Cher Carhaix,
être ici-bas en état de grâce c'est aller au ciel en cas de mort immédiate (avec ou sans passage par le purgatoire).
A la question de savoir si nous sommes en état de grâce, la réponse de Jeanne d'Arc lors de son procès est une référence absolue : "si je n'y suis pas que Dieu veuille m'y mettre".
De fait, le catéchisme a beau définir, en faisant appel aux sacrements, cet état, ceux-ci ayant pour but de le donner et l'Eglise de les administrer, en dernier recours il y a le bon plaisir de Dieu face auquel tout le reste (Eglise, dogme et sacrements) peut aller se rhabiller.
Néanmoins il y a la promesse "ce que vous lierez sur terre... " etc et donc tout catholique qui se saurait potentiellement hors de cet état ne devrait avoir de plus grande hâte que d'aller se confesser et d'obtenir l'absolution (bien que cet empressement par lui-même puisse suffire à le lui faire recouvrer, sous la réserve des conditions de l'obtention de l'absolution) .
Par conséquent, je considère que tout chrétien devrait avoir la certitude que vous me reprochez pour 2 raisons :
- les 3 personnes de la Trinité n'ont pas de plus grand désir et sont prêtes à tout pour qu'il en soit ainsi concernant chacun de nous
Nous ne devrions pas en avoir un autre et être prêts à tout pour cela (c'est presque égoïste, car nous pourrions avoir pour priorité la gloire de Dieu ainsi manifestée ou autrement)
Il y a une vertu théologale qui s'appelle l'Espérance, égale à la foi et la charité, et qui n'a pas d'autre objet.
Je suis par conséquent fort surpris de votre réaction qui pour pertinente qu'elle fut (je n'avais pas pensé à cette conséquence là dans mon propos de départ) ressemble à une jalousie qui vous porte tort injustement : il en allait pour moi de même pour chaque baptisé fidèle à son baptême...
A quoi bon sinon tous ces échanges sur ce forum ? Ils ont pour but de nous aider à améliorer notre participation à la gloire de Dieu, non ?
Dans la foulée, hier, des échanges ici, je me suis surpris à certaines confidences. Mais elles supposent ("quelque chose comme çà") une interpolation ou interprétation à l'égard de certaines grâces (pas plus que le pape d'alors à l'égard du dogme de l'IC) et je n'ai pas l'infaillibilité - n'en ai pas besoin non plus pour y croire parce que c'est aussi le devoir de tout chrétien et le contraire un péché !
Pour lever tout esprit de dissimulation et reprendre ensuite le silence à ce propos, je vais le préciser : il est vrai que j'ai bénéficié dans mon enfance au moins , disons d'un traitement de faveur de la grâce, mais c'est parce que je l'avais appelée en toute innocence et confiance suite à un traumatisme qui figure à mes yeux encore aujourd'hui (et j'en ai connus ! directement ou indirectement) dans le top du top du genre (à l'exception des enfants vivant dans la misère et sous les bombes).
Je n'avais pas conscience que c'était une faveur, cela me semblait normal, je n'en ai parlé à personne parce que cela me semblait de l'ordre du secret et de l'intimité de chacun avec son créateur et sauveur. II m'a fallu longtemps pour constater mon erreur.
Mais cela n'a rien à voir avec le fond du sujet que vous avez lancé. A Quelques exceptions près dont celle citée par Hantouane, personne n'a la certitude absolue d'être sauvé, et les grâces particulières aussi insignes soient-elles n'y apportent aucun secours (pas plus que pour affronter la vie de tous les jours, au contraire cela souvent la complique...)
Mais je maintiens mon attitude de foi et d'espérance, parce qu'il m'est impossible d'en avoir une autre et même si j'ai comme tout un chacun croyant la crainte de l'enfer aussi.
Devenir un saint est de fait mon désir le plus sérieux, je sais aussi comment je souhaite le devenir, avec quelles particularités, et vu ce que Dieu m'a déjà permis de réaliser que je n'aurais jamais cru possible avant que cela n'arrive, j'ai bon espoir qu'il me le permette.
J'ignore pourtant si demain, face à une tentation qui travaillera sur mes faiblesses, je ne chuterai pas, mais ce qui est sûr c'est que je n'aurai d'autre hâte ensuite que de m'en relever.
A quoi sert sinon la foi, et toute cette théologie ?