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Re: rep

Publié : mar. 21 févr. 2006, 20:01
par Eremos
Bonsoir BGdC,
BGdC a écrit :Je trouve cette citation assez mauvaise surtout "leur coeur", ça n'a rien d'objectif, et Fustel de Coulanges confond vraiment les deux notions. L'excès du nationalisme, par rapport au patriotisme, est justement de faire selon ses sentiments, et c'est ce qui devient dangereux
D'une façon générale, à partir du moment où le nationalisme devient un réflexe idéologique, il ne peut en sortir que des maux.

Je pense que le point de vue de Fustel de Coulange a un avantage sur celui de Renan. Comme lui il établit clairement que ni l'ethnie ni la langue ne sont des ciments fiables : tout le monde francophone n'est pas de notre langue ; de même la France s'est construite sur une mosaïque de peuples. Renan cependant apportait comme réponse une sorte de contrat volontariste : à savoir, son de la nation ceux qui souhaitent y être et en manifeste explicitement le désir. Un tel point de vue pose une nation qui ne repose plus dès lors que sur l'accord de volontés fluctuantes et illimités dans l'espace. Un positivisme qui a pu justifier certaines dérives nationalistes jacobines.

Cependant, Fustel de Coulanges ne fait là que définir la nation. Il ne prône pas, du moins ni dans cette citation, ni à ma connaissance, un nationalisme.

En Christ,
Eremos

Définition de la nation en rapport avec celle du citoyen

Publié : mer. 22 févr. 2006, 10:13
par BGdC
Vous êtes vous déjà posé la question pourquoi parle t-on de droits de l'homme et du citoyen?
La réponse est en fait assez simple: l'homme c'est n'importe quel individu, le citoyen est celui qui est utile à la nation et qui est d'accord avec l'idéologie pronée. Cela s'est bien vu lors de la révolution: le cosmopolitisme révolutionnaire, mélé à l'elimination des non-citoyens, tels les vendéens, et plus recemment avec Hitler, dont le cosmopolitisme était aussi assez important quand on voit certains soutiens, tel le banquier Krupp
Un tel point de vue pose une nation qui ne repose plus dès lors que sur l'accord de volontés fluctuantes et illimités dans l'espace
Sur ce point la, je suis completement d'accord, et ceux qui tombent d'accord sont les citoyens. Il y a 2 ans, mon prof de philo nous parlait de Kant et de son projet de paix perpétuel, livre très interessant et très bien construit mais sur de mauvaises bases, et il en est venu à nous expliquer qu'être citoyen, c'était un sentiment et non un état de fait: le seul fait avéré est que chacun est homme. Nous en revenons donc au même point: cela se joue sur les sentiments.
C'est d'ailleurs ce que j'ai mis comme commentaire à la JAPD: on confond trop souvent civisme et citoyenneté avec savoir-vivre.

Publié : sam. 25 févr. 2006, 12:53
par Renaud
Bonjour à tous,

Un mot sur - patriotisme et nationalisme -. Peu savant en éthymologie, je dirais que dans patriotisme il y aurait pater et patrimoine, la patrie sous les auspices d'un père et le sentiment d'y participer. Dans nation il y a natio, naître, naissance, un rapport avec l'apparition de la vie. Mais ces deux mot patriotisme et nationalisme sont tout les deux en 'isme", ce qui voudrait dire: "idée de", il y a alors peu de distance avec beaucoup d'éxagération.

Encore une fois, c'est l'équilibre dynamique et fécond qui rend viable et créatif la patrie et la nation et cet équilibre vital est l'un des plus difficile à tenir et surtout à maintenir. J'ajouterais que la nation proprement dite me paraît première sur la patrie. La nation ne s'identifie pas nécessairement avec l'Etat, ce dernier draine le plus souvent les ambitions les plus universelles et trop connues, et ceux qui dirigent autojustifient leurs décisions sous des prétextes inventés par eux. La nation ne s'identifie pas non plus ni avec les "états d'âmes" du moment dans la société et elle n'est pas nécessairement non plus limitée complètement par des frontières, étant entendu que celles-ci sont indispensables quelque soit le "droit international" par ailleurs. Les frontières, qu'on veut supprimer, sont la membrane respiratoire indispensable permettant les échanges nécéssaires pour que la nation vive dans le monde et s'y épanouisse; toute l'étude du vivant, la biologie en particulier, etc, fonctionne dans ce sens. L'inverse, (ou d'autres "intérêts" forcément délétères) conduit au dépérissement final. Vouloir supprimer les frontières conduit à l'étouffement et à l'entropie accélérée. Pourquoi ne nous conformons-nous pas au modèle du vivant?

Cordialement
Renaud

Publié : sam. 25 févr. 2006, 13:24
par FMD
[align=justify]Bonjour à tous! :)

En guise de complément, je vous propose cette petite citation tirée de Mémoire et Identité de Jean-Paul II qui revient sur la notion de patriotisme:
Jean-Paul II a écrit :Patriotisme signifie amour pour tout ce qui fait partie de la patrie: son histoire, ses traditions, sa langue, sa conformation naturelle elle-même. [...] Tout danger qui menace le grand bien de la patrie devient une occasion de vérifier cet amour. [...] Il semble toutefois que, comme la famille, la nation et la patrie demeurent des réalités irremplaçables. La doctrine catholique parle en ce cas de sociétés « naturelles », pour indiquer le lien particulier, de la famille ou de la nation, avec la nature de l'homme, qui a une dimension sociale. [...] L'identité culturelle et historique des sociétés est sauvegardée et entretenue par ce qui est inclus dans le concept de nation. [...] Le patriotisme, en tant qu'amour pour sa patrie, reconnaît à toutes les autres nations des droits égaux à ceux qui sont revendiqués pour sa patrie et il constitue donc la voie vers un amour social ordonné.
PaX
Franck[/align]

Publié : sam. 25 févr. 2006, 17:04
par Renaud
À Frank,

Oui! Très bien trouvé ce complément écrit par Jean-Paul II, c'est même mieux qu'un complément. L'on s'imagine difficilement les trésors que nous donnent nos papes par leur écrits, on a tort de ne pas y faire plus souvent référence, vous le faites et c'est fort bien ainsi.
Les nations devraient pouvoir retrouver leur pleins statuts et leur sources, ou plutôt leurs resources anthentiques qui participeraient à leur dignité et leur créativité, tout en ayant les échanges extérieurs nécessaires à leur développement, mais sans plus, et non sans avoir valorisé raisonablement tout ce qu'elles peuvent faire.
De la globalisation contemporaine résulte une entropie accélérée en tout domaine dont on ne mesure pas la gravité. C'est pourquoi, entre autres nombreux domaines, c'est l'énergétique à laquelle il faut s'attacher, car l'énergétique est la clé de l'activité ici-bas. Et cela fait partie de ce que l'on appelle communément le progrès. Or on constate que le progrès est déterminé par, là aussi, ce qu'on appelle non moins communément les finances, lesquelles sont vraiment noyautées par les banques, elles sont aidées en cela par un législateur acheté et grassement payé par ces mêmes branches financières qui se sont hissé, frauduleusement, en amont du politique à peu près partout dans le monde.

C'est pourquoi la Doctrine Sociale de l'Eglise est une référence incontournable dans maints domaines, bien sûr économiques et sociaux, mais aussi leurs implications jusque dans les concepts de nation et de patrie.
Pour ma part, je m'efforce, avec d'autres, il est vrai davantage situés à l'étranger que dans mon propre pays (nul n'est prophète en son pays est toujours on ne peut plus vrai!) de travailler, en toute modestie, à la justice dans l'argent, essentiellement dans la création monétaire (alias politique du crédit, mais cette désignation est tellement utilisée à tort et à travers et galvaudée qu'il vaut mieux parler de création monétaire, c'est le centre de gravité des autres sujets) .La création monétaires est, mine de rien, le sujet le plus important ici-bas.

Quand je vis l'été dernier, de passage sur ce forum, la présentation du Crédit Social faite par Christophe, je m'inscrivis, car c'était déjà "mon sujet" depuis environ dix ans! Depuis l'été dernier, j'ai laissé sur ce forum plusieurs intervention qui peuvent, un tant soit peu, aider à la compréhension du sujet et le faire bouger dans le bon sens au niveau économique et social.

Très cordialement
Par Marie
Renaud

Publié : sam. 19 août 2006, 14:42
par Domy
Voici la réponse qui éclairera vos lanternes au sujet de cette dangereuse confusion entre patriotisme et nationalisme. Elle émane de Charles de Gaulle, qui lui, ne la faisait pas :

"Le patriotisme, c'est aimer son pays. Le nationalisme, c'est détester celui des autres."

Amitiés.
Domy

:)