Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2012-2013)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Re: Le jeudi de la 9ème semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Homélie du Pape François

Dans l’Evangile du jour (Mc 12,28-34) le scribe qui demande à Jésus « Quel est le premier de tous les commandements ? » essayait peut-être de « le mettre à l’épreuve », a estimé le pape François, donnant sa lecture de l’extrait biblique.

Lorsque le scribe approuve la réponse du Christ, ce dernier lui déclare : « Tu n'es pas loin du Royaume de Dieu ». Pour le pape, Jésus a voulu signifier : « Tu connais bien la théorie », mais « il te manque encore une distance [pour parvenir] au Royaume de Dieu », il s’agit de continuer à avancer pour transformer « ce commandement en réalité », puisque « la confession de Dieu » se fait sur le « chemin de la vie ».

Cette question est valable pour tous : « Il ne suffit pas de dire: ‘Je crois en Dieu, Dieu est l’unique Dieu’. C’est bien, mais comment vis-tu sur la route de la vie ? », a questionné le pape, en faisant observer qu’il était possible de dire: « Le Seigneur est l’unique Dieu, il n’y en a pas d’autres », tout en vivant « comme s’il n’était pas l’unique Dieu et en ayant d’autre divinités à sa disposition ».

C’est tout le danger représenté par l’esprit du monde, qui encourage à « l’idolâtrie ». « Jésus était clair à ce sujet : l’esprit du monde, non », a-t-il rappelé (Jn 17,14).

« L’idolâtrie est subtile », a mis en garde le pape, soulignant que tout homme avait « ses idoles cachées » et que « le chemin à parcourir pour arriver au Royaume de Dieu » implique de « découvrir ces idoles cachées » : tout comme Rachel, femme de Jacob, a caché les idoles qu’elle a prises dans la maison de son père « dans le palanquin du chameau », (Gn 31,34) tout croyant possède des idoles « cachées » dans « sa personnalité », dans sa « façon de vivre », idoles qu’il s’agit de « chercher » et de « détruire ».

Le pape a cité l’apôtre Jacques : « Créatures adultères ! Vous savez bien que l'amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu » (Jc 4,4).

Pourquoi « adultères ? », s’est demandé le pape : « Parce que celui qui est un 'ami' du monde est un idolâtre, il n’est pas fidèle à l’amour de Dieu. La route pour avancer vers le Royaume de Dieu, est un chemin de fidélité qui ressemble à celui de l’amour nuptial ».

Pour suivre Dieu, a-t-il insisté, il faut un amour fondé sur la « fidélité » : « c’est la fidélité qui demande de chasser les idoles, de les dévoiler », afin de rester « fidèle dans l’amour ».

Pour conclure, le pape a invité à prier le Christ, même si « c’est difficile » : « Seigneur, tu es si bon, enseigne-moi cette route pour être chaque jour moins loin du Royaume de Dieu, cette route pour chasser toutes les idoles ».

( 6 juin 2013) © Innovative Media In
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Coeur Sacré de Jésus, Solennité

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Livre d'Ézéchiel 34,11-16.
Parole du Seigneur Dieu : Maintenant, j’irai moi-même à la recherche de mes brebis, et je veillerai sur elles. Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, ainsi je veillerai sur mes brebis, et j'irai les délivrer dans tous les endroits où elles ont été dispersées un jour de brouillard et d'obscurité. (...) La brebis perdue, je la chercherai ; l'égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la soignerai. Celle qui est faible, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai, je la ferai paître avec justice.

Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je passe un ravin de ténèbres,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi,
ton bâton me guide et me rassure.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,3-7.
Jésus disait cette parabole :
« Si l'un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il la retrouve ?
Quand il l'a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules,
et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : 'Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! '
Je vous le dis : C'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. »


Cy Aelf, Paris

Ces textes se répondent si simplement que l'on en tire d'abord la conclusion que Jésus est incarne parfaitement la prophétie d'Ezechiel par laquelle Dieu se révèle comme berger de ses brebis. Quant au dernier verset de l'Evangile, je l'ai entendu proclamer par une foule d'anges le matin de ma conversion: c'est comme si les murs de ma chambre avaient été, en un instant, d'un choeur d'anges qui répétaient sans se lasser, tranquillement : "Il y a plus de joie dans les cieux pour un seul qui se convertit que pour pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion !»

Une chose a retenu mon attention, c'est la formulation "un jour de brouillard et d'obscurité" employée par Ezechiel. Mais ne parvenant pas à comprendre pourquoi ce bout de phrase m'avait frappé, j'ai attendu de rencontrer le prêtre, qui est un érudit. Il m'a répondu : "Nacht und Nebel", cela vous dit quelque chose ? Ah, oui, bien sûr, c'est le nom donné par les nazis à une rafle de juifs durant la seconde guerre mondiale ! Mais ce jour de brouillard et d'obscurité n'a-t-il pas été à l'orgine du retour des juifs du monde entier vers la terre d'Israël.

La parole du Seigneur prend ainsi une dimension nouvelle. Il y a un salut personnel qui vaut aussi pour une multitude qui avait été "dispersée". Voici donc une découverte inattendue mais la portée en est rien moins que le salut final d'Israël dont parle saint Paul dans son Épitre aux Romains, XI, 11-33. A ce sujet, il est intéressant de lire encore. J'en ai trouvé un long passage en utilisant cette référence sur mon moteur de recherche : "Bossuet, Discours sur l'Histoire universelle., partie II, chapitre XX".

Le bon pasteur vient pour toutes les brebis dispersées, mais sans faire aucun amalgame: il vient sauver chacun d'entre les hommes un par un !
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Mémoire du Coeur immaculé de Marie

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Livre d'Isaïe 61,9-11.
Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m'a enveloppé du manteau de l'innocence, il m'a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux. Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations.

Premier livre de Samuel 2,1.4-5.6-7.8abcd.
Mon cœur exulte à cause du Seigneur ;
mon front s'est relevé grâce à mon Dieu !
Face à mes ennemis, s'ouvre ma bouche :
oui, je me réjouis de ta victoire !

L'arc des forts sera brisé,
mais le faible se revêt de vigueur.
Les plus comblés s'embauchent pour du pain,
et les affamés se reposent.

Le Seigneur fait mourir et vivre ;
il fait descendre à l'abîme et en ramène.
Le Seigneur rend pauvre et riche ;
il abaisse et il élève.

De la poussière, il relève le faible,
il retire le malheureux de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
et reçoive un trône de gloire.



Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,41-51.
Chaque année, les parents de Jésus allaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils firent le pèlerinage suivant la coutume. Comme ils s'en retournaient à la fin de la semaine, le jeune Jésus resta à Jérusalem sans que ses parents s'en aperçoivent.
Pensant qu'il était avec leurs compagnons de route, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances.
Ne le trouvant pas, ils revinrent à Jérusalem en continuant à le chercher.
C'est au bout de trois jours qu'ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions,
et tous ceux qui l'entendaient s'extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent stupéfaits, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme nous avons souffert en te cherchant, ton père et moi ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne le saviez-vous pas ? C'est chez mon Père que je dois être. » Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait. Il descendit avec eux pour rentrer à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements
.


Tant le Livre d'Isaïe que le Psaume nous montrent comment Marie, lors de la salutation à Elisabeth, s'est mise à exprimer son bonheur à sa cousine avec les mots du Magnificat, en reprenant des louanges à Dieu qu'elle avait gardées et remuées dans son coeur depuis l'annonce de l'ange Gabriel.

Mais ni le coeur de louange, ni les forces de la jeunesse, ni même la grande foi, n'empêcheront que Marie - comme chacun de nous (ce qu'il est très précieux de savoir) - ait connu comme nous l'incompréhension, la douleur, la peine... Certes, la grâce divine apporte avec elle tout ce qui est nécessaire, de joie, de force et d'amour, pour suivre Jésus. Mais elle nous entraîne aussi dans l'épreuve. Marie n'y échappe pas, comme le montre cet épisode de Jésus perdu, puis retrouvé au temple.

La vie chrétienne n'est pas exempte de souffrance morale. Lors de ma toute première participation à la "Fête de la Miséricorde divine", j'avais escompté une très grande joie. Je me réjouissais par avance des congratulations de la part de celles et ceux qui, depuis Montréal, m'avaient permis de suivre ma formation. Je vins à la première messe du matin et j'en sortis tout content, pressé de partager ma joie avec d'autres.

Or, étrangement, ce dimanche tout particulier, je n'ai trouvé personne à qui parler. Personne dans ma famille, personne chez les Clarisses, personne non plus sur le web. Vers midi, j'ai réalisé que ce jour de ma première "fête de la Miséricorde", tournerait en désolation de solitude.. J'en ai éprouvé une très vive contrariété. Je suis parti au hasard des chemins car je me disais: cette peine, je vais la tuer, je l'épuiserai en priant et en marchant et si je n'obtiens pas de réponse à ma prière, du moins je vais tellement me fatigué que je tomberai endormi.

A 18h00, toujours priant, toujours souffrant, je suis rentré chez moi, j'ai de nouveau supplié le Seigneur et quand j'ai repris le petit Journal de sainte Faustine, tout de suite, je suis tombé sur la question qui m'avait torturé tout l'après-midi:

- Que faire, Seigneur, si je suis repoussé et rejeté par les gens, particulièrement par ceux sur lesquels j'ai le droit de compter. et cela aux moments où j'en ai le plus besoin? Et Jésus répondait : Prends la résolution de ne jamais t'appuyer sur les gens. Tu feras de grandes choses si tu t'abandonnes entièrement à ma volonté et que tu dis: "Non point comme je le veux, mais selon Ta volonté, ô Dieu, qu'il en soit ainsi. "
Sache que ces paroles prononcées du fond du coeur élèvent l'âme en un instant, au sommet de la sainteté. Pour une telle âme, j'ai une prédilection particulière, une telle âme me rend grande gloire, une telle âme emplit le ciel du parfum de sa vertu; mais sache que cette force que tu as en toi pour supporter la souffrance tu la dois à la fréquente sainte Communion, viens donc souvent à cette source de miséricorde et puises-y avec le vase de la confiance tout ce dont tu as besoin
. (1487)

A cette lecture, je me suis senti libéré d'un seul coup du fardeau intérieur qui m'avait obligé à basser le front toute cette superbe journée solitaire. Sur ma route, durant ma marche, j'avais croiés a journée, sur la route j'avais croisé une dame âgée qui jetait de quoi picorer à des oiseaux, au bord d'une route. Dieu sait pourquoi, cette scène m'avait projeté au coeur de l'angoisse.

Cet épisode date de l'année 2004 - je n'en ai jamais oublié aucun détail. Au cours des mois qui suivirent, je fus "détaché" du groupe de Montréal et il ne m'advint certes rien de tout ce que mon imagination exaltée avait pu produire. Mais je suis au travail - et cela est bien.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le mercredi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,4-11
Et si nous avons tant d'assurance devant Dieu grâce au Christ,
ce n'est pas à cause d'une capacité personnelle dont nous pourrions nous attribuer le mérite.
Notre capacité vient de Dieu : c'est lui qui nous a rendus capables d'être les ministres d'une Alliance nouvelle, une Alliance qui n'est pas celle de la lettre de la Loi, mais celle de l'Esprit du Dieu vivant ; car la lettre tue, mais l'Esprit donne la vie.
Pourtant le ministère de la Loi gravée dans la pierre, ce ministère de mort, avait déjà une telle gloire que les fils d'Israël ne pouvaient pas fixer le visage de Moïse rayonnant d'une gloire dont l'éclat ne durait pas ;
alors, quelle gloire bien plus grande aura le ministère de l'Esprit !
Ce qui allait vers la condamnation avait déjà un ministère rayonnant de gloire ; alors, ce qui fait de nous des justes aura un ministère infiniment plus glorieux !
Non, vraiment, ce qui a été si glorieux ne l'est plus du tout, parce qu'il y a maintenant une gloire qui dépasse tout.
Ce qui ne durait pas rayonnait déjà de gloire ; alors, ce qui demeure aura infiniment plus de gloire.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,17-19.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux.


Cy Aelf, Paris

Jésus est venu pour accomplir en Lui "la Loi et les prophètes". Nous avons eu ce matin une très belle, sobre, mais également forte homélie: l'histoire de la révélation s'est produite en trois temps: il y eu d'abord la création et le péché d'Adam et Eve; puis il y eut l'Alliance avec Moïse et les tables de la Loi; et enfin, l'accomplissement de la Loi en Jésus-Christ qui a abouti par l'effusion de l'Esprit-Saint sur tous les croyants. C'est l'oeuvre de Rédemption, le temps de la miséricorde divine.

La création fut majestueuse et tout y était parfait, y compris la pleine liberté accordée à l'homme. Car si l'homme n'avait pas reçu la faculté de désobéir à Dieu, alors qu'eût valu son amour pour lui ? Pour remédier au péché, Dieu donna des lois au peuple. Saint Paul nous rappelle que le don des dix commandements fut déjà une oeuvre de gloire accomplie pour les hommes de la part de Dieu. Cependant, les hommes se mirent à contourner la Loi: ils l'instituèrent en rites et sacrifices, ils l'écartèrent ainsi du concret de leurs vies, telle façon qu'elle devint inopérante dans les coeurs.

Enfin, par Jésus-Christ, vint le temps de la rédemption. Par le don total qu'il fit de lui-même, par le don des béatitudes, par l'institution de l'Eucharistie, par sa mort et sa résurrection, les cieux se sont ouverts et désormais l'Esprit-Saint se répandit sur nous. La Loi n'est plus inscrite dans la pierre, mais dans le coeur des fidèles. Ne ressentons-nous pas cet appel à aimer - et à aimer dans le don de nous-mêmes ? Ce qui nous délivre du péché et du mal, c'est bien la capacité de témoigner de l'amour de Dieu par la parole et les oeuvres de miséricorde.

Pour terminer, notre prêtre fut bien inspiré de nous rappeler les premiers mots du bienheureux pape Jean-Paul II : "N'ayez pas peur !" En effet, bien que ressentions l'oeuvre de la rédemption s'accomplir en nous, les évènements extérieurs nous effraient. Le retour du paganisme dans les lois civiles nous choque. Penons garde de ne pas tomber dans ce piège de la peur ! De nos jours, une multitude de petit "prophètes" désarment la charité de nombreux fidèles par des avertissements de fin du monde. Et quand bien-même cela serait: qu'avons-nous à craindre ? Puisque le Seigneur est avec nous, qui sera contre nous ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le jeudi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 3,15-18.4,1.3-6.
Et aujourd'hui encore, quand les fils d'Israël lisent les livres de Moïse, un voile leur recouvre le cœur. Quand on se convertit au Seigneur, le voile tombe.
Or, le Seigneur, c'est l'Esprit, et là où l'Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. Et nous, les Apôtres, qui n'avons pas, comme Moïse, un voile sur le visage, nous reflétons tous la gloire du Seigneur, et nous sommes transfigurés en son image avec une gloire de plus en plus grande, par l'action du Seigneur qui est Esprit.
C'est pourquoi nous ne perdons pas courage, puisque Dieu, dans sa miséricorde, nous a confié un si grand ministère ;
Et si la Bonne Nouvelle que nous annonçons reste encore voilée, elle n'est voilée que pour ceux qui vont à leur perte,
pour les incrédules dont l'intelligence a été aveuglée par le dieu de ce monde (Satan) : il les empêche de voir resplendir dans l'Évangile la gloire du Christ, lui qui est l'image de Dieu.
En effet ce que nous proclamons, ce n'est pas nous-mêmes ; c'est ceci : Jésus Christ est Seigneur, et nous sommes vos serviteurs, à cause de Jésus.
Car le Dieu qui a dit : La lumière brillera au milieu des ténèbres, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ.


Psaume 85(84),9ab.10.11-12.13-14.
Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s'embrassent


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Je vous le déclare : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux.
Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu'un commet un meurtre, il en répondra au tribunal.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère en répondra au tribunal. Si quelqu'un insulte son frère, il en répondra au grand conseil. Si quelqu'un maudit son frère, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.
Accorde-toi vite avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu'on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis : tu n'en sortiras pas avant d'avoir payé jusqu'au dernier sou.

Cy Aelf, Paris

Pour l'apôtre Paul, il est tout à fait clair qu'en ne recevant pas la Parole, en refusant d'écouter le Christ, les fils d'Israël ont gardé leurs coeurs voilés. Quant aux païens qui n'accueillent pas l'annonce de l'Evangile, ils sont incrédules parce leur intelligence est aveuglée par le diable. Chez les uns, un voile empêche les coeurs de recevoir le ministère de l'Esprit, chez les autres, c'est l'esprit du monde, l'esprit des richesses qui domine encore.

Dans ces conditions, la justice et la paix peuvent-elles s'embrasser, l'amour et la vérité peuvent-elles se rencontrer ? Non, car cela n'est possible qu'en Jésus-Christ, avec le secours et le conseil de l'Esprit-Saint.

Jésus explique cela aux disciples dans l'Evangile. Comment la justice des disciples peut-elle dépasser celle des scribes et des pharisiens - dont c'est la spécialité ! Tout simplement parce qu'il ne faut pas juger. Saint Luc reprend le même enseignement de Jésus lorsqu'il écrit :
- "Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés. Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous."

Le récit de l'adversaire avec lequel nous sommes en chemin, c'est notre frère en humanité à qui nous ne voulons pas pardonner et que nous refusons d'aimer. Si nous ne pardonnons pas, si nous n'acceptons pas - à cause de l'amour de Dieu, de supporter avec patience et charité nos adversaires en ce monde, alors nous faisons le jeu du diable qui nous accusera devant Dieu au jour du jugement.

Pardonner, c'est donner malgré tout. C'est donner encore en débit du refus de l'autre. C'est aussi imiter Dieu dans sa miséricorde, car Lui continue de déverser nous sa grâce et le feu de son Esprit en dépit de nos refus.

Béni soit Dieu !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Le vendredi de la 10e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par etienne lorant »

Deuxième lettre de St Paul Apôtre aux Corinthiens 4,7-15.
Frères, nous, les Apôtres, nous ressemblons à des gens qui portent un trésor dans des poteries sans valeur ; ainsi, on voit bien que cette puissance extraordinaire ne vient pas de nous, mais de Dieu. A tout moment, nous subissons l'épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés ; nous sommes désorientés, mais non pas désemparés ; nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés ; terrassés, mais non pas anéantis.
Partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps.
En effet, nous, les vivants, nous sommes continuellement livrés à la mort à cause de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre existence mortelle.
Ainsi la mort fait son œuvre en nous, et la vie en vous.
L'Écriture dit : J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé. Et nous, les Apôtres, animés de cette même foi, nous croyons, nous aussi, et c'est pourquoi nous parlons. Car, nous le savons, celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus nous ressuscitera, nous aussi, avec Jésus, et il nous placera près de lui avec vous.
Et tout ce qui nous arrive, c'est pour vous, afin que la grâce plus abondante, en vous rendant plus nombreux, fasse monter une immense action de grâce pour la gloire de Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,27-32.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez appris qu'il a été dit : Tu ne commettras pas d'adultère.
Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme et la désire a déjà commis l'adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi : car c'est ton intérêt de perdre un de tes membres, et que ton corps tout entier ne s'en aille pas dans la géhenne.
Il a été dit encore : Si quelqu'un renvoie sa femme, qu'il lui donne un acte de répudiation. Eh bien moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d'union illégitime, la pousse à l'adultère ; et si quelqu'un épouse une femme renvoyée, il est adultère.

Cy Aelf, Paris

Lorsque saint Paul décrit l'existence des apôtres, il indique aux lecteurs de sa lettre que ce qui prévaut chez eux, ce n'est pas seulement une correction des attitudes, mais carrément un changement de l'être, une mutation selon l'Esprit. Bien sûr, tous les humains considèrent leur propre corps comme le premier qu'ils possèdent, et dont il faut prendre le plus grand soin ! Eh bien, non, pas pour les apôtres: si le corps doit être entretenu, c'est qu'il appartient à Dieu, comme tout le reste. Mais ce qui compte devant le Seigneur, c'est moins le corps que l'usage qu'ils en font. L'Evangile qu'ils portent en eux, qu'ils annoncent, voici le trésor; et l'Esprit-Saint qui les anime, qui les fait voyager, qui les rend capables de supporter de multiples tribulations, est un pure merveille reçue de Dieu.
De telle sorte que ce n'est plus le corps qui doit être l'objet de notre attention, mais la vie qui anime le corps.

L'apôtre lui-même ne fait que redire sous une autre forme ce qu'annonce Jésus dans l'Evangile. Pourquoi devient-on adultère ? Non pas par un regard admiratif posé sur une femme, mais par le désir de possession s'il n'est pas aussitôt rejeté. Il en est de même de l'oeil, de la main et de tous les membres. L'exemple de l'adultère - déjà présent dans le désir de possession d'une femme, se retrouve aussi dans toutes sortes de circonstances de la vie.

Pour les juifs, l'adultère, en tout premier lieu, c'est l'infidélité à Dieu. Comment devient-on infidèle à Dieu ? Tout simplement en laissant libre cours à nos instincts. Pourquoi cueillir une fleur dont nous apprécions le parfum ? Nous savons très bien qu'une fois cueillie, le parfum disparaît et la fleur sèche. Un verre d'une eau bien fraîche fait le délice d'un homme assoiffé après une longue marche au soleil. Etait-ce bien une raison pour l'homme d'inventer des boissons fermentées qui entretiennent la soif plus qu'elles désaltèrent et qui modifient l'état de conscience du buveur ? Quant aux autres biens, qu'apporte-t-il à l'homme de les thésauriser ? Est-ce par le souci qu'il se fait que l'homme peut prolonger sa vie d'une seule journée ?

Il existe une chose que même les religieux méconnaissent souvent. C'est que leurs bonnes actions, leur charité pratique, leur amour de la Parole, leur attention aux autres peuvent effacer en eux la tristesse d'avoir été rejeté par leurs proches - ou d'être éloignés d'eux. En Dieu,la solitude n'est plus la solitude. Plus nous sommes proches de Dieu, plus l'Esprit Saint nous réjouira. Mais il y a bien une remise en question à faire des "valeurs" acquises en vue d'une adhésion de tout l'être à l'amour de Dieu.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,14-21.
Désormais nous ne connaissons plus personne à la manière humaine : si nous avons compris le Christ à la manière humaine, maintenant nous ne le comprenons plus ainsi.
Si donc quelqu'un est en Jésus Christ, il est une créature nouvelle. Le monde ancien s'en est allé, un monde nouveau est déjà né. Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation.
Car c'est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés, et il mettait dans notre bouche la parole de la réconciliation. Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ, et par nous c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu
.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,33-37.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez encore appris qu'il a été dit aux anciens : Tu ne feras pas de faux serments, mais tu t'acquitteras de tes serments envers le Seigneur. Eh bien moi, je vous dis de ne faire aucun serment, ni par le ciel, car c'est le trône de Dieu, ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Cité du grand Roi. Et tu ne jureras pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Quand vous dites 'oui', que ce soit un 'oui', quand vous dites 'non', que ce soit un 'non'. Tout ce qui est en plus vient du Mauvais.

Cy Aelf, Paris

Avec le Christ, si nous croyons en Lui, un monde ancien s'en va: nous avons été réconciliés à Dieu par le Christ, et désormais, nous ne devons plus nous comporter comme des hommes qui n'ont pas la foi. Comment se fait-il que les hommes continuent de jurer et de prêter serment en public, devant des foules, qu'ils tiendront les promesses qu'il leur ont faites ? Ce sont, encore et toujours des manières de faire de l'ancien monde, qui ne doivent pas retenir notre attention.

A notre manière, selon nos moyens et nos capacités, devenons sans tarder les apôtres modernes de la foi qu'ont semée en nous nos parents et qu'on vécue aussi nos ancêtres. Efforçons-nous de ressembler aux apôtres, qui vivaient en ce monde, mais en étaient détachés. Certes !, voici une bonne et saine résolution qu'il nous est possible de tenir pour peu que nous décidions, aujourd'hui même, de tourner la page de notre existence dans ce monde. Cessons donc d'exister, choisissons d'être !

Pourquoi le renoncement au serment paraît-il si important aux yeux de Jésus ? C'est à cause de notre faiblesse.

Comment pourrions-nous jurer de quoi que ce soit ! Car jurer, c'est affirmer d'une façon absolue que l'avenir sera exactement comme nous disons qu'il sera; que nous ne changerons pas et que nous accomplirons tout ce que nous prétendons. Que nous ne changerons jamais - alors que nous changeons chaque jour.

En luc 12, je retrouve cette parabole à propos d'un homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté:

"Et il raisonnait en lui–même, disant : Que ferai–je ? car je n’ai pas de place pour serrer ma récolte. Voici, dit–il, ce que je ferai: j’abattrai mes greniers, j’en bâtirai de plus grands, j’y amasserai toute ma récolte et tous mes biens; et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années ; repose–toi, mange, bois, et réjouis–toi. Mais Dieu lui dit : Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera–t–il ? Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui–même, et qui n’est pas riche pour Dieu." (Luc, 12)

Qu'il suffise donc que nous disions sincèrement "oui" ou "non" et cela suffit.
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Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 6,1
Pour que notre ministère ne soit pas exposé à la critique, nous veillons à ne choquer personne en rien, mais au contraire nous nous présentons comme de vrais ministres de Dieu par notre vie entière : toute notre persévérance, les détresses, les difficultés et les angoisses, les coups de bâton, la prison et les émeutes, les fatigues, les nuits sans dormir et les journées sans manger, la chasteté, la connaissance de Dieu, la patience, la bonté, la sainteté de l'esprit, la sincérité de l'amour, la loyauté de la parole, la puissance qui vient de Dieu ; nous nous présentons avec les armes des justes pour attaquer et pour nous défendre, dans la gloire et le mépris, dans la bonne et la mauvaise réputation. On nous traite de menteurs, et nous disons la vérité ; de gens obscurs, et nous sommes très connus ; on nous croit mourants, et nous sommes bien vivants ; on nous punit, mais sans nous faire mourir ; on nous croit tristes, et nous sommes toujours joyeux ; pauvres, et nous faisons tant de riches ; démunis de tout, et nous possédons tout.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,38-42.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, dent pour dent. Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre.
Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

Cy Aelf, Paris

Sous l'emprise de l'Esprit Saint, les apôtres sont rendus capables de supporter mille et une épreuves. Pour eux, c'est comme si l'oeuvre de Dieu était en train de se dérouler sous leur marche, sous leurs yeux, comme un tapis, au fur et à mesure qu'ils s'avancent.

Les occasions de souffrir ne manquent certes pas, et si nous en savons quelque chose c'est que le simple fait de nous déclarer chrétiens, nous fait passer pour des faibles d'esprit, ou d'hypocrites moralistes. Combien de fois n'ai-je pas fait l'objet de fausses rumeurs ? Dans l'exercice de ma profession, combien de fois n'ai-je été faussement accusé et même si j'ai pu chaque fois dévoiler la malice employée, j'en suis resté affecté par de lourds malaises nerveux. Mais qu'est cela, en comparaison de tout ce que rapporte Paul !

Cependant, de temps à autre, se produit un évènement tout lumineux qui manifeste combien les refus d'entendre et les dommages encourrus valent la peine de les supporter. "Si quelqu'un te réquisitionne pour faire un mille avec lui, fais en deux" dit Jésus. Il m'est arrivé un jour qu'on me fasse cette demande. J'ai essayé de l'esquiver mais à ce moment, je ressentis une parole en moi: "Fais-le ! Par amour de la charité parfaite, fais-le !".


Ils s'agissait d'accompagner une dame craintive qui devait traverser une grande partie de la ville à la nuit tombante. Je ne la connaissais, elle était bavarde et précieuse, ennuyeuse, pour tout dire, et pourtant, non seulement je l'ai accompagnée, mais j'ai fait le tour complet.


Récemment, j'ai beaucoup souffert à tondre le gazon chez moi en fin de journée, car je me disais : à quoi bon que tu te fatigues, tu sais bien que personne ne vient jamais voir ! Et cette pensée s'est étalée et a accompagné chacun de mes gestes durant une heure.
J'ai continué le lendemain : une plate-forme à nettoyer. J'avais la même disposition intérieure, pénible, lancinante et presque douloureuse comme un mal de tête. Mais plus tard, comme j'avais fini, je me suis étendu quelques minutes sur mon lit. Il était dix-sept heures. Sans prendre aucun cachet, j'ai ressenti un merveilleux bien être. C'est comme si "Quelqu'un-qui-m'aime" était tout proche de moi dans mon coeur afin d'apaiser mon ressentiment. Que c'était doux ! Je me suis mis à prier et quelques minutes plus tard, puis je me suis endormi et, sans somnifère, j'ai dormi près de quatorze heures. A mon réveil encore, cette consolation se poursuivait...

Ces petits évènement aident bien à concevoir (il suffit d'être un peu attentif) combien la vie chrétienne, en apparence banale, n'est pas une "existence" comme une autre: mais le Seigneur y est toujours présent et c'est Lui qui est au travail !
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Re: Le lundi de la 11e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par Mac »

Bonjour et merci Etienne pour ton commentaire. :)

Tu as dormi 14 heures c'est énorme.

Fraternellement en Jésus Christ. :coeur: :ciao:
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Teano
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Re: Le lundi de la 11e semaine du Temps Ordinaire

Message non lu par Teano »

Courage Etienne !
C'est bien dans ces moments que le Seigneur est tout près de notre coeur.

Claire
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Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 8,1-9.
Frères, nous voulons vous faire connaître la grâce que Dieu a accordée aux Églises de Macédoine.
Dans les multiples détresses qui les mettaient à l'épreuve, leur joie a été sans mesure, et leur extrême pauvreté a produit d'abondantes richesses de générosité toute simple.
Ils y ont mis tous leurs moyens, et même plus, j'en suis témoin, en nous demandant spontanément, comme une grâce et avec grande insistance, de s'unir à nous pour venir en aide aux fidèles de Jérusalem. Au-delà même de nos espérances, ils se sont eux-mêmes offerts d'abord au Seigneur, et ensuite à nous, car c'était la volonté de Dieu. C'est pourquoi, puisque Tite avait commencé le travail, nous lui avons demandé avec insistance de vous faire mener jusqu'à son terme cet acte de générosité. Puisque vous avez reçu largement tous les dons : la foi, la Parole et la connaissance de Dieu, cette ardeur et cet amour que vous tenez de nous, que votre geste de générosité soit large, lui aussi.
Ce n'est pas un ordre que j'exprime ; mais je vous parle de l'ardeur des autres Églises pour que vous me prouviez l'authenticité de votre charité. Vous connaissez en effet la générosité de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : " Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.
Eh bien moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d'être vraiment les fils de votre Père qui est dans les cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n'en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d'extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n'en font-ils pas autant ? Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

Cy Aelf, Paris


Pour le croyant, l'amour de Dieu culmine dans l'amour du prochain lorsque celui-ci, au contraire de l'écoute, le persécute jusqu'à le frapper et le mettre à mort. L'amour du prochain doit dépasser même la persécution physique et le meurtre.


Aujourd'hui, mon partage est tout inspiré de la souffrance que je porte depuis des années, jour après jour, mois après mois, non de la part d'adversaires ou de concurrents que je ne connais guère, mais de l'indifférence constante, grossière et systématique des membres de ma propre famille.


Il y a trente ans que cela dure. Depuis quelque temps, j'en éprouve l'usure par une sorte d'immense fatigue; chaque soir, je me couche plus tôt. Je n'ai jamais élevé la voix, je n'ai jamais laissé éclater mon indignation. J'ai entretenu fidèlement le bien commun (la maison) sans faire état de mes démarches et de mes efforts. Ce qui fut le plus douloureux, c'est l'échec des tentatives d'explication, de réconciliation. Ce sont les propositions de rencontres qu'on a négligées, écartées sous des prétextes futiles; ce sont les services que j'ai rendus gracieusement qui étaient suivis de promesses - oubliées aussitôt.


En dix ans, je n'ai appelé personne lorsque j'en ai eu besoin. Ce sont des tierces personnes qui sont venues me saluer un jour à l'hôpital et d'autres encore qui m'ont assisté dans mes démarches. C'est un de mes clients qui m'a déposé chez moi à ma sortie de clinique. J'ai toujours travaillé dur et payé pour tout.

Bien sûr, cela n'a rien à voir avec des persécutions radicales supportées par les chrétiens aux temps apostoliques - ou par les juifs durant la dernière guerre. Mais tout de même, si. Car il ne me reste plus que les coups portés sur le corps, et la mort, comme je me suis dit ce matin.

C'est ce que je n'ai pas encore supporté. Pourtant, la douleur physique, je ne la crains pas, c'est l'acte de violence pure avec intention de tuer que je n'ai pas encore rencontré. On verra bien. Je connais déjà les insultes sans grande imagination d'adolescents sous influence de cannabis. J'ai eu un couteau tendu à hauteur de mon ventre puis de ma gorge, un soir, mais j'ai inventé une blague, suscité un rire et détendu la situation juste pour le temps de m'écarter.

Oui. Donc, le Seigneur fait lever le soleil et tomber la pluie sur les justes comme sur les méchants. Car Dieu est toujours miséricordieux. Je voudrais donc terminer ce commentaire par un mot inspiré de Bernard de Brienne, originaire de Sherbrooke:

"Je ne demande rien, mon Dieu, dans ma prière
Elle s'en va vers Vous d'un coeur simple et soumis;
Que m'importe souffrir si vous l'avez permis,
Accordez seulement d'aimer et de me taire !..."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens .
Frères, rappelez-vous le proverbe : à semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement.
Chacun doit donner comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte ; car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en surabondance, afin que vous ayez en toute chose et toujours tout ce qu'il vous faut, et que vous ayez encore du superflu pour faire toute sorte de bien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.


Cy Aelf, Paris

La concordance entre les deux textes est évidente; puisque tout procède du coeur, il nous faut avoir, dans le Seigneur, un coeur généreux à se donner et des mains généreuses à donner. Une fois de plus, ce matin, je me suis rappelé les enchaînements de circonstances heureuses qui m'ont permis d'assister financièrement les jeunes démunis que je rencontrais, sans que mon revenu diminue pour autant. Un jour, après avoir tout de même hésité, j'ai avancé une somme pour réserver la location d'une petite chambre en ville. Mais à peine avais-je avancé cette caution qu'un commerçant voisin m'a demandé de le remplacer à sa caisse - et du coup, je me suis fait remplacer à mon tour par l'un des jeunes orphelins que j'avais rencontré.
Or, en dépit de l'inquiétude qu'il a ressentie au début, le désir de ce jeune de "bien faire" a vraiment fait merveille, au point qu'en trois jours, je me suis retrouvé avec un résultat financier deux plus de deux fois supérieur à la caution prêtée.
Pour fêter çà, j'ai proposé un barbecue pour une douzaine: chacun a rapporté ce qu'il pouvait, mais à la fin du repas, il est resté de la viande fraîche que nous avons confié à un jeune couple.
Cela se passait au cours des trois années extraordinaires que j'ai vécues après ma conversion.

Désormais, avec la crise en cours, qui n'est pas seulement financière mais morale, la vie est toute différente. La plupart des personnes que je rencontre demandent de l'argent plutôt que de confier leurs soucis, mais cet hiver encore, après l'avoir bien observé et beaucoup prié, j'ai pu prêter assistance à un "sans-abri" qui a retrouvé un logement et même renoué avec sa famille.
Or, sans que je lui ai demandé quoi que ce soit, il est revenu me déposer, en vue de la vente, des articles de collection: Yvon était un collectionneur d'objets à la marque d'Elvis Presley et autres... il m'en placés en "dépôt-vente" et j'ai déjà récupéré une bonne partie de l'argent que je lui avait donné.

En toutes ces choses que je rapporte, j'ai souvent voulu déclarer ma foi dans le Seigneur. Et en vérité, je l'ai fait plus d'une fois. Ce ne sont pas des amis que je me suis fait, mais des ennemis. La raison véritable en est celle-ci : l'homme que je suis croit en un Dieu qui a donné son Fils pour nous, lequel a donné sa vie pour mon propre salut. Or, tout va bien ! Mais ce qui était un scandale pour les juifs, demeure aujourd'hui un scandale pour la plupart et j'ai été rejeté jusque dans ma propre famille.
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Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,1-10.
Frères, il faut donc des motifs d'orgueil ! Alors, bien que ce soit inutile, j'en viendrai aux visions et aux révélations reçues du Seigneur.
Je connais un fidèle du Christ qui, voici quatorze ans, a été enlevé jusqu'au troisième ciel - je ne sais pas si c'était avec son corps ou si c'était une vision, Dieu seul le sait -. Cet homme que je connais bien a été enlevé jusqu'au paradis - je ne sais pas si c'était avec son corps ou si c'était une vision, Dieu seul le sait - et cet homme a entendu des paroles inexprimables, qu'on n'a pas le droit de redire. Pour cet homme-là, je pourrai m'enorgueillir, mais pour moi-même, je ne mettrai mon orgueil que dans mes faiblesses.
Donc, si je voulais m'enorgueillir, ce ne serait pas de la folie, car je ne dirais que la vérité. Mais j'évite de le faire, pour qu'on n'ait pas sur mon compte une idée plus favorable qu'en me voyant ou en m'écoutant.
Et les révélations que j'ai reçues sont tellement exceptionnelles que, pour m'empêcher de me surestimer, j'ai dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, pour m'empêcher de me surestimer. Par trois fois, j'ai prié le Seigneur de l'écarter de moi.
Mais il m'a déclaré : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » Je n'hésiterai donc pas à mettre mon orgueil dans mes faiblesses, afin que la puissance du Christ habite en moi. C'est pourquoi j'accepte de grand cœur pour le Christ les faiblesses, les insultes, les contraintes, les persécutions et les situations angoissantes. Car, lorsque je suis faible, c'est alors que je suis fort.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,24-34.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Aucun homme ne peut servir deux maîtres : ou bien il détestera l'un et aimera l'autre, ou bien il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent.
C'est pourquoi je vous dis : Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture, ni pour votre corps, au sujet des vêtements. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils ne font pas de réserves dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ? D'ailleurs, qui d'entre vous, à force de souci, peut prolonger tant soit peu son existence ? Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'était pas habillé comme l'un d'eux.
Si Dieu habille ainsi l'herbe des champs, qui est là aujourd'hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ? Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : 'Qu'allons-nous manger ? ' ou bien : 'Qu'allons-nous boire ? ' ou encore : 'Avec quoi nous habiller ? ' Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine.

Après l'incident de mon "burn-out", il y a trois jours, j'ai vite cessé d'essayer de me reprendre par mes propres forces. Cela ne servait à rien: d'une seconde à l'autre, je me retrouvais à rechercher l'un ou l'autre objet que je craignais d'avoir égaré, mais j'hésitais en plus quant aux premières choses à entreprendre: serait-ce de prendre mon petit déjeuner ? Ou bien de me presser pour ne pas être en retard à la messe ? Ou au travail ? Ou appeler un médecin ? Mais le Seigneur est venu à mon secours: n'est-ce pas Lui mon premier secours ?

Je me suis assis, j'ai saisi un petit carnet et commencé à dire mon voeu d'abandon complet à la volonté de Dieu. Ensuite, mais beaucoup plus lentement que d'habitude, une journée presque normale a recommencé.

Ce commentaire sera tout simple. L'incident qui m'est arrivé établit pour moi un lien entre ce que le Christ dit à saint-Paul : « Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » - et aussi ce qu'Il dit lors de son enseignement sur la montagne : "votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché. Ne vous faites pas tant de souci pour demain : demain se souciera de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine."

J'ai commencé d'écrire dans un petit carnet ce qui m'arriverait dans la journée: une ancienne amie est venue me voir et elle est demeurée une heure en ma compagnie. J'ai retrouvé de l'argent que j'avais laissé traîner dans un tiroir, j'ai récupéré une de mes paires de lunettes (verres progressifs) - dont j'ai grand besoin pour la conduite. Ce matin, ce sont mes soeurs qui m'ont appelées - en reconnaissant leurs torts !

N'est-ce pas surprenant ? Dans ma carnet, j'avais écrit pour premiers mots: "Jésus, j'ai confiance en Toi, qu'il m'en soit donc fait en tout selon ta volonté. Je marche vers une nouvelle vie, ce sont mes premiers pas."




http://www.jobat.be/fr/articles/tout-dr ... -burn-out/
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Re: Le samedi de la 11e semaine du Temps Ordinaire

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Bonjour Etienne,

C'est très vrai ce que tu dis, quand on laisse un interstice dans notre vie pour laisser Dieu agir, il se faufile des camions de Sa miséricorde !

Courage à toi !

Tout près du Coeur Sacré de Jésus

In Christo

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Livre de Zacharie 12,10-11a.13,1.
Parole du Seigneur :
En ce jour-là, je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit qui fera naître en eux bonté et supplication. Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé ; ils feront une lamentation sur lui comme sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement comme sur un premier-né.
En ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem.
En ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,26-29.
Frères, en Jésus Christ, vous êtes tous fils de Dieu par la foi.
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n'y a plus ni juif ni païen, il n'y a plus ni esclave ni homme libre, il n'y a plus l'homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu'un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, c'est vous qui êtes la descendance d'Abraham ; et l'héritage que Dieu lui a promis, c'est à vous qu'il revient.


Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,18-24.
Un jour, Jésus priait à l'écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Pour la foule, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean Baptiste ; pour d'autres, Élie ; pour d'autres, un prophète d'autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur dit : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre prit la parole et répondit : « Le Messie de Dieu. »
Et Jésus leur défendit vivement de le révéler à personne,
en expliquant : « Il faut que le Fils de l'homme souffre beaucoup, qu'il soit rejeté par les anciens, les chefs des prêtres et les scribes, qu'il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix chaque jour, et qu'il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la sauvera.

Cy Aelf, Paris

Les textes de ce dimanche me semble bien "rassembler" en eux tout ce que nous avons pu lire et entendre durant la semaine. Evidemment, il y a contradiction dans nos vies et lutte à l'intérieur de nous-mêmes (mais aussi autour de nous), entre ce qui constitue l'apparence et la réalité.

Apparence et réalité, les deux mots sont opposés l'un à l'autre dans leur signification profonde. Pour nous, ce qui est apparent n'est pas le réel; et ce que tous étudient, analysent, étudient et professent comme étant le réel, n'est pour nous qu'apparence (ou seulement une partie visible, incomplète et transitoire du réel.)

La science est bien obligée de reconnaître que l'infiniment grand est à l'image de l'infiniment petit : que l'on observe au microscope électronique le mouvement des particules élémentaires ou au téléscope les mouvements des astres lointains, tout cela se ressemble - et même les notions de distance deviennent floues.

Ce que Jésus enseigne apparaît pure folie pour ceux qui se perdent, tandis que pour ceux qui croient, c'est la pure merveille de Dieu. J'en vis et cela étonne beaucoup. J'en vis, mais je me sens toujours confronté à des résistances en moi-même. Paul a bien raison lorsqu'il parle d'un trésor transporté dans des vases d'argile sans valeur ! Vous en vivez aussi et certains jours, vous vous demandez où la contemplation et la prière vous conduiront - ou ne vous ont pas conduits.

Je viens de vivre un petit malheur assez commun. Avant hier, mes nerfs ont brusquement "disjoncté": durant toute une heure, je n'ai pas cessé de chercher de menus objets (clés, téléphone, carnet d'adresse, papiers divers) que je retrouvais et reperdais tour à tour. Et puis, d'un seul coup, je me suis mis à genoux et j'ai commencé de prier. A présent, je suis convaincu qu'une vie nouvelle s'ouvre devant moi, une vie dans laquelle je ne demande plus rien puisque je reçois tout. Puisque ma vie, je la reçois de Dieu à chaque instant.
Qu'ai-je besoin d'ajouter ?
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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