Coco lapin a écrit : ↑sam. 23 juil. 2022, 17:55
cela ne me convainc pas parce qu'au sens où vous entendez cette répudiation secrète, ce n'est tout simplement plus une répudiation au sens où je l'entends.
… Le texte de l'évangile dit que Joseph avait résolu de la répudier secrètement, point. Il n'y a pas de "Joseph avait résolu de la prendre chez lui, tout en la répudiant secrètement".
Oui, Joseph n’avait encore rien résolu et ce n’était qu’une idée qui le plongeait dans la crainte.
Mais, cher Coco Lapin, pour le surplus, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter d’utile à me messages précédents pour vous convaincre. Bien au contraire, d’autres viennent vous apporter des informations où vous trouverez de quoi renforcer votre opinion différente.
Altior a écrit : ↑dim. 24 juil. 2022, 0:02
Voyons un peu ce que disent les Saints et les Pères de l'Église sur ce sujet.
Merci, cher Altior, pour votre contribution utile pleine d’affection.
C’est toujours un excellent réflexe de se pencher sur les enseignements des Pères de l’Église.
Je ne connaissais pas ces opinions de St Augustin, St Ambroise ou St Jean Chrysostome. Je suis heureux de découvrir le point de vue d’Origène dont je partage la sensibilité et l’opinion sur ce point.
Altior a écrit : ↑dim. 24 juil. 2022, 0:02
permettez à Coco Lapin, Leonhard, Pax et Bonum, tout comme à votre humble serviteur de souscrire aux opinions des saints et docteurs de notre Église.
Oui, en effet.
En fait, avant de lire ce fil il y a quelques jours, je n’ai jamais réfléchi particulièrement à ce sujet et je n’avais pas connaissance d’une autre possibilité de comprendre l’expression «
répudier secrètement ». C’est une compréhension toute personnelle qui n’est venue ces derniers jours et que j’ai voulu partager ici. Elle vaut ce qu’elle vaut.
Personnellement, je ne peux imaginer Joseph accusant Marie d’un fait incompatible avec son évidente sainteté. Par contre, dans la situation troublante et incompréhensible dans laquelle il se trouvait avec sa fiancée enceinte d’un enfant dont il n’était pas le père, je pensais, comme Coco Lapin ou vous-même, qu’il avait simplement envisagé une répudiation dans le sens d’une cessation du mariage convenu.
Sur des détails historiques comme celui dont nous discutons ici, et cela vaut par exemple sur la compréhension historique des détails de la création, l’opinion des Pères de l’Église ou de certains d’entre eux laisse la porte ouverte à d’autres interprétations.
L’immaculée conception a été méditée et nuancée pendant des siècles. La virginité perpétuelle de Marie a fait l’objet de discussions récurrentes qui se poursuivent dans les milieux protestants.
La foi de l’Église étant aujourd’hui solidement établie sur ces faits historiques, j’aime retrouver dans le texte biblique une compréhension en cohérence avec l’ensemble de la foi de l’Église sur ces points.
Donc, je pense que non, Joseph n’a pas suspecté Marie d’adultère. Oui, devant le mystère, Joseph, comme Marie, ont gardé confiance en Dieu et sont restés déterminés à respecter la virginité perpétuelle de Marie. Pour éviter toute diffamation, Joseph a rejeté toute séparation publique qui aurait jeté l’opprobre sur sa bien-aimée qu’il savait être entre les mains de Dieu. Joseph hésitait cependant à prendre sa fiancée chez lui car c’était en contradiction avec la virginité consacrée de Marie qu’il voulait respecter, et que cela faisait croire qu’il était le père de l’enfant et qu’il n’avait pas respecté la virginité de Marie.
Il me semble donc avoir voulu se séparer d’elle physiquement et seulement en secret, mais il hésitait et demeurait dans la crainte jusqu’à ce qu’un ange vienne le conforter et l’encourager en lui donnant lui-même l’ordre d’agir ainsi au nom de Dieu.
Altior a écrit : ↑dim. 24 juil. 2022, 0:02
Parce que je suis un vieux de ce forum et connaissant un peu, par le biais de leurs messages, les positions de Gaudens, Kerygme, Fée Violine et de vous même, je me pose la question si cette différence d'opinions concernant ce sujet n'est pas encore un signe d'une fracture paradigmatique entre traditionalistes et ...(mettez ici ce que vous préférez, Fée Violine !). Car il me semble que votre interprétation est psychologisante, vous aimeriez que les choses se soient passées dans un sens (comment dire ? glamoureux ?) et vous devenez persuadée qu'elles se sont passées ainsi. Une sorte de
wishful thinking. Je vois un rapport entre des idées anti-traditionnelles de type "Dieu ne punit pas" et des idées comme celle-ci "Joseph n'a pas eu de soupçons".
Merci, cher Altior, de vous exprimer ainsi avec autant de charité que de franchise.
Cette sensibilité traditionaliste que vous exprimez me semble vous donner l’impression que la foi catholique est assiégée ou menacée de l’être, dans chaque détail, par les non traditionalistes, sous l’influence du scientisme moderne dont l’interprétation psychologisante n’est qu’une facette.
Mais, les sensibilités et les singularités sont nombreuses et variées. Ne préjugez pas trop vite de celles des autres.
Surtout dans un sujet comme celui-ci où des opinions contraires sont également légitimes, dès lors que chacun adhère pleinement à l’immaculée conception de Marie, à la conception virginale du Christ, à la virginité perpétuelle de Marie et à la sainteté de Joseph.
Il me semble que les deux sensibilités défendues dans ce fil sont également respectables et défendables, dans le plein respect de la foi catholique. Aussi, il me semble dommage d’y chercher une différence entre traditionalistes et non traditionalistes.
Mais, peut-être considérez-vous le traditionalisme au-delà des dogmes et de la liturgie, en pensant que même les interprétations doctrinales du passé historique doivent demeurer inchangées ?
Là, il y a peut-être pour certains traditionalistes (pas pour tous) un attachement plus fort aux explications données jadis dans un état de connaissances scientifiques différentes (y compris en sciences psychologiques comme en sciences historiques ou archéologiques).
Pour ma part, en ce qui concerne tous les détails bibliques historiques (et ce dont nous discutons ici en est un parmi des milliers d’autres), je suis en effet attentif à intégrer dans ma compréhension les éclairages nouveaux que toutes les sciences peuvent nous apporter sur le contexte et les détails des faits surnaturels que notre foi proclame.
La foi de l’Église n’a rien à craindre de ces apports et ne peut que s’en enrichir. Les interprétations psychologisantes, et je pense particulièrement ici, par exemple, aux études remarquables de Marie Balmary, comme les nouvelles connaissances biologiques depuis Darwin concernant la création d’Adam et Ève, sont utiles pour une compréhension sans cesse meilleure des vérités intangibles de la Tradition.
L’attachement aux vérités de la Tradition peut protéger les traditionalistes de dérives, mais ne ferme pas la porte à des éclairages nouveaux.
Ceci étant, lorsque vous m’écrivez (ou à Fée Violine) : «
vous aimeriez que les choses se soient passées dans un sens (comment dire ? glamoureux ?) et vous devenez persuadée qu'elles se sont passées ainsi. Une sorte de wishful thinking. », je peux le comprendre, mais n’est-ce pas un peu vrai pour vous comme pour chacun, sauf qu’ici vous distinguez une catégorie ayant un point de vue (un sens) «
glamoureux ».
Sans vouloir rien céder sur la justice (la vérité) de Dieu, ce mot me plaît assez bien, tant je suis convaincu de l’immense amour et de l’immense tendresse de Dieu pour chacun de nous.
Oui, Dieu «
punit » selon sa justice, mais attention de ne pas donner à ces mots une signification juridique humaine inappropriée.
Quoi qu’il en soi, je ne vois, à cet égard, aucun rapport avec les soupçons discutés ici dans le chef de Joseph.
On sait très peu de choses de Saint Joseph et même rien du tout après que Jésus ait été à Jérusalem à 12 ans. Il y a de grands saints qui ont d’abord été de grands pécheurs. Et donc, la sainteté certaine de Joseph ne suffit pas pour exclure de possibles soupçons à une époque de sa vie.
C’est la sainteté unique et la pureté de Marie, le récit de l’annonciation, la conviction immédiate d’Élisabeth, la vocation exceptionnelle de Saint Joseph, le choix de la virginité perpétuelle par Joseph et Marie, qui me font penser aujourd’hui, malgré les arguments très pertinents présentés dans ce fil par divers intervenants, que Joseph n’a pas soupçonné Marie d’une quelconque infidélité.
Non, jamais.
Mais, la foi de l’Église n’empêche pas de penser autrement.