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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : sam. 12 nov. 2011, 20:11
par etienne lorant
Ecrit au bas d'un crucifix

Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure.
Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit.
Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit.
Vous qui passez, venez à lui, car il demeure.

(VH).

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : dim. 13 nov. 2011, 7:08
par papillon
Lorsque Tu reviendras, vers le déclin du monde,
Dans la nuée ardente où notre coeur surpris
Découvrira soudain la vision féconde
De tout ce que, vivants, nous n'avons pas compris;

Lorsque, libres enfin des brumes de la Terre,
Nos yeux, illuminés par le soleil des morts,
Verront poindre, au-delà des voiles du mystère,
Le but définitif promis à nos efforts,

Alors nous Te diront, ô Dieu qui se fit homme
Et qui, par charité, vint pleurer avec nous,
Que nous ne voulons plus être ceux que nous sommes...
Et notre vain orgueil fléchira les genoux.

Eternel chemineau des routes éternelles
Qui, d'astre en astre va, glanant les coeurs meurtris,
Vers Ta divinité qui se fit fraternelle
Rouvre pour nous l'essor des chemins désappris;

Embrasse-nous, ô Christ, de l'invincible ivresse
Dont l'élan, à jamais, transporte Tes élus,
Et marque-nous au front du sceau de Ta tendresse
Pour que, T'ayant trouvé, nous ne Te quittions plus.


Paul Dewailly

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : mar. 15 nov. 2011, 18:54
par etienne lorant
Ô fumées écoutez, et vous écoutez, âmes
qui seules resterez étant souffles et flammes,

esprits purs qui mourez et naissez tour à tour,

Dieu n'a qu'un front Lumière et n'a qu'un Nom Amour !


(toujours "VH")

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : ven. 25 nov. 2011, 0:46
par Géraldine
Voici, mon Dieu, céans, mille âmes esseulées
Pour Vous dire combien Il Vous faut consoler
Les coeurs endoloris avant la nuit tombée
Et chassant les péchés par votre Grande Puissance
Nous louerons le Seigneur et toute Son Omniscience
Et comme Jeanne, nous vaincrons la cohorte des démons
En hissant l'Etendard de Notre Bien-Aimé,
Jésus-Christ, le Sauveur Qui nous a tant donné

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : sam. 03 déc. 2011, 3:00
par papillon
Dis-leur
Ce que le vent dit aux rochers,
Ce que la mer dit aux montagnes.

Dis-leur
Qu'une immense bonté
Pénètre l'univers.

Dis-leur
Que Dieu n'est pas ce qu'ils croient,
Qu'il est un vin que l'on boit,
Un festin partagé
Où chacun donne et reçoit.

Dis-leur
Qu'il est le joueur de flûte
Dans la lumière de midi :
Il s'approche et s'enfuit
Bondissant vers les sources.

Dis-leur
Que sa voix seule
Pouvait t'apprendre ton nom.

Dis-leur
Son visage d'innocence,
Son clair-obscur et son rire.

Dis-leur
Qu'il est ton espace et ta nuit,
Ta blessure et ta joie.

Mais dis-leur aussi
Qu'il n'est pas ce que tu dis
........Et que tu ne sais
................... Rien de lui...



Soeur Marie-Pierre
Cistercienne de Chambarand

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : jeu. 28 mai 2015, 21:41
par zelie
Je vous livre ici un poème d'Andrée Chedid que je trouve magnifique, qui m'a retournée le jour où je l'ai découvert. Je l'ai lu à mes élèves et plusieurs ont pleuré d'émotion.
Sans surprise, ils l'ont élu "plus beau poème de l'année"!


De cet amour ardent je reste émerveillée

Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs,
Ces bonheurs de la terre.
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent.

Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent,
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés.

Dans mon miroir
Défraîchi,
Je me souris encore.
Je reste émerveillée.
Rien n’y fait,
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.

Andrée Chedid
Printemps des poètes 2007

Pour ceux qui ne connaissent pas l'auteure : http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9e_Chedid

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : ven. 29 mai 2015, 0:01
par Marie du 65
Bonsoir zélie,

Quel magnifique Poème, vous avez très bien fait de le mettre en ligne.

Je ne connaissais pas cette auteure.

Si vous en avez d'autres comme celui-ci, je suis preneuse!!!

Merci infiniment.

Marie :)

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : ven. 29 mai 2015, 18:04
par etienne lorant

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : ven. 29 mai 2015, 18:38
par Marie du 65
Bonjour Étienne,

Magnifique poème, musique de fond très reposante. L'auteur Francis Jammes est né à Tournay à côté de Lourdes. Vous avez notamment l'abbaye de Tournay lieu de retraite,j'ai un ami qui en revient enchanté. Lieu de retraite en famille ou non, repos spirituel etc. De plus, pour les personnes qui ont peu de moyen, aucun tarif imposé, je me permets de vous mettre le lien
http://www.abbaye-tournay.com.

Cordialement.

Marie

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : dim. 31 mai 2015, 22:10
par Marie du 65

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : mer. 03 juin 2015, 16:16
par joaoXXIV
Mon préféré, c'est celui-ci :

Construire

Ta vie est une maison,
A toi de la bâtir ;
De la meilleure façon,
Vaut mieux bien réfléchir.

Choisir un bon terrain,
C’est la première démarche ;
Tu dois être certain,
Là où sera sa place.

Prends garde que le sable,
Attirant de ce monde,
La rende très instable,
Et que les flots l’inondent.

Refuser d’écouter,
Ces recommandations,
C’est mettre en danger,
Sa propre construction.

C’est Christ ; le seul rocher ;
Pour des sûres fondations.
Il faut, chercher, creuser,
Pour son implantation.

Construire sur du solide,
De tous ; c’est le désir ;
Avec Jésus comme guide,
Tu pourras la finir.

Et face à tous les vents,
Ta maison tiendra bon ;
Et même les ouragans,
N’auront jamais raison.


Mathieu chapitre 7 et versets 24 à 27 :

La grâce de corédimer

Publié : ven. 05 juin 2015, 2:32
par kirreip
Je tenais à vous faire part d'un poème que j'ai particulièrement aimé, sa construction est intéressante, tout autant que son contenu, le poème le voici :
La grâce de corédimer

Je suis un béotien tout en étant chrétien et cela me convient,
Je suis un philistin, un petit vaurien, et je ne sais rien,
J’avance en compagnie des saints, de Dieu et des Siens,
J’apprécie aussi souvent que possible de côtoyer les gens de bien,
Je me plains et je geins et cependant, je ne manque pas de pain,
Même si parfois le faix du fardeau fait ployer mes reins ;


Et pourtant, le prophète Job n’a-t-il pas été affligé de tous les tourments ?
Sans doute parce que notre Seigneur l’aimait tellement
Qu’Il lui a fait l’honneur de ce qu’Il a subi cruellement,
Et il pleut également sur les justes comme sur les méchants* ;


Mais notre doux Jésus envoie à Ses dévots contretemps et châtiments,
En leur faisant la grâce de participer à Son Agonie totalement,
En complétant ce qu’il manque à Sa Passion sur des charbons ardents**,
Éprouvés dans notre Foi et notre Espérance jusque dans leurs fondements,
En dépit des doutes, des fautes, des chutes et des découragements ;


Toutefois, nous saurons enfin au Ciel et à la fin des temps
À quel point nous avons contribué au salut de nos frères par le sang,
Soutenus par la Sainte Eucharistie et l’Esprit Saint Consolant,
Serrés contre le Cœur de la Vierge des Douleurs au pied de la Croix pleurant.

Patrick ROBLES

Pour le présent et surtout pour l'avenir proche

Publié : mar. 02 févr. 2016, 21:58
par elenos
Pour le présent et surtout pour l'avenir proche
Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate

Tant mieux por ceux qui ne connaissent pas l'italien ou qui n'ont jamais lu Dante

Re: Pour le présent et surtout pour l'avenir proche

Publié : mar. 02 févr. 2016, 23:09
par elenos
Et puisqu'il ne faut pas désespérer voici le beau texte de Charles Péguy (tué en octobre 1914) La petite fille Espérance

Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance.
Et je n'en reviens pas.
Cette petite espérance qui n'a l'air de rien du tout.
Cette petite fille espérance.
Immortelle.
Car mes trois vertus, dit Dieu.
Les trois vertus mes créatures.
Mes filles mes enfants.
Sont elles-mêmes comme mes autres créatures.
De la race des hommes.
La Foi est une Épouse fidèle.
La Charité est une Mère.
Une mère ardente, pleine de cœur.
Ou une sœur aînée qui est comme une mère.
L'Espérance est une petite fille de rien du tout.
Qui est venue au monde le jour de Noël de l'année dernière.
Qui joue encore avec le bonhomme Janvier.
Avec ses petits sapins en bois d'Allemagne couverts de givre peint.
Et avec son bœuf et son âne en bois d'Allemagne.
Et avec sa crèche pleine de paille que les bêtes ne mangent pas.
Puisqu'elles sont en bois.
C'est cette petite fille pourtant qui traversera les mondes.
Cette petite fille de rien du tout.
Elle seule, portant les autres, qui traversera les mondes révolus.
[...]
Mais l'espérance ne va pas de soi.
L'espérance ne
va pas toute seule.
Pour espérer, mon enfant,
il faut être bien heureux,
il faut avoir obtenu,
reçu une grande grâce.
[...]
La petite espérance s'avance entre ses deux gran-
des sœurs et on ne prend pas seulement garde à elle.

Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur
le chemin raboteux du salut, sur la route inter-
minable, sur la route entre ses deux sœurs la
petite espérance
S'avance.
Entre ses deux grandes sœurs.
Celle qui est mariée.
Et celle qui est mère.
Et l'on n'a d'attention, le peuple chrétien n'a d'attention que pour les deux grandes sœurs.
La première et la dernière.
Qui vont au plus pressé.
Au temps présent.
À l'instant momentané qui passe.
Le peuple chrétien ne voit que les deux grandes sœurs, n'a de regard que pour les deux grandes sœurs.
Celle qui est à droite et celle qui est à gauche.
Et il ne voit quasiment pas celle qui est au milieu.
La petite, celle qui va encore à l'école.
Et qui marche.
Perdue entre les jupes de ses sœurs.
Et il croit volontiers que ce sont les deux grandes qui traînent la petite par la main.
Au milieu.
Entre les deux.
Pour lui faire faire ce chemin raboteux du salut.
Les aveugles qui ne voient pas au contraire.
Que c'est elle au milieu qui entraîne ses grandes sœurs.
Et que sans elle elles ne seraient rien.
Que deux femmes déjà âgées.
Deux femmes d'un certain âge.
Fripées par la vie.
C'est elle, cette petite, qui entraîne tout.
Car la Foi ne voit que ce qui est.
Et elle elle voit ce qui sera.
La Charité n'aime que ce qui est.
Et elle elle aime ce qui sera.
La Foi voit ce qui est.
Dans le Temps et dans l'Éternité.
L'Espérance voit ce qui sera.
Dans le temps et dans l'éternité.
Pour ainsi dire le futur de l'éternité même.
La Charité aime ce qui est.
Dans le Temps et dans l'Éternité.
Dieu et le prochain.
Comme la Foi voit.
Dieu et la création.
Mais l'Espérance aime ce qui sera.
Dans le temps et dans l'éternité.
Pour ainsi dire dans le futur de l'éternité.
L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera
Dans le futur du temps et de l'éternité.
Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé.
Sur la route montante.
Traînée, pendue aux bras de ses deux grandes sœurs,
Qui la tiennent pas la main,
La petite espérance.
S'avance.
Et au milieu entre ses deux grandes sœurs elle a l'air de se laisser traîner.
Comme une enfant qui n'aurait pas la force de marcher.
Et qu'on traînerait sur cette route malgré elle.
Et en réalité c'est elle qui fait marcher les deux autres.
Et qui les traîne.
Et qui fait marcher tout le monde.
Et qui le traîne.
Car on ne travaille jamais que pour les enfants.
Et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

Charles Péguy, Le Porche du mystère de la deuxième vertu, 1912

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : lun. 08 févr. 2016, 15:22
par coeurderoy
Un tragique et magnifique poème de Marie Noël (1883-1967) dit par Suzanne Flon "En Français dans le texte, 14 mai 1959 Marie Noël" (Archives de l'INA)
http://www.ina.fr/video/CPF08008601

Après l'interview, à Auxerre, de la poétesse alors âgée de 76 ans, Suzanne Flon "crie" ce poème douloureux à la face de Dieu : superbe et très profondément humain !