François-Xavier a écrit :Le problème ne vient donc pas d'une éternelle polémique sur une forme ou sur une autre. Je suis convaincu que si la forme extraordinaire était la forme ordinaire, des problèmes similaires seraient connus. La vidéo de la messe de 1960, si elle ne montre pas concrètement de choses contrevenant aux rubriques, témoigne d'une grande absence de sens liturgique.
Où peut-on voir cette vidéo?
J'ai dû assister récemment à la messe dans la paroisse de ma belle-mère. Je savais à quoi m'y attendre, donc ça a été presque supportable

animation liturgique à la guitare, discours incessants et creux du prêtre et de l'animateur, etc... heureusement, il y a eu "aussi" quelques minutes d'offertoire et de prière eucharistique. La liturgie de la Parole ne valait rien.
Ce genre de choses n'a peut-être plus trop lieu dans certains coins (Paris), mais dans d'autres, c'est la norme.
J'ai trouvé sur le site salve-regina cet extrait du livre "Un chant nouveau pour le Seigneur" du Card. Ratzinger: ça correspond tout à fait à ce que je vois dans ce type de célébrations.
« Il s'agit bien plutôt pour les participants de s'assurer de leur communauté mutuelle et de sortir ainsi de leur isolement, dans lequel l'existence moderne enferme l'individu. Il s'agit de nourrir des sentiments de libération, de joie, de réconciliation, de dénoncer ce qui est nuisible et de donner des impulsions pour l'action. C'est pourquoi il revient à la communauté de créer elle-même sa liturgie et non de la recevoir de traditions devenues incompréhensibles : la communauté se représente et se célèbre elle-même. »
Historiquement, il me semble que la première manifestation majeure de la révolution liturgique est le retournement des autels, qui a dû se répandre à partir de la fin des années 50. Quand on y réfléchit, à partir du moment où on retourne l'autel, où le prêtre célèbre vers l'assemblée et non plus vers Dieu, on tombe inévitablement dans ce genre de travers. A la limite, ce n'est plus la messe de l'Eglise catholique et la prière qu'elle adresse collectivement à Dieu, en tous lieux et toutes époques, mais la célébration d'une communauté restreinte (on peut parler de Tour de Babel). Je pense donc que l'orientation de la prière est le point-clé qui conditionne le reste, et qu'il conviendrait de mettre fin à cette aberration théologique qu'est la messe versus populum.
Dans ce cadre, il est évident que l'ancien ordo, célébré versus populum, aurait subi, au moins en partie, le même genre de dégénérescence que le nouvel ordo si celui-ci n'avait pas été proclamé. Reste que le nouvel ordo (la forme ordinaire si vous préférez), fabriqué par le Consilium (on peut difficilement dire autre chose), a été fortement marqué par cette nouvelle orientation de la prière. Dès le rite expérimental de 1965, la célébration face au peuple avait été prévue comme normale, on s'est rendu compte que les signes de respect (agenouillements, etc...) devenaient gênants pour le prêtre et on les a logiquement supprimés. On pourrait multiplier les détails. Il me semble donc difficile de dissocier le rite rénové de la révolution liturgique des années 60. La forme ordinaire célébrée en latin, face à Dieu (ou à l'Orient), de façon traditionnelle, est certes une possibilité, infiniment préférable à ce qu'on voit habituellement dans nos paroisses, mais ce n'est pas ça que les rédacteurs du Novus Ordo avaient en tête.