Mince, c'est embêtant ce fil scindé, car on peut dire que j'ai répondu partiellement sur l'autre fil. Je voudrais quand même rappeler que dans mon cas, c'est occasionnel (vu mes soucis de santé) et que, si ça tient une place psychique importante, je fais d'autres choses dans la vie. Et à soixante ans (ou plus tard, quand ce ne sera plus possible), j'aurai un souci de moins pour me rapprocher de Dieu (une occasion en moins peut-être aussi, mais bon, on ne peut pas tout avoir). Pour ce qui concerne ma famille, j'ai une sœur géniale, qui est toujours présente sans juger (je crois que son humanité vient de son vécu tourmenté à elle). Elle me rappelle toujours que rien n'est jamais fermé et que demain peut être différent. Mes parents savent aussi et sont témoins de ma nature tourmentée depuis longtemps, mais j'estime qu'il n'est pas trop sain de parler de ça avec des parents (la barrière naturelle des générations). Le principal est qu'ils sachent qu'à défaut de m'en sortir bien, je me débrouille bien. J'ai aussi de très bons amis pour qui cet état de fait n'a rien changé. En fait j'ai la chance d'être entourée de gens dont l'amour est inconditionnel, c'est vraiment une chance. Et pour le reste, la vie n'est simple pour personne, si c'était le cas, ça se saurait...stephlorant a écrit :Je me pose une question... à propos des questions que vous vous posez, Théo d'or. C'est tout simple, en fait : lorsque vous aurez soixante ans et que la prostitution ne vous donnera plus aucune possibilité d'avoir un quelconque sentiment d'exister (si ce n'est le mépris des clients), que penserez-vous, que ferez-vous ? Si vous avez de la famille, les membres de votre familles sont-ils au courant de vos pratiques ? J'ai récemment appris qu'une de mes plus proches amies s'était prostituée pour 'boucler son mois'. Je suis allé la trouver et je lui "avancé" cinq cents euros, avec beaucoup de naïveté, de façon qu'elle ne sache pas que je sais... Je ne saurais le faire trois mois de suite, mais ce qui est dur pour elle touche aussi les personnes qui l'ont connues pour amie et véritable amie...
Sinon, j'ai connu une fille qui le faisait aussi pour s'en sortir financièrement (elle s'est même retrouvée à la rue avec son fils), en détestant ça. Un client touché par sa situation lui a donné de quoi se mettre à l'abri pendant un certain temps sans rien lui demander de plus. Elle a retrouvé un logement et aux dernières nouvelles, a repris des études. les clients ne sont pas toujours les gros lourds qu'on imagine de loin. Ils sont souvent inquiets, se culpabilisent et espèrent que la fille se sente bien en leur compagnie. Ils déversent souvent leurs tourments, cela va du gars avec 5 enfants et une femme en chaise roulante au gars qui se pose 36 questions sur sa relation avec sa copine dépressive et traumatisée par une sale série d'évènements, en passant par celui qui s'inquiète de sa capacité de rentrer en lien avec une femme ou qui est tourmenté par sa sexualité... Alors oui, ça peut paraître égoïste, mais...
Cordialement,
Théo d'Or

