Il se trouve que non, nous ne partageons pas cette vision de l'humanité. Démonstration :Silica a écrit :Exactement, et c'est cette vision de l'humanité que je partage avec vous qui me fait dire que toute nos différences ne devraient jamais être le prétexte au rejet et à la haine.Peccator a écrit :Mais que je lis, j'essaie aussi de voir un peu plus loin, et je n'oublie pas qu'avant d'être hétéro, homo, cis, trans, inter... nous sommes des êtres humains, dotés d'une chair, d'une âme et d'un esprit, avec tout ce que cela implique. Bien plus que des différences, nous avons tous énormément en commun. C'est cette humanité que nous partageons tous qui me préoccupe le plus.
Vous posez le concept de genre d'un côté, et le concept de sexe de l'autre, en les supposant indépendants l'un de l'autre. Et de plus, vous posez que genre=identité.Par "femme" et "homme" j'entend genre, identité.
Par "femelle" et "mâle" j'entendrai les caractéristiques biologiques, le sexe physique.
Je voulais donc dire : une personne qui est femme n'a pas besoin de modifier son corps (= le faire plus ou moins femelle) pour savoir qu'elle est femme.
C'est précisément cette dissociation de l'être humain que je ne peux accepter : nous sommes profondément un, et toute dissociation de l'humain ne donne qu'une perception très partielle, et généralement néfaste de la personne.
C'est du même ordre que dissocier psyché d'un côté, et soma (le corps) de l'autre : quand on veut soigner le psychique sans s'intéresser au soma, ou le somatique sans s'intéresser à la psyché, on passe à côté de bien des choses, à commencer par tout ce qui est psychosomatique. Ecrit comme ça, ça parait évident. Mais dans la pratique de la médecine aujourd'hui encore, cela reste très courant.
La dissociation genre/sexe tombe exactement dans la même erreur, parce qu'elle coupe l'humain en deux, et oppose les deux moitiés au lieu de les unifier.
J'admets pour ma part qu'il y a de la place pour un concept de genre (parce qu'il y évidemment un construit social, et que ce concept est riche et fécond), mais que l'identité, c'est considérablement plus que cela. C'est à la fois le genre, le sexe, et foule d'autres choses encore. Mon identité, c'est ce qui fait que je suis moi, et jamais je n'accepterais que vous réduisiez mon moi à rien moins que moi tout entier. Mon corps fait partie de mon identité.
Notez quand même que le concept même de genre n'est pas clair du tout, et n'est pas cohérent :
- soit le genre est un construit culturel, et alors précisément une éducation genrée devrait pouvoir éviter ces situations douloureuses que connaissent les transexuels.
- soit le genre est un inné "naturel"*, et alors effectivement l'éducation ne pourra pas le changer : mais quelle validité aux études de genre puisqu'elles précisément du principe que c'est un construit culturel ?
* (il faudrait revenir sur la définition de "nature", car le terme est lourdement polysémique et qu'il y a beaucoup de confusions quand on l'emploie)
Parce que vous considérez que la vérité est le genre de la personne, et que son corps est erroné. En quoi est-ce plus valable que de considérer que c'est le sexe qui est la vérité, et que c'est le genre qu'il faut corriger ? C'est toujours un postulat, rien ne le justifie.De mon point de vue (et du leur) on ne transforme donc pas ces personnes en femmes ou en hommes, elles le sont déjà ; on ne fait que modifier leur corps (femelle vers mâle ou mâle vers femelle) physiquement (implants ou ablations et hormones), je vous rejoins sur ce point.
Par contre, on s'obstine à considérer la psychiatrie comme "barbare", alors que bien sûr, la chirurgie, c'est noble. Et pourquoi ? Parce que la psychiatrie, c'est pour quand on est fou, n'est-ce pas ? Et la folie, c'est tabou. Tiens, en voilà, un beau construit social. Y'a un philosophe français (un homo dépressif) qui a un peu écrit sur la question, faudra que je retrouve son nom, il a eu un petit succès d'estime en sciences sociales...
Vous devriez essayer : vous verrez, c'est pas mal. Ca ouvre les yeux sur l'extraordinaire beauté de cette étrange créature qu'est l'être humain.En effet, je ne me situe pas dans une perspective chrétienne, d'où notre décalage sur ce thème.





