Re: La théologie d'Arnaud Dumouch est-elle fiable ?
Publié : jeu. 12 mai 2011, 17:55
Bonjour Mac, Faisons s'assoir les pères de l'Eglise ici même depuis la "Catena Aurea" :
Fraternellement en Christ par Marie.Orig. (traité 10 sur S. Matth). Nous pouvons bien dire que toute cette vie n'est qu'un seul jour, jour d'une grande étendue par rapport à nous, mais d'une courte durée si on le compare à la vie de Dieu. - S. Grég. (Hom. 19). Le matin de ce jour du monde fut l'époque qui s'écoula depuis Adam jusqu'à Noé; c'est pour cela que Notre-Seigneur dit: «Il sortit de grand matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne», et il ajoute les conditions dont il est convenu avec eux: «Et étant convenu avec eux d'un denier», etc. - Orig. Je pense que le denier figure ici le salut éternel. - Remi. Le denier était une pièce de monnaie qui valait dix as, et qui portait l'effigie du roi: le denier désigne donc parfaitement la récompense qui est accordée à l'observation du Décalogue. C'est aussi avec dessein qu'il est dit: «Etant convenu avec eux», etc.; car dans le champ de la sainte Église, chacun travaille dans l'espoir de la récompense future. - S. Grég. La troisième heure est le temps qui s'écoula de Noé à Abraham, et c'est de cette époque que le Sauveur veut parler quand il dit: «Etant sorti vers la troisième heure, il vit d'autres ouvriers qui se tenaient sans rien faire sur la place publique». - Orig. La place publique, c'est tout ce qui est en dehors de la vigne, c'est-à-dire en dehors de l'Église de Jésus-Christ. - S. Chrys. (sur S. Matth). Dans ce monde, les hommes vivent d'un échange mutuel d'achats et de ventes, et pourvoient à leur subsistance par un commerce de fraudes réciproques. - S. Grég. C'est avec justice que l'on peut adresser le reproche d'oisiveté à celui qui ne vit que pour lui et se nourrit des plaisirs des sens, parce qu'il ne travaille pas à produire les fruits des oeuvres de Dieu. - S. Chrys. (sur S. Matth). Ces ouvriers oisifs ne sont pas les pécheurs, qui sont bien plutôt morts, mais tous ceux qui n'accomplissent pas les oeuvres de Dieu. Voulez-vous donc ne pas rester oisif? Ne prenez pas le bien d'autrui, et donnez de vos propres biens; vous aurez travaillé dans la vigne du Seigneur, en cultivant le cep de la miséricorde. «Et il leur dit: Allez-vous en aussi dans ma vigne». Remarquez que ce n'est qu'avec les premiers qu'il s'engage de donner un denier; il loue les autres pour un prix indéterminé: «Je vous donnerai ce qui sera juste». Le Seigneur, qui prévoyait la prévarication d'Adam, et qu'après lui tous les hommes devaient périr dans les eaux du déluge, fit avec lui un traité bien précis, afin qu'il ne pût prétexter qu'il avait abandonné la voie de la justice, parce qu'il ignorait quelle en serait la récompense; mais il ne s'est point engagé de cette manière avec les derniers, parce que son intention était de les récompenser bien au-delà de ce que pouvaient espérer des mercenaires. - Orig. Ou bien encore, comme il a loué les ouvriers de la troisième heure pour faire l'ouvrage tout entier, il se réserve d'apprécier leur travail avant de leur donner une juste récompense; car ils pouvaient travailler autant que ceux qui avaient commencé le matin en s'appliquant à leur travail dans un court espace de temps avec une laborieuse activité qui compenserait l'inaction du matin. - S. Grég. La sixième heure est celle qui s'étend d'Abraham à Moïse, et la neuvième, celle qui s'est écoulée de Moïse jusqu'à l'avènement du Seigneur. «Et il sortit de nouveau», etc.
S. Chrys. Notre-Seigneur réunit ensemble la sixième et la neuvième heure, parce que c'est alors qu'eut lieu la vocation du peuple juif, et que Dieu renouvela fréquemment ses alliances avec les hommes, comme pour leur annoncer que le temps marqué pour le salut du genre humain n'était pas éloigné. - S. Grég. La onzième heure c'est le temps qui s'écoulera depuis l'avènement du Seigneur jusqu'à la fin du monde. L'ouvrier du matin, de la troisième, de la sixième et de la neuvième heure, c'est donc cet ancien peuple hébreu qui, dans la personne de ses élus, n'a point cessé de travailler à la vigne du Seigneur depuis le commencement du monde, en s'efforçant d'adorer Dieu avec une foi droite et sincère. A la onzième heure, ce sont les Gentils qui sont appelés. «Vers la onzième heure, il sortit», etc. Ils avaient négligé, dans le cours de tant de siècles, de travailler à la culture de leur âme, et ils passaient ainsi tout le jour sans rien faire. Mais remarquez ce qu'ils répondent à la question qui leur est faite: «Personne, lui dirent-ils, ne nous a loués». Aucun patriarche, en effet, aucun prophète n'était venu vers eux, et que signifient ces paroles: «Personne ne nous a loués», si ce n'est: «Personne ne nous a fait connaître le chemin de la vie». - S. Chrys. (sur S. Matth). Quelle est donc la nature de cette convention, et quelle récompense y est promise? C'est la promesse de la vie éternelle; car les Gentils étaient les seuls qui ne connaissaient ni Dieu ni les promesses éternelles de Dieu. - S. Hil. (can. 20). Le Seigneur les envoie donc à sa vigne. «Et il leur dit: Allez, vous aussi, à ma vigne».
Rab. Après avoir fait connaître les conditions du travail pour la journée, le Sauveur, continuant son récit, arrive à l'heure du salaire, et dit: «Le soir étant venu», etc., c'est-à-dire lorsque le jour, qui comprend toute la durée du monde, était sur son déclin, et approchait de la consommation de toutes choses. - S. Chrys. (sur S. Matth). Remarquez que c'est le soir du même jour, et non le matin suivant, que le père de famille donne à chacun ce qui lui est dû. Ce sera donc pendant la durée du siècle présent qu'aura lieu le jugement après lequel chacun recevra sa récompense; et cela pour deux raisons: la première, c'est que la bienheureuse éternité doit être la récompense de la justice, et qu'il faut par conséquent que le jugement la précède; la seconde raison pour laquelle le jugement doit précéder le jour de l'éternité, c'est afin que les pécheurs ne soient pas témoins du bonheur de ce jour éternel.