Re: Les cathos traditionalistes
Publié : ven. 17 janv. 2020, 12:33
Je réponds rapidement.
La plupart des décisions de Pistoie avaient été faites sans l'accord de la Papauté, et contre elle ; en s'appuyant, qui plus est, sur une hérésie sérieuse et dangereuse, à savoir le Jansénisme.
Qu'il y ait des points communs entre Vatican II et Pistoie, sous ce rapport-là, me semble clair. Même le P. Bouyer l'a reconnu, tout en faisant remarquer que l'insoumission des pères de Pistoie justifiait la condamnation de leur synode.
Pour ma part, je ferais deux observations:
1) la bulle ne jette aucun anathème (ce qui est coutumier, voire indispensable, ce me semble, lorsqu'on veut donner un enseignement infaillible) ;
2) la condamnation de Pie VI vise la proposition suivante : « Il est contre la pratique apostolique et contre les conseils de Dieu de ne pas préparer des moyens plus faciles d’unir la voix du peuple à celle de toute l’Église ». Si cette proposition est condamnée, il en ressort que la proposition contraire (« Il n'est pas contraire à la pratique apostolique ou aux conseils de Dieu de ne pas préparer des moyens plus faciles d’unir la voix du peuple à celle de toute l’Église ») est vraie. Mais cette dernière proposition n'est pas contraire à la suivante : « Il n'est pas contraire à la pratique apostolique ou aux conseils de Dieu de préparer des moyens plus faciles d’unir la voix du peuple à celle de toute l’Église ».
Pour simplifier, Pistoie dit qu'il est obligatoire de célébrer en langue vulgaire. Pie VI, fidèle en cela au concile de Trente, répond que c'est faux. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas de soi souhaitable de célébrer en langue vulgaire.
Si mon voisin dit qu'il ne faut manger que des cerises, je lui répondrai qu'il a tort, qu'il faut aussi manger des légumes, des oranges, de la viande, etc. sans pour autant dire qu'il ne faut jamais manger de cerises.
Ce n'est pas parce qu'un point disciplinaire n'est pas dogmatique qu'on peut le modifier à loisir. S'il est là depuis longtemps, c'est souvent avec de bonnes raisons. C'est pourquoi je suis personnellement opposé à l'ouverture de l'ordination sacerdotale aux hommes mariés dans l'Eglise latine (sauf exceptions, comme par exemple d'anciens pasteurs).
Vous mélangez tout. Effectivement, il y a eu beaucoup de modifications, mais ceci est hors-sujet par rapport à l'objet de notre discussion, à savoir la valeur et l'objectif d'Auctorem Fidei.J'avoue ne pas trop voir en quoi il y a un problème de contexte : le pape de l'époque a écrit l'encyclique Auctorem Fidei pour condamner certaines propositions du synode janséniste de Pistoie. C'est cela le contexte général. Or, on voit que beaucoup de propositions conciliaires condamnées sont reprises par Sancrosanctum Concilium. Je vais me renseigner un peu sur Saint Léon III et saint Grégoire le Grand. Cependant, quoi qu'il en soit, c'est la question de l'ampleur des réformes (liturgiques et autres) qui me trouble le plus : il ne s'agit pas que d'un mot ajouté au canon de la messe ou d'un changement d'une coutume, mais de chamboulements énormes et contraires à la stabilité de l'Eglise en ses rites. Car les spécialistes pourront toujours discuter sans fin de la légitimé de telle ou telle modification bien précise, mais il ne faut pas oublier le tableau d'ensemble, qui est celui d'une démolition sans précédent. Je ne vois pas un seul sacrement qui n'aurait pas été touché. Sans compter le nouveau code de droit canonique (moins de 70 ans après celui de 1917 !).
La plupart des décisions de Pistoie avaient été faites sans l'accord de la Papauté, et contre elle ; en s'appuyant, qui plus est, sur une hérésie sérieuse et dangereuse, à savoir le Jansénisme.
Qu'il y ait des points communs entre Vatican II et Pistoie, sous ce rapport-là, me semble clair. Même le P. Bouyer l'a reconnu, tout en faisant remarquer que l'insoumission des pères de Pistoie justifiait la condamnation de leur synode.
Pour ma part, je ferais deux observations:
1) la bulle ne jette aucun anathème (ce qui est coutumier, voire indispensable, ce me semble, lorsqu'on veut donner un enseignement infaillible) ;
2) la condamnation de Pie VI vise la proposition suivante : « Il est contre la pratique apostolique et contre les conseils de Dieu de ne pas préparer des moyens plus faciles d’unir la voix du peuple à celle de toute l’Église ». Si cette proposition est condamnée, il en ressort que la proposition contraire (« Il n'est pas contraire à la pratique apostolique ou aux conseils de Dieu de ne pas préparer des moyens plus faciles d’unir la voix du peuple à celle de toute l’Église ») est vraie. Mais cette dernière proposition n'est pas contraire à la suivante : « Il n'est pas contraire à la pratique apostolique ou aux conseils de Dieu de préparer des moyens plus faciles d’unir la voix du peuple à celle de toute l’Église ».
Pour simplifier, Pistoie dit qu'il est obligatoire de célébrer en langue vulgaire. Pie VI, fidèle en cela au concile de Trente, répond que c'est faux. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'est pas de soi souhaitable de célébrer en langue vulgaire.
Si mon voisin dit qu'il ne faut manger que des cerises, je lui répondrai qu'il a tort, qu'il faut aussi manger des légumes, des oranges, de la viande, etc. sans pour autant dire qu'il ne faut jamais manger de cerises.
Je ne tiens ce discours que dans sa première moitié : le pouvoir du Pape sur l'Eglise catholique est trop important et devrait être réduit en faveur des Eglises locales.De plus, je suis mal à l'aise avec un certain discours moderne qui nous explique que le pape a pris trop de pouvoir dans l'Eglise depuis quelques siècles, mais qui prétend parallèlement qu'il n'y a pas de problème à ce qu'il jette aux oubliettes des pans entiers de ce qui constitue la vie catholique quotidienne des fidèles sous prétexte que le dogme est sauf.
Ce n'est pas parce qu'un point disciplinaire n'est pas dogmatique qu'on peut le modifier à loisir. S'il est là depuis longtemps, c'est souvent avec de bonnes raisons. C'est pourquoi je suis personnellement opposé à l'ouverture de l'ordination sacerdotale aux hommes mariés dans l'Eglise latine (sauf exceptions, comme par exemple d'anciens pasteurs).