Bonjour,
Je sais que j'ai dit que je ne ferais pas plus de commentaires mais j'ai aussi le souci d'être aimable puisque vous voulez poursuivre le dialogue.
PaxetBonum a écrit :Cette immoralité s'exprime différemment contre les femmes car contrairement à ce que vous disiez plus haut les hommes ont des pulsions différentes des femmes. Et c'est pour cela que les viols ne concernent que des femmes (j'exclue iici la pédophilie qui est un autre crime).
Ah oui, et quelle pulsion (imaginaire selon moi) justifie un crime ? (parce que vous dites à demi-mot que c'est presque normal,
naturel que ces viols arrivent).
Contrairement à ce que vous pensez il n'y a pas que des femmes qui sont victimes de viols et d'agressions/harcèlements. Les hommes aussi peuvent en souffrir, même si il y en a effectivement moins. Déjà, beaucoup d'homosexuels subissent ce genre d'horreur en représailles de leur orientation sexuelle (quand ce n'est pas pas leur propre partenaire). Beaucoup d'hétérosexuels sont victimes de harcèlement, de viol (fellation et pénétration anale forcées) sans jamais pouvoir le dire car ce n'est pas quelque chose que la société reconnaîtrait (un homme ça ne peut pas être faible ni dominé, donc pas violé. En plus, un homme ça a toujours envie de sexe non ? Donc de quoi il se plaint si une femme lui met la main aux fesses en lui disant des obscénités ? (cette éternelle confusion entre viol et sexe)). J'ai déjà entendu des témoignages d'hommes qui avaient été copieusement moqués par leurs collègues lorsqu'ils avaient évoqué le harcèlement sexuel de leur supérieure hiérarchique par exemple. Les femmes sont elles-mêmes actrices de cela : elles vont parfois forcer la main à un homme pour avoir un rapport sexuel sans penser qu'il a aussi le droit de ne pas en avoir envie (à ce sujet vous pouvez aller lire cet article :
http://www.crepegeorgette.com/2013/12/1 ... -masculin/).
PaxetBonum a écrit :Quand une femme a été violée et que la justice relâche le coupable (fait de la semaine) alors la victime est à nouveau violée : on lui dit que son viol n'était rien. Elle a subit un crime et on lui dit que c'était normal. Là pour le coup c'est du sexisme absolu. [...]
La crainte de la peine est aussi une prévention.
Saviez-vous que 90% des viols ne sont jamais déclarés ? Que certaines femmes et même certains hommes n'ont pas conscience d'avoir été impliqués dans un viol, alors même que les victimes en ressentent un profond malaise sans pour autant pouvoir identifier d'où cela provient ? C'est là le vrai drame dans cette histoire. Il n'est pas simple de porter plainte après un viol car cela concerne la plupart du temps quelqu'un qu'on connaît. Il y a la pression de l'entourage pour ne pas "mettre la merde", une auto-censure à ce niveau ; ensuite, aller dans un poste de police et se trouver face à quelqu'un qui remettra votre parole en doute (Vous étiez habillée comment ? Vous aviez bu ? Vous l'avez invité à aller chez vous, vous vous attendiez à quoi ?) est quelque chose de vraiment humiliant voir traumatisant. Les procédures, ensuite, sont longues et coûteuses à tous points de vue. Donc, la plupart du temps les victimes se taisent, se disent qu'elles vont gérer ça toutes seules, dans leur psyché.
Il faut travailler sur les mentalités pour que les hommes cessent de se penser en supérieur ; pour qu'ils arrêtent d'avoir l'impression d'avoir des droits (drague agressive, insultes, intrusion) sur les femmes. Cet état social des relations homme/femme est le terreau de ces crimes (qui ne sont pas du sexe mais de la violence).
La plupart des violeurs ne connaîtront jamais la prison. Je trouve plus efficace de combattre les fondements sociaux de ces crimes que de mettre tous les coupables en prison (vu leur nombre on n'arriverait jamais à tous les caser) même si on devrait au niveau juridique tout faire pour faciliter et favoriser la parole des victimes et leurs droits à la réparation.
PaxetBonum a écrit :Mais alors que pensez-vous que l'on attende des garçons ?
On attend d'eux qu'ils soient actifs, agressifs, volontaires, turbulents, ... Et surtout pas sensibles.
Je n'utilise jamais le concept de moralité, je ne le convoque donc pas spontanément dans ce que je dis. Mais le lire ici n'empêche pas de lui associer des phénomènes sociaux (les salariés qui retiennent leur patron dans son bureau sont-ils immoraux ? Ou est-ce le patron qui licencie alors qu'il fait des bénéfices qui l'est ? N'est-ce pas la société toute entière qui pousse à ce genre d'événement ?). Certes, il est immoral de frapper une femme (comme de frapper qui que ce soit). Mais cette immoralité ne date pas d'hier, elle est sociétale. C'est à ce niveau qu'il faut la combattre, en ayant conscience qu'elle est particulière et non noyée dans le flot d'immoralités abstraites.
Pour être plus explicite : quand des cotonniers tuaient un esclave noir, c'était certes immoral ; mais il faut aussi reconnaître le contexte : le fait que cet être assassiné ai été noir et esclave explique pourquoi ce meurtre a eu lieu ; l'origine est sociale/sociétale (racisme).
Vous trouverez peut-être d'autres réponses dans ces deux articles qui résument bien les choses :
- Les mythes sur le viol questionnés :
http://www.crepegeorgette.com/2013/07/2 ... r-du-viol/
- Sur les stéréotypes de genre responsables des agressions :
http://www.crepegeorgette.com/2014/01/2 ... e-le-viol/