Mac, à propos de ...
Et vous voulez nous faire croire que les disciples ont compris que les choses n'étaient plus matérielles?(que manger = croire/avoir la foi?).
Il aurait fallu qu'ils entendent ce que gérardh essaie de nous expliquer. Ils sont scandalisés par le fait de méconnaître ce langage ''en figure'' qu'emploie Jésus. C'est bien ce que gérardh veut dire.
Seulement...
On se demanderait pourquoi il faut que Jésus utilise une formule aussi alambiquée et difficile à entendre justement, alors qu'il aurait si simple de dire : «Il faut faire confiance à ce qui est écrit dans la Torah». Tout le monde aurait été content. «Il faut accepter ce que Dieu dit. Il faut écouter la parole de Dieu, l'étudier et vouloir marcher avec Dieu. Et voilà ce que ''manger la bonne parole de Dieu'' veut dire. Mangez la bonne parole !»
Or, au lieu de dire ''Mangez mes paroles'', voilà plutôt que Jésus vient parler de ''manger sa chair'' littéralement. La formule était quand même insolite. Nous introduire la chair là-dedans reste comme une expression sans parallèle dans l'Ancien Testament. Le scandale surgit parce que Jésus introduit avec cela quelque chose qui est réellement nouveau.
Jésus évoque sa propre chair, et comme ensuite la résurrection aussi au final. C'est un renvoi à l'Incarnation à mon avis : le mystère de l'Incarnation. C'est le mystère de sa personne. La réalité divine mais...
mais incarnée. Ceux qui ont mangé la manne du temps de Moïse mais ils sont morts. Maintenant, le pain concret et matériel que Jésus donne l'est pour être assimilé à sa propre vie très réelle (= changer en son corps; son corps = sa vie). Ce sont des choses que la ''raison-raisonnante'' du philosophe ne peut pas capter mentalement d'une manière satisfaisante. Et c'est ce que Jésus veut dire en disant que ''la chair ne sert de rien''.
L'entendement humain (le calcul mental, le sens du toucher, l'ouïe, la vue, la sensibilité avec ses passions*) ne peut pas servir pour assimiler réellement le mystère en question, tout comme il ne sert absolument de rien non plus, notre entendement régulier, pour figurer un Jésus vrai homme, vrai Dieu, la Trinité, etc. Les vrais mystères positifs sont vertigineux pour la raison humaine ( de là l'explication pour le scandale aussi qui est bien présent dans le texte). Si Pierre n'a pas vraiment compris la chose sur le coup, à la différence des autres mais il sera resté et parce qu'il faisait confiance à son ami Jésus.
* comme dans ''... ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela mais mon Père qui ...''
gérardh,
Par ailleurs je remarque que mes interlocuteurs catholiques du forum [...] éludent de manière récurrente de répondre à la question que je leur avais posée, à savoir : « selon vous, une personne qui prend la cène à t'elle de ce fait la vie éternelle ? » , ou encore : « selon vous, et si vous assimilez Jean 6 à la Cène (que vous appelez Eucharistie), il s'ensuivrait logiquement qu'une personne qui communierait à la Cène aurait la vie éternelle. Est-ce votre façon de voir ? ».
Une personne qui communie réellement de façon indigne n'a pas plus la vie éternelle que ne l'aurait Judas en mangeant le bout de pain la veille du soir où le Christ fut livré. Paul avait déjà répondu à votre question, gérardh. On peut manger et boire sa propre condamnation.
Il s'ensuit logiquement, dans la pensée catholique, que le Christ est présent avec ce pain que
Lui donne. On parle d'une présence réelle dans l'Église.