ?
Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges de Satan ? A plus forte raison les affaires d'ici-bas !
Quand vous avez des affaires de ce genre, pourquoi allez-vous prendre comme juges des gens que l'Église compte pour rien ?
Je vous dis cela pour vous faire honte. N'y aurait-il parmi vous aucun homme assez sage pour servir d'arbitre entre ses frères ?
Mais un frère est en procès avec son frère, et cela devant des juges qui ne sont pas croyants !
C'est déjà un échec pour vous d'avoir des litiges entre vous. Ne vaudrait-il pas mieux supporter l'injustice ? Ne vaudrait-il pas mieux vous laisser voler ? Au contraire, c'est vous qui pratiquez l'injustice et le vol, et cela vous le faites à des frères !
Ne savez-vous pas que ceux qui commettent l'injustice ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage ? Ne vous y trompez pas : les débauchés, les idolâtres, les adultères, les dépravés et les pédérastes, les voleurs et les profiteurs, les ivrognes, les diffamateurs et les escrocs, ne recevront pas le royaume de Dieu en héritage. Voilà ce qu'étaient certains d'entre vous. Mais au nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu, vous avez été lavés, vous avez été sanctifiés, vous êtes devenus des justes.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,12-19.
En ces jours-là, Jésus s'en alla dans la montagne pour prier, et il passa la nuit à prier Dieu.
Le jour venu, il appela ses disciples, en choisit douze, et leur donna le nom d'Apôtres :
Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy,
Matthieu, Thomas, Jacques fils d'Alphée, Simon appelé le Zélote,
Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, celui qui fut le traître.
Jésus descendit de la montagne avec les douze Apôtres et s'arrêta dans la plaine. Il y avait là un grand nombre de ses disciples, et une foule de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon,
qui étaient venus l'entendre et se faire guérir de leurs maladies. Ceux qui étaient tourmentés par des esprits mauvais en étaient délivrés.
Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu'une force sortait de lui et les guérissait tous.
Les Corinthiens avaient des litiges entre eux et faisaient appel à des juges plutôt que de régler leurs problèmes comme la charité doit leur dicter - et n'ont-ils pas, parmi eux, des hommes de saintes réputation auxquels ils pourraient faire appel - afin d'éviter d'en revenir à la justice du monde... puisque le monde est déjà condamné. Et c'est l'occasion pour saint Paul de rappeler de quelle fange l'homme sort pour devenir chrétien. Dans cette longue tirade sur ceux qui n'auront pas le Royaume en héritage, les voleurs et les profiteurs seront mis au même rang que les profiteurs (que la justice des hommes ne jugent même pas !) et des pédérastes (qu'aujourd'hui il faut appeler homosexuels).
Ainsi lorsque Jésus redescend de la montagne, d'auprès de Dieu, c'est bien pour choisir des hommes qui auront à braver tous les usages mauvais et les mauvaises pratiquent des hommes, toutes, qui continuent d'offenser Dieu et d'obliger le Fils de perpétuer sa très douloureuse Passion.
Cependant, pour tous ceux qui mettront en Lui leur espérance, une force sortira qui les guérira tous.
Dans le local où je suis, un jeune homme d'un groupe a passé la porte pour me demander si je ne pouvais pas baisser ma musique classique (Mozart, Beethoven, Schubert...) car ils ont difficile de rester pour fumer leur cannabis. J'ai simplement répondu que ma musique est pour mes clients. Il s'est esclaffé : "Pas étonnant que vous en ayez peu !" Et je lui ai répondu très aimablement: "Mais toi, tu n'est pas dans le passage pour écouter de la musique en choisissant un livre, tu es là pour consommer de la drogue en écoutant du 'rap... Or, les deux sont interdits et vous savez bien que vous êtes filmés !" (Ce sont des "doubleurs" de l'an dernier)... Le monde reste bien tel qu'il fut.
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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Heureux sommes-nous !
Lecture de la première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens (1Co 7, 25-31)
Frères, au sujet du célibat, je n'ai pas reçu d'ordre spécial du Seigneur, mais je donne mon avis, moi qui suis devenu digne de confiance grâce au pardon du Seigneur. Je pense que le célibat est une chose bonne, étant donné les événements redoutables qui nous attendent ; oui, c'est une chose bonne de vivre ainsi.
Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n'as pas de femme ? ne cherche pas à te marier.
Si cependant tu te maries, ce n'est pas un péché ; et si une jeune fille se marie, ce n'est pas un péché. Mais ceux qui choisissent cette vie y trouveront des épreuves, et c'est cela que moi, je voudrais vous éviter.
Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 20-26)
Jésus s'était arrêté dans la plaine, et la foule l'entourait.
Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés !
Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !
Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.
J'ai écouté l’Évangile de ce jour dans une joie parfaite. Je peux le dire avec allégresse car durant ma nuit, la peine morale de voir ma désertée par ses proches a laissé la place à la certitude qu'il faut maintenant puiser dans les réserves que j'avais constituées lors du décès de mon père - et cela comprend que je me rétribue moi-même pour les empêchements de travailler; mais ce qui est venu confirmer cette certitude soudaine est plus extraordinaire encore, puisque toutes les douleurs qui demeuraient de ma tendinite se sont envolées - il n'en reste rien du tout. Or, dans l'après-midi, j'avais dû me masser longuement l'épaule avec un gel, après avoir dû soulever ma mère et la déplacer quatre fois durant la journée. Il y a eu d'autres choses encore, mais j'en parlerai quand le moment sera venu.
Cette soudaine guérison et la parfaite compréhension (survenue d'un seul coup d'une manière non pas intuitive, mais lumineuse - comme une évidence) de la juste manière dont je dois agir désormais... ont merveilleusement rencontré les textes de ce jour puisque Jésus affirme qu'en renversant la logique du monde, l'homme entre de plain pied dans le dessein de Dieu. Il a les pieds bien ancrés sur la terre mais sa figure est dans le ciel, son regard perce les nuages et contemple l'azur... comme les mots ne savent rendre ce soulèvement intérieur. Jésus dit pourtant: soyez heureux jusqu'à sauter de joie !
(A l'instant, je viens encore de me tâter l'épaule droite, mais c'est vraiment vrai, je ne ressens aucune douleur !)
Dans son épître, saint Paul dit simplement d'accepter la situation dans laquelle la grâce nous a trouvés, l'essentiel est dans le fait de savoir que le temps est court, que le monde est en train de passer, et certes, il passe.
Je bavardais hier avec un homme - un étudiant en médecine - qui soutient que l'euthanasie des personnes qui désormais dépassent cent ans de vie serait une chose "raisonnable". Je lui ai demandé comment il se fait qu'il y a donc deux raisons en ce monde. Oui, la première raison, la raison médicale (elle aussi !), a réussi à prolonger la vie des fumeurs; les anti-cholestérol ont prouvé leur efficacité dans les maladies cardiovasculaires, la prévention des cancers du colon a en sauvés beaucoup - de même avec la pause de ceintures de sécurité dans les voitures, les airbags au volant, etc. Toutes sortes de découvertes et de réglementation dans tous les domaines ont permis aux hommes de prolonger leur vie - et maintenant, il faut changer de raison et provoquer la mort ?
Ce monde passe, en effet, car l'homme est trop changeant et sa sagesse est folie.
Frères, au sujet du célibat, je n'ai pas reçu d'ordre spécial du Seigneur, mais je donne mon avis, moi qui suis devenu digne de confiance grâce au pardon du Seigneur. Je pense que le célibat est une chose bonne, étant donné les événements redoutables qui nous attendent ; oui, c'est une chose bonne de vivre ainsi.
Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n'as pas de femme ? ne cherche pas à te marier.
Si cependant tu te maries, ce n'est pas un péché ; et si une jeune fille se marie, ce n'est pas un péché. Mais ceux qui choisissent cette vie y trouveront des épreuves, et c'est cela que moi, je voudrais vous éviter.
Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s'ils n'avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde, comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde tel que nous le voyons est en train de passer.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 6, 20-26)
Jésus s'était arrêté dans la plaine, et la foule l'entourait.
Regardant alors ses disciples, Jésus dit : « Heureux, vous les pauvres : le royaume de Dieu est à vous !
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés !
Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez !
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous repoussent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l'homme. Ce jour-là, soyez heureux et sautez de joie, car votre récompense est grande dans le ciel : c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation !
Malheureux, vous qui êtes repus maintenant : vous aurez faim ! Malheureux, vous qui riez maintenant : vous serez dans le deuil et vous pleurerez !Malheureux êtes-vous quand tous les hommes disent du bien de vous : c'est ainsi que leurs pères traitaient les faux prophètes.
J'ai écouté l’Évangile de ce jour dans une joie parfaite. Je peux le dire avec allégresse car durant ma nuit, la peine morale de voir ma désertée par ses proches a laissé la place à la certitude qu'il faut maintenant puiser dans les réserves que j'avais constituées lors du décès de mon père - et cela comprend que je me rétribue moi-même pour les empêchements de travailler; mais ce qui est venu confirmer cette certitude soudaine est plus extraordinaire encore, puisque toutes les douleurs qui demeuraient de ma tendinite se sont envolées - il n'en reste rien du tout. Or, dans l'après-midi, j'avais dû me masser longuement l'épaule avec un gel, après avoir dû soulever ma mère et la déplacer quatre fois durant la journée. Il y a eu d'autres choses encore, mais j'en parlerai quand le moment sera venu.
Cette soudaine guérison et la parfaite compréhension (survenue d'un seul coup d'une manière non pas intuitive, mais lumineuse - comme une évidence) de la juste manière dont je dois agir désormais... ont merveilleusement rencontré les textes de ce jour puisque Jésus affirme qu'en renversant la logique du monde, l'homme entre de plain pied dans le dessein de Dieu. Il a les pieds bien ancrés sur la terre mais sa figure est dans le ciel, son regard perce les nuages et contemple l'azur... comme les mots ne savent rendre ce soulèvement intérieur. Jésus dit pourtant: soyez heureux jusqu'à sauter de joie !
(A l'instant, je viens encore de me tâter l'épaule droite, mais c'est vraiment vrai, je ne ressens aucune douleur !)
Dans son épître, saint Paul dit simplement d'accepter la situation dans laquelle la grâce nous a trouvés, l'essentiel est dans le fait de savoir que le temps est court, que le monde est en train de passer, et certes, il passe.
Je bavardais hier avec un homme - un étudiant en médecine - qui soutient que l'euthanasie des personnes qui désormais dépassent cent ans de vie serait une chose "raisonnable". Je lui ai demandé comment il se fait qu'il y a donc deux raisons en ce monde. Oui, la première raison, la raison médicale (elle aussi !), a réussi à prolonger la vie des fumeurs; les anti-cholestérol ont prouvé leur efficacité dans les maladies cardiovasculaires, la prévention des cancers du colon a en sauvés beaucoup - de même avec la pause de ceintures de sécurité dans les voitures, les airbags au volant, etc. Toutes sortes de découvertes et de réglementation dans tous les domaines ont permis aux hommes de prolonger leur vie - et maintenant, il faut changer de raison et provoquer la mort ?
Ce monde passe, en effet, car l'homme est trop changeant et sa sagesse est folie.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Heureux sommes-nous !
La sagesse appartient à DIeu
Demandez à cet étudiant en médecine si après avoir pratiqué l'euthanasie ça ne le dérangera pas trop d'être euthanasié lui-même, puisque ceux qui prennent l'épée périront par l'épée...
Mais c'est si difficile de faire passer la sagesse de Dieu aux non-croyants.
Ce n'est pas parce que votre mère et vous êtes "abandonnés" par votre entourage que c'est triste, au contraire, ça prouve à mon sens que la place est prise, si vous voyez ce que je veux dire.
Demandez à cet étudiant en médecine si après avoir pratiqué l'euthanasie ça ne le dérangera pas trop d'être euthanasié lui-même, puisque ceux qui prennent l'épée périront par l'épée...
Mais c'est si difficile de faire passer la sagesse de Dieu aux non-croyants.
Ce n'est pas parce que votre mère et vous êtes "abandonnés" par votre entourage que c'est triste, au contraire, ça prouve à mon sens que la place est prise, si vous voyez ce que je veux dire.
Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu'il veut.
Psaume 115-3
Psaume 115-3
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etienne lorant
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- Inscription : mar. 08 avr. 2008, 16:53
Re: Heureux sommes-nous !
Lorsque je suis arrivé ce midi à la maison de repos, tout le monde était déjà à table, sauf ma mère. Je l'ai retrouvée au troisième étage. A l'aide de ses bras tout maigres, elle s'efforçait d'accéder aux ascenseurs, pour rejoindre sa table au rez-de-chaussée, en manipulant les roues de sa chaise. Elle en avait encore pour quinze mètres de couloir à mon arrivée. Sur le chemin, j'ai croisé une nettoyeuse et j'ai dit: "Comment se fait-il qu'il n'y ait personne pour assister cette dame ?". Réponse: "Moi, je nettoie, Monsieur !" Je n'ai rien répondu. J'ai salué ma mère et je l'ai aidée à avancer. Parvenu à hauteur de l'infirmerie, j'ai reposé ma question à l'homme en blouse blanche et reçu une réponse quasi équivalente: "Moi, je suis l'infirmier du second étage !" Mais cette fois j'ai répondu: "Ce qui signifie que vous n'êtes pas à votre étage. Ce qui signifie également, de par votre profession, que vous êtes supposé répondre aux besoins de toute personne qui en aurait manifestement besoin, et ceci, même sans votre uniforme, même en vacances à Novosibirsk ou au milieu d'une rue à Bangkok... question de Droit civil, première année." (Il n'a pas osé rétorquer, mais il était tout rouge.)
Ma joie m'a quitté une heure après la fin de la messe. Mais je savais qu'il doit en être ainsi. Au boulot !
Dieu soit béni !
Ma joie m'a quitté une heure après la fin de la messe. Mais je savais qu'il doit en être ainsi. Au boulot !
Dieu soit béni !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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etienne lorant
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Le nouveau langage de l'amour
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,27-38.
Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »
Dans la première lecture, Paul se propose de ne plus consommer du tout de viande, afin de ne pas risquer d'être une occasion de chute pour quiconque. Dans l’Évangile, Jésus justifie d'une manière extraordinaire, "extra-humaine" dirait-on, le fait d'aimer jusqu'à ses ennemis, ceux et celles qui nous font du mal, nous persécutent, cherchent à nous faire tomber. Pourquoi faut-il aimer nos ennemis ? Tout simplement parce qu'il n'y a aucun mérite à aimer ceux qui nous aiment de retour: de cela, tout le monde est capable et le pratique naturellement. Il leur parle ainsi à la manière des juifs, pour qui tout acte posé doit être mesuré selon la justice qui vient de la Loi.
C'est un véritable saut dans l'absolu que le Seigneur leur propose. En effet, il ne s'agit plus simplement de se conformer aux lois que Moïse a gravées dans la pierre, met de rechercher vraiment à vivre de la vie même de Dieu. C'est ce : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux." Un autre évangéliste ajoute : "Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait, lui qui fait tomber la pluie et se lever le soleil sur les bons comme sur les méchants !"
Dans l'épître comme dans l’Évangile, ce sont des absolus d'amour - dans le détachement de soi, qui sont proposés.
La petite phrase qui fait toujours grand bruit, c'est bien sûre celle de présenter la joue gauche après avoir reçu un coup sur la joue droite. Beaucoup ont cherché à la réduire à rien en disant qu'il est impossible pour un droitier (la plupart des hommes sont droitiers) de frapper quelqu'un sur la joue droite d'un homme en face de lui - or il s'agit d'un coup porté du revers de la main - comme nous en avons tous vus dans des films policiers ou d'espionnage. Je tiens pour certain que durant sa passion, Jésus a été frappé de cette manière.
En résumé, du moins pour moi, qui reste marqué par la lecture d'Etty Hillesum, veillons en tout temps à aimer et demeurer dans l'amour de Dieu, et laissons le monde accomplir ses oeuvres de monde, car nous, nous sommes nés de nouveau et citoyens des Cieux !
Jésus déclarait à la foule : « Je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent.
Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient.
A celui qui te frappe sur une joue, présente l'autre. A celui qui te prend ton manteau, laisse prendre aussi ta tunique.
Donne à quiconque te demande, et ne réclame pas à celui qui te vole.
Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs aiment ceux qui les aiment.
Si vous faites du bien à ceux qui vous en font, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs en font autant.
Si vous prêtez quand vous êtes sûrs qu'on vous rendra, quelle reconnaissance pouvez-vous attendre ? Même les pécheurs prêtent aux pécheurs pour qu'on leur rende l'équivalent. Au contraire, aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Dieu très-haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants. Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux.
Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.
Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous. »
Dans la première lecture, Paul se propose de ne plus consommer du tout de viande, afin de ne pas risquer d'être une occasion de chute pour quiconque. Dans l’Évangile, Jésus justifie d'une manière extraordinaire, "extra-humaine" dirait-on, le fait d'aimer jusqu'à ses ennemis, ceux et celles qui nous font du mal, nous persécutent, cherchent à nous faire tomber. Pourquoi faut-il aimer nos ennemis ? Tout simplement parce qu'il n'y a aucun mérite à aimer ceux qui nous aiment de retour: de cela, tout le monde est capable et le pratique naturellement. Il leur parle ainsi à la manière des juifs, pour qui tout acte posé doit être mesuré selon la justice qui vient de la Loi.
C'est un véritable saut dans l'absolu que le Seigneur leur propose. En effet, il ne s'agit plus simplement de se conformer aux lois que Moïse a gravées dans la pierre, met de rechercher vraiment à vivre de la vie même de Dieu. C'est ce : "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux." Un autre évangéliste ajoute : "Soyez parfaits comme votre père céleste est parfait, lui qui fait tomber la pluie et se lever le soleil sur les bons comme sur les méchants !"
Dans l'épître comme dans l’Évangile, ce sont des absolus d'amour - dans le détachement de soi, qui sont proposés.
La petite phrase qui fait toujours grand bruit, c'est bien sûre celle de présenter la joue gauche après avoir reçu un coup sur la joue droite. Beaucoup ont cherché à la réduire à rien en disant qu'il est impossible pour un droitier (la plupart des hommes sont droitiers) de frapper quelqu'un sur la joue droite d'un homme en face de lui - or il s'agit d'un coup porté du revers de la main - comme nous en avons tous vus dans des films policiers ou d'espionnage. Je tiens pour certain que durant sa passion, Jésus a été frappé de cette manière.
En résumé, du moins pour moi, qui reste marqué par la lecture d'Etty Hillesum, veillons en tout temps à aimer et demeurer dans l'amour de Dieu, et laissons le monde accomplir ses oeuvres de monde, car nous, nous sommes nés de nouveau et citoyens des Cieux !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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