Re: Baptême et salut
Publié : mer. 19 févr. 2014, 23:25
Je ne peux pas répondre ce soit à toutes vos questions. Mais voici déjà quelques éléments pour les plus rapides.
D'un côté, vous me reprochez de convoquer des "émotions" au lieu de m'en tenir à un terrain purement rationnel. Mais d'un autre côté, vous semblez réprouver les notions "savantes" d'anthropologie, de sotériologie, et liturgie ou encore de sémiotique... Autrement dit, vous me demandez de rester sur le terrain de la pensée construite, tout en m'interdisant de présenter ma pensée de manière rationnelle. Comment puis-je faire ?
Parce qu'un sacrement n'a de sens qu'en Eglise.
La communauté paroissiale n'est que la présence locale de toute l'Eglise. L'expression "église locale" est ambiguë (car ne marquant pas assez l'unité de toute l'Eglise), mais c'est bien l'idée.
Quelqu'un qui demanderait à être baptisé, mais en refusant tout lien avec la communauté paroissiale, montrerait une compréhension imparfaite du baptême : il n'est pas que signe de la renaissance personnelle en Christ, mais aussi entrée au sein de l'Eglise. Ce serait comme vouloir greffer une branche à un arbre sans que cela ne concerne le reste de l'arbre.
Mais au besoin on peut administrer le baptême en tout lieu.
- parce qu'il y a un lien profond entre les sacrements de baptême et d'eucharistie, et que typiquement un catéchumène recevra l'eucharistie pour la première fois à cette occasion ;
- parce que la messe est mémorial de la mort et de la résurrection de Jésus, et que c'est parce que Jésus a vaincu la mort qu'Il nous donne la possibilité de recevoir la vie éternelle : le baptême est mort et naissance à une vie nouvelle.
La célébration de la messe à l'occasion d'un baptême n'est pas nécessaire, mais il est préférable de faire ainsi pour mieux donner à percevoir tout cela.
Le sens du rite est de principalement de nous rappeler notre propre baptême.
J'aime aussi à y voir une mémoire des ablutions rituelles judaïques, dans lesquels la personne se purifie dans l'eau pour se préparer à aller à la rencontre de Dieu, et je présume que c'est en ce sens qu'elle fait partie des rites pénitentiels par lesquels on ouvre la messe.
La vie éternelle est la perspective d’éternité promise par Dieu à tous les êtres humains.
Jn 5, 24 : "Celui qui écoute ma parole, et qui croit à Celui qui m'a envoyé, celui-là a la vie éternelle".
Nous faisons l’expérience de la vie éternelle déjà ici bas, par la présence de la grâce du Christ dans la vie des fidèles. Le salut comprend donc la vie éternelle.
Je crois que je jouis déjà de la vie éternelle, effectivement, puisque je suis baptisé (et vous de même). Je crois que j'ai reçu la grâce du salut, mais je dispose toujours de ma liberté personnelle qui fait que je peux encore pécher mortellement et me couper ainsi du salut et de la vie éternelle.
Le fait que l'on ressente ou non quelque chose n'est pas important: les sensations sont de l'ordre du visible, et non de l'invisible. Ce qui importe, c'est précisément ce qui est invisible, tout ce qui est visible n'est là que pour en être signe.
"signe visible et efficace d'une une réalité invisible destiné à la sanctification des hommes."
Donc, oui, cela implique que c'est Dieu qui agit (qui d'autre que Dieu pourrait sanctifier ?), en l'occurrence par l'intermédiation d'un ministre humain.
J'allais répondre "non", puisque je pèche tous les jours.
Mais en fait, je dois répondre "oui", puisque je ne désire pas rester dans le péché et reviens chaque fois vers Jésus demander le pardon.
La renonciation ne signifie pas que je serais dans l'incapacité de pécher, mais que je désire fermement sortir de l'empire du péché. Et ça, oui, je l'ai respecté.
Beaucoup de catéchumènes m'ont dit qu'effectivement, le baptême les avait marqués, qu'il s'était passé quelque chose pour eux le jour où il l'ont reçu.
Pour ma part, je considère que j'avais le coeur endurci pendant ma jeunesse, et que je n'ai commencé à vivre de mon baptême que récemment. Et là, oui, j'ai ressenti quelque chose.
Je ne qualifierais pas ça de "venue du Saint Esprit", puisque je crois que l'Esprit habitait déjà en moi. Plutôt que j'ai abattu une barricade par laquelle je l'empêchais d'agir en moi.
C'est une approche théologique de l'Eglise qui cause beaucoup de tensions avec nos frères protestants, et si on ouvre ce débat on n'a pas fini...
En très bref, pour ne pas donner l'impression que j'élude la question :
Non, elle n'est pas un 8e sacrement.
Elle peut être considérée comme sacrement parce qu'elle est signe visible et efficace de l'action salvifique de Dieu dans le monde.
Actes 22, 16.
Je répondrai prochainement à vos autres questions quand j'aurai plus de temps.
Je ne sais pas comment répondre à une telle question.gerardh a écrit :En propos liminaires, vous souhaitez convoquer en profondeur des compartiments de la théologie : l'anthropologie chrétienne, la sotériologie, la liturgie, la sémiotique. Cependant du moins au début de vos interventions, vous abandonnez ces notions « savantes » (vous savez ce que j’en pense), pour vous placer, sans apport doctrinal, sur vos émotions ressenties à l’occasion de la cérémonie de baptême. Il est normal d’avoir des émotions, mais on peut en avoir à diverses occasions, légitimes ou non, par exemple de par des pompes cérémonielles. Donc on ne peut guère se baser sur des émotions pour fonder une conviction. Etes-vous d’un avis contraire ?
D'un côté, vous me reprochez de convoquer des "émotions" au lieu de m'en tenir à un terrain purement rationnel. Mais d'un autre côté, vous semblez réprouver les notions "savantes" d'anthropologie, de sotériologie, et liturgie ou encore de sémiotique... Autrement dit, vous me demandez de rester sur le terrain de la pensée construite, tout en m'interdisant de présenter ma pensée de manière rationnelle. Comment puis-je faire ?
Qu'est pour vous la fête de Pâques ?Sur quelles bases doctrinales baptise-t-on les gens préférentiellement à Pâques, et seulement exceptionnellement à d’autres périodes ? Sur quelles bases doctrinales célèbre-t-on encore la fête de Pâques à l’ère chrétienne ? En quoi « chaque Dimanche est pascal » ?
Pourquoi le baptême est-il considéré comme un acte concernant la communauté paroissiale (que j’appelle l’église locale) dans son entier ?
Parce qu'un sacrement n'a de sens qu'en Eglise.
La communauté paroissiale n'est que la présence locale de toute l'Eglise. L'expression "église locale" est ambiguë (car ne marquant pas assez l'unité de toute l'Eglise), mais c'est bien l'idée.
Quelqu'un qui demanderait à être baptisé, mais en refusant tout lien avec la communauté paroissiale, montrerait une compréhension imparfaite du baptême : il n'est pas que signe de la renaissance personnelle en Christ, mais aussi entrée au sein de l'Eglise. Ce serait comme vouloir greffer une branche à un arbre sans que cela ne concerne le reste de l'arbre.
Le bâtiment église est précisément construit pour y célébrer la liturgie, et le baptême en fait partie. Votre question est donc comparable à demander "pourquoi est-ce que l'Orchestre de Paris joue presque toujours dans une salle de concert ?" : parce que ces salles sont construites précisément à cette fin.Pourquoi est-il administré dans le bâtiment servant au culte ?
Mais au besoin on peut administrer le baptême en tout lieu.
La péricope de la guérison de l'aveugle Bartimée dans l'évangile de Marc fournit un bon exemple : Bartimée appelle Jésus "Fils de David". On peut considérer que cela signifie qu'il a compris qui est Jésus : c'est la conversion. Mais quand il s'approche de Jésus, ce dernier lui demande : "que veux-tu que je fasse pour toi". Il faut que Bartimée demande explicitement à être guéri. C'est pareil avec le baptême : il faut le demander.Vous écrivez : « Aujourd'hui, je viens à l'église pour le demander à Dieu. Mais je le lui ai demandé le jour de ma conversion, quand j'ai dit : je crois en Toi, et je veux être Ton enfant... »
Quelle signification attribuez-vous au fait de votre conversion, par rapport à votre souhait de baptême ?
http://www.chantonseneglise.fr/chant.php?chant=1079Qu’est-ce pour vous qu’un cantique de louanges ? Avez-vous un exemple ?
Pour deux raisons :Pourquoi une messe est-elle nécessaire ou préconisée à l’occasion d’un baptême ?
- parce qu'il y a un lien profond entre les sacrements de baptême et d'eucharistie, et que typiquement un catéchumène recevra l'eucharistie pour la première fois à cette occasion ;
- parce que la messe est mémorial de la mort et de la résurrection de Jésus, et que c'est parce que Jésus a vaincu la mort qu'Il nous donne la possibilité de recevoir la vie éternelle : le baptême est mort et naissance à une vie nouvelle.
La célébration de la messe à l'occasion d'un baptême n'est pas nécessaire, mais il est préférable de faire ainsi pour mieux donner à percevoir tout cela.
L'aspersion est, comme le nom l'indique, le fait d'asperger les fidèles avec de l'eau. Je n'en connais pas les fondements doctrinaux, il faudra que je recherche, mais c'est un rite très ancien.Qu’est ce qu’une aspersion (administrée pendant cette messe) et sur quel fondement doctrinal est-elle prodiguée ? Quels en sont les effets ?
Le sens du rite est de principalement de nous rappeler notre propre baptême.
J'aime aussi à y voir une mémoire des ablutions rituelles judaïques, dans lesquels la personne se purifie dans l'eau pour se préparer à aller à la rencontre de Dieu, et je présume que c'est en ce sens qu'elle fait partie des rites pénitentiels par lesquels on ouvre la messe.
Le salut est libération définitive du mal et du péché et communion complète avec Dieu.Quelle différence y a-t-il dans votre esprit entre le salut et la vie éternelle ? Jouissez-vous de l’un et/ou de l’autre ?
La vie éternelle est la perspective d’éternité promise par Dieu à tous les êtres humains.
Jn 5, 24 : "Celui qui écoute ma parole, et qui croit à Celui qui m'a envoyé, celui-là a la vie éternelle".
Nous faisons l’expérience de la vie éternelle déjà ici bas, par la présence de la grâce du Christ dans la vie des fidèles. Le salut comprend donc la vie éternelle.
Je crois que je jouis déjà de la vie éternelle, effectivement, puisque je suis baptisé (et vous de même). Je crois que j'ai reçu la grâce du salut, mais je dispose toujours de ma liberté personnelle qui fait que je peux encore pécher mortellement et me couper ainsi du salut et de la vie éternelle.
Le baptême fait partie de l'économie du salut, c'est à dire du plan divin pour rétablir la Création telle qu'Il en avait l'intention avant l'irruption du péché originel.Quel rapports faites-vous entre la Création (et son récit) et le baptême ?
Personnellement, je n'en ai pas souvenir, ayant été baptisé très jeune. J'ai cru comprendre que certains ressentent quelque chose, mais c'est loin d'être le cas de tous.Lors de l’exorcisme, vous êtes-vous senti délivré du mal ?
Le fait que l'on ressente ou non quelque chose n'est pas important: les sensations sont de l'ordre du visible, et non de l'invisible. Ce qui importe, c'est précisément ce qui est invisible, tout ce qui est visible n'est là que pour en être signe.
C'est simplement une façon de montrer que cette eau va être employée à un usage sacré.Sur quelles bases bénit-on l’eau du baptême ? Qu’est-ce que cela apporte ?
Il me semblait vous avoir déjà donné la définition d'un sacrement... Je rappelle donc :Définissez-vous un sacrement comme une opération où « c’est Dieu qui agit ? ».
"signe visible et efficace d'une une réalité invisible destiné à la sanctification des hommes."
Donc, oui, cela implique que c'est Dieu qui agit (qui d'autre que Dieu pourrait sanctifier ?), en l'occurrence par l'intermédiation d'un ministre humain.
Question difficile.Votre renonciation au péché a-t-elle été respectée ?
J'allais répondre "non", puisque je pèche tous les jours.
Mais en fait, je dois répondre "oui", puisque je ne désire pas rester dans le péché et reviens chaque fois vers Jésus demander le pardon.
La renonciation ne signifie pas que je serais dans l'incapacité de pécher, mais que je désire fermement sortir de l'empire du péché. Et ça, oui, je l'ai respecté.
Même réponse que pour l'exorcisme : je n'ai aucun souvenir de mon propre baptême.« Ca y est, je suis baptisé ! ». Avez-vous ressenti quelque chose ? La venue en vous du Saint Esprit ?
Beaucoup de catéchumènes m'ont dit qu'effectivement, le baptême les avait marqués, qu'il s'était passé quelque chose pour eux le jour où il l'ont reçu.
Pour ma part, je considère que j'avais le coeur endurci pendant ma jeunesse, et que je n'ai commencé à vivre de mon baptême que récemment. Et là, oui, j'ai ressenti quelque chose.
Je ne qualifierais pas ça de "venue du Saint Esprit", puisque je crois que l'Esprit habitait déjà en moi. Plutôt que j'ai abattu une barricade par laquelle je l'empêchais d'agir en moi.
Elle fait partie intégrante de la liturgie complète du baptême, sans que son omission ne soit pour autant invalidante. L'omettre vient simplement réduire la partie "visible", et donc rendre les choses moins perceptibles pour la personne.L’onction du saint-chrême fait-elle partie intégrante du baptême ou lui est-elle seulement adjointe ?
Pas ce soir !Explicitez SVP pourquoi et en quoi l’Eglise est-elle un sacrement ? Est-elle un 8ème sacrement ? Comment s’administre t-il ?
C'est une approche théologique de l'Eglise qui cause beaucoup de tensions avec nos frères protestants, et si on ouvre ce débat on n'a pas fini...
En très bref, pour ne pas donner l'impression que j'élude la question :
Non, elle n'est pas un 8e sacrement.
Elle peut être considérée comme sacrement parce qu'elle est signe visible et efficace de l'action salvifique de Dieu dans le monde.
Par exemple :Sur quelles bases doctrinales établissez-vous que le baptême nous lave du péché originel ?
Actes 22, 16.
Oui.L’Eglise est-elle pure et sainte (Ephésiens 5, et ce dès à présent ?
Je n'ai pas fini d'y réfléchir : cela m'a amené à devoir creuser les liens entre baptême et confirmation, et je lui loin d'avoir fini.Vous avez cité Actes 8, : « 15 Une fois arrivés, ces derniers prièrent pour les Samaritains afin qu'ils reçoivent l'Esprit Saint. 16 En effet, l'Esprit n'était encore tombé sur aucun d'eux; ils avaient seulement reçu le baptême au nom du Seigneur Jésus. 17 Pierre et Jean se mirent donc à leur imposer les mains et les Samaritains recevaient l'Esprit Saint ». Puis vous avez indiqué que ce passage vous interpellait, et qu’il allait falloir que vous creusiez. Quel est le résultat de votre réflexion ?
Je répondrai prochainement à vos autres questions quand j'aurai plus de temps.