Ah-hm. Ma remarque va appuyer celle de PaxetBonum :
Tout cela est très juste, et les écueils et erreurs pointés par Griffon sont réellement des écueils et des erreurs, dangereuses, et qui nous guettent tous - et qui pourraient se résumer, finalement, à la tendance à vouloir se croire meilleur que le prochain.
Mais en quoi ces erreurs seraient-elles l'apanage de la fraternité St Pie X ?
De fait : l'esprit "d'inspection" du clergé, en distribuant des notes et des appréciations, la mise en cause et l'attaque systématique de l'autorité, du magistère, sous couvert de "correction fraternelle", ... le tout ayant partie liée avec des idéologies politiques dont on se rend compte que, finalement, elles prennent le pas sur la vie de charité et dictent cette réinterprétation de la foi,
dites, ça ne vous dit rien ?
Et bien enfin si, voyons : tout cela est tout autant et tout aussi bien pratiqué par les mouvements dissidents d'un tout autre genre - les "nous aussi sommes aussi nous aussi l'église", Golias, conférence des baptisé-e-x-z-s, et j'en passe. Et, ensuite, à une autre échelle et sous l'influence de ces divisions, par le tout-venant des fidèles qui du coup ne le sont plus.
Partant de ce constat, on est en droit de s'interroger : pourquoi créer un sujet pour appeler à la "vigilance" contre des erreurs qu'on assimile explicitement à un groupe de chrétiens et uniquement à celui-là ? Qu'est-ce que cela nous apprend et nous apporte, sinon des doutes sur l'intention et le but de l'auteur ?
Que diriez-vous si je créais un sujet commençant par "la violence s'insinue dans nos vies", continuant par des exemples qui susciteront forcément la réprobation des lecteurs, mais que chaque fois je ne donne de ces violences que des exemples mettant en cause, mettons des arabes, sans que pour autant les actes incriminés soient spécifiques de la culture arabe ? À juste titre, on se demanderait si je ne fais pas un peu une fixation qui biaise ma vision de la réalité.
Ben, là, désolé, mais pareil.
Il me semble qu'un constat plus juste, et certains l'ont déjà posé avant nous, serait celui d'une tendance à la division des chapelles, à la création chacun de "son" catholicisme (ce qui est, pour ceux qui se rappellent l'étymologie, une contradiction dans les termes), de "sa" tendance personnelle, en général comme par hasard confortable et confortant chacun dans tous ses choix de vie ou politique précédents, qui pousse à remettre en question systématiquement la vie des autres mais jamais la sienne (un bon critère qu'on fait fausse route, d'ailleurs, je commence à me dire).
Et le constat poursuivrait : hors de ces chapelles et tendances les plus visibles, les plus identifiées, n'est-ce pas là une tendance qui, à l'échelle individuelle, existe en chacun de nous ? N'avons-nous pas chacun tendance à remouliner la foi et l'enseignement du magistère comme ça nous arrange, en l'utilisant pour critiquer autrui et conforter notre vision du monde, plutôt que pour chercher ce qui devrait changer dans notre vie à nous ?
À ce stade du constat et de la réflexion, en général, il est d'usage de caser la citation de Mère Térésa, qui est effectivement un excellent résumé à la fois du problème et de la réponse à y apporter (je cite en substance mais n'ai pas en tête le texte exact) :
"- D'après vous, que faudrait-il changer dans l'église ?
- Vous et moi."
Là, et là seulement, il me semble que le constat et la réflexion aurait alors pris en compte, honnêtement, toute la réalité, sans biais ni parti pris - et encore, tout ce que je viens d'écrire peut encore être biaisé de la conviction plus ou moins consciente que c'est un défaut des autres et que c'est aux autres de changer ; c'est un défaut traître et à emboitement.
Là seulement, mais pas dans votre message, Griffon, et ça aussi c'est un constat.
(correction fraternelle ou désir d'utiliser votre erreur pour me faire mousser, je ne saurais dire, sans doute un peu des deux - j'avoue être assez rarement fraternel dans mes corrections, ce qui ne veut pas forcément dire qu'elles ne sont pas justes.)
(Tiens, ça tombe bien, notre façon de toujours nous croire meilleur qu'autrui, jusque dans la correction fraternelle et l'humilité, est justement le sujet du dessin sur lequel je planche en ce moment...
En attendant, sur un sujet annexe, j'en suis
là)
(Notez comment, en me donnant l'air de rétablir l'honnêteté et la justice, je ne vise in fine qu'à me faire un peu de publicité, motivation honteusement capitaliste, je l'avoue)